06.05.2008

SHOES ADDICTS – BETH HARBISON

2128498848.jpgVous avez déjà craqué pour une énième paire de souliers, alors que votre penderie peine à contenir les dizaines de boites rectangulaires qui abritent vos trésors ? Vous avez déjà dégainé votre carte de crédit sachant pertinemment que ces escarpins (bottes) (sandales) (mules) étaient une dépense inutile, futile, exagérée, inconsidérée ?

 

Non ? Alors vous n’êtes pas comme Lorna, Hélène et Sandra. Ces trois « shoes addicts » sont accro aux souliers. Manolo, Patrick, Christian, Jimmy sont des noms qui les rendent hystériques. Et ce ne sont pas des amants potentiels. Juste des chausseurs.

 

 

Et quand on est shoes addict, c’est comme quand on est accro au jeu, au shopping, à l’alcool ou à la drogue : on ne peut pas se contrôler et on se retrouve vite dans la panade, avec compte dans le rouge, culpabilité, honte, regrets… et de gros problèmes.

 

 

Ces trois accros à l’odeur du cuir, à la finesse d’une bride, à la courbe délicate d’un talon ou au galbé d’une sandale vont se rencontrer au cours d’une soirée troc organisée par Lorna. Elles seront rejointes par Joss, candide en matière de soulier mais désireuse d’échapper à sa patronne hystérique… Elles vont y partager leurs pulsions, leurs envies, leurs souliers, et y découvrir, surtout, un bien qu’elles ne possèdent pas encore : l’amitié.

 

 

Bon, disons le tout de suite, c’est de la chick lit plutôt moyenne. Le style est parfois consternant, parfois drôle, quelquefois touchant, l’énumération de marques de luxe carrément lassante. Je préfère qu’on décrive le sublime d’une paire de sandales plutôt que l’on cite sa marque sans évoquer l’exquise délicatesse de ces créations et la sensation délicieuse qu'elles peuvent procurer.

 

 

Bref. Au point de vue style, moyen donc. L’intrigue, elle, ne casse pas trois pattes à un canard non plus. Quatre nanas mal dans leur peau, une femme de sénateur trompée qui vole en dans les magasins, une opératrice de téléphone rose agoraphobe, une dépressive chronique dont le compte en banque atteint les mêmes profondeurs abyssales que son moral, une jeune baby sitter exploitée. Quatre héroïnes, comme dans les scenarii qui marchent : Sex and the City, Desperate Housewives… De beaux clichés, donc.

 

 

Mais, et il y a un "mais" je trouve, c’est distrayant. Distrayant parce que, en tant que femme, il y a forcément quelques résonances, aussi minimes soient-elles, qui poindront dans nos mémoires. On a pas forcément craqué une fois dans sa vie pour des escarpins sublimes à 400 dollars, non, mais acheté une paire inutile, juste parce qu’elle nous plaisait, là, je jette mes dernières compensées à celle qui me dira le contraire (et je les récupère après, merci).

 

 

Alors le roman se lit vite, s’oubliera certainement très vite aussi, mais aura permis d’oublier ses soucis, de sécher ses larmes et de se vider la tête. Et ça, ça fait du bien. Beaucoup de bien.

 

 

L’avis de Lily (et merci pour le prêt !),

PS 1 : ah, j’oubliais de citer ce passage, où l’un des personnages dit qu’un homme qui regarde trois fois de suite Orgueil et Préjugés avec Colin Firth est forcément gay…. Les hommes qui liront ce billet me diront ce qu’ils en pensent !

PS 2 : et j’en profite pour avouer à la face du monde que je suis celle qui a effectué un « changement piétinal » la semaine dernière à Cabourg. Dû à un problème technique très handicapant. Donc justifié. Et puis, les magasins à Cabourg n'ont qu'à pas être ouverts le 1er mai...

 

PS 3 : Et je ne fais pas toujours une bourde terrible en essayant des souliers.

