20.03.2011

True grit / Charles Portis / Joel et Ethan Coen

 

truegrit couv.jpgTiens, il y a du western dans l'air. Du western et des marshall, des indiens, de la gnôle, des chevaux, des paysages américains et des accents à couper au couteau.

 

L'histoire est celle de Mattie Ross, quatorze ans. Pour venger son père, assassiné par son métayer Tom Chaney après une partie de cartes trop arrosée, la gamine intrépide et pas timide pour deux sous se rend à Fort Smith (Arkansas) pour engager un marshall qui ramènera le fuyard que personne ne prend la peine de rechercher.

 

Mattie engage Rooster Cogburn, marshall imbibé, âgé mais encore considéré comme le meilleur dans sa partie. Un autre marshall, LaBoeuf, vient les rejoindre du Texas car lui aussi est à la poursuite de Chaney.

 

Une épopée à l'américaine, donc, sur fond de grands espaces, coups de fusil, gnôle et affrontement entre Cogburn et LaBoeuf, tous deux rivaux dans la chasse d'une même homme.

 

Au commencement, True Grit (littéralement Vrai Cran) est un roman de Charles Portis publié en 1968. Un roman très western dont le style distancié (c'est Mattie Smith qui raconte cette aventure quelque vingt cinq ans plus tard) m'a laissée de glace. Si l'histoire est intéressante, si on se laisse prendre au jeu et aux affrontements entre cette gamine et les deux chasseurs de prime baroudeurs, je n'ai pu entrer véritablement dans le roman tant j'ai trouvé le style trop distancié.

 

Il y a pourtant de l'humour (un dialogue notamment entre Cogburn et le juge Parker et Mr Goudy lor d'un procès auquel Mattie va assister est totalement jouissif tant les réparties de Cogburn sont incisives et provocantes) (ou tout simplement, tout au long du récit, les réparties à la fois insolentes et candides de Mattie, tant avec les deux marshall qu'avec Stonehill à qui elle veut vendre des poneys). Et malgré cet humour je suis restée plus ou moins indifférente face à l'histoire et le style. Quand ça ne marche pas, ça ne marche pas.

 

 

Les a priori étaient-ils trop persistants quand je suis allée voir le film ? En tant que fan des films des frères Coen, je pensais être conquise par l'adaptation mais j'ai été tout aussi perplexe. Et pourtant le film a des qualités, évidemment : l'image et la photographie sont superbes, les jeux d'ombre et de lumière parfois poétiques (la grande scène de chevauchée nocturne est de toute beauté), le jeu des comédiens est bon (Jeff Bridge (même j'ai trouvé qu'il manquait un peu de nuances dans son jeu), la jeune Hailie Steinfield, Matt Damon ou Josh Brolin, dans le rôle de Tom Chaney, mon préféré). Malgré ça, je m'y suis ennuyée tout autant qu'avec le roman. Il m'a manqué ce zeste de folie que j'aime retrouver dans les films des frères Coen.

 

 

Quand ça ne marche pas, ça ne marche pas. Dommage pour moi, qui semble être l'une des rares à ne pas avoir aimé le roman ou le film.

 

 

True grit Charles Portis,

Le serpent à plumes, janvier 2011, 218 pages

 

True grit, Joel & Ethen Coen

février 2011

 

 

D'autres avis, bien plus enthousiastes que moi : Sylire, Folfaerie, Claire, Eiluned, Keisha, Cathe. Caroline est aussi en demi-teinte, tout comme BMR et MAM.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08.06.2010

Sex & the city 2 – Mickael Patrick King

affiche s&c.jpgC’est pas pour dire, mais si Manhattan a largement contribué au succès de la série Sex & the City, ce n’est pas pour rien. Ce deuxième volet cinématographique, qui se déroule en partie à Abou Dhabi est donc très décevant.

