28.08.2009
LE ROI DU CINEMA MUET - INDRAJIT HAZRA
Nous sommes à Calcutta au début du vingtième siècle. Le jeune Abani Chetterjee voit la carrière de son père, fonctionnaire des
Chemins de Fer Indiens, brutalement interrompue après un stupide incident. L’arrivée de son oncle au sein du foyer familial va lui ouvrir les portes du bioscope indien, encore frémissant, tout juste né et prenant peu à peu la place du théâtre auprès des spectateurs.
Le jeune Abani deviendra technicien, souffleur, puis enfin acteur de ce nouvel art tout juste balbutiant quoique encore muet : le cinéma (bioscope, donc).
De la carrière d’un jeune candide devenu étoile montante du cinéma, la vie pleine d’entrain de Calcutta, la montée du nationalisme en Inde, à travers la carrière ascendante d’Abani, nous voici plongés dans une fable agréable nous racontant la naissance puis la chute d’un acteur adulé.
C’est amusant, notamment les nombreux passages sur le métier de comédien, souvent tourné en dérision (non pas le métier lui-même, mais dans l’approche que Abani en a, totalement dépassé par son succès, ou celle des producteurs), c’est intéressant du point de vue historique (naissance du cinéma muet, approche des industriels et des spectateurs vis-à-vis de ce nouvel art vis-à-vis du théâtre, montée du nationalisme). Les chapitres sont entrecoupés d’ « Entractes » qui nous plongent dans des scenarii souvent édifiants (le récit du tournage du « Trou noir de Calcutta est assez drôle et nous montre bien comment un cinéaste peut assaisonner l’histoire pour la rendre vendable, donc bankable), l’histoire de ce jeune homme est touchante, mais, en lisant certains critiques sur des sites anglo-saxons, évoquant nombreux jeux de mots et allusions historiques précises, je ne saurais dire si la traduction ne reflète pas les jeux de mots ou si je manque de connaissance en histoire de l’Inde : j’ai passé un assez bon moment, ai apprécié la caricature d’un nouveau bioscope se voulant commercial, quitte à vendre du sein pour faire venir le public, mais je ne crierais pas au chef d’oeuvre non plus.
Leiloona en parle aussi aujourdhui.
Le roi du cinéma muet – Hindrajit Hazra
Le cherche midi, Août 2009, 370 pages
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06:24 Publié dans *Litterature Indienne* | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma muet, inde, indrajit hazra, comment vendre un film, rentrée littéraire 2009 |
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