08.07.2009

LES HAUTS DU BAS - PASCAL GARNIER

Au début, Edouard Lavenant se complaît à harceler Thérèse, son infirmière et lui mener une vie de dingue : il râle, rouspète, dénigre à tout bout de champ. Edouard est un homme riche, un ancien requin des affaires condamné à dépendre d'une auxiliaire de vie depuis un accident cérébral un an auparavant.garnier.jpg

 

Thérèse, c'est l'infirmière dévouée : une petite cinquantaine, robuste, pas bavarde et plutôt rude. Elle supporte le goujat, ignore ses râleries et se consacre à son travail.

 

Petit à petit, leur relation évolue et le vieil homme renaît à la vie grâce à Thérèse.

 

Je vous l'avoue, j'ai eu un peu peur dans les premières pages du roman : le vieux bougon qui va apprendre à aimer la gentille infirmière bien rustaude, ç'est gentil mais un peu trop vu.

 

Eh bien non. Parce que, au bout d'un moment, Pascal Garnier rajoute quelques ingrédients bien noirs, bien méchants, et on tombe enfin dans une farce plus cynique, on oublie la bonne morale pour sombrer dans une comédie grinçante et finalement assez bien fichue.

 

Edouard commence à oublier, petit à petit, une miette de son passé par là, un pan de sa vie par ici. Refus de vieillir, refus de disparaître et d'accepter sa sénilité naissante : Edouard prend la vie des autres (dans tous les sens du terme) et renie le passé. Thérèse de son coté plonge dans le sordide comme on plonge dans n'importe quelle vie pourvu qu'elle soit différente, unique, parce que de toute façon, la sienne, de vie, elle n'existe pas et n'a jamais existé (« Jusqu'à Monsieur Lavenant, elle n'avait accepté de s'occuper que de femmes. Ce n'est pas qu'elle craignait pour sa vertu, elle avait de quoi se défendre, mais comme jamais elle n'avait attiré l'attention des hommes, elle ne faisait plus attention à eux. Ils l'avaient toujours ignoré à part un type saoul, une fois, à la sortie d'un bal. Ça c'était passé aussi vote qu'on décapsule une bouteille avec les dents. Elle n'avait pas eu mal, physiquement, mais la déception qu'elle avait ressentie, allongée sur sa botte de paille, tandis que le gars vomissait dans son dos, avait définitivement éteint en elle les rêves les plus ardents. »).

 

Une vie pour une autre, quelle que soient les raisons, et nos deux comparses partent dans une sorte de road movie bien grinçant et surtout pas moral.

 

Il semble que ce soit une marque de fabrique chez Pascal Garnier, à moi de découvrir ses autres romans !

 

Les hauts du bas, Pascal Garnier – Le livre de poche, 185 pages, janvier 2009 (première parution 2003).

 

 

L'avis de Véronique