29.02.2008
SAGA – TONINO BENACQUISTA
Marco, Mathilde, Louis et Jérôme sont des has been. Des loosers. Des nazes. Scénaristes ou auteur de romans à l’eau de rose, ils sont réunis par un ponte d’une chaîne de TV en mal de quotas de séries françaises. Leur mission ? Ecrire le scénario d’une série TV dont tout le monde se fichera puisqu’elle sera diffusée à 4 heures du mat. Pour un coût minimum. Pour un retour sur investissement dérisoire. Ecrire une daube, une merde, n’importe quoi, pourvu que le quota soit respecté et que la chaîne ait la paix avec le CSA. Service commandé, faîtes n’importe quoi, on s’en fout, vous avez 80 épisodes. Point barre.
Nos quatre scénaristes se mettent illico au travail et se plongent dans SAGA, la seule série où on fait et dit n’importe quoi. Et sans contraintes. Libres. Créer sans entraves : le rêve de tous.
Il faut croire que les téléspectateurs aiment le n’importe quoi, finalement…..
Il est des romans dans lesquels on n’arrive pas à rentrer. Et si on n’arrive pas à rentrer dès le début, il y a fort à parier qu’on n’y rentrera jamais. C’est ce qui m’est arrivé. Je suis restée insensible à ce roman du début à la fin. Pourtant, l’intrigue est suffisamment retorse et originale pour que j’y trouve mon compte. Il y a de l’humour (et Malavita du même auteur m’avait largement conquise) mais je suis sans doute passé à coté du tout au tout.
Suis-je téléphobe ? Suis-je imperméable ? A aucun moment je n’ai réussi à m’intéresser ni à ces quatre énergumènes qui font sauter l’audimat sans le vouloir, à aucun moment je n’ai apprécié ce portrait pourtant acide et lucide du monde de l’audiovisuel. Question de style ? Un peu. Je l’ai trouvé ennuyeux. Question de crédibilité ? Sans doute aussi, je n’ai jamais réussi à gober un seul instant cette histoire de série pourrie qui devient un Summum et encore moins la fin, que j’ai trouvé carrément grotesque.
Allez, soyons objectifs. Je crois être une des rares de la blogosphère à être restée de glace. Lisez plutôt les avis enthousiastes de : Allie, Karine, Emeraude et LVE.
Lu dans le cadre du Challenge ABC 2008, lettre B.
Et merci à Fashion pour le prêt !
06:34 Publié dans Challenge ABC 2008, J'ai failli lâcher..., Litterature Française | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
19.02.2008
SWAP – ANTHONY MOORE
Harvey Briscow a toujours vécu dans une bande dessinée. D’ailleurs, il est directement passé de l’âge enfant à l’âge enfant-qui-n’a-pas-voulu-grandir. La preuve, au lieu d’évoluer normalement, c'est-à-dire de choisir un vrai métier comme dit sa maman, de se marier et d’avoir des enfants comme dit son papa, il a ouvert une boutique de bandes dessinées à Londres. Où il végète depuis… soyons sympa, disons….depuis pas mal de temps.
De toute façon, il n’aime que ça, les comics. Et son fantasme, ce serait d’ouvrir un coffee shop à New York sur le thème des super héros : les 4 fantastiques, Superman, Wonder Woman. Ses idoles, quoi.
Mais, pour ouvrir ce coffee shop, il aurait fallu qu’il garde ce fichu « Superman numéro un », quand il était encore un gamin, au lieu de l’échanger contre vulgaire bout de plastique à Charles Odd, dit Bleeder. Voilà ce qui hante ses jours et ses nuits, à Harvey : cette saleté de BD qui aujourd’hui vaut près de deux cent mille livres et qu’il a stupidement donnée à un camarade persécuté, un pauv’type martyrisé par les gars du collège de son enfance. Harvey en rêve, Harvey en bouffe, du remords et des regrets : il construit sa vie autour du souvenir de cette relique. Alors il se rend à une réunion des anciens du collège afin de demander à Charles Odd de lui rendre cette BD. Qu’il la lui rende, ou qu’il lui avoue l’avoir brûlée, peu importe. En tout cas il faut qu’il en finisse avec les regrets et les « si ».
Le lendemain, il décide de cambrioler la maison de Charles Odd. Et tombe sur le cadavre la vieille Mrs Odd. Affolé il prend ses jambes à son cou…. Mais qui avait le meilleur mobile pour tuer une vieille femme chez qui se trouvait encore LA BD ? Qui ressassait sans arrêt qu’il aurait mieux valu qu’il la garde, sa BD ? Qui a laissé ses empreintes partout ? Harvey, bien sûr. Il est mal barré, c’est certain. Vraiment mal barré.
Ce roman est assez divertissant. Les situations sont souvent amusantes, les personnages à la fois attachants et navrants par certains cotés. Des pauvres types qui n’ont pas réussi à bâtir leur vie, ou plutôt ont bâti un simulacre de vie.
Certes, on a très envie de savoir qui est réellement le (ou la) meurtrier(e). Parce que les coupables possibles, il y en a plusieurs : Charles Odd, le fils étouffé par une mère plus ou moins folle ? Jeff Cooper, la brute épaisse ? Maisie Cooper, le démon aux yeux d'ange ? La dessus, rien à dire, on est rivé au roman pour connaître la fin.
En revanche, le style ou plutôt l’absence de style gâchent un peu le plaisir. Il y a de l’humour, certes, mais il n’est pas aussi subtil que chez Nick Hornby. Il y a quelques perles (les parents d’Harvey sont hilarants) mais quelques réflexions plus « lourdaudes » qu’élégantes abiment le tout.
Ce sera mon bémol. Celui qui a suffit à ne pas m’emballer.
Quant à Cuné et Bellesahi, elles ont réussi à passer outre et vraiment apprécié, les chanceuses !
Ps : Cuné évoquait John Cusak pour le rôle de Harvey. Je penche plutôt pour Kevin Spacey, même s’il est plus âgé que le personnage!!
Swap - Anthony Moore - Editions Liana Levi, 350 pages
06:20 Publié dans J'ai failli lâcher..., Litterature Anglo-saxonne, Polars, thrillers... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


