09.09.2010
Le jeudi, c'est Ellory

"Elle sent la main sur son épaule. Elle est raide maintenant, chaque muscle, chaque nerf, chaque tendon, chaque atome de son être, tendus comme des câbles.
Elle se laisse vaguement porter à mesure qu'elle sent ses mains lui enserrer la nuque. Elle sent la puissance de son étreinte, elle sait qu'il a besoin de rassembler toute sa volonté, toute sa discipline, pour faire ça. Elle sait qu'il en souffrira plus - beaucoup plus - qu'elle.
Catherine tente de se retourner un peu, mais, ce faisant, elle sait qu'elle accélère le processus. C'est peut-être pour ça qu'elle se retourne. Elle sent la pression de ses doigts, qui se déplace quand lui se déplace vers la droite, quand il maintient son étreinte sur sa gorge même lorsqu'il s'écarte sur le coté, change de tempo, appuie plus fort, se détend, se sert de son avant-bras pour incliner la tête de Catherine à gauche.. Elle a les yeux qui piquent, et des larmes emplissent ses paupières inférieures, mais elle ne pleure pas. C'est une sorte de réflexe involontaire et, dans sa poitrine, la tension monte quand ses poumons commencent à sentir l'absence d'oxygène... Elle a le tournis. Au moment où ses paupières vacillent, elle aperçoit des fusées aux couleurs indéfinissables..."
"Et ensuite, nous avons trouvé la lilmite qui sépare la vérité du mensonge. Nous l'avons franchie tant de fois qu'elle s'est brouillée, qu'elle s'est estompée, qu'elle a, pour finir, complètement disparu.
Peut-être les pires mensonges étaient-ils ceux que nous racontions pour la bonne cause.
Peut-être les pires mensonges étaient-ils ceux que nous nous racontions."
Les anonymes, R.J. Ellory, 2010
La citation du jeudi est une idée de Chiffonnette.
06:00 Publié dans Citation du Jeudi | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
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