28.10.2010

Mississippi – Hillary Jordan

m=jordan.jpgAprès la seconde guerre mondiale, Laura épouse Henry qui achète une ferme dans le Mississippi et l'emmène, avec leurs deux filles, loin de Memphis. Laura qui devenait vielle fille a épousé Henry et a accepté de vivre avec lui loin de la ville, pour s'enterrer dans une ferme où le racisme et le Ku Klux Klan sont encore présents. Elle le constatera quand Ronsel, le fils des métayers noirs, revient de la guerre ou quand son beau-frère Jamie revient lui aussi après avoir combattu en Europe.

Un « amour interdit », dit la quatrième de couverture, une « terrible trahison » , une « agression d'une sauvagerie inouie », aussi. Oui, on peut dire que tous ces ingrédients sont bien présents. Laura ne supporte pas d'être embourbée dans une ferme au confort plus que sommaire, elle supporte son beau-père accariâtre, méchant, raciste, cupide et doit faire face à la faiblesse de son mari. Le racisme est omniprésent, l'ignorance des fermiers sudistes et leurs préjugés, les difficultés pour les fermiers à récolter et faire vivre leurs fermiers vont faire déchanter Laura et lui faire découvrir l'âpreté du Sud.

Certes.

Disons que l'histoire pourrait être intéressante, si ce n'est que le style est insipide. Le roman est polyphonique, chacun des personnages prend tour à tour la parole (Laura, instruite, Ronsel, Jamie, Henry ou bien Florence et Hab, les parents de Ronsel, qui, même s'ils ont appris à lire, parlent sommairement : le style change donc selon les personnages mais le tout est très simple, d'une placidité monotone qui manque trop de souffle ou de force).

L'intrigue, elle, mêle tous ces personnages, superpose les souvenirs de chacun (dont ceux de Ronsel sur Dachau), et déroule une histoire qui aurait pu être forte si elle n'était pas traitée aussi rapidement et finalement, sans grande recherche.

 

Un entrelac de souvenirs qui s'ajoutent les un aux autres autre forme de procès, une déception, donc, pour un roman qui manque singulièrement de chaleur et de couleurs. Dommage, les thèmes étaient pourtant bien présents.

  

Mississippi, Hillary Jordan

Belfond, mars 2010, 365 pages

09.12.2009

LE GRAND SANTINI – PAT CONROY

Dans la famille Meecham, je demande le père, Bull. santini.jpg

 

Bull est pilote dans les Marines. Un vrai Marine, un dur, un fort, un costaud, un mec qui en a et qui le montre.

 

Ensuite je demande la mère, Lilian. Catholique pratiquante, vraie fille du Sud, Lilian ne se dépare jamais de sa beauté, sa classe, son savoir-vivre, dût-elle masquer sous quelques fards les marques des coups de Bull. Car Bull, parfois, lui tape dessus. Mais seulement quand il est énervé, vous comprenez ? Bull est un VRAI mec, alors parfois, il cogne. Mais Lilian sait qu’il l’aime profondément, et en bonne femme de Marine elle supporte les coups et les beuveries de son mari et donne le change comme une bonne épouse doit le faire, même si cela implique ignorer les plaintes de ses enfans.

 

Parlons en, des enfants, tiens : Ben, Mary-Anne, Karen et Matt. Grands ou petits adolescents, ils apprennent à vivre à l’ombre de ce père, ce Grand Santini, apprennent à supporter les brimades, les coups, les injonctions et les injustices. Ils ont appris à se serrer les coudes, utilisent l’humour en guise d’onguent sur les blessures, ont grandi partagés entre amour inconditionnel et haine vengeresse pour ce père tyrannique et despote, entre rancœur amère et amour filial pour leur mère qui ne sait que trouver des excuses à leur père. Parce qu'évidemment, s'il cogne, c'est pour le bien de tous, pour les endurcir, leur apprendre la vie, les préparer.. évidemment.

 

Evidemment...

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