 

Ici, nous retrouvons nos quatre célibattantes (ou plutôt ex célibattantes car trois d’entre elles sont mariées, mères de famille dans le cas de Miranda et Charlotte), en proie aux doutes existentiels qui assaillent les quadragénaires : concilier vie de famille et travail (Miranda), vie de femme et de mère (Charlotte) ou cap décisif des deux ans de mariage (Carrie, sans enfant et fière de l’être). Samantha, quant à elle, subit les affres de la ménopause, s’oint chaque jour de crèmes diverses et avale 42 comprimés à bases d’igname pour garder jeunesse de sa peau et élasticité de son intimité…

 

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07.06.2010

Fast food Fast women – Amos Kollek

Prenez une serveuse dans un bar New Yorkais, un chauffeur de taxi un peu séducteur, un peu papa poule, un peu romantique, trois sexagénaires célibataires, une 51SBGCZXN9L__SL180_.jpgprostituée qui bégaye uniquement sur le trottoir, une veuve de 60 ans qui voudrait juste partager les jours qui lui restent avec un homme. Mélangez le tout dans un bar plutôt ringard, agrémentez de nombreuses scène tournées dans les rues de Manhattan ou Central Park et vous obtiendrez une comédie douce amère, toute en finesse et au charme délicieux.

 

Bella (Anna Thomson), l’héroïne de notre film, donc, est serveuse. Serveuse amie, serveuse conseillère, serveuse confidente, Bella est l’âme de ce bar où elle travaille. Elle n’est ni belle ni laide, pourrait être qualifiée de monstrueuse par certains ou de bombasse pour d’autres. Elle a 35 ans et se complait dans le rôle de maîtresse d’un producteur de Broadway depuis 12 ans. Il pourrait être son père, ne quittera jamais sa femme, mais passe la voir régulièrement (en clair, il tire son coup et puis s’en va, se contentant de parler de lui, de ses projets. Ceux de Bella ? ... Bella ? Des projets ? Il s'en fiche).

 

fffw 3.jpgBella va rencontrer Bruno, chauffeur de taxi (en attendant que ses romans soient publiés), dont l’ex-femme vient de lui confier leur fille ainsi que le fils qu’elle a eu avec un autre. Entre ces deux là, le courant passe, mais la communication beaucoup moins.

 

Autour d’eux, Paul, Emily, Seymour, George, Vitka, des personnages qui vont se croiser, se rencontrer, s’aimer, ou pas.

 

fffw 2.jpgC’est un film plein de charme, où les personnages se croisent, se parlent, se cherchent. Un film où les personnages solitaires cherchent désespérément l’âme sœur, en se raccrochant à leurs amis. On y parle, on y échange des confidences et des rêves, on y partage ses peines en essayant de trouver son chemin.

 

 

Le tout est excellemment interprêté, subtilement écrit, accompagné par une excellente musique et des images à ravir. Et, comble du bonheur, le dernier personnage du film reste New York : un New York empli de personnages à la fois simples et complexes, terriblement humains et touchants (autant dire tout de suite que nous ne sommes pas dans une comédie romantique avec stars à l’affiche et 5th avenue en scène principale).

 

J’ai beaucoup aimé, et je remercie Virginie qui me l’a offert en hommage à New York !fffw 1.jpg

 

 

Fast food Fast women, Amos Kollek, 2000

02.03.2010

SHUTTER ISLAND - MARTIN SCORSESE

Si Denis Lehanne nous avait offert avec Shutter Island un roman envoûtant et parfaitement maîtrisé, Martin Scorsese enshutter island.jpg a fait une adaptation particulièrement fidèle. Tout y est : atmosphère oppressante, sensation d’étouffement, impression d’être ballotté entre entre plusieurs univers chaotiques, le pari est réussi haut la main.

