09.05.2011
L'album de Milo – Carolyn Parkhurst
Ce n'est pas un nouveau roman que va remettre Octavia Frost à son éditrice, mais un recueil intitulé « L'album de nulle part », dans lequel Octavia réécrit la fin de ses sept romans. Pour chacun d'entre eux, elle réinvente un nouvel épilogue. Comment son lectorat va-t-il réagir, elle ne le sait pas, mais Octavia voulait reparcourir ces histoires et les revisiter (« Une fois que l'auteur a fait son boulot, on attend de lui qu'il se retire poliment ; autrement, il est un rappel embarrassant du fait que ces histoires ne sont pas venues au monde spontanément et parfaitement formées. J'imagine que si Shakespeare réaparassait et disait « Je me suis trompé, Roméo et Juliette ne sont pas morts de façon tragique, ils ont vécu si longtemps qu'ils ont eu le temps de se marier, de perdre leurs dents et de se pourrir la vie mutuellement... » eh bien, il en baverait sérieusement. »). Octavia, parfaitement lucide, se doute bien que, n'étant pas Shakespeare, elle risque tout au plus de susciter l'indifférence ou un intérêt vaguement poli, et encore. Si ses romans ont connu un certain succès, Octavia n'est pas un auteur médiatique et son visage, reproduit en quatrième de couverture, n'est pas reconnu dans les rues. Son fils Milo, en revanche, est connu : musicien d'un groupe de rock à succès, il fait régulièrement les unes des magazines et c'est d'ailleurs ainsi qu'Octavia a de ses nouvelles. Ils ne se parlent plus depuis bien longtemps, mais alors qu'elle arrive à New York Octavia apprend que la petite amie de Milo a été assassinée. Milo est suspecté du meurtre. Octavia se rend à San Francisco pour tenter de revoir son fils.
Un mélange de genres intéressant, dans lequel Carolyn Parkhurst s'interroge sur le pouvoir des histoires et la part de soi que livre, même inconsciemment, un auteur dans ses romans (au fil du récit sont insérés les dernières pages des romans d'Octavia et la nouvelle fin qu'elle réécrit). Dans chacun de ses romans, on perçoit l'influence du drame vécu par l'auteur : alors que Milo avait neuf ans, le mari d'Octavia et leur petite fille sont morts dans un accident : Octavia a dû élever seule Milo, dans une relation chaotique mêlée de désespoir et d'incompréhension. Drame familial aussi, donc, dans lequel Octavia tente de renouer avec son fils Milo et de découvrir la vérité sur l'assassinat de sa belle fille (Octavia a reçu un mot anonyme avec les mots « Quelqu'un ment" et se rend vite compte que Milo, ne se souvenant de rien de cette nuit meurtrière, pourrait bien être innocent).
Un roman à plusieurs niveaux, donc, qui mêle intrigues psychologique et policière. Il prend plus de saveur passée l'installation de l'intrigue et des personnages et, malgré un fin un peu rapide (et prévisible), il reste un exercice intéressant.
L'album de Milo, Carolyn Parkhurst
Ed. Philippe Rey, avril 2011, 380 pages
06:26 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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04.05.2011
Les privilèges – Jonathan Dee
« C'est extraordinaire. Qui aurait deviné qu'être maître de l'univers pouvait rapporter autant d'argent ? »
Parfois les a priori sont tels qu'on passe devant une couverture / 4ème de couverture avec une moue et on repose l'ouvrage négligemment. Et puis on s'aperçoit que son libraire le labellise « coup de coeur », on lit quelques critiques dans la presse professionnelle toutes enthousiastes alors on feuillette quelques pages, on se dit après tout pourquoi pas, allez tentons, essayons on verra bien.
Parce que les a priori, j'en avais en découvrant Les privilèges. Une histoire de riches New-Yorkais, très très riches et malheureux. Je ne suis pas du genre à baver devant tout étalage de fortune et j'avais peur que le propos de l'auteur veuille seulement rassurer un lecteur béat qui aurait été ravi d'apprendre que même les riches sont malheureux et que l'argent ne fait pas le bonheur, tout en rêvant devant un étalage de bling bling et de brillant.
