21.11.2008
CONVERSATION AVEC CATHE
Aujourd'hui c'est Cathe qui a accepté de répondre à mes questions !
A : Bonjour Cathe, tu as ouvert ton blog le 1er juillet 2005. Je sais que tu fréquentais auparavant un forum. Je ne te poserais donc pas la question rituelle du « pourquoi un blog ? », mais dis nous plutôt pourquoi tu participais à ce forum. Lequel ? Comment ça se passait ? Forum ? Blog ? Dis nous en un peu plus…
C : J’avais découvert Zazieweb en 2002, c’était le début des forums/réseaux sociaux sur Internet et j’ai bien sûr trouvé fascinant de pouvoir échanger autour de mes lectures avec des centaines de personnes partageant la même passion ! J’ai vite été assidue (pour ne pas dire accro…) et je mettais les billets de toutes mes lectures sur Zazieweb. Rapidement on repère les lecteurs qui ont les mêmes goûts que vous et des échanges se font autant sur les commentaires que sur la messagerie interne du site. Et Isabelle Aveline, l’administratrice et créatrice du site, tenait un stand chaque année au Salon du Livre donc c’était l’occasion de rencontrer des « zazienautes » ! Je crois qu’une des premières personnes que j’ai rencontrées comme cela était Michel. Et sur le site il y avait aussi Clarabel et Laure.
A : Pourquoi appelles tu ton blog « Les routes de l’imaginaire » ?
C : Je cherchais un titre qui évoque la littérature sans pour autant qu’il y ait lire, ou livre ou lecture dedans… En fait j’ai parcouru les carnets où je note les titres de livres que j’ai lus en cherchant l’inspiration…. Et j’ai trouvé que ce titre était exactement ce que je cherchais. C’est un roman de Hella Haasse, une auteur néerlandaise.
A : Tu as commenté le roman d’Atiq Rahimi « Terre et cendres » en juillet 2007. Il a obtenu le Goncourt cette année pour Syngue Sabour ? Que penses tu des prix littéraires ?Les lis tu automatiquement pour ton travail (bibliothécaire) ? Les lecteurs d’une bibliothèque sont-ils sensibles à ces distinctions ? Recherchent-ils avant tout à lire « le Goncourt » ou le « Renaudot » ?
C : Je trouve que pendant quelques années les prix avaient perdu de leur intérêt mais j’ai l’impression que depuis quelque temps ils ont retrouvé leur crédit. Peut-être depuis qu’Actes Sud a eu le Goncourt avec Laurent Gaudé. Et là avec POL et cet auteur, c’est un bon choix en dehors des éditeurs et auteurs habituels. Mais les prix littéraires ne sont pas forcément un critère de choix ni pour moi ni pour les lecteurs.
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21.10.2008
CONVERSATION AVEC LOU
« Tout blogomane doit un jour mettre en ligne un premier texte. D’une main tremblante, il farfouille dans sa bibliothèque, choisit LE livre, celui dont il parlera avec enthousiasme et moult débordements, afin de plonger ses premiers lecteurs dans un monde plein de rebondissements et de compter immédiatement parmi ses fidèles l’âme la plus insensible qui soit »
J’aime beaucoup l’introduction de ce blog. Il s’agit bien de celui de Lou (My Lou Book), ouvert en octobre 2006. Je la convie donc à avoir une petite conversation avec moi.
06:10 Publié dans Conversation avec un(e) bloggueur(se) | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : bla bla de filles, confessions d'une bloggueuse, allonge toi lou
03.09.2008
CONVERSATION AVEC YUE YIN
A : Bonjour Yue Yin. Tu as ouvert ton blog le 16 septembre 2006. Pourquoi un blog ? Fréquentais du déjà la blogosphère ?
Y : Déjà deux ans, en commençant je ne pensais pas qu’il aurait une si longue vie ni qu’il tiendrait autant de place dans mon quotidien.
Je suis d’abord tombée sur des blogs en cherchant des recettes de cuisines : il existe des tas et des tas de blogs de cuisine ! mais bon je ne participais pas, je lisais et picorais quelques recettes… mais c’est ainsi que j’ai commencé à m’égarer dans des blogs de lecture et que peu à peu est née l’idée d’en faire un à moi. Ce devait être un simple catalogue de lecture mais c’est devenu… autre chose. Je crois que je ne sais pas faire court ni me contenter d’un simple j’aime/j’aime pas, même si j’essaie de contrôler la longueur de mes billets. Et puis il y a eu les tags, les swaps, enfin toutes sortes de belles choses inattendues.
A : Tu as fait, le 19 sept 2006, un billet dans lequel tu indiques tous les récit de la Saga de Conan. Pourquoi cette saga ? Un genre que tu apprécies particulièrement ? Puis, quelques jours après, tu récapitulais la saga d’Amélia. Peux tu nous en dire un peu plus ?
Y : Un peu plus sur mon amour déraisonnable des sagas ???? L’année dernière quand Fashion a lancé l’idée de la saga de l’été, elle a publié un billet donnant un tas d’idée de saga et ce qui m’a frappé c’est que je les avais pratiquement toutes lues, en entier. Ce qui représente un certain volume de volumes (en tous genres). J’ai essayé de me représenter ça en mètres, ça faisait haut !
Je suis plutôt obsessionnelle comme lectrice, quand je tombe amoureuse d’un auteur ou d’un ou plusieurs personnages, je dois tout savoir, les connaître à fond, et pour cela je dois TOUT lire, relire et relire… Après je compile pour ceux qui ont picoré et se pose des questions… j’ai toujours lu comme ça, comme « on abat des arbres » selon la formule d’Annie François dans « Bouquiner ».