 

Pitchons un peu l’histoire, pour ceux qui n’auraient pas (encore !) lu le roman de Denis Lehanne : Teddy Daniels, un jeune marshal, arrive sur l’île de Shutter Island où sont internés de dangereux psychopathes. Il est accompagné de Chuck Aule, un marshal plus âgé. Nous sommes en 1954 et tous deux vont enquêter sur la disparition d’une patiente, Rachel Solando, qui semble s’être volatilisée alors qu’elle était enfermée dans sa cellule, fermée de l’extérieur et sans fenêtre. Rachel Solando est internée pour avoir assassiné ses trois enfants. Alors que la tempête fait rage et interdit tout retour vers le continent, Teddy Daniels et son acolyte sombrent dans un univers cauchemardesque, fait de non-dits, de malades dangereux, de dirigeants de l’hôpital non moins menaçants. Teddy fait d’ailleurs de plus en plus de cauchemars lui-même, il est hanté par un passé pour le moins douloureux, ayant participé à la libération du camp de Dachau à la fin de la seconde guerre mondiale, et, quelques années plus tard, sa femme a trouvé la mort dans un incendie criminel. Le pyromane qui a provoqué cet incendie serait lui aussi interné dans cet hôpital…

 

 

caprio.jpgIl n’est pas possible d’en dire plus sur l’histoire, qui se déroule, s’enroule, s’enferme dans une spirale étonnante. Les liens se tissent pour mieux se dissoudre, les événements s’imbriquent pour mieux se défaire, l’histoire, qui pourrait sembler tortueuse, se révèle diabolique : on oscille sans cesse entre effroi et clarté, on croit avoir la clef mais on la perd aussitôt…

 

Evidemment, ayant lu le roman de Lehanne, j’attendais la plupart des événements : de ce coté ci, donc, pas de surprise, je savais où nous allions et dans quels méandres nous allions plonger. Mais je n’ai pu qu’apprécier l’adaptation de Scorcese : l’atmosphère est oppressante, angoissante, et l’attention se relâche jamais, les « flashs » ou hallucinations de Daniels sont parfaitement imbriqués dans le présent, et le film est tout aussi envoûtant.

 

Envoûtant comme l'est l'interprétation de Leonardo Di Caprio, excellent, brillant : son jeu est d’une sobriété parfaite et pourtant on plonge dans la folie comme son personnage semble le faire : tout est dans le visage, les yeux, le tremblement de sa voix comme de ses mains (ah.. au fait.. à voir en VO, n’est-ce pas ?),  Mark Ruffalo, en coéquipier Aule est fort convaincant. J’ajouterai également une mention pour Michelle Williams, qui interprète la femme de Daniels, nous la verrons donc seulement lors des flash-backs ou hallucinations du marshal : elle est tout simplement parfaite.williams.jpg

 

Envoûtant comme le sont les images de Scorsese : sombres, troubles et pourtant lumineuses, elles expriment à merveille cette sensation d’enfermement, d’isolement et de folie. Les images de Dachau sont très esthétiques, portées à un paroxysme infernal, et l’on comprendra qu’elles reflètent l’esprit de Teddy Daniels et ne veulent en aucun cas transposer une quelconque poésie dans ces souvenirs.

 

Le rythme est rapide, l’historie se déroulant en seulement quelques jours, et pourtant l’impression d’engluement est bien réelle, on est totalement transporté sur Shutter Island, désorientés, chancelants, pris de vertige. Pas d’issue, on est forcé de rester, comme Daniels, forcé d’assister à son naufrage.

 

Une adaptation donc réussie. Deux tous légers bémol, ou plutôt constats : d’une part la musique m’a gênée dans les premières minutes, elle me semblait trop « sensationnaliste », j’ai pensé au film « Les dents de la mer » et me suis demandé si le film allait sombrer dans un pathétique film d’angoisse ; puis cette impression s’est estompée et la musique ne m’a plus du tout gênée. Elle reste pourtant la même durant tout le film.

 

kingsley.jpgEnfin, si Denis Lehanne laissait ses lecteurs dans l’expectative, le doute, les suppositions, Martin Scorsese, lui, ferme la porte. La fin est moins ouverte, une hypothèse est retenue. Cela n’enlève rien à la qualité du film, mais me donne envie de relire le livre, afin de voir si, cette fois-ci, j’en arriverais à cette conclusion.

 

 

 

Enfin, pour finir en toute objectivité, j’ai parlé de ce film avec un ami : lui l’a trouvé bourré de clichés et d’ingrédients faciles très usités : île isolée pendant un ouragan, impossibilité d’en partir, décors trop gothiques, héros en lutte avec un passé trouble, méchants psychiatres se livrant à des expériences sur leurs patients,  accompagnement d’une musique alarmiste éculé, etc… Il n’a pas lu le livre et attendait autre chose. Pas moi.