Mais point de bling bling et de strass ici, et aucun des clichés qui m'effrayaient : Jonathan Dee évite l'écueil démagogique en basant son roman sur les personnalités de Cynthia et Adam, ce jeune couple qui se marie dans les premières pages du roman. Un couple dont la force réside dans l'amour qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Réussir, oui, pour briller socialement – puisque briller signifie exister – mais surtout pour se protéger.
Car si Adam fait fortune en tant que financier (tout en s'arrangeant parfois avec l'éthique et la justice), il veut avant tout et surtout mettre Cynthia à l'abri et lui donner tout ce qu'elle peut souhaiter. Tout au long des quatre chapitres qui couvrent les étapes successives de la vie des Morey et de leur situation financière (ils deviendront, au final, odieusement riches), Jonathan Dee raconte avec froideur, presque, l'évolution de cette famille. Quatre chapitres qui sont autant d'ellipses sur les périodes intermédiaires de la vie des Morey : le but n'est pas de montrer comment Adam fait fortune ni comment leurs vies se délitent : 1) ils se marient, 2) ils sont jeunes et gagnent bien leur vie, 3) ils sont riches, 4) ils sont extrêmement riches. Point d'explication, de démonstration ou de détails, Jonathan Dee dresse un tableau en quatre volets qui n'en sont que plus forts et encore plus édifiants.
Adam et Cynthia oublieront d'être à force de paraître ou de vouloir être tandis que leurs enfants chercheront désespérément ce qu'ils sont (que ce soit dans la drogue ou dans la musique), sans se trouver ("Personne ne pouvait rien contre sa naissance. Il fallait juste partir de zéro et l'empêcher de déterminer qui vous étiez"). Jonathan Dee s'attache à tour de rôle à chacun des membres de cette famille, selon leur point de vue : tous, malgré leurs privilèges, sont seuls, et ont perdu, à force de ne plus rien désirer, le sens même du mot désir.
Une chronique familiale implacable et pessimiste qui nous emporte du premier mot au dernier mot, dernier mot au cynisme glaçant tout autant qu'admirable.
Impressionnant.
Les privilèges, Jonathan Dee
Plon, mars 2011, 298 pages
L'avis de Cathulu
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| Tags : comparé par la presse à fistzgerald, wharton, wolfe, il y a un peu de ça, oui |
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02.05.2011
London colors
C'est vrai que j'ai toujours dit New York, New York... C'est vrai que London, ok, oui, why not mais en week end.
C'est vrai.
Mais maintenant il serait faux, entièrement faux, de continuer à prétendre que je n'y vivrais pas volontiers. Totally faux.
Et même, soyons honnête jusqu'au bout, j'y vivrais bien tout le temps. En partant, de temps en temps, sometimes, for a while, à New York. Bah oui, quand même... Et puis, un truc en plus : Fifille a décidé d'y vivre, quand elle sera grande. Premièrement parce qu'elle s'imagine déjà aller prendre un verre au pub avec ses copines en sortant du bureau et qu'elle trouve ça over cool (elle est bien ma fille, je trouve, pas vous ?). Deuxièmement parce qu'elle a adoré marcher pendant des heures et découvrir la ville. Troisièmement parce qu'elle a découvert les scones et les noddles bars. Quatrièmement parce qu'elle trouve que Will est un beau mec / prince et que l'époque se prêtait bien à ce genre de fantasmes, vu qu'on ne voyait que lui et Kate, à tous les coins de vitrine / publicités / corners...
Un peu de photos, donc, en vrac et au hasard... et rien d'autre que ça, juste pour le plaisir... (sais pas si mon montage marchera, donc montage ET photos)





















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28.04.2011
Des adhésifs dans le monde moderne - Marina Lewycka
« - Vous êtes juive?
- Yorkshire. C'est presque une religion. »
Parce qu'il ne veut pas coller un porte brosse à dents dans la salle de bain, Georgina lui envoie son lait brûlant à la figure et se fait quitter dans la foulée. Puisqu'il est parti, Georgina met toutes ses affaires à la benne, tant pis pour lui (j'aime les femmes de caractère, moi) et rencontre Mrs Shapiro, une veille dame qui vient récupérer dans ladite benne les disques de musique classique de feu le mari aimé. Mrs Shapiro vit dans une grande bicoque délabrée au coeur de Londres, possède sept chats efflanqués dont un macho (qui plus est violeur patenté), une chatte amoureuse, un crotteur anonyme, le tout dans des conditions hygiéniques plus que douteuses voire carrément répugnantes.
