21.04.2010

Le monde du bout du monde - Luis Sepulveda

Adolescent, le narrateur, chilien, est tombé en amour pour Moby Dick. Il a convaincu ses parents de le laisser partir dans le sud du Chili : sepulveda.jpgil part pour Punta  Arenas, en Terre de Feu et participe à une chasse au cachalot. De nombreuses années plus tard, journaliste engagé à Hambourg, écologiste convaincu, il apprend qu'un navire industriel japonais, officiellement désossé, est en route pour les côtes chiliennes. Le journaliste décide d'enquêter et de retourner au Chili.

 

 

Je suis très partagée sur ce roman. Les premiers chapitres recèlent des moments plutôt poétiques, Sepulveda nous entraîne dans un beau voyage sur les côtes du Chili, l'immersion est parfaite : paysages, ambiance, vie des petits ports isolés, Sepulveda nous plonge dans l'aridité des territoires perdus du bout du monde. Dans la seconde partie, nous voilà dans un thriller écolo : les Japonais sont les méchants, ils arriment un vrai-faux bateau qui va saccager les cétacés en douce, le journaliste, avec l'aide des hommes de Greenpeace, se rend sur place. On y parle de l'affaire du Rainbow Warrior (Sepulveda dédie d'ailleurs ce roman aux hommes du navire), on y invente une sombre affaire de massacre de cétacés, le rythme s'accélère et le roman d'aventure tout en poésie se transforme en polar écologique.

 

Bizarre... le fond est intéressant, le postulat écologique forcément convaincant et convaincu, mais le traitement, entre fable et polar, me laisse froide. En tant qu'adulte, je reste mitigée. En revanche, c'est certainement un bon roman pour les adolescents.

 

Et, pour les ados ou jeunes lecteurs, je recommande aussi vivement la lecture de Pawana, de Jean-Marie-Gustave Le Clezio, sur le même thème.

 

Et, pour ma part, j'ai très envie à présent de lire Moby Dick.

 

 

 

Le monde du bout du monde, Luis Sepulveda

Points, 123 pages, janvier 2010

 

 

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