 

 

Shutter Island, Martin Scorsese, 2010, 2h17

 

 

L’avis de Ori et celui de Sandra Mézière

 

 

14.07.2009

WHATEVER WORKS – WOODY ALLEN

J’avais dix-huit ans quand j’ai rencontré Woody Allen.

Je venais d’arriver à Paris et ai découvert les petits cinémas rue des Ecoles, rue affiche allen.jpgSaint Jacques, rue de la Sorbonne, … où je logeais.

A la faveur d'un cycle Woody Allen, j'ai vu et revu Manhattan, Play it again Sam, Hannah et ses soeurs (mon premier et mon préféré)… Au fil des ans, j'ai suivi les films qui sortaient : Alice, Meurtres mystérieux à Manhattan, Ombres et brouillards... Puis j'ai un peu laissé tombé, et, depuis Scoop, je n'ai plus vu ses films.

Whatever works n'est sans doute pas son meilleur film : le scénario comporte peu de surprises ou du moins les sent-on venir facilement, mais il renoue avec le genre new-yorkais dont je suis tombée amoureuse il y a fort longtemps...

Boris est un vieux misanthrope, divorcé, presque suicidé et presque nobellisé. Il dénigre, critique, râle, proteste, prend ses quelques amis à témoin (et les spectateurs aussi), a des angoisses nocturnes et on se demande pourquoi il ne se défenestre pas à nouveau. Le râleur va rencontrer une jeune gourde de province, jolie nunuche plus futée qu'il n'y paraît, les deux finiront par s'apprivoiser et même s'épouser, les parents de la belle débarquer...

Des crises existentielles, des destinées qui s'unissent alors que rien ne les destine l'un à l'autre, un misanthrope hypocondriaque attachant (quoiqu'un peu trop bavard parfois) , une intelligence rationnelle qui se heurte à une autre beaucoup plus sensitive et intuitive, une épouse délaissée qui découvre qu'elle peut être artiste et multiplier les amants (et tous en même temps c'est encore mieux, délicieusement interprétée par Patricia Clarkson), un père coureur, j'ai bien aimé Whatever works. Pourtant, dans les toutes premières minutes, j'ai eu un peu peur : Larry David est le double parfait de Woody Allen. Tellement qu'au début je n'y ai vu qu'une imitation, certes réussie, du réalisateur. larry.jpgPuis, peu à peu, Larry David est de plus en plus convaincant, totalement crédible. On ne voit plus Woody caché derrière un personnage, mais Boris l'acariâtre auquel on s'attache. Quant à Eva Rachel Wood, elle incarne parfaitement la jolie cruche du Sud, et donne à son personnage une fraîcheur sympathique qu'ont déjà perdue Scarlett Johannson ou Kirsten Dunst, trop vues ailleurs.eva rw.jpg

De l'humour aussi, cet humour détaché que j'aime beaucoup chez Woody Allen, celui qui surgit à la fois dans les situations et les dialogues, New-York (de Greenwich Village à Chinatown en se balladant Down town, j'ai reconnu certains lieux et m'en suis régalée), et, ici, un optimisme final presque surprenant : quels que soient clarkson.jpgle moyen, le chemin, les fausses routes, on peut tous trouver le bonheur quelque part. Même Boris/Woody finit par l'admettre, c'est dire.

 

 

Whaterver works, Woody Allen, 2009

 

 

Les avis de Yohan, Pascale (Sur la route du cinéma), Kathel, Papillon.

30.12.2008

AUSTRALIA - Baz Luhrmann

australia.jpgHugh Jackman a une plastique impressionnante.

 

Hugh Jackman a des pectoraux superbes.

 

Hugh Jackman est beau comme un sauvage indomptable. Beau et fier comme Reth Butler. Hugh Jackman est un homme objet.