Le rapport avec les adhésifs, me direz vous ? C'est que Georgina travaille comme journaliste pour un site « Des adhésifs dans le monde moderne ». Peu passionnant mais payant.
Le rapport entre les adhésifs et l'histoire de Georgina et Mrs Shapiro, me re direz-vous en souriant d'un air caustique ? Il y en a un pourtant, et même plusieurs car au fur et à mesure que l'on découvre avec jubilation ces aventures tragi-comiques, on se laisse totalement emporter par l'histoire et les personnages. Georgina, donc, va s'occuper de la maison de Mrs Shapiro quand celle ci sera hospitalisée et découvrir un peu du passé de la vielle dame excentrique. Ajoutez à l'histoire de Mrs Shapiro des agents immobiliers appâtés par la bâtisse, des travailleurs palestiniens fans de PVC et pas vraiment bricoleurs, des agents des services sociaux pas très sociaux, des personnes âgées frappadingues, un adolescent illuminé qui attend la fin du monde et reliez le tout par un adhésif puissant : l'amitié, l'amour, le respect ou la tendresse selon les cas.
Car de fêlures il en est bien question, que ce soient celles des relations parentales, celles des couples, celles des gens qui s'abiment dans des disputes épuisantes ou des conflits sociaux, de classe ou de religion. Un peu de colle donc ou de ciment, dont en sortira un roman tout en finesse, en drôlerie et en tendresse. Car oui, on rit souvent, on s'émeut, on applaudit presque, on efface discrètement une petite larme attendrie que l'on n'a pas vue venir. Marina Lewycka dépasse avec brio le stade de la comédie de moeurs en élargissant le spectre de ces relations humaines à l'histoire plus générale : en remontant dans le passé de plusieurs protagonistes du roman, Marina Lewycka fait une incursion dans l'histoire avec un grand H et emmène son lecteur en Palestine, ou Israël. Là où la colle n'a pas encore pris. Mais point de grande leçon ou de discours pontifiant, rassurez vous, le tout ne sert qu'à étayer ce sympathique roman où les scènes se visualisent avec tant de plaisir qu'on aimerait, après avoir tourné la dernière page, foncer à Londres du coté de Totley Place, et de se glisser parmi les invités de Canaan House. Avec un tube de colle pour nous aussi recoller les morceaux et surtout ne plus pouvoir partir.
Des adhésifs dans le monde moderne, Marina Lewycka
Editions des Deux Terres, 506 pages, avril 2011
Les avis de Sandrine, Lililecture, Sentinelle et Armande
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26.04.2011
Charly 9 – Jean Teulé
Charly 9, Charlie le faible, le couard, le lâche, Charly le fou, Charly le sanguinaire ou plutôt celui qui a autorisé le massacre de la Saint-Barthélemy, Charly manipulé par Mama, sa mère, Catherine de Médicis, Charly 9 ou Charles IX comme le veut l'Histoire.
Charly est influencé par Mama, son frère Henry Duc d'Anjou et leurs conseillers, Charly va accepter la tuerie. Coligny oui, et tous les autres. Tous. Une tuerie, la Seine qui se remplit de sang, les protestants sont massacrés, poursuivis, égorgés. L'influençable jeune roi, vingt deux ans, dans l'année qui suivra le massacre, sombre dans la folie avant de mourir.
Alors oui, c'est du Teulé, du Teulé qui joue avec l'histoire, se joue des détails et joue avec les mots, les situations, les personnages. Bien sûr, il ne s'éloigne pas des grandes lignes de l'histoire mais en profite dilater parfois la réalité et l'adapter à son imagination tonitruante et dresser une galerie truculente de personnages caricaturaux, vertueux ou pas, gothiques (Marguerite de Valois), ou séducteurs (Ronsard, dont les vers ponctuent le roman). Et ce Charly, ce gentil roitelet à peine adulte, oscille sous la verve de Teulé entre grotesque (la tête dans le pâté, littéralement, on appréciera – ou pas) et touchant, pathétique ou écoeurant aussi par moments.