Quand à Conan c’est un personnage qui m’a marqué c’est certain, j’ai connu d’abord le personnage au cinéma, puis en BD et tout naturellement, si j’ose dire, j’ai lu les livres qui sont des monuments de l’heroic fantasy. Des monuments fondateurs très injustement tombés dans l’oubli à mon avis… Presque tous les héros de fantasy (et d’autres genres d’ailleurs) ont été influencé par le personnage de Conan… Et puis j’aime le genre et le style inimitable d’Howard ;-)
A :Tu as mis en ligne un texte de Raymond Devos (Les murs). Pourquoi ? Tu aimes cet artiste ? Je vois également que tu as mis en ligne Caen. Décidément tu aimes ?
Y : Décidément j’aime ! Raymond Devos est un grand poète qui joue magnifiquement avec les mot. Ses textes sont de vrais bijoux ciselés au millimètre. Je ne me lasse pas d’en décrypter tous les sens !
A : Tu mets également en ligne des poèmes. Tu aimes la poésie ? Est-ce que les textes que tu mets en ligne t’inspirent ce jour précisément ou est ce des textes que tu chéris particulièrement depuis longtemps ?
Y : J’aime les mots et les images qu’ils font naître, ce que j’associe à la poésie. Mettre en ligne des poèmes permet de les faire voyager. Il m’arrive de poster un texte que j’ai trouvé sur un autre blog mais quelques temps plus tard, de cette façon d’autres personnes le voient et peut être l’apprécient…
Certains poèmes vivent dans un coin de ma tête depuis toujours. J’en découvre de nouveaux au détour d’une lecture ou d’un blog, et parfois je cherche tout à fait volontairement de nouveaux poèmes d’auteurs que j’aime déjà ou dont on m’a parlé récemment. Une sorte d’exploration, ça me prend tout à coup sans prévenir J…
Quant aux dates de publication, elles dépendent beaucoup de ma production de billets « livres » qui est en général en retard sur ce que je voudrais faire, alors j’intercale.
A : Comment t’ est venu l’amour des livres . Lisais tu beaucoup petite ou est ce venu plus tard. Dis nous tout.
Y : Je dirai donc tout ! Du moment où j’ai su lire j’ai eu constamment le nez dans un bouquin… comme je lisais vite, j’étais toujours en manque, malgré les bibliothèques et la bonne volonté de mes parents, alors je relisais en boucle ! Mon premier « vrai livre » c’était Le club des cinq se distingue, je devais avoir dans les 6/7 ans. Je l’ai récupéré chez mes parents, il est salement amoché, il a dû être un peu trop relu ! C’est encore un rouge et or, ma mère l’avait acheté d’occasion sur un marché, les club des cinq étaient déjà publié dans la bibliothèque rose quand j’ai commencé à les lire…
A : Je crois qu’il t’arrive de lire plusieurs livres à la fois non ?
Y : Oh oui souvent ! Si je suis raisonnable, cela peut être un roman, un essai et un recueil de nouvelle mais parfois je m’emmêle avec deux ou trois romans… Un court au milieu d’un long, un polar au milieu d’une lecture un peu ardue ou lente, une relecture en cas de coup de blues… enfin ça dépend… je l’ai toujours fait !
A :Ah ! Il parait que tu peux citer un titre d’Agatha Christie d’après juste le nom d’un personnage ?!! Donc, si je te dis « Hillary Craven » : tu me réponds quel titre ? (ne vas pas vérifier, ok ?!)
Y : Voyons ça se passe au maroc : destination inconnue ! C’est le titre je pense. Je l’adore, un de ses romans « d’aventure », comme Rendez-vous à Bagdad ou L’homme au complet marron…
Note d’Amanda : bravo !! Il s’agit bien de Destination inconnue (1954)
A : Et si je te dis « Miss Honoria Waynflete » ?!
Y : Houla plus difficile… Pas un Poirot, ni un Marple, ni un Battle, pas non plus un Harley Quinn ni un Pyne ou un Beresford… zut soit une nouvelle soit un roman « unique » que je n’ai pas lu depuis très longtemps…
bon j’ai vérifié : Un meurtre est-il facile ! Je suis bonne pour le relire celui-là.
50% de réussite, la honte !
Note d’Amanda : Eh oui ! Un meurtre est-il facile, paru en 1939. Adapté à la télévision américaine en 1982 avec Olivia de Havilland dans le rôle de Miss Honoria Waynflete, bibliothécaire…
Y : Normalement ça marche aussi avec les répliques d’Astérix, mais là tu me fais douter…
Note d’Amanda : le problème, c’est que là, même ma fille en sait plus que moi sur les Asterix…(ceci dit, c’est google qui m’a aidée pour les Agatha Christie, je n’ai pas ton savoir !!)
A : Quel est ton genre de littérature préférée ? Pourquoi ?
Y : Euhhhhh… Je ne sais pas ! Vraiment ! j’ai lu énormément de SFFF (science fiction fantasy fantastique), j’adore les polars pas trop noirs, j’aime les romans de toute sortes, contemporains, plus anciens, les classiques, les essais… je crois que je n’ai pas de genre préféré !
A : Il y a-t-il en revanche un autre genre que tu n’aimes pas du tout ?
Y : Je suis allergique aux romans trop noirs, ceux qui se complaisent un peu trop dans l’horreur, je n’accroche pas trop à la chick-lit (ou alors je n’ai pas lu celle qui me plairait) et je déteste les « histoires vraies » racoleuses, les livres « d’actualités » et les fausses bio/mémoires (je me surprend à en lire parfois quand le personnage m’intéresse et je suis effondrée à chaque fois)…
A : As-tu des auteurs préférés ? Lesquels et pourquoi ?