 

 

 

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15.12.2008

BURN AFTER READING – Joel & Ethan Coen

Que se passe-t-il quand un analyste de la CIA se fait virer, que les mémoires qu’il a décidé d’écrire disparaissent subitement, burn.jpgqu’elles tombent entre les mains d’une employé de club de gym prête à tout pour se faire dégraisser par le meilleur chirurgien esthétique ?

 

Quand un flic baiseur et lâche trompe sa femme plus souvent qu’à son tour, que l’employée décide de faire chanter l’analyste avec l’aide d’un collègue tout à fait con ? Que la CiA y perd son latin et que tout part en vrille ?

 

Il ne se passe pas grand-chose, en fait, et c’est là que le bât blesse. Le scénario est bâclé, rien n’est plausible. Je sais, nous sommes chez les frères Coen et ce n’est pas sensé être forcément plausible. Mais l’humour, même présent, est trop parsemé pour me satisfaire. Quelques bonnes situations, loufoques et tordues comme on les aime, mais le tout ne suffit pas.

 

Question interprétation, George Clooney, en policier poltron n’y est pas sensationnel, John Malkovitch est trop peu vu.

 

dormand pitt.jpgY aller pour Brad Pitt assez bon en crétin imbécile bas du plafond, ou Frances McDormand, elle, absolument parfaite, voire jubilatoire en vieille fille prête à tout pour se payer sa renaissance via une refonte intégrale de son corps. Ou pour les plans et cette façon de filmer si particulière aux frères Coen, si délicieuse, ces plans, ces clins d'oeils, cet oeil qui n'appartient qu'à eux.

 

Ou préférer revoir O’Brother.

24.10.2008

MESRINE, L’INSTINCT DE MORT – Jean François Richet

affiche.JPGJe me souviens encore du jour où Mesrine a été abattu. L’information a fait la une des journaux télévisés. On avait tué un bandit, un vrai de vrai. Je me souviens d’avoir demandé « c’est qui Mesrine ? ». Mon père m’a répondu « L’ennemi public n°1 »…. Quand on est petite fille, ça fait froid dans le dos.

 Quelques années après, me voilà sans une salle obscure devant le film de Jean-François Richet. Les ongles presque rongés à la sortie, car oui, le rythme est rapide, nerveux. Les plans saccadés se succèdent, on est dès le début happé par les images.

 

Le film débute dans les années 60, en pleine guerre d’Algérie. Jacques Mesrine s’est engagé dans l’armée française au secours d’un territoire en pleine guerre d’indépendance. Rien n’y fera mais Mesrine aura eu le temps de goûter aux horreurs de l’OAS. Retour en France, où son père lui trouve un emploi. Mesrine n’est pas du genre à se contenter d’une vie de petit bourgeois et la vie de son ami d’enfance, devenu caïd de banlieue, l’attire. Le papillon se brûlera les ailes. On suivra dans ce premier volet (le second, «Mesrine : Ennemi public N°1 » sortira mi novembre), Mesrine dans ses premières années de violence, son parcours de petit caïd à ennemi public, des premiers casses à son exil au Québec.

Les plans et cadrages sont serrés, nerveux, les images sont belles, même jusque dans l’horreur. La caméra vibre autant le nos nerfs, la lumière capte les expressions des comédiens et les met en exergue. Là dessus, le film est à mon sens parfaitement réussi. Décors, costumes, ambiances, nous sommes dans les années 60, dans un bon film de gangsters à la française. J'aime.

Vincent Cassel y est transformé. Probablement l’un des comédiens français les plus capables de démultiplier leur image et leur visage de nos jours. Il y est inquiétant, fou, dangereux autant que romantique et assoiffé d’absolu. Il donne à Jacques Mesrine une image jamais tronquée, jamais flatteuse, simplement celle d’un homme qui semblerait n’avoir de toute façon, rien à perdre depuis toujours parce ne possédant rien. Détaché de tout. Tuant quand il le faut, parce qu’il le faut. cssel.jpgEmprisonné au Quebec et y vivant un enfer. S'évadant. Dehors, ou mort.

