01.10.2008
ALCOOL – POPPY Z. BRITE
Rickey et G-Man sont cuistots à la Nouvelle Orléans. C’est facile d’être un cuistot à la Nouvelle Orléans : cuistot, plongeur, serveur, les restos ne manquent pas, la main d’œuvre non plus. Mais ces deux là sont de la race des vrais cuistots. Parce qu’en plus d’être des gars sérieux, ils aiment la bonne bouffe. Cuisiner n’est pas seulement un gagne pain, comme pas mal d’autres pauv’gars de la ville, cuisiner, pour eux, c’est un art, un sacerdoce, un plaisir, un pied, un métier, un vrai truc, fait avec amour et dévotion.
La Nouvelle Orléans, c’est aussi la capitale de l’alcool. Tout le monde boit et le taux de cirrhose par habitant doit y être plus important qu’en Russie, Pologne et Bretagne réunies ; aussi, le jour où Rikey a l’idée d’ouvrir un restaurant où tous les mets seront agrémentés d’un peu d’alcool, d'une rasade de ci ou mijotés dans ça, les deux acolytes pensent avoir l’idée du siècle. Celle qui les sortira des jobs minables et les mènera tout de suite au firmament des chefs cuistots. Faut dire qu’ils en ont marre de galérer, qu’ils ont envie de profiter un peu d’eux deux (j’avais oublié de vous dire qu’ils sont ensemble), de pouvoir fumer de la beuh tranquille entre deux verres et se faire plaisir avec un vrai concept. Reste à trouver l’argent, et pour ça Lenny, le Chef Etoilé Hyper Connu va les aider…
Ce n’est pas un polar, mais on y trouvera un macchabée dans une chambre froide, ce n’est pas un roman gastronomique, mais on s’y lèchera les babines à quasiment toutes les pages. Ce n’est pas un roman d’amour mais ces deux là sont quand même vachement attachants : on les aime bien, ces amoureux de la cuisine bien faite, ils sont touchants à s’aimer malgré les galères, les cuites, les emmerdes et les angoisses existentielles qui les assaillent. Il y a des règlements de compte et des loubards pas nets, des magouilles pas claires, des politiques véreux et des cuisiniers aussi jaloux que camés, des p’tites pépées qui couchent, des journalistes largement imbibés et des zonards un peu paumés, un peu rêveurs.
Il y a de la coke, il y a du whisky consommé sans modération, c'est sûr. Il y a aussi tout plein de jolies petites choses qui clignotent dans ce roman. Des roulés de prosciutto aux figues marinés au Calva, des braves gars, des litres d’alcool versés ou avalés, quelques pincées de tendresse qui pourraient tourner à la sauce sentimentheàl'eau si le roman ne titillait vos papilles et ne pétillait comme des bulles de champagne bien frais ! A consommer sans modération, pour le plaisir, donc.
Alcool de Poppy Z. Brite, Au Diable Vauvert, 476 p.
Les avis de Cuné, Emma, Anne-Sophie
06:17 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
| Tags : poppy z brite, alcool, nouvelle orléans, cuisine |
|
Facebook
Tweet