Y : Des tas… c’est ça le problème, voyons ça change aussi d’une fois à l’autre mais prenons quelques valeurs sûres : Austen, Christie, Doyle, Gailman, Gemmel, Irving, Kingsolver, Leys, Lodge, Lurie, Hillerman, Murakami, Reverte, Silverberg, Tolkien, Van Gulik, Vargas… des tas d’autres qui ne me reviennent pas là tout de suite. De ces auteurs j’ai presque tout lu et relu… il y a peu de chance que mon avis change maintenant J
Quand à savoir pourquoi ? ils sont très variés, je ne saurais pas dire ce qu’ils ont en commun !
A : Je crois que tu aimes Philipp Roth n’est ce pas ? Tu as découvert cet auteur avec quel livre ? Que nous conseilles tu ?
Y : Ouiii j’aurais pu le citer tiens mais je n’ai encore lu que quatre titres de lui … que des merveilles ceci dit (grâce à Thom et aux Chats de bibliothèques, merci à eux !) voyons j’ai commencé avec la pastorale américaine Absolument génial - mais celui qui m’a le plus marqué c’est la tâche (génial aussi il n’y a pas d’autres mots)… J’en ai encore plein à lire… mon prochain Roth sera la Contrevie, normalement…
A : Dis moi : est ce que tu peux voir un lion sans éclater de rire en pensant à ton frère ?!
Y : Ben si je pense à mon frère, c’est mort… je suis pliée en deux !!!! J’ai vu aussi une lionne choisir très visiblement Mon Amour comme casse croûte ; on était dans un tunnel vitré heureusement pour lui… en fait oui les lions me font souvent rire !
A : Dis moi. La moitié de l’année 2008 est déjà passée. Où en es tu de ton challenge ABC ?!
Y : Arg la question qui fâche… euh pas assez loin c’est sûr, d’autant que j’ai d’autres challenges pas plus avancés…
Bon on verra, ce qui sera lu, sera lu et pour le reste… c’était une belle liste de lecture ! Je viens d’en lire un nouveau d’ailleurs mais je suis quand même très très en retard, un vrai lapin blanc !!!
A : Tu as lu ton premier Balzac il y a peu ! Lis tu d’autres classiques aujourd’hui ? Est-ce un genre que tu trouves trop désuet ? Il y a-t-il un classique que tu n’as pas lu et que tu aimerais découvrir ?
Y : des tas !!! et j’ai d’ailleurs un challenge en cours et en retard, je dois donc en théorie découvrir Thackeray, Stendhal, Dickens et Zweig pour la fashion Klassik list, j’ai un nouveau Balzac en vue, je continue les Austen et j’aimerai bien relire les Brontë dont je garde un souvenir adolescent… Sans parler de tous les autres qui ne me viennent pas à l’esprit…
J’aime l’idée de lire des classiques, cela me permet de mieux comprendre d’autres livres d’abord et puis j’ai de très bonnes surprises… Comme avec Balzac, un auteur auquel je me pensais allergique et bien PAS DU TOUT, j’ai vraiment aimé même si j’ai trouvé difficile d’en parler !
A : A contrario, quel est ton pire souvenir de classe avec les classiques (s’il y en a !)
Y : Emma Bovary ! C’est affreux à dire mais je ne comprenais rien… j’ai enfin réussi à le lire il y a quelques années et j’ai positivement adoré mais je ne comprend toujours pas pourquoi on essaie de le faire lire à des ados…
A : Une petite question concernant la prochaine rentrée littéraire. Si je te donne le choix entre lire le prochain Yasmina Khadra, le Sylvie Germain , le Alice Ferney ou le prochain Laurent Gaudé. Lequel (ou lesquels) choisiras tu ?
Y : euhhhh Je n’ai jamais lu Khadra ni Ferney, Gaudé j’ai bien aimé son style dans le soleil des Scorta, peut être Sylvie Germain dont j’ai apprécié le Magnus… Je crois que je ne suis pas trop au top de l’actualité littéraire J
A : D’ailleurs, comment choisis tu tes lectures ? Lis tu des magazines littéraires, regardes tu des émissions littéraires à la télé ?
Y : Avant je choisissais beaucoup au hasard et un peu d‘après les magazines et les amis, maintenant je choisis essentiellement sur les blogs et d’après les recommandations (et les prêts) de blogueurs-amis. Je lis les magazines littéraires de temps à autres mais je ne tombe jamais sur des émissions de télé, elles doivent être à une mauvaise heure pour moi ou quelque chose…
A : Ton blog aura donc bientôt deux ans. Peux tu nous faire un bilan ? Que t’a-t-il apporté ? Quel est ton meilleur souvenir ?
Y : Depuis deux ans j’ai immensément élargi mon éventail de lecture, je lis encore plus qu’avant et des ouvrages beaucoup plus divers, je relis un peu moins… Mais surtout surtout j’ai pu enfin parler lecture avec toutes sortes de personne de goûts divers ce que j’apprécie énormément. Bonus, cela m’a permis de rencontrer pleins de gens merveilleux et de nouer de vrais liens virtuels ou non. J’ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs blogeuses (ben oui pas encore de blogueur en vrai, pourquoi ?) et à chaque fois ce fut un vrai bonheur… Toutes sortes de projets voient le jour et cela m’enchante – au hasard escapades en librairie ou au cinéma, retrouvailles pour des salons du livres, club de lecture, week end à Londres, swaps en tous genres, livres voyageurs… Disons que cela a été comme une fenêtre ou plutôt une porte qui s’est ouverte… et j’aime l’autre côté !