J’aurais en revanche aimé en savoir plus sur les raisons et le parcours initiatique qui mena Jacques Mesrine à devenir un tueur. A laisser derrière lui conscience et famille. Le film, tiré de l’autobiographie du tueur, n’en dit pas suffisamment à mon goût. En savoir plus sur sa femme, partie au bout de quelques années en le laissant avec trois enfants. Lassée de la violence, de la peur. La peur de son mari. C'est mon seul regret : connaître un peu plus le processus psychologique, avoir une analyse plus poussée du personnage. Le réalisateur nous laisse supposer, supputer : Mesrine était ainsi. Son personnage l'a finalement dépassé. Son aura de gangster devenu une panoplie, un second soi, qui a pris toute la place et dont il ne pouvait plus se défaire.

 

defrance.jpgCécile De France interprète Jeanne Schneider, la concubine de Mesrine au Quebec. Tout à fait crédible, impeccable complice, elle est métamorphosée par son personnage.

 

Notons aussi les excellents Michel Duchaussoy et surtout, surtout Myriam Boyer, que l’on aperçoit trop brièvement dans le rôle des parents de Mesrine.

Et notons aussi Gérard Depardieu, impeccable dans son interprétation de Gérard Depardieu jouant gd.jpgau cinéma (j’exagère peut-être un peu, mais je suis incapable de voir autre chose que la star jouant au comédien dans tous ses films depuis quelques années).

Au final, un très bon film, pour ses plans, ses cadrages, soutenu par une très bonne distribution.  A voir sans a priori et pour se laisser emporter. J’irai voir le second volet.

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12.09.2008

DANCING QUEENS !

mammamia.jpg

Sophie a vingt ans. Elle va se marier et écrit à trois anciens amants de sa mère (Sam, Bill, Harry) pour les inviter à son mariage. Chacun ignore qu'il est peut-être son père. Quant à sa mère, Donna, elle s'est rangée depuis longtemps, n'a pas oublié le groupe de chanteuses qu'elle formait avec deux amies (Tanya, Rosie) dans sa jeunesse et ignore totalement le coup fourré de sa fille. Sophie, elle, veut juste savoir qui est son père et que celui-ci la conduise à l'autel. Les trois hommes débarquent sur l'île grecque et retrouvent Donna, qu'ils ont tous aimé, puis quitté...

Il y a des Musicals adaptés au cinéma qui font fureur. Je me souviens de Chicago, de Hairspray… Certains sont réussis, d’autres moins. D’autres se transforment en soupe insipide fleurant le kitch sirupeux et frisant le ridicule.

 Mamma mia, disons, n’est pas un modèle du genre…

 

mais je me suis régalée.

 

Vous voulez savoir ? Alors voilà :

 Mamma mia est :

 -         Grotesque ET absolument délirant

-         Raté ET tellement réussi

-         A pleurer de honte ET à mourir de rire

 Tout ça a à la fois. Ouais.

 

 

Parce que oui, on peut dire que les acteurs ont eu la sagesse de ne pas tenter une carrière de chanteur pro. Que certaines chorégraphies feraient rougir un élève de la Starac et hurler la professeur de danse de ma fille.

 

 

streep 1.jpg

Que Meryl Streep (Donna) n’y est pas excellente. Qu’elle en fait des tonnes. Mais elle est fabuleuse, cette actrice ! Quel bonheur de voir son culot ! Ses chants heurtent parfois nos oreilles, elle danse (ah bon ?) ses costumes sont délirants de kitch, mais quelle joie de la voir ainsi casser son image et se permettre un délire auquel elle prend visiblement un plaisir immense J

 

 

 

Que Pierce Brosnan (Bill)  (*soupir*)

(*re soupir*)

(*re re soupir*)

(…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..)

 (** absence**)

Pardon. J’étais ailleurs.

 

peace 1.jpg

Pierce, donc. (…), chante faux, mais qu’il est drôle en biker, en amoureux transi rejeté, en chanteur… j’aime les acteurs qui réussissent à marier le ridicule, le déjanté tout en gardant leur charme so…. so….. mmmmmm…

 

(d'ailleurs, regardez ça...

 des SOS comme ça, moi, j'y réponds tout de suite !)

