10.03.2010

À QUOI SERVENT LES CLOWNS ? ANNE PERCIN

Ça sert à quoi un clown ? A faire rire ? A détendre les spectateurs entre deux numéros de cirque ? Et pourquoi il y a des clowns percin.jpgtristes ? Parce qu’il y a des gens tristes et qu’il faut les faire rire ?

 

Les gens tristes, ils sont dans le roman de Anne Percin. Pas tout à fait tristes, mais qui auraient des raisons de l’être : le HLM dans lequel vivait Melinda, 7 ans, avec sa sœur Cindy (16 ans) et sa mère a brûlé. Du coup elles retournent vivre dans une caravane, la maman de Melinda vend des frites dans une baraque à frites et emmènera Melinda à l’école... quand elle pourra le faire, un jour. Mais demain est un autre jour, et aujourd'hui un cirque s’installe dans le terrain vague à coté de la caravane : Pablo, un petit garçon, laisse échapper un jeune tigre de quelques mois. Ce petit tigre, c’est Melinda qui va le recueillir…

 

C’est un très joli roman jeunesse, que j’ai dévoré avec beaucoup de plaisir et, parfois, le cœur un peu serré. Anne Percin manie une plume tendre, toute en simplicité et justesse. Avec elle, le quotidien de la petite Melinda, ballottée de HLM en caravane, sans père, chahutée par sa grande sœur, est auréolé de lumière, on perçoit sous la grande précarité la douceur de l’amour maternel, souvent impuissant ou dépassé, ou la tendresse bourrue de la grande sœur. Et face à ce cocon familial pour le moins incertain et fragile, Pablo, le petit garçon du cirque, lui, se pose plein de questions, il n’est doué ni pour la voltige, ni pour le dressage, ni pour la gymnastique et se demande ce qu’il va bien pouvoir faire comme métier de cirque, plus tard. Surtout quand on commet des bourdes épouvantables comme laisser un bébé tigre s’échapper…

 

C’est un roman qui plonge dans le quotidien d’une famille en danger, celle de l’écartèlement et de la mise en foyer (tout est signifié dans un passage où Melinda et Cindy sont interrogées par un travailleur social, sans que les mots « travailleur social » ou DDAS ne soient prononcés), dans les difficultés des familles immigrées (d’autres familles qui habitaient le HLM qui a brûlé : reconduites à la frontière, extrême précarité), le tout avec un art de l’ellipse prononcé, rien n’est dit, tout est suggéré, mais jamais de façon pesante.

 

Car n’oublions pas que nous sommes dans un roman jeunesse, et, au final, Anne Percin propose une fin généreuse sans sombrer dans la guimauve, lumineuse sans être mièvre. C’est un roman grave et optimiste, tout simple et pourtant plein d’innocence et de fraîcheur. Un exercice difficile très justement réalisé. J’ai beaucoup aimé.

 

 

A quoi servent les clowns, Anne Percin

Editions du Rouergue, Dacodac, Janvier 2010, 157 pages

 

 

 

 

« - Dis donc, pinéguette, je suis ta mère, quand même ! J’ai pas envie que tu fasses les mêmes conneries que moi.

-         Sympa. Méli et moi, on n’est pas des conneries, tu sais.

 Sa mère en a le souffle coupé. Elle entrouve la bouche, mais rien ne sort. Soudain elle se détourne. On l’entend renifler. »

 

L'avis de Clarabel

 

 

 

09.03.2008

L’HOMME QUI A SEDUIT LE SOLEIL – JEAN-COME NOGUES

818958643.gifParis, 1661. Sur le Pont Neuf les saltimbanques, les chiffonniers, les baratineurs gagnent quelques sous pour acheter leur repas du jour. Gabriel est un jeune garçon qui assiste un baladin en lui prêtant main forte. Il est repéré par Molière, récemment distingué par Monsieur, frère du roi, qui lui demande d’intégrer sa troupe du théâtre du Palais Royal… Gabriel sera moucheur de chandelles…

Voici un roman jeunesse qui décrira (grossièrement) à aux jeunes ados un Paris du 17ème siècle, la vie des saltimbanques et des comédiens de l’époque. On y croise le roi Louis XIV, Fouquet, Louise de la Vallière et Colbert…

Le style est simple sans être dénué de vocabulaire, l’atmosphère bien décrite.

On y parle de théâtre et de la vie d’une troupe, de ce besoin de jouer, de se donner des théâtreux (« le besoin de retrouver les rires que ses répliques faisaient jaillir du public, le plaisir de capter l'attention, de se projeter hors de soi-même, d'être un autre en quelque sorte..."!).

Certes, les raccourcis sont nombreux, la précision historique plus qu’aléatoire, mais nous sommes ici en présence d’un roman dédié aux jeunes adolescents.

Espérons qu’il leur donne envie de découvrir plus avant les farces de Molières….

A paraître en avril 2008 chez Pocket Jeunesse.

17.12.2007

THEATRE ENFANTS : Laurence Landry

fff6d4695a568fc84581257608083565.jpgAldric le lutin et la Fée Luciole (à partir de 6 ans)

« Dans un village, au cœur d’un verger, Aldric un jeune lutin est dans son lit. Il a la varicelle, il est de très mauvaise humeur (même les lutins attrapent la varicelle). Aldic est très fâché de ne pas participer à sa première fête des pommes. Il va faire un souhait qui va tout changer. »

 

 

 

10eb1d4fd33ed32d732b0d53674439ae.jpgLa princesse et la perle scintillante (à partir de 10 ans)

« La princesse Lily a grandi. L’empereur Tian Kong, son père, décide qu’il est temps pour elle de prendre un mari. Mais la princesse refuse tous les prétendants que son père lui propose. Son cœur appartient à Chang, jardinier du palais ».

Voici deux petites pièces de théâtre enfants (à lire ou à jouer) que Lamousmé m’a fait découvrir.

Eh bien mille mercis Lamousmé ! Voici deux très jolies petites histoires, deux délicieuses mini-pièces grâce auxquelles nos enfants vont pouvoir découvrir le théatre.

Dans la première Aldric est furieux d’être cloué au lit et de rater sa première fête des pommes. Il souhaite que tous ses boutons disparaissent et que ce soit tous les jours la fête des pommes. Il apprendra à ses dépens que tous les souhaits ne sont pas bons à réaliser et qu’il vaut mieux s’armer de patience et attendre sa guérison !

J’ai bien aimé cette première histoire toute mignonne mais j’ai surtout préféré la deuxième, celle de la Princesse Lily qui aime le jardinier. Son père l’Empereur le trouve indigne d’une princesse et souhaite la voir épouser un homme de sang royal. Le jardinier, en affrontant le roi des dragons, montrera qu’il a un cœur noble.

C’est une parfaite initiation au théâtre pour les enfants. Les pièces sont courtes mais les histoires charmantes. Elles peuvent être lues à voix haute ou bien jouées et permettront à nos lutins et princesses de découvrir le monde de l’imaginaire, l’univers magique du théâtre. Les textes courts leur permettront de s’approprier les personnages rapidement, de s’immerger dans un univers insolite et merveilleux.

Quant aux couvertures, illustrées par Antoine Lalanne, elles sont superbes.

Théâtre à lire ou à jouer AK Editions.