A : Merci mille fois Yue Yin d’avoir pris le temps de répondre à mes questions J
Y : Ce serait plutôt à moi de te remercier d’avoir pensé à moi ! En tous cas cela m’a fait rudement bizarre cet entretien :-D
06:14 Publié dans Conversation avec un(e) bloggueur(se) | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
03.07.2008
CONVERSATION AVEC FRISETTE
Un petit tour au Canada ! Frisette doit être rentrée de ses vacances en Europe, j’en profite pour vous inviter à lire cette conversation que nous avons eue avant son départ.
A : Bonjour Frisette. Tu as ouvert ton blog le 5 mars 2006. Et je constate, en lisant les commentaires que tu as reçus, de la part de Cuné, Clarabel, Chimère, Jo Ann etc, que tu fréquentais déjà la blogosphère ! Dis nous tout. Pourquoi un blog, pourquoi le tien à toi, et qu’as-tu ressenti en le mettant en ligne ?
F : En fait, j’ai commencé à fréquenter les blogs un peu par accident. Depuis plusieurs années, je fréquentais des forums parce que j’avais envie de partager mes lectures et d’aller chercher des idées, de faire des découvertes. Au fil du temps, j’ai même fini par être animatrice sur un forum (tout comme Cuné d’ailleurs, c’est là qu’on s’est connues !). Et puis, suite à différentes circonstances la participation aux forums est devenue un poids et le plaisir n’y était plus. Cuné qui a vécu la même chose que moi, à peu près au même moment, a ouvert son blog, j’ai commencé à fureter par-ci, par-là et l’envie d’avoir le mien m’est venue. J’avais envie d’un lieu qui me ressemble, géré par une seule personne : moi ! Je souhaitais ne parler que de ce qui m’inspirait et ne pas avoir le sentiment de devoir toujours trouver des façons de susciter les échanges. Bref, ce fut une réaction un peu égoïste de ma part.
A : Le 26 mars 2006, tu commençais ton billet par « Oui je sais, c'est incroyable qu'une lectrice assidue comme moi n'ait jamais essayé aucun livre du grand Stephen auparavant. Et pourtant... »… Je n’ai jamais lu Stephen King (et ça ne me tente pas). Pourquoi disais tu cela ? Stephen King est incontournable à tes yeux ?
F : Tout simplement parce que j’entendais beaucoup parler de cet auteur, que tout le monde en disait le plus grand bien, etc. Je me disais qu’il devait bien avoir quelque chose même si c’est un genre qui ne m’attirait pas particulièrement, J’avais l’impression, et je l’ai toujours, qu’on ne peut pas juger de la qualité d’une œuvre ou d’un auteur si on n’a pas lu au moins un titre. Alors, j’ai essayé et à ma grande surprise, j’ai vraiment beaucoup aimé !
A : Tu as régulièrement écrit des billets parlant de plusieurs livres d’un même auteur (Russel Banks, Aki Shimazaki, Yves Thériault,… Pourquoi as-tu regroupé tes avis sur un seul billet plutôt que sur des billets séparés ?
F : Le plus souvent, je fais ce genre de billet pour mes auteurs chouchous. La plupart du temps, lorsque je lis un nouveau titre d’un de mes auteurs fétiches et que je n’ai pas encore parlé de l’auteur sur mon blog, j’en profite pour publier aussi les critiques des autres romans que j’ai déjà lus et dont les critiques sont dans mes « archives informatiques ». En gros, je réutilise ce que j’ai déjà écrit, que ça ait été publié ailleurs ou pas.
A : Le 20 mars 2006, tu commençais ton billet sur Pan Bouyoucas par les mots « Encore une belle découverte grâce aux allusifs ». Peux tu nous en dire un peu plus ? Tu apprécies le catalogue de cette maison d’édition ?
F : En effet, j’aime beaucoup cette maison d’édition. Ce sont de petits romans, c’est donc souvent plus facile de me laisser tenter. Le risque de manquer mon coup me semble moins grand, à tort ou à raison… Et surtout, presque tout ce que j’ai lu des Allusifs m’a marquée, d’une façon ou d’une autre. Si vous n’avez jamais lu quelque chose de chez-eux, ça vaut le coup d’essayer.
A : Es tu toujours angoissée par le manque de temps pour lire. Comment t’organises tu maintenant pour trouver le temps de lire ?
F : Je crois que j’ai fini par accepter que mon rythme ne pourra jamais être régulier. Mon travail m’empêche souvent d’avoir du temps pour lire parce qu’il y a les corrections qui arrivent toutes au même moment et tout plein d’autres contraintes. Heureusement, j’ai la chance d’avoir de longues vacances au cours desquelles je peux reprendre le temps perdu. D’ailleurs, ce moment approche à grands pas !
A : J’ai l’impression que tu es assez fan de polars, non ? Peux tu nous dire pourquoi ?
F : C’est une excellente question ! Et je ne m’étais jamais penchée dessus… À la réflexion, je crois que c’est parce que c’est le genre de lecture qui me dépayse le plus, dans la littérature, c’est ce qui s’éloigne le plus de ma propre personnalité. Je n’ai absolument pas l’âme d’une criminelle. Je me sens coupable si je kidnappe un stylo par erreur alors, tuer quelqu’un ou comploter pour commettre un crime, ça ne me ressemble vraiment pas ! Cette littérature me permet donc de décrocher du quotidien en me plongeant dans un univers éloigné du mien. Et puis, j’ai aussi un esprit très analytique, j’aime donc beaucoup démêler les preuves réunies par les enquêteurs, sans grand succès toutefois.
