23.06.2010
Montana 1948 – Larry Watson
Un jeune garçon de douze est le témoin impuissant de l’affrontement entre son père Wesley Hayden, sheriff du Montana et son oncle Franck, médecin. Nous sommes en 1948 et une jeune Indienne accuse le médecin de viol et attouchements. Dans ce comté d’Amérique, le racisme est encore présent, rampant, et la famille Hayden une famille reconnue : le grand-père été sheriff avant que son fils prenne la relève, il s’oppose à l’arrestation de son fils Franck.
Un roman très court qui distille en quelques pages seulement la morgue des blancs face à l’impuissance des Indiens. Un bon roman, qui condense haine, colère, mépris des lois par une famille blanche et puissante, et volonté de justice et déchirement d’un homme (Wesley), écartelé entre le respect de la loi et sa loyauté à sa famille et la crainte de son propre père.
Sous le regard du petit David, qui y perdra son innocence, la haine et l’arrogance affleurent chaque page (« Ta mère et moi pensions que nous aurions plus d’un petit-enfant. Rien contre Davy, mais bon Dieu, un seul enfant à vous deux ! - Tu sais bien ce qu’elle a enduré pour David. Après nous avons décidé que… - Et blancs ! rugit mon grand-père. Nous les voulons blanc ! »), tandis que la honte et la faiblesse, le déchirement de Wesley s’opposent à sa famille. C’est toute une peinture sociale, un tableau du Montana encore, à cette époque, âpre, aux mentalités étriquées, aux clivages raciaux omniprésents qui est latent sous le récit d’une histoire sordide et, dans un certain sens, fascinante.
Bon roman, oui, néanmoins probablement trop court à mon goût car j’aurais aimé voir ces sentiments déployés plus longuement, moins condensés, sentir la puissance de l’histoire monter plus lentement en puissance. Mais un très bon roman quand même.
Montana 1948 – Larry Watson
Gallmeister Totem, avril 2010, 163 pages
Traduit de l'américain par Bernard Péguillan
Les avis de Ys "C’est un texte très fort qui sonne juste et résonne longtemps."
et Choco "Remarquable de justesse dans l'expression des sentiments du jeune David comme dans l'ambiance traditionnaliste d'une petite ville, Larry Watson nous offre ici un récit qui alterne entre innocence et corruption et réussit à happer le lecteur dans cette sombre histoire familiale qu'on ne lâche pas jusqu'à la fin !"
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| Tags : montana, racisme primaire, indiens, écartèlement familial, loyauté |
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04.06.2009
LITTLE BIRD – CRAIG JOHNSON
Après la série William G. Tapply, son personnage récurrent Stoney Calhoun et ses paysages somptueux du Maine, voici chez Gallmeister un nouveau Nature Writing Polar. 
Ici, ce n’est pas un pêcheur énigmatique et charismatique que nous accompagnons dans les magnifiques paysages du Maine mais Walter Longmire, le shérif du comté de Absakora, dans le Wyoming. Un jeune homme est assassiné alors qu’il terminait une peine de prison avec sursis après le viol collectif de Melissa Little Bird, une jeune Indienne. Walter, assisté de Vic, son adjointe, de son ami Henry Little Bird, patron du bar local et oncle de Melissa, songent à une vengeance et partent à la recherche des trois comparses de Cody Pritchard, le jeune homme assassiné. Pour les sauver. Ou pour les arrêter ?
Je suis décidément admirative de ces auteurs qui manient avec brio une intrigue particulièrement bien ficelée (Johnson est très habile pour distiller tout au long des 400 pages différents indices ou chausse-trappes qui feront soupçonner au lecteur plusieurs coupables possibles) et situent leur roman dans une nature exceptionnelle, décrite dans un style élégant mais jamais surchargé. Outre ces qualités là, nous avons ici un personnage principal (que l’on retrouvera dans d’autres enquêtes, l’auteur en a écrit quatre), un veuf un peu bourru, un peu inbibé par la bière mais bougrement sympathique. Les dialogues sont percutants, avec cet humour distancié qui l’air de rien, paf, fait souvent rire au détour d’une phrase ou d’une réplique ; ajoutez une culture et quelques croyances amérindiennes savamment décrites, des personnages tous bien croqués, les montagnes du Wyoming en plein blizzard, quelques canettes de bière, un grand thermos de café chaud pour compenser le froid glacial, une intrigue très bien ficelée, toujours crédible et jamais lassante, le tout fait un polar très bien réussi.
Amateurs de Tapply ou de Nature Writing, Little Bird ne devrait pas vous déplaire !
Little Bird, Craig Johnson
Gallmeister Collection Noire, 416 pages, mai 2009
L’avis de Moisson Noire
06:18 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne*, *Romans Noirs, Polars, thrillers...* | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note
| Tags : wyoming, indiens, nature writing, sherif, vengeance, intrigue, gallmeister, je veux vivre au fin fond de l'amérique, (quoique) |
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