21.10.2007
MENSONGES DE FEMMES – LUDMILA OULITSKAIA
C’est un roman très court, dans lequel nous suivons une femme russe, Génia au fil de ses rencontres avec des femmes, de jeunes filles, des vieillardes qui toutes vont, chacune à sa façon, lui raconter leur vie, en l’enjolivant, la noircissant ou au contraire en la mythifiant. Irène s’invente des enfants mort-nés, ou morts en bas âge, un destin cruel et une vie faite de douleur et de larmes ; la jeune Nadia s’invente un grand frère, Anna s’approprie des vers de autres et se proclame poète. Des prostituées inventent le cheminement qui les a menées à vendre leur corps, la jeune Lialia prétend être la maîtresse d’un grand peintre.
A travers tous ces mensonges, Ludmila Oulitskaïa effleure les fêlures de ses personnages : le besoin d’attirer la compassion, les fantasmes d’une adolescente qui invente une passion dévorante avec un homme plus âgé, les prostituées inventent toutes le même parcours, faits de beaux-pères incestueux et d’accidents de vie ; chaque mensonge est différent, complexe, révélateur des frustrations, des désirs inassouvis, des rêves d’une autre vie.
J’ai bien aimé, mais je n’ai pas on plus lu ce livre avec un réel plaisir. Le style est trop pragmatique, pas assez lyrique. Mais il est vrai qu’après avoir lu Philippe Claudel, je suis restée sur ma faim, et je n’ai pas réussi à me plonger tout à fait dans l’atmosphère de ce roman.
11:20 Publié dans Litterature Russe | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