Teulé, on aime ou pas, et ce roman, sans me déplaire, ne m'a pas transportée. C'est vif, coloré (rouge écarlate, souvent, noir gothique) et l'écrit reste un spectacle que l'on tente de visualiser, butant sur les mots et la verve parfois trop caricaturale de Teulé, la narration au présent qui ne s'arrête que trop peu sur le Paris de l'époque. J'ai eu en revanche l'occasion d'assister à l'enregistrement audio d'un des chapitres en février dernier (et je remercie encore Manuel, Thomas qui ont organisé cette rencontre, tout comme Emmanuel Dekoninck et Jules le technicien pour leur accueil et les échanges, autour de discussions qui ont largement dépassé le cadre initialement prévu :) Heclea, Caroline et Laetitia ne diront pas le contraire :)
Et si le roman de Teulé se lit avec intérêt ou plutôt curiosité, c'est l'audio-livre édité chez Audio-Lib qui met en couleurs la verve de l'auteur. Le comédien Emmanuel Dekoninck propose une lecture vive, alerte, dans laquelle il joue avec les accents, les intonations, les inflexions. Les personnages, à travers sa lecture, prennent vie et deviennent vivants, bien plus drôles d'ailleurs que dans le roman. Tour à tour, on découvre le faible roitelet, la reine mère et son terrible accent italien, les conseillers, le futur Henri III et tous leur entourage. Tous deviennent les acteurs d'un feuilleton que l'on se plait à suivre, souriant, parfois grimaçant devant les exagérations du texte, parfois agacé par la couardise du roi ou amusé par la galerie de sournois, de calculateurs et de comploteurs qui l'entourent. Emmanuel Dekoninck nous avait donné quelques clefs de son interprétation : il donne de l'intonation et de la vie aux personnages, propose des accents, des personnalités. Le tout est drôle, léger, truculent, parfois peu ragoutant ou cru, mais cette lecture audio, lue dans les transports en commun, m'a fait sourire à plus d'une reprise.
Une lecture audio donc plus distrayante que la lecture du roman lui-même.
Heclea parle ici de cette rencontre et de l'enregistrement auquel nous avons assisté.
La Ruelle Bleue parle ici du roman de Teulé.
Charly 9, Jean Teulé
Julliard, mars 2011, 232 pages
Charly 9, Jean Teulé
Audio Lib, avril 2011, 4h32
08:03 Publié dans *Litterature Française*, Audio-Livres | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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18.04.2011
En vrac et au hasard...
Pour du bric à blog, vous allez en avoir du bric et du brac et du blog en vrac, ici. Quoi de neuf sous le soleil ? Bah rien de neuf, en fait. Les petites emmerdes et le grosses joies de tous les jours qui viennent grignoter les journées, salir ou embellir le quotidien, selon les minutes.
Déjà, la grosse, très grosse emmerde, voire la sublimissime emmerde, celle qui vous pourrit de chez pourrit le quotidien : ma connexion wifi at-home est morte. Morte de chez morte, je n'en aurais pas parlé ici (après tout y'a pas mort d'homme et on survit finalement assez bien) si les choses ne prenaient une dimension quasi ubuesque : une box qui petit à petit montre des signes de faiblesse, qui finit par expirer. Bon, ce sont des choses qui arrivent. Un coup de fil au fournisseur, quelques quarts d'heure d'attente et ouf on se voit proposer un dépannage à domicile. Quelques jours plus tard le dépannage est effectué, on bondit de joie devant sa box toute neuve toute rapide toute belle au débit encore plus rapide que Hussein Bolt lui-même. Vous sautez de joie, faites le tour du net comme Hussein drapé dans sa cape, ça va tellement vite que vous avez l'impression d'avoir découvert la roue, mais où viviez vous bordel ? Ah oui, en banlieue, c'est vrai. Deux petits tours et puis s'en vont, donc, et flop, la box meurt avant même d'avoir passé le cap du 4 fois relais. Sans préavis ni faire-part. Appel au fournisseur, les quarts d'heure ne sont plus des quarts d'heure mais des heures (si si). Au final on vous répond qu'une clef 3G sera mise à votre disposition chez tous les revendeurs.
