17.12.2008

LE PREMIER PRINCIPE LE SECOND PRINCIPE – SERGE BRAMLY

Le premier principe, c’est l’entropie : tout corps de refroidit au contact d’un corps froid.bramly.jpg

Le second, c’est quand dans un système clos, le désordre va en augmentant.

 

Les éléments concernés par ces principes ? Une princesse, un paparazzi, un ministre, un marchand d’armes, un conseiller financier, un agent des renseignements, dont les destins a priori tout à fait distincts vont se heurter.

 

Prenant pour toile de fond la France dans les années Mitterand, Serge Bramly propose ici un très bon roman, davantage roman d’espionnage que romanesque d’ailleurs, où les différentes pièces d’un puzzle vont s’associer sous nos yeux.

 

Dans la première partie, nous suivons Max Jameson, le paparazzi. Ami d’un ancien ministre, Jameson est prêt à tout pour obtenir LE scoop. Son ambition le mènera dans les coulisses de l’Elysée, à Gstaad, Saint Tropez. Prêt à tout, même à enregistrer les conversations qu’il surprend sur un petit dictaphone. Et, de fil en aiguille, d’événements en circonstances, Serge Bramly tisse la toile d’un thriller exemplaire.

 

Dans la deuxième partie, c’est un agent de la DGSE qui se voit chargé de remonter la piste d’un ancien agent déserteur. De document en archive secrète, l’agent remontera la mécanique d’une suite de circonstances et d’enchaînements qui ont mené au pire…

 

La construction est très réussie (tous les éléments s’assemblent inexorablement et viennent éclairer chaque zone d’ombre au bon moment), l’histoire contient suffisamment d’éléments identifiables (même si aucun nom n’est jamais cité) pour que le lecteur ancre les événements dans son propre vécu de l’Histoire. Le tout est impeccablement mené, la narration maîtrisée, l’intérêt du lecteur croissant au fil des pages.

 

Ne cherchez pas là un énième roman jouant avec le voyeurisme qui pousse le quidam à venir trouver là de quoi abreuver sa soif de sensationnalisme ou de révélations fracassantes. Ici, tout n’est que jeu, invention, création. Les événements de l’Histoire servent au romancier et lui offrent le matériau de base. Rien de plus.

 

Rien n’est vrai, tout est vrai, dit Serge Bramly en exergue.

 

Voyons y surtout l’excellent exercice d’un écrivain qui a puisé dans l’Histoire les ingrédients d’un roman, qui les malaxe, les pétrit, les enfourne et sert au lecteur un roman qui se déguste avec félicité.

 

Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE, catégorie Roman

(mais il aurait aussi bien pu concourir dans la catégorie Policiers)

 

 

Le premier principe, le second principe, Serge Bramly. Ed. JC Lattès, 614 pages