04.05.2010
Second romand – Markus Orths
Après un premier roman au succès acceptable, une tournée de lectures de plusieurs semaines en Allemagne, Martin Grue se met en quête d’un sujet pour un second roman. Qui, lui, sera le bon. Celui qui lui ouvrira les portes des plus grand prix littéraires, des
plus grandes émissions, LE roman. Forcément, avec son talent…
Fichtrement revigorant, ce roman (qui n’est pas le second) de Markus Orths. Fichtrement sympathique, de l’humour en diable, des monologues intérieurs et dialogues qui font glousser, des états d’âme qui donnent envie d’offrir son épaule à ce pauvre auteur persuadé qu’il possède quelque chose en lui de Tennessee. Une histoire toute simple (l’auteur peine à trouver un sujet, croit avoir eu l’idée du siècle, se la voit refuser, cherche encore et encore..) mais qui passe au crible d’un humour grinçant les affres de la création, les attentes de l’auteur (aimez moi, lisez moi, dites moi que je suis le meilleur), les relations éditeur /auteur (« on se fout de ce que tu écris. Le principal c’est que ça rapporte assez de fric ».), la peur du manuscrit refusé ou du manque d’inspiration.
Un roman qui ne part jamais en vrille incontrôlée, se lit le sourire aux lèvres du début à la fin, avec en prime, autour de l’auteur, une sœur féministe, une tante écolo pro-allaitement, un neurobiologiste pro expérimentations, bref, un bon petit roman gentiment satirique, savoureux et vivifiant.
Second roman, Markus Orths
Liana Levi, avril 2010, 158 pages
Merci à Cuné pour le prêt et Cathulu pour le transfert :)
06:00 Publié dans *Littérature Allemande & Autrichienne* | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
| Tags : création littéraire, inspiration, édition, humour |
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25.06.2009
LE CINQUIEME EVANGILE – MICHEL FABER
Le monde du livre est en ébullition.
On a retrouvé enfoui dans un musée irakien, soigneusement caché dans une statue de femme enceinte, un manuscrit écrit en araméen. Theo Griepenkerl, universitaire et spécialiste de l'araméen, traduit le manuscrit : il s'agit des mémoires de Malchus, qui a accompagné le Christ jusqu'au Mont Golgotha, et a recueilli ses dernières paroles.
Le manuscrit est une bombe pour nombre de chrétiens de part le monde. Pour les musulmans et juifs aussi. Dan Brown peut aller se rhabiller avec son Da Vinci Code, en quelques semaines 28 millions d'exemplaires sont achetés par des hordes de lecteurs enflammés.
Bon. En fait, Theo est plutôt opportuniste et au fond de lui pas très convaincu de l'intérêt historique du journal de Malchus, qu'il trouve en fait « chiant, très chiant ». La minuscule maison d'édition qui édite le roman non plus, mais tous deux vont se trouver totalement dépassés par le succès et l'impact du manuscrit.
J'ai souvent ri à la lecture de ce nouveau roman de Michel Faber. Le ton est délicieusement ironique, satirique, et le petit monde de l'édition en prend pour son grade. Publier, vendre, faire vendre. Même des merdes s'il le faut, tant pis si l'on gruge le lecteur et tant mieux pour les ventes. Hilarant, aussi, le passage où Theo dévore les commentaires des internautes sur Amazon et se délecte des polémiques et âneries qui y sont déposées.
Le vague historien devient auteur à succès et prend la grosse tête. Il dépasse même Dan Brown, c'est dire (!).
En dehors de l'humour, ne pas s'attendre à une histoire crédible ou vraisemblable. J'ai peut-être regretté que l'histoire reste très superficielle et peu fouillée, et que le roman se termine quelque peu en « eau de boudin », mais il m'en reste un souvenir drôle, assez irrévérencieux et gentiment provocateur.
Sympathique, donc, divertissant, mais largement en dessous de « La rose pourpre et le lys » (avec lequel de toute façon il n'est comparable ni pour le style ni pour l 'histoire).
Le cinquième évangile, Michel Faber,
Editions de l'Olivier, 197 pages, juin 2009
L'avis de Cuné que je remercie pour le prêt.
02.02.2009
ECRIVAIN EN DIX LECONS – PHILIPPE SEGUR
Phil Dechine est un auteur. Après moult mois et années passées à gonfler tout le monde avec son ŒUVRE en cours, il finit enfin par être publié. Publié, vendu, critiqué (même si les premières critiques sont mitigées voire vitriolées pour certaines), il se voit
même attribuer le Prix Mirabeau des Vétérinaires pour son premier roman « Métaphysique du dog »…. Son parcours d’écrivain débutant au sein de la sacro sainte famille de l’édition nous est révélé, à coups de situations et événement rocambolesques.
Si l’humour des situations, les répliques et pensées tordantes du début font sourire à maintes reprises, peu à peu le tout devient ennuyeux. C’est drôle à plusieurs reprises, la vanité boursouflée de Phil Dechine fait largement sourire et cette autodérision de la part de Philippe Segur est finalement, quelque part, touchante. En revanche, l’humour devient répétitif, on devine presque les chutes des phrases avant même de les avoir terminées. Amusant, donc, mais sans plus. J’en retiens quand même quelques perles d’humour, et c’est déjà pas mal.
Ecrivain en dix leçons, Philippe Segur – Points, 190 pages
Les avis de Laurent, Sylire, Papillon, Caro[line] , Clarabel
06:27 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : auteur, ego démesuré, édition, salon littéraire, les écrivains sont ils tous égocentriques? |
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