Mais les revendeurs chez qui vous vous rendez n'en ont plus, de clef 3G de prêt. Tous. C'est à dire 6 points de vente dans lesquels vous vous rendez, oubliant de compter les kilomètres, ceux où vous envoyez vos proches, les munissant de vos coordonnées, sms, confirmations de prêts etc. Même les points de vente parisiens, hein, vous savez qu'en banlieue ce n'est pas toujours pareil. Mais non, la clef 3G de prêt promise, vous n'en voyez pas la couleur. Du coup vous vous la payez, cette clef 3G. Avec son extension, ses prolongations, ses prorogations, à vos risques et périls bancaires.
Ouaip, des emmerdes. Mais bon, ce n'est que des histoires de connexion et rien d'autre. Ce n'est pas comme si le fil de votre vie était conditionné à votre connexion, hein ? Alors on fait avec. On rage, mais on fait avec.
Le souci, c'est que tout ça tombe pile au moment où vous avez pris une décision. La décision de virer de votre vie un truc qui vous encombre depuis quelques années. Un truc que vous trimballez, que vous supportez, que vous aimez d'amour autant que vous haïssez d'amour. Un truc qui fait partie de vous, genre meilleur ennemi ou ami juré, sans qui vous ne pouvez vivre tout en ayant envie de le plaquer depuis bien longtemps.
Ce truc avec lequel vous vivez, ce truc qui vous identifie parmi vos amis depuis longtemps, eux qui ne comprennent pas ce que vous pouvez lui trouver (et ils ont bien raison), ce truc qui fait que vous êtes vous et ce même si vous vous détestez pour ça. Donc, ce truc, vous avez décidé de le virer de votre vie. De vous en débarrasser. Alors qu'après 2h30 d'attente au téléphone parce que votre fournisseur d'accès vous fait poireauter (et 2H30, c'est presque une durée moyenne, hein, vous avez aussi bien pu patienter 1h30 que 3h, hein, de toute façon vous gardez tous les relevés, et ça va saigner), vous n'avez qu'une envie, c'est de replonger dans ce putain de truc.
Ouaip, vous n'avez qu'une envie, c'est d'en fumer une. D'en griller une. Putain. Une clope, merde.
Mais non. Parce que dans les petites emmerdes et le grosses joies du quotidien, y'a les emmerdes, les connexions qui disparaissent, les coups de fils qui tombent dans le vide, les bouquins qui vous tombent tous des mains en ce moment, mais y'a aussi les grosses joies.
Ces clopes qui vous avez balancées. C'est dur, elles vous obsèdent parfois, mais vous tenez. Ces fleurs que vous voyez éclore dans votre jardin. Ces matches que votre enfant dispute en riant, en pleurant, en s'amusant, en gagnant ou en perdant, là n'est pas l'intérêt. Ces fou-rires que vous dissimulez tant bien que mal devant l'ivrogne qui vient foutre le bazar dans le piano bar où vous vous connectez tous les matins (autant joindre l'agréable aux emmerdes, hein ? Et puis faut bien bosser un peu quand même). Cette formation de clown vous vous avez entamée, qui vous fait peur autant qu'elle vous transporte. Ce mariage d'une copine qui avait tellement envie d'en porter une, elle aussi, de robe ivoire. Ces discussions alcoolisées entre copines, discussions hautement sexuelles intellectuelles, avec des barmen compréhensifs, des cocktails qui chantent et des rires qui fusent. Ces moments fous sains où vous vous dites tant pis, plus d'internet, vive la vie et basta, on n'en mourra pas pour autant. La preuve, vous allez partir en vacances et vous ne savez même pas si votre hôtel est équipé du wifi. De toute façon, vous n'emporterez pas votre ordi. Ni vos clopes. Ni votre nez rouge. Juste votre mec et votre fille.
Et c'est encore mieux.
London calling. See you, baby.
ps : paraît que là-bas, y'a le wifi à tous les coins de rue, en plus. Saletés de brittons.

07:04 Publié dans Bric à blog | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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