A : Le 15 juin 2006, tu as parlé de deux articles de presse que tu avais lus à propos de livre de Joseph Boyden (Le chemin des âmes). Tu l’annonçais comme « ayant l’air passionnant ». Je vois que tu as fini par le lire, et faire un billet dessus, mais en janvier 2008. Pourquoi plus d’un an après ? Quand tu lis un article qui te donne envie, tu arrives à attendre près de deux ans pour lire le livre ? (que tu as aimé, et moi aussi !)
F : C’est tout simplement parce que tous les livres me tentent, ou presque. Je n’arrive pas à suivre le fil de mes envies !
Chaque jour, ou presque, je découvre un nouveau titre qui me fait envie. Pour lire tout ce qui m’a tentée dans le passé et que j’ai acheté (J’ai une bibliothèque entière pour mes achats non encore lus…), je crois qu’il faudrait que je me déconnecte du monde pour au moins 2 ans !
A : Tu as ouvert un club de lecture en avril 2006, avec Dame Cuné, mais je vois que depuis juin 2007, il n’y pas plus de billet. Vous avez arrêté ? Pourquoi ?
F : On choisissait des titres qui nous inspiraient et qui nous permettait de découvrir de nouveaux auteurs mais chaque fois, ou presque, ce n’était pas très bon à nos yeux. Et aussi, au même moment, nous avons eu une sorte de crise où la contrainte de lectures programmées nous pesait. D’un commun accord, nous avons décidé d’arrêter et de passer le flambeau à d’autres. Mais il n’est pas dit que nous ne reprendront pas un jour.
A : Comment choisis tu tes lectures ? Quel est l’élément déclencheur qui te fait dire « je lis celui-ci »
F : Mes choix de lecture dépendent beaucoup de mon humeur du moment. Parfois, quand je ne veux pas trop me compliquer la vie, je pioche dans la pile qui est à côté de mon lit et je choisis le titre qui m’inspire le plus. Si je suis d’humeur plus difficile, je vais fouiller dans ma PAL-bibliothèque à la recherche du parfait accord « humeur-lecture ». Avec plus de 200 livres en banque, ce n’est pas le choix qui manque Et si je viens de lire une critique très très inspirante, je cours à la bibliothèque ou à la librairie pour dépenser mes dollars si durement gagnés. Finalement, mes choix sont faits un peu n’importe comment, au gré de mon inspiration.
A : Peux tu nous parler de Aude (que j’ai découverte grâce à Chrysalide) ?
F : C’est une auteure que j’avais découverte sur un forum. Une des participantes en parlait avec tellement de passion que je n’ai pu m’empêcher de lire un titre, juste pour voir. Ce fut le coup de foudre ! Depuis, j’ai lu presque tout ce qu’elle a écrit sans jamais être déçue. Elle a un style qui me parle beaucoup. Il est à la fois extrêmement simple et très évocateur. De plus, les thèmes qu’elle aborde me touche particulièrement. Je vous invite fortement à la découvrir même si elle est un peu difficile à trouver en France. C’est une belle lecture assurée !
A : Le 26 décembre 2007, tu avouais un béguin pour Tom Cruise…… euh, c’est vrai ou tu disais ça sous l’emprise d’une substance illicite quelconque (vu que tu disais aussi avoir le béguin pour un coureur cycliste….et que Georges Clooney a un sale caractère…) ??
F : Ah mais c’est qu’il s’agit de béguins d’adolescente ! Je les ai toujours trouvés beaux mais de là à dire que j’en ferais les hommes de ma vie… Je n’ai pas perdu toute raison ! ;) Je sais bien qu’il y a plus que le physique pour qu’une relation soit durable. Et puis, il faudrait d’abord que je les rencontre, ce qui ne risque pas d’arriver compte tenu des nos lieux de résidence respectifs ! ;) Et puis encore que je leur plaise aussi, ce qui est encore moins certain, au vu des conquêtes que les journaux leurs attribuent.
A : Depuis quand lis tu ? Quand as-tu découvert ce bonheur ? Tes parents lisaient (ou lisent) beaucoup ?
F : Je crois bien que je lis depuis toujours. Ma mère, aujourd’hui retraitée, enseignait le français. Mon père lit beaucoup lui aussi. Chez-nous, la lecture a donc toujours été encouragée et favorisée. Au début de mon adolescence, je lisais tous les livres de la bibliothèque de ma mère, enfin ceux qu’elle m’autorisait à emprunter. Déjà enfant, lors des vacances d’été, mes parents devaient m’embarrer à l’extérieur pour que je fasse autre chose que lire toute la journée. Et lorsque j’étais punie, on ne me privait pas de sortie… On m’envoyait plutôt dans ma chambre après l’avoir vidée de toute lecture. C’était plutôt efficace comme punition et ça démontre à quel point cette passion a débuté très tôt pour moi.
A : Quel est ton auteur préféré ? Pourquoi ?
F : Je ne crois pas avoir un auteur préféré car j’aime trop de styles très différents. Mais j’ai plusieurs chouchous : Yves Thériault, Aude, Anna Gavalda, François Gravel, Henning Mankell et Gabrielle Roy ont des styles et des univers qui me plaisent beaucoup.
A : Que recherches tu dans tes lectures ?F : Surtout l’évasion. La lecture me permet de décrocher du quotidien, des obligations et du travail. J’aime aussi que les livres me permettent de rêver, que ces rêves soient très éloignés de ma réalité ou qu’ils puissent m’arriver pour vrai !
A : Il y a-t-il un ou une auteur que tu n’as jamais réussi à lire, dont tu as abandonné tous les livres (et qui se trouvent donc sur ta table de chevet ?)