 

PS 4 : et j’attends avec impatience les 2 paires de compensées achetées la semaine dernière sur un site de vente en ligne. En solde, deux pour le prix d’une. Pourquoi s’en priver ?

08.04.2008

LA DOUBLE VIE DE PENELOPE B – ANNE-SOLANGE TARDY

894106625.gifPénélope est bretonne et graphiste. Son ex-fiancé vient de se marier. Elle « monte » à Paris travailler avec sa tante Aure dans la communication. Pénélope créée son blog « La mouette à Paris ». Son blog a du succès, beaucoup de succès, même. Le souci, c’est qu’en fait elle raconte n’importe quoi et s’invente une vie de parisienne trendy hypissime qu’elle n’est pas. Pénélope est qu'une provinciale fraîchement débarquée qui a eu la chance de fréquenter quelque temps des vrais parisiens « branchés ».

Comment va-t-elle se sortir de là ?

Voilà un résumé quelque peu grossier du roman d’une bloggueuse, Anne-Solange Tardy. Il y a un peu de tout dans ce premier roman : du bon, du moins bon, du mauvais. Le style, tout d’abord, n’est pas mauvais. Anne-Solange Tardy fait preuve parfois d’une certaine… non pas profondeur (quoique certains passages n’en sont pas dénués) mais plutôt justesse. Justesse dans certains constats, dans les doutes que peut avoir une jeune candide quant à sa vie, ses rêves, ses désirs. Justesse dans le ton qu’elle emploie pour parler de l’amitié, de la famille, des ex, des jaloux, des collègues… de l’humour aussi, une plume assez fluide qui se laisse lire sans sauter au plafond de rage et d’énervement. Ni d'extase non plus, je vous l'accorde.

L’histoire… bon, n’allons pas y chercher un truc hyper profond qui nous plongera dans une réflexion sur le sens de nos vies, sur la profondeur de l’amour et des relations homme-femme. C’est (surtout à la fin) de la littérature de poulette caricaturale (je l’aime, je lui ai menti, il ne le sait pas mais lui aussi après tout m’a menti, ma meilleure amie se fait passer pour moi va-t-il tomber amoureux d’elle je suis jalouse ciel il tape à ma porte non je ne lui ouvrirai pas si je lui ouvre il avoue j’avoue on tombe dans les bras l’un de l’autre fin).  Trop canon super je lisais ça quand j’avais 14 ans.

Quant à l’histoire du blog, eh bien... cela fait un peu froid dans le dos, de lire que l’on peut s’inventer des vies sur les blogs de fille. Mais pourquoi pas après tout ? Cela doit arriver sans doute. Quand je constate l’effective et abyssale vacuité de certain(s) blog(s) de fille, cela ne me surprend pas.

Le blog est addictif ? Certainement un peu. Mais de là à n’en plus dormir, je ne sais pas vous, mais moi, je dors comme un bébé.

Les étonnements de la provinciale qui débarque et ne connaît pas le nom des marques m’ont fait sourire. Tellement vrai. Pour moi, un Paddington n’est pas un ours en peluche, mais un sac. Pour moi, on ne dit pas « marron » mais « chocolat ». Pour moi, des ballerines sont forcément des Repetto. Je vous l’accorde, pas dorées, mais bon, quand même.

Du coup je me suis sentie un peu parisienne (dit la fille qui vit en banlieue) du coup pétasse, du coup futile. En plus je tiens un blog. La totale quoi.

Tiens, je vais ouvrir un blog de fille, na.

En fait non, je vais continuer à parler de livres. Ca coûte moins cher qu’une crème anti-rides à 240 euros les 30 ml. Ca n’a pas le même effet me direz vous ? Mais on a l’âge de son cerveau, n’est-ce pas ?

Quant à Anne-Solange Tardy, elle doit sans doute passer le cap du premier roman, forcément un peu autobiographique, chercher plus de profondeur, creuser ses histoires, elle a une plume intéressante. A elle d'en faire ce qu'elle veut.

De la chick-lit correctement faite, une histoire de bloggeuse, donc intéressant malgré tout.

Cuné l'a lu aussi.