06.11.2008
CHAOS CALME - SANDRO VERONESI
Pietro et son frère Carlo sauvent la vie de deux jeunes femmes. Ils ont plongé sans hésiter, ramené les jeunes femmes sur la plage. Pietro est un héros ? Oui, peut-être. Personne ne le remercie. Pietro s’en va et Pietro rentre chez lui, pour apprendre que Lara, sa femme, est décédée d’une brutale rupture d’anévrisme pendant qu’il jouait les sauveurs.
Incapable de s’effondrer, incapable de ressentir ou d’exprimer son chagrin, anesthésié, Pietro passe ses journées dans sa voiture, devant l’école de Claudia. Pietro vit dans sa voiture, Pietro travaille dans sa voiture, Pietro reçoit dans sa voiture. Une, deux, trois visites, puis quatre, puis cinq. Le dernier salon où l’on cause, c’est chez Pietro. Comprenez dans sa voiture.
C’est un roman que j’aurai du mal à définir. Savoureux, ennuyeux ? En fait un peu le deux. L’incessant va et vient des amis, famille, voisins, connaissances de Pietro qui défilent dans sa voiture, qui pour s’épancher, qui pour s’inquiéter, qui pour « voir », est un régal. Chacun appréhende le deuil à sa façon, l’absence d’effondrement de Pietro, ou son absence de manifestation apparente de désespoir provoque peu à peu les confessions, les petites histoires et les grands rêves confiés. Que de sourires dans cette lecture ! Mais d’un autre coté, le livre est long, traîne un peu en longueurs par moments.
Mais il n’en reste pas moins un bon roman sur le temps qui passe, les rapports humains, les petites tendresses et les grands dégoûts. Parce que la vie, c’est justement ça, ces petits trucs qui font qu’elle a du goût, de la saveur, et que même sous l’insipidité de certains jours, elle est remplie de petits bonheurs. Il suffit d’ouvrir les yeux.
C’est souvent drôle, loufoque, attendrissant. Attachant, doux. Un roman sur nos vies et nos choix, parsemé de désirs et de regrets. Un roman à lire avec plaisir, malgré les longueurs.
Chaos calme, Sandro Veronesi – Grasset 505 pages
Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009
Les avis de Anne, Antigone, Cuné, LVE. Bellesahi s’est ennuyée ferme.
06:49 Publié dans Littérature Italienne, Pas mal, ouais !, Prix des lectrices ELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note


