20.03.2011
True grit / Charles Portis / Joel et Ethan Coen
Tiens, il y a du western dans l'air. Du western et des marshall, des indiens, de la gnôle, des chevaux, des paysages américains et des accents à couper au couteau.
L'histoire est celle de Mattie Ross, quatorze ans. Pour venger son père, assassiné par son métayer Tom Chaney après une partie de cartes trop arrosée, la gamine intrépide et pas timide pour deux sous se rend à Fort Smith (Arkansas) pour engager un marshall qui ramènera le fuyard que personne ne prend la peine de rechercher.
Mattie engage Rooster Cogburn, marshall imbibé, âgé mais encore considéré comme le meilleur dans sa partie. Un autre marshall, LaBoeuf, vient les rejoindre du Texas car lui aussi est à la poursuite de Chaney.
Une épopée à l'américaine, donc, sur fond de grands espaces, coups de fusil, gnôle et affrontement entre Cogburn et LaBoeuf, tous deux rivaux dans la chasse d'une même homme.
Au commencement, True Grit (littéralement Vrai Cran) est un roman de Charles Portis publié en 1968. Un roman très western dont le style distancié (c'est Mattie Smith qui raconte cette aventure quelque vingt cinq ans plus tard) m'a laissée de glace. Si l'histoire est intéressante, si on se laisse prendre au jeu et aux affrontements entre cette gamine et les deux chasseurs de prime baroudeurs, je n'ai pu entrer véritablement dans le roman tant j'ai trouvé le style trop distancié.
Il y a pourtant de l'humour (un dialogue notamment entre Cogburn et le juge Parker et Mr Goudy lor d'un procès auquel Mattie va assister est totalement jouissif tant les réparties de Cogburn sont incisives et provocantes) (ou tout simplement, tout au long du récit, les réparties à la fois insolentes et candides de Mattie, tant avec les deux marshall qu'avec Stonehill à qui elle veut vendre des poneys). Et malgré cet humour je suis restée plus ou moins indifférente face à l'histoire et le style. Quand ça ne marche pas, ça ne marche pas.
Les a priori étaient-ils trop persistants quand je suis allée voir le film ? En tant que fan des films des frères Coen, je pensais être conquise par l'adaptation mais j'ai été tout aussi perplexe. Et pourtant le film a des qualités, évidemment : l'image et la photographie sont superbes, les jeux d'ombre et de lumière parfois poétiques (la grande scène de chevauchée nocturne est de toute beauté), le jeu des comédiens est bon (Jeff Bridge (même j'ai trouvé qu'il manquait un peu de nuances dans son jeu), la jeune Hailie Steinfield, Matt Damon ou Josh Brolin, dans le rôle de Tom Chaney, mon préféré). Malgré ça, je m'y suis ennuyée tout autant qu'avec le roman. Il m'a manqué ce zeste de folie que j'aime retrouver dans les films des frères Coen.
Quand ça ne marche pas, ça ne marche pas. Dommage pour moi, qui semble être l'une des rares à ne pas avoir aimé le roman ou le film.
True grit Charles Portis,
Le serpent à plumes, janvier 2011, 218 pages
True grit, Joel & Ethen Coen
février 2011
D'autres avis, bien plus enthousiastes que moi : Sylire, Folfaerie, Claire, Eiluned, Keisha, Cathe. Caroline est aussi en demi-teinte, tout comme BMR et MAM.
06:27 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne*, *Séance pop corn*, Rentrée littéraire Janvier 2011 | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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