08.10.2008
LA NUIT DE L’ORACLE – PAUL AUSTER
Quels sont les moteurs de l’écriture ? Que pousse un auteur à saisir sa plume, ou son clavier, et coucher sur papier des mots, des phrases, des histoires ? Comment l’auteur utilise son inspiration et qu’en fait-il ?
Voici une partie des questions qu’aborde Paul Auster dans La nuit de l’oracle.
Sydney Orr est écrivain. Après une longue maladie, Sydney se remet lentement, aidé par sa femme Grace. Sa vie de résume à de brèves sorties et l’écriture pour lui se conjugue au passé. Pourtant, un jour, Sydney découvre une nouvelle papeterie « Paper Palace ». Des stylos, des carnets, des feuilles, il s’enivre de toutes ces couleurs, toutes ces odeurs de papier et achète un carnet bleu. Dès lors, il n’aura de cesse d’écrire, écrire, sur ce carnet. Les phrases, les mots viennent à lui, déferlent sous son stylo en un océan intarissable…

Etonnant mélange de fiction dans la fiction, nous suivons Sydney dans son processus créatif. Et ce processus ravive en lui des souvenirs, des anecdotes, des réflexions. Ecrire pour se souvenir, écrire pour comprendre, écrire pour analyser, Sydney invente une histoire tout en se demandant pourquoi, comment, cette histoire coule de lui, limpidement, facilement. Son personnage quitte tout ce qu’il a (travail, femme, biens) pour lire un manuscrit que lui a remis l’arrière petite fille d’une auteure décédée.
L’histoire de son héros, Nick Bowen, est entrelacée avec la sienne. Les fils se rejoignent, s’écartent, se recroisent pour se séparer à nouveau. Le processus d’écriture est une toile d’araignée tendue sur le passé, l’inconscient de l’auteur. Et ce qu’il écrit déclenchera des réflexions, des changements sur la vie de Sydney, tissant à nouveau d’autres fils qui viendront s’emmêler aux autres.
N’allez pas croire que le roman de Paul Auster est un enchevêtrement illisible et confus ; bien au contraire, et c’est là une force admirable chez Paul Auster : la construction, la fluidité de la narration et la puissance de tous les personnages (aussi bien les premiers que les « secondaires », ie les héros de son livre), font de ce roman un formidable outil de réflexion sur la création littéraire, sur la vie et les différents moteurs qui poussent les hommes, un récit passionnant et presque exaltant.
Pourquoi écrire ? La réponse la plus simple et la plus immédiate qui me vient à l’esprit est : pour le bonheur du lecteur. C’est ici parfaitement réussi.
Les avis du Biblioblog, d’Allie, d’Anne et de Stéphanie.
06:47 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
| Tags : paul auster, new york, pourquoi écrire |
|
Facebook
Tweet