F : Non car après une ou deux tentatives ratées, je poursuis rarement plus loin avec un auteur. De plus, je me suis longtemps obligée à terminer toutes mes lectures, même si elles m’ennuyaient à mourir. Donc, je n’ai aucun auteur à citer dans cette catégorie. Par contre, mon blog regorge de plusieurs titres plus ou moins enthousiasmants.
A : Je constate que tu mets des notes à tes lectures ? Comment les établis tu ? Tu as un barème, des critères ? N’est ce pas difficile de noter un livre ?
F : C’est une habitude que j’ai prise sur les forums et c’est en fait très facile à faire car ma note est tout à fait subjective. Elle ne repose sur aucun critère particulier. En fait, la note est un indicateur du plaisir que j’ai eu au cours de ma lecture. Une très bonne note peut donc être attribuée à de la chick-lit aussi bien qu’à un grand classique !
A : Tu as fait un billet que le roman de Marie-Christine Buffat « La piqûre » . Comment as-tu découvert cette auteure, peu connue en France ? (je te demande ça parce que j’ai eu le plaisir de faire sa connaissance, et c’est une femme extrêmement sympathique) Mais il est vrai qu’elle est peu connue en France, mais aussi au Canada, non ??
F : Elle est tout à fait inconnue ici aussi. J’ai eu le plaisir de découvrir son livre après qu’elle m’ait contacté pour me l’offrir. C’est donc ainsi que j’ai fait la connaissance de l’auteur et de sa plume et j’ai beaucoup apprécié ce que j’ai découvert.
A : Tu évoquais, en mars 2007, le fait que quelques bloggueurs ont pu être édités grâce à leurs blogs. Que penses tu du phénomène des blogs ? Est-ce un moyen de se faire connaître ?? Croies tu que l’on puisse en tirer autre chose que du plaisir ?
F : Je crois surtout qu’il ne faut pas se créer d’attentes et espérer en retirer autre chose qu’un loisir qui nous permet d’échanger avec des gens de partout dans le monde. Autrement, on risque de grandes désillusions et surtout de se déconnecter de la vie réelle. Par contre, je me dis que c’est tant mieux si ça permet à des gens de se faire connaître. Ce n’est toutefois pas mon objectif. Je suis déjà très heureuse que ça m’ait permis de connaître des gens avec qui je me suis découvert beaucoup d’affinités et parfois même une certaine gemellité cosmique !
A : Tu fais partie d’une chorale ?? Depuis quand ?
F : Bonne question ! Ça doit bien faire quinze ans que je chante dans un groupe ou un autre. J’ai chanté à peu près de tout, du classique au gospel en passant par le populaire et la musique médiévale. Actuellement, je ne chante dans aucun groupe mais avec deux amies, nous avons le projet d’un spectacle en trio que nous commencerons à préparer cet automne.
A : En janvier dernier, tu nous parlais du concept de « speed booking » mis en place dans une librairie à Rennes. En as-tu parlé à ton libraire préféré ? Si oui, que t’a-t-il répondu ??
F : Pas encore… Je l’ai un peu délaissé dernièrement en essayant de faire diminuer ma PAL car l’espace commençait à manquer sérieusement. Toutefois, je vous ferai savoir ce que ça aura donné dès que je lui en aurai parlé !
A : Si je te demandais de me citer, là, une des phrases les plus belles de la littérature ? Laquelle choisirais tu ?
F : Je ne note que très très rarement des passages de mes lectures. Malheureusement, je n’ai donc aucune phrase à citer…
A : Si tu étais une héroïne de la littérature, qui serais tu ?
F : Quelle question difficile ! J’aurais bien aimé être une enfant comme Anne Shirley de la série Anne de la maison aux pignons verts. En plus, j’ai le même petit côté espiègle qu’elle. J’aurais aussi pu être Tempe Brennan, l’héroïne des polars de Kathy Reichs. 
Mais si la question était de nommer l’héroïne à qui je rêverais de ressembler alors là je ne peux pas répondre. Je ne suis pas du genre groupie ou fan. Je n’ai donc jamais rêvé d’avoir la vie de quelqu’un d’autre, seulement d’améliorer un peu la mienne, parfois…
A : Merci Frisette, d’avoir répondu à mes questions !
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20.06.2008
CONVERSATION AVEC IN COLD BLOG
En février dernier je me disais que In Cold Blog devait faire partie de mes prochains invités pour ma rubrique "Conversation avec un(e) bloggueur(se)". Puis ICB a fermé son blog. Dommage, me suis-je dit, et tant pis, j'attendrais qu'il revienne. Les semaines passant et ICB toujours absent (ou passant en coup de vent ici ou là), je me suis que flûte, blog ouvert, blog fermé, peu importe, nous avons toujours plein de choses à nous dire (et la preuve en est avec cette conversation plutôt... longue !)
A : Bonjour In Cold Blog, tu as ouvert ton blog en août 2006 avec ces mots là : « Bienvenue… au fil de mes pérégrinations littéraires : coups de cœur, déceptions, découvertes; auteurs confirmés ou non, tirages confidentiels ou best sellers… Toujours sans a priori, complaisance ou snobisme. Simplement pour le plaisir de partager... » . Pourquoi un blog ?
