26.01.2010
LES SAISONS DE LA SOLITUDE – JOSEPH BOYDEN
Joseph Boyden nous avait régalés il y a trois ans avec son premier roman « Le chemin des âmes ». Très beau roman qui nous
emportait au nord du Canada auprès de Xavier et Niska, ainsi que dans les tranchées de la première guerre mondiale et nous laissait un souvenir lumineux. « Les saisons de la solitude » est une suite à ce premier roman puisque nous retrouvons le fils de Xavier, Will, dans le coma après une agression. Sa nièce Annie vient régulièrement lui rendre visite et lui parle, espérant faire réagir son oncle. En écho aux confidences d’Annie, les pensées de Will découvrent au fil des pages l’histoire des dernières communautés indiennes du Canada.
Un roman à deux voix donc, qui se répondent sans jamais s'entendre réellement, et nous entraînent, avec Will sur les rivages de la Baie James, dans les pas de ce pilote d'avion auprès des dernières communautés indiennes du Grand Nord canadien. Alcool, chômage, isolement, fierté de transmettre les vestiges d'un mode de vie sur le point de disparaître, le ton est à la fois poétique, triste, amer et désabusé.
De son coté, Annie se confie : depuis la disparition de sa soeur Suzanne, mannequin à succès disparue depuis quelques semaines, Annie n'a de cesse de retrouver cette soeur qu'elle a toujours secrètement enviée, cette soeur dotée de beauté quand elle, Anne, n'a que le don d'entendre les voix de ses ancêtres. Annie suit les traces de sa soeur, découvre elle aussi ce monde perverti où l'on se noie dans l'alcool et les drogues : Montréal, New-York, la jeune femme se perd elle-même là où sa soeur s'est perdue. Elle racontera cette expérience à son oncle, dans l'espoir de le faire réagir.
Joseph Boyden a le don de transporter son lecteur avec ses histoires, que ce soient celle d’Annie ou de Will, de nous entraîner sur les traces de ces derniers Indiens, décimés par des blancs décidés à les convertir à leur mode de vie et surtout à les déposséder. Et ce sont ces histoires là qui font la beauté du roman, ces histoires de survie, de solitude et de nature, même si, dans le fond, on ne trouvera rien de réellement nouveau : valeurs ancestrales qui se délitent peu à peu face à la modernité, paradis artificiels et paradis naturels,... Mais l’effet de miroir donne de l’intensité au roman et les passages consacrés à Will renvoient la lumière qui manque peut-être à ceux d’Annie.
Si le roman dans son ensemble est moins fort que « Le chemin des âmes »,il reste quand même un bon roman, écrit avec une plume toujours aussi forte, un rythme jamais lassant et des personnages toujours justes.
Merci à Papillon pour le prêt !
L’avis de Dominique, de Joelle, de Chronicart et de Culturecie, de Flora
Les saison de la solitude, Joseph Boyden
Albin Michel Septembre 20009, 507 pages
06:05 Publié dans *Litterature Canadienne* | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
| Tags : indiens cree, new york, identité, canada |
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