17.02.2011
La cuisine des flibustiers – Melani Le Bris
« Ils ne croient pas que l'ivrognerie est une crime, mais seulement un divertissement, c'est pour cela que les femmes boivent aussi hardiment que les hommes ».

Etonnant voyage au pays des saveurs que nous propose Melani Le Bris. Un recueil de recettes « exotiques » où le piquant d'une rougaille se mélange à la douceur des bananes plantains, le fondant des mangues au gouleyant d'un vin d'ananas ou d'un café brûlot diabolique, le tout étayé d'anecdotes et de références puisées dans l'histoire de la flibuste.
Le Père Labat n'est pas seulement une marque bien connue des amateurs de rhum, c'est aussi un missionnaire envoyé en Martinique en 1694. D'une grande partie de sa vie passée aux Antilles, il laisse plusieurs écrits dont s'est inspirée Melani Le Bris en puisant dans les recettes et anecdotes laissées par ce fin gourmet tout comme dans d'autres récits de William Dampier, Oexmelin ou Caroline Sullivan.
On se promène des Antilles à Madagascar, les papilles frémissent à l'idée d'une sauce chien qui viendra relever un poisson grillé, on caresse l'idée d'un ragout de boeuf au brandy ou d'une bisque d'écrevisse, le palais se réjouit d'un blanc manger ou d'un sugar-cake. Classées en catégories bien classiques : pimentades, entrées, boucans ragoûts et fricassées, poissons crustacés fruits de mer, tubercules légumes, desserts douceurs et enfin rhums punchs et « autres manières de gagner le paradis », elles mettent l'eau à la bouche et promettent un voyage gustatif aux tonalités épicées et colorées.
Un recueil érudit, qui informe les curieux et régale les gourmets. Quelques anecdotes truculentes ou insolites viennent le compléter (parfois peu ragoutantes (est-ce le cas de le dire ?) comme l'art de tuer une tortue (amis du jour bon appétit) ou comment le Père Labat mangea un de ses perroquets. Le tout forme un ensemble plutôt agréable que les passionnés dévoreront et les amateurs pourront picorer de ci de là.
Pour les amateurs de cuisine !
La cuisine des flibustiers, Melani Le Bris
Phebus Libretto, janvier 2011, 300 pages
Amateurs de cuisine ? Il y en a et j'en suis, parfois, enfin, de temps en temps, quelquefois dirons nous. Et je me suis souvenue m'être inscrite, il y a fort longtemps, au challenge organisé par Chiffonnette, A lire et à manger (challenge terminé, mais pas grave, j'honore mon engagement en retard (comme d'habitude murmure certain...). La cuisine des flibustiers a ravivé ma mémoire tout autant que ma flemme et je me suis lancée dans une des recettes du recueil. Une des plus faciles, of course, et surtout une des plus gourmandes.

Donc j'ai réalisé un blanc-manger.
Quezako blanc-manger ? C'est une sorte d'entremets à la noix de coco, dirons nous.
Voici quelques photos :

Je ne vais pas recopier la recette, mais en gros il faut du lait de coco, du lait, du sucre de canne, de la gélatine, une gousse de vanille, de l'extrait d'amande amère, une pincée de sel.



Fort bon !
(et, pour l'anecdote, on apprend que, "au temps où la gélatine n'existait pas, cet entremets en lait d'amandes, très populaire au Moyen-Age, était confectionné à base d'un bouillon de poule et prescrit aux malades.")
Mais puisqu'on y est, autant en tester une autre, me suis-je dit :


Après tout, A lire et à manger, ça peut aussi vouloir dire A boire et à manger, non ?
Hips.
06:10 Publié dans *Essais, documents*, Rentrée littéraire Janvier 2011 | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, parait-il. |
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