ICB : Pourquoi un blog ?... Pour tromper l’ennui au boulot, m’occuper l’esprit avec quelque chose de nouveau. Je m’ennuyais ferme à longueur de journée et puisque aucun projet motivant ne se manifestait à l’horizon, j’ai arrêté d’attendre et décidé de m’en créer un tout seul, comme un grand. Mais pourquoi un blog et pas un autre projet me direz-vous ? L’idée du blog m’est venue en réaction contre une de mes collègues de l’époque (oui, je sais, c’est pas reluisant) qui croyait détenir le secret du feu sous prétexte qu’elle venait d’ouvrir un blog et qui me bassinait toute la sainte journée à coup de « post », « buzz », « influenceurs » et autre produit mode « hypeeeeeer coooooooool » qu’elle venait de tester « en avant-premièèèèèèèèèère ». Présomptueusement, je me suis dit que je pouvais bien essayer de faire au moins autant… et sans fautes d’orthographe ! Et je me suis lancé… Comme je n’avais aucune envie de faire savoir au monde entier combien ma vie était d’une platitude incommensurable, je m’en suis tenu à ce qui depuis toujours occupe la plupart de mon temps libre, la lecture et les livres… Soit dit en passant, cette fameuse ex-collègue tient toujours son blog, elle. Comme quoi…
A : Le 29 août 2006, tu as mis en ligne des paroles d’Alexandre Jardin. Il expliquait pourquoi il avait brûlé son dernier livre, avant qu’il ne paraisse. Que penses-tu de ça ? Un écrivain, connu et plus ou moins vendeur de surcroît, doit-il absolument publier, quel que soit l’avis qu’il ait de son livre ? Qui plus est, ICB, nous avons fait connaissance, toi et moi, justement lors du petit-déjeuner avec AJ lors de la sortie de son dernier livre « Chaque femme est un roman ». Donc : que penses-tu de ces événements organisés par les éditeurs avec les blogueurs, as-tu lu ce livre, qu’en as-tu pensé ?ICB : en fait, le texte d’Alexandre Jardin a été publié le 07/01/2008. Pour ma rubrique Qui dit mieux ?, je voulais reproduire l’intégralité de ce texte paru dans la rubrique Livres de Madame Figaro la semaine précédente. Pour éviter tout problème juridique, j’ai fait une demande auprès du service concerné au Figaro. J’ai reçu sans tarder un email qui me demandait le trafic de mon blog de façon à ce que le tarif pour insertion soit adapté en fonction. Ils ont semblé bien embêtés : apparemment, leur barème ne prend pas en compte les blogs affichant un nombre de visiteurs aussi ridicule que le mien. Ils m’ont dit alors qu’ils allaient demander l’autorisation de publication à l’auteur. Autorisation que j’attends toujours, bien entendu. Mais comme je tenais à ce billet, j’ai décidé de contourner le problème en ne reproduisant pas le texte directement dans le billet Qui dit mieux ? mais en insérant un lien conduisant vers l’intégralité du texte de Jardin que j’ai antidaté au 29/08/2006 pour qu’il se retrouve hors chronologie (puisque ce texte n’est pas de moi). Voilà pour la petite histoire de la date de publication fallacieuse de ce billet.
Pour ce qui est du geste proprement dit d’Alexandre Jardin, que je n’avais jamais lu jusqu’alors, je l’ai trouvé courageux. En lisant son texte, immédiatement je me suis demandé si j’aurais été capable d’en faire autant. C’est tellement facile de se laisser aller à la facilité, surtout quand on a acquis une notoriété telle que la sienne. Et puis, il y a les impôts à payer. Combien de comédiens par exemple ont accepté de jouer dans des nanars pour des raisons purement alimentaires ou pour payer le fisc ? J’ai trouvé que le geste, hautement symbolique, avait un certain panache.
Le hasard a voulu que par l’entremise de Lily je sois convié quelques mois plus tard au petit-déjeuner/rencontre lors duquel Jardin présentait « Chaque femme est un roman », écrit juste après cet autodafé. J’ai sauté sur l’occasion pour diverses raisons : tout d’abord, même si je n’avais pas été invité « d’office », ça me plaisait bien d’aller entendre un écrivain parler de son dernier bébé. Ensuite, c’était l’occasion pour moi de lire Alexandre Jardin que je ne connaissais qu’à travers certaines interviews. Bien entendu, il ne faut pas être dupe de ce genre d’opération, ça reste avant tout du marketing. D’ailleurs, ça n’en a été que plus évident quand en l’espace de quelques jours ont fleuri sur les blogs de lecture une multitude de billets sur ce même roman. Honnêtement, je pense que cette avalanche de billets, qui n’a pu que paraître « suspecte » aux visiteurs de ces blogs (il n’y a qu’à lire les commentaires), a créé l’effet inverse de celui recherché par le service de presse. Bien sûr, il leur faut une « rentabilité » immédiate pour booster le lancement du bouquin, mais ils négligent trop souvent à mon goût le moyen/long terme qui leur serait plus profitable. Ce qui ne m’a pas empêché de bien faire mon boulot et de lire le roman avant d’aller me prendre un café aux Deux Magots en compagnie de Jardin et des autres blogueuses invitées. Mes a priori ont été mis à mal car j’ai trouvé ça plutôt bien écrit, en tout cas bien mieux que ce que j’avais préjugé. Ensuite, sur le contenu lui-même, si certains passages m’ont emporté, j’ai trouvé l’accumulation des portraits un peu lassante mais surtout j’ai trouvé dérangeant, voire pathologique, ce besoin de fuir la réalité à tout prix. Je n’ai pas eu l’occasion de dire ce que j’en avais pensé car j’ai mis mon blog en pause avant d’avoir écrit un seul mot à ce sujet (d’ailleurs, cette invitation restera probablement la seule et l’unique du genre car je dois être définitivement rayé des listings des attachées de presse !)
