09.10.2009

A POIL EN CIVIL – JERRY STAHL

Nous sommes à Marylin city, qui aurait pu s'appeler Monroe City mais Marylin c'est plus sympa. Tony Zank est un braqueur à la petite semaine, accro au crack (et à plein d'autres substances hallucinogènes) qui surgit dans la maison de retraite stahl.jpgoù se trouve sa mère. Ce qu'il veut, c'est lui extorquer le nom de l’infirmière qui a volé une photo qu’il avait soigneusement dissimulée sous le matelas de maman, pensant que personne n'irait chercher sous une vieille peau son plus précieux trésor. Il est accompagné de son complice Mc Cardle, aussi fêlé que lui. Maman, puisqu'elle ne veut rien dire, passe par la fenêtre. Elle ne saute pas, c'est Tony qui la balance.

 

Simultanément, Tina, l’infirmière en question, assassine sans le vouloir son mari en lui faisant boire une mélange céréales- débouche évier- verre pilé. Et comme l’inspecteur qui mène l’enquête tombe aussi sec fou amoureux d’elle, elle va s’en sortir, l'heureuse femme.

 

Donc, si vous avez bien suivi, Toni et Mc Cardle veulent la photo. Tina a la photo. Toni et Mc Cardle partent donc à sa recherche. Parce que cette photo vaut de l’or, dans la mesure où on y voit un certain George W. (oui, George W. le seul, l'unique) en très intéressante posture, au vu de son visage radieux et de son sourire épanoui devant le traitement... buccal que lui inflige la maire de Marylin city, qui n’est autre que l’ex-femme du flic qui est amoureux de Tina… Pour sûr qu'une photo des.... soyons polis, ... parties de Georginou, ça vaut la peine de se battre pour la récupérer, hein ?

 

Vous êtes toujours là ou vous voulez une aspirine ?

 

Déjanté, loufoque, le roman démarre en grande pompe et on s’amuse beaucoup. Situations barrées, personnages croqués avec humour, le tout est comique tout en traçant un portrait acide d’une certaine Amérique, celle des petites banlieues, des politiciens du dimanche, des flics arrivés là par hasard et des truands minables qui entrent dans le métier à 6 ans et moins, faute d’autre perspective.

 

On se marre, il y a du Westlake là-dedans… au début. Sauf que Westlake, c’est hilarant, je suis fan, mais ça ne se passe pas systématiquement en dessous de la ceinture et ce n’est pas sanguinolent juste pour le plaisir de voir le sang gicler à chaque page.

 

Du coup, au bout de 318 pages et moult chevilles arrachées avec ligaments en tendons qui pendouillent (surtout si ce sont celles d’un caïd de 5 ans armé d’un colt 45 et shooté à l’héro), viols, scènes de sexe gratuites et intentionnellement gore, je pose. Même si certains retournements de situations continuent à me faire sourire, le reste me gonfle un peu. D'autant que je me contrefous des testicules de W.

 

Zut, j'ai été triviale, là.

 

 

 

A réserver aux amateurs du genre.

 

A poil en civil, Jerry Stahl, Rivages Noir, 460 pages.

L'avis du Cafard Cosmique, davantage conquis et qui à ce roman un coté "tarantinesque".