11.11.2008

MARYLIN ET JFK - FRANCOIS FORESTIER

Une grosse déception ! L’histoire de Marilyn et John, nous la connaissons tous.

 

La Belle et la Bête, la Star et le Président, la femme-enfant et l’homme à femmes, tout  déjà été écrit, ressassé, rabâché sur ce couple mythique.

 

François Forestier, après un prologue certes trépidant et nerveux nous ramenant à ce 22 novembre 1963 à Dallas, retrace, par à coups, la légende du coup (qui ne fut pas de foudre) et la liaison qu’entretinrent Marilyn et John pendant plusieurs années.forestier.jpg

 

J’accorde crédit à François Forestier de ne pas édulcorer les personnages :

 

Marilyn y est toxicomane, droguée aux amphétamines, somnifères, antidépresseurs et autre pilules miracles, alcoolique, affreusement sale (détail qui, s’il est vrai, m’a étonnée : l’icône ne se lavait pas, ou peu, et était affreusement négligée voire répugnante en privé), à forte tendance schizophrène et totalement délabrée à la fin de sa vie.

 

JFK y est comme nous le savons tous : faible, manipulé, égocentrique, plus-speedy-gonzales-au-lit-que-lui-tu-meurs, obsédé sexuel,, mais aussi totalement inapte et influençable.

 

Robert Kennedy y est manipulateur, extrémiste, ambitieux et incompétent.

 

François Forestier nous raconte le sordide, le vicieux, le pourri et les dessous tordus d’un milieu ravagé et rongé par la corruption et un mélange politique/cinéma/star peu ragoûtant. Dépravation, sexe, drogues, alcools, le mélange sexe-politique, la défiance, les écoutes, tout le monde épie tout le monde et tout le monde fait chanter tout le monde. Ce portrait consternant a le mérite d’écorcher le mythe et de ne pas bercer le lecteur dans un portrait trop mièvre et mielleux de ces deux icônes.

 

En revanche, le style m’a particulièrement rebutée. François Forestier ne se contente malheureusement pas de décrire avec la neutralité d’observateur l’époque et la relation. Il ne peut s’empêcher d’intercéder, interpréter et évoquer les pensées des personnages, leur donner une épaisseur trop romanesque, le récit est gâché par des effets de style malvenus à mon avis dans un document.

 

On n’apprendra pas grand-chose : Marilyn a été probablement assassinée, JFK victime de la CIA, ou le FBI, ou la Mafia. Marilyn se voyait Première Dame, JFK se fichait d’elle.

 

Rien de neuf, donc…

Marylin et JFK, François Forestier - Albin Michel,298 pages

Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009, Catégorie Documents

L'avis d' Antigone