A : En septembre 2006, tu as rencontré Stephen McCauley, auteur de « Sexe et dépendances », sur le plateau d’un film de Jaoui-Bacri (« La vérité ou presque ») adapté de l’un de ses romans. Tu m’impressionnes dès le début de cet interview, ICB !! Bon, dis-nous tout. Que faisais-tu sur ce plateau ?! Savais- tu qu’il venait, comment l’as-tu abordé, comment s’est déroulé cet interview ??
ICB : Alors là, je suis confus… et, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je vais chuter du piédestal sur lequel j’ai pu être indûment juché. Alors, non, non et non, je n’étais pas sur le plateau de tournage de « La vérité ou presque ». Pire, je n’ai même jamais rencontré Stephen McCauley. Et là, j’en entends déjà qui s’offusquent, qui s’indignent et crient à la mascarade, à la mythomanie, même. Pourtant, cet entretien a bien eu lieu, les réponses de McCauley sont bien les siennes et non pas pure invention de ma part. Passée la surprise de ta question, je me suis hâté d’aller relire l’introduction que j’avais écrite pour ce billet. Et à la lumière de ton interprétation, je n’ai pu que constater qu’elle pouvait effectivement prêter à confusion. Voilà comment cet entretien s’est réellement déroulé : j’ai profité de la venue de McCauley à Paris, qui venait passer deux-trois jours sur le plateau du tournage du film de Sam Karman, pour le joindre et lui transmettre mes questions, auxquelles il a répondu sans attendre. Pas de quoi être impressionnée, donc.
A : Ta « Boite à Madeleine », ICB, m’a beaucoup émue. Je crois que nous avons quelques madeleines en commun. Je me souviens même de notre premier numéro de téléphone (à 6 chiffres !). (Mmm, que les plus jeunes ne se moquent pas). Te souviens-tu du premier livre que tu aies offert ?
ICB : Si nous avons des madeleines en commun, c’est que nous sommes donc à peu de chose près de la même génération, car elles nous parlent d’un temps, que les moins de vingt ans…. Et qui même pour les « un-peu-plus-de-vingt-ans » ne signifie absolument rien. Je constate douloureusement un peu plus chaque jour en discutant avec mes (très) jeunes collègues comme le temps file rapidement. C’est d’ailleurs pour croquer à nouveau dans ces madeleines que j’ai hâte de lire « Les Années » d’Annie Ernaux.
Pour répondre à ta question, j’ai beau fouiller dans mes souvenirs, je n’ai aucune idée du premier livre que j’ai offert. Je me souviens de certaines occasions plus ou moins marquantes, mais du premier premier, point, que d’chi, nada, wallou. Il faut dire que je me souviens déjà difficilement du dernier livre que j’ai offert, alors... Cela dit, même si c’est naturellement la première idée cadeau qui me vient à l’esprit, j’hésite toujours avant d’offrir un livre. Je me suis trop souvent aperçu que je prenais plus plaisir à l’offrir que la personne à le recevoir. Le livre passe souvent pour une idée cadeau facile et passe-partout, une sorte de panacée pour les personnes en mal d’idées cadeaux originales et heureuses de se débarrasser de la corvée à peu de frais. A tort selon moi, si on a mûrement réfléchi son choix et qu’on ne se contente pas de taper à l’aveuglette dans les têtes de gondole ou les listes de meilleures ventes.
A : Tu parlais, toujours en septembre 2006, de deux pièces de théâtre que tu as ratées, et dont tu as acheté le texte pour « compenser ». Tu as donc fait un billet sur ces deux pièces. Aimes- tu le théâtre ? Lis-tu des pièces ? Y vas-tu souvent ? Quel genre préfères-tu ?
ICB : Ca m’ennuie de te dire ça à toi, mais je ne suis pas fana de théâtre. J’y vais très très rarement, au grand désespoir du meilleur ami comédien de mon cher et tendre qui s’évertue autant qu’il peut à me donner envie d’assister à l’une de ses représentations. J’ai beaucoup de mal avec toutes les contingences propres au théâtre qui lui donnent ce côté « factice », « anti-naturel » qui me dérange. Je suis très mauvais public. Je reste définitivement imperméable aux classiques et suis peu sensible aux comédies contemporaines, par exemple. Il n’empêche que je garde des souvenirs très forts de certaines pièces comme « Angels in America » de Tony Kushner, « Le pays lointain » de Jean-Luc Lagarce ou « Shopping and fucking » de Mark Ravenhill. J’avais aussi adoré la représentation des « Anciennes odeurs » de Michel Tremblay à laquelle j’ai assisté dans une toute petite salle peu de temps après être arrivé à Paris. A propos de Tremblay, j’ai assisté dernièrement grâce à Malice et Lou à une représentation de « Gloria, la si peu glorieuse », l’adaptation théâtrale d’un extrait du « Trou dans le mur ». Geneviève Boivin, la comédienne qui porte le texte seule sur scène pendant près d’une heure, y est formidable. A y regarder de plus près, on voit que toutes ces pièces ont en commun qu’elles parlent de l’intime. Finalement, j’ai tendance à aimer au théâtre ce que j’aime en littérature, pas très aventurier le gars… Mais au mois, tu vois, mon cas n’est peut-être pas si désespéré, même si j’ai plus tendance à lire le théâtre qu’à y assister. C’est assez étrange d’ailleurs, car j’ai de « Vincent River », une des pièces dont il est question dans le billet auquel tu fais référence, un souvenir si fort, si visuel, que je pourrais facilement me persuader d’y avoir physiquement assisté.
A : Je viens de lire ton bel article « Je blogue, tu blogues… ». Deux ans après, que penