08.04.2009
MUSC – PERCY KEMP
Monsieur Eme, à soixante-dix ans bien sonnés, est ce qu’on pourrait appeler quelqu’un bien de sa personne. Il attache une
importance toute particulière à sa mise, choisit ses vêtements avec soin, ne sort que soigneusement vêtu et parfumé. Parfumé avec la même fragrance depuis moult années, cette fragrance appelée Musc conçue dans une parfumerie de Grasse. Un beau matin, la maîtresse de Monsieur Eme lui fait remarquer que son odeur a changé, très discrètement, très légèrement, mais a changé tout de même.
C’est la plume si personnelle, à la fois exigeante et totalement séduisante que l’on retrouve ici. Nous suivons Monsieur Eme et son rapport à Musc (le parfum devient un personnage intégral de l’histoire) son rapport à lui-même, aussi, aux autres, aux femmes, à la vie (sa vie étant toute conditionnée à son odeur, à ce qu’il émet), à la fois fascinés par le personnage et son besoin vital, essentiel, de retrouver SON parfum. Difficile de la décrire, difficile de préciser exactement pourquoi le roman est un bijou, parce que tout est dans le style, la façon si fluide dont Percy Kemp arrive à nous happer, nous chopper avec son sexagénaire jamais ridicule (et pourtant !) souffrant d’une obsession olfactive et prêt à tout pour retrouver ces effluves, en être à nouveau imprégné. Pe'rcy Kemp nous coince, nous enchaîne à son histoire, jamais dénuée d’un humour distant et pourtant bien présent.
Un vrai petit régal, donc.
Cuné a senti la même chose.
07:25 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
| Tags : odorat, parfum, obsession, ceci dit moi aussi je détesterais que mon parfum disparaisse |
|
Facebook
Tweet