 

Que Colin (Harry) , oui, THE Colin réussit à sortir du lot, son personnage lui va à merveille, il est très bon, comme d’habitude.

Que Stellan Skarsgard (Bill) est à mourir de rire aussi. Une très belle découverte pour moi.

Que la jeune Amanda Seyfried (Sophie) est exquise : fraîche, mutine, et sait chanter !

 

brencknan1.jpgQuand aux amies de Donna, elles sont tout simplement délicieuses. Je suis tombée sous le charme de Christine Baranski (Tanya) parfaite en quinquagénaire obsédée par le vieillissement et adorablement incorrecte.

 

peres.jpgC’est une histoire d’amitié, d’amour aussi. Mais j’y ai surtout vu des amitiés qui perdurent malgré les années, qui s’accrochent et refusent de céder aux contraintes du temps. J’y ai vu des femmes qui acceptent de vieillir (chacune à leur façon) et des actrices qui ne se prennent pas au sérieux. J’y ai vu une mère aimer sa fille et vouloir le meilleur pour elle (là, j’ai pleuré. oui oui.).

 

J’y ai vu des chorégraphies tellement drôles et déjantées que j’avais envie de danser sur mon siège, j’y ai entendu des chansons qui font partie de mon panthéon culturel et m’ont transportée dans mon adolescence. D’ailleurs, en ce moment, j’écris musique à fond et derrière remuant sur Dancing Queen. Dieu merci je n’ai pas de web cam…

 

J’ai dansé, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai applaudi… et je n’étais pas la seule….

A voir avec des copines, pour partager des fous rires, pour se bidonner, pour pleurer de rire et de plaisir…

Une adaptation contestable donc, à prendre au second degrè voire au troisième, kitchissime à souhait, pas sérieuse du tout mais qui vaut tous les prozac du monde !!

 

La salle était comble ce mercredi soir, mais Stéphanie, Emeraude, Delphine, Fashion, Caro[line] et Chiffonnette étaient toutes aussi déchaînées !

 

Cultissime, n'est ce pas ?!!

 

 

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12.04.2008

L’ILE DE NIM - J. Flackett, M. Levin

235397538.jpgLes romans d’aventures d’Alex Rover sont vendus à des milliers d’exemplaires dans le monde entier. Ce héros est le Indiana Jones des enfants. Aventure, courage, il est un modèle pour ses milliers de lecteurs.

Nim et son père Jack Crusoé vivent sur une île déserte au beau milieu de l’océan pacifique. Jack est biologiste marin et étudie le plancton.

Un jour, Jack se perd en mer au cours d’une tempête. Nim, désespérée, écrit à Alex Rover, son héros, et lui demande de venir l’aider. Mais dans la réalité Alex Rover est tout sauf un héros. Il est juste sorti de l’imagination d’Alexandra Rover, romancière agoraphobe. Tout le contraire, quoi.

Voici un bon petit film qui plaira aux enfants. Alexandra finit par décider d’aller au secours de cette petite fille, qu’elle ne connaît pas. Elle affronte le monde et finira par découvrir cette île secrète, inconnue, où Nim et son père vivent en accord total avec la nature.

Respect de la nature, vie en harmonie avec les éléments naturels, dénonciation de l’exploitation touristique ou des modes de vie occidentaux, on pourrait trouver plein de sujets sous-jacents dans ce film. Ils sont malheureusement traités de façon très superficielle, parfois grossière voire lourde, mais c’est avant tout du divertissement enfantin.1539438897.jpg

La romancière, qui préfère vivre à travers ses livres plutôt qu’affronter le monde réel est un peu caricaturale, mais Jodie Foster remplit là très bien son contrat. Elle est à la fois touchante et amusante. Bonne performance.

Abigail Breslin confirme son talent. Son jeu est plein de fraîcheur et de naturel. Je la préférais dans Little Miss Sunshine où son rôle était plus solide, mais je pense que c’est une jeune actrice prometteuse.419640305.jpg

Disons que j’ai bien aimé. Pourquoi ? Parce qu’il nous montre aux enfants que l’on peut s’évader, voyager à travers un livre.

Et rien que ça, ça vaut de l’or !

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