17.03.2009
CLAIR DE LUNE, JEFFERY DEAVER
Un tueur en série écume Manhattan en laissant ses victimes agoniser. Une pendule ancienne, placée à coté d'elles, égrène les secondes qui les séparent de la mort.
Lincoln Rhyme, criminologue de renom, est chargé de l'enquête. Il est tétraplégique et travaille de son appartement, transformé en laboratoire de recherche criminelle.
A ses cotés, Amélia Banks, une jeune policière qui lui est farouchement attachée (et on se demande quels sont les liens exacts qui les unissent : complicité professionnelle ? Amour ? Amitié ?). Amélia est en quelque sorte les jambes de Rhyme : elle se déplace, examine les scènes de crime, renifle, observe, étudie et rapporte photos, vidéos et appréciations à Myron. D'autres flics viennent compléter l'équipe : des inspecteurs, débutants ou confirmés, une spécialiste de kinésie (étude du comportement gestuel et corporel des témoins et suspects).
La fine équipe, de l'appartement de Rhyme, ressemble un peu à un groupe d'experts-Manhatthan : tout est passé au scalpel, au microscope, sous la férule de Rhyme, qui compense son immobilité forcée par une intelligence hors pair et, au final, une sacrée intuition.
Une enquête serrée, nous connaissons dés le début l'identité du tueur, le suivons en parallèle dans la conception et la préparation de ses meurtres (ritualisés et soigneusement élaborés).
En parallèle, une seconde enquête dans l'enquête : Amélia a accepté de prendre en charge une autre affaire qui la mène à découvrir un trafic impliquant des policiers véreux.
La première partie du roman est assez classique et je me suis laissée entraîner dans cette sordide affaire. Sans trouver le thriller exceptionnel, je trouvais plaisir à suivre le tueur dans ses préparations et les policiers dans leurs investigations et études des scènes de crime. A ce stade là, un polar qui se lit vite, occupe quelques heures et remplit son contrat.
Mais, (et quelle déception alors), alors que l’enquête se poursuit, que les deux affaires se rejoignent, les nombreux rebondissements et retournements ont fini par me lasser, et me faire rire presque à d’autres moments. D’incohérence en incohérence, on avance en se disant que le tout est finalement très peu plausible. C’est alors que l’auteur brandit un retournement de situation, sensé éclairer le tout d’un jour nouveau et justifier par là même ces faits qui nous laissaient fort dubitatifs. Malheureusement, il était pour moi trop tard, j’avais décroché et me gaussait de ces facilités hasardeuses et trop incongrues.
J’aurais aimé que la personnalité du tueur soit mieux explorée (même s’il change souvent de visage au cours du livre), j’aurais aimé que les gens finissent pas mourir un peu (il y a un peu trop de facteur chance (même si, une fois encore, cela fait partie de la trame qu’a voulu tisser l’auteur)).
Trop de retournements, trop de gentils qui deviennent méchants et méchants qui se révèlent innocents, une affaire qui se transforme plusieurs fois, trop de fois pour rester crédible.
Bref, j’ai bien aimé le début. Pas la fin. Du tout.
Clair de lune, Jeffery DEAVER – Editions des deux terres, 555 pages.
Lu dans le cadre du prix des lectrices ELLE 2009
07:18 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne*, *Romans Noirs, Polars, thrillers...*, Prix des lectrices ELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
| Tags : je préfère que ça finisse mal... c'est grave ? serial killer, psychopathe, flic véreux, les experts manhattan |
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