01.03.2011

Le léopard – Jo Nesbø

 

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Après l'affaire du Bonhomme de neige, Harry Hole s'est exilé à Hong Kong. Fondu dans la mégalopole grouillante, il survit plus ou moins mal entre cuites, opium et dettes de jeu, jusqu'au jour où une jeune policière vient le chercher. Des meurtres sanglants sont commis en Norvège et la police a besoin de Harry, seul spécialiste des meurtres en série. Et ceux ci sont particulièrement violents : les victimes, deux femmes, sont noyées dans leur propre sang sans que l'on sache quelle arme les a tuées. Harry, poursuivi par la mafia chinoise, accepte de suivre Kaja Solness, la jeune policière.

 

Où nous retrouvons donc Harry Hole, inspecteur alcoolique, drogué, démoli par le départ de Rachel et Oleg, inspecteur rebelle méprisant et méprisé. Cette enquête s'avère passionnante et Jo Nesbø s'applique à brouiller les pistes, les démêler pour mieux les enchevêtrer à nouveau. De Hong Kong à Oslo en passant par le Congo, l'intrigue, complexe, mêle adroitement guerre des polices (la brigade criminelle et la Krispos sont en guerre, et chacune cherche à arrêter le meurtrier en premier), affres du héros (Harry Hole, personnage complexe, riche, intrigant) tout en accueillant des personnages secondaires parfaitement réussis (l'inspecteur Bellman, de la Krispos, ivre d'ambition et de réussite, qui cherche à détruire socialement et professionnellement Hole, Katherine Pratt qui, après Le Bonhomme de neige, revient de façon surprenante et tient là un second rôle fort intéressant, ou encore, surprise, le Bonhomme de neige lui-même, et j'en passe). Si "Le léopard", au début, peut paraître longuet, l'action une fois démarrée ne fait aucune pause et Jo Nesbø ballade son lecteur de rebondissement en retournement de situation, de nouveau meurtre en hypothèses aussitôt démolies.

 

Harry Hole, lui, est démoli et pourtant doté d'une capacité à survivre à tout, il s'arrachera à une mort certaine plus d'une fois. On pourrait trouver tout ça tiré par les cheveux, tout comme on pourrait trouver le tout parfois frôlant le cliché facile (le flic alcoolique, le flic véreux, la guerre des polices et d'autres encore) mais Jo Nesbø corrige le tout grâce à une intrigue complexe parfaitement maîtrisée et réussie de bout en bout, qui fait oublier ces 760 pages qui s'avalent goulûment.

 

 

 

L'avis de Jean-Marc Laherrere

 

Le léopard, Jo Nesbø

Gallimard série noire, janvier 2011, 761 pages.

Lu pour les Chroniques de la Rentrée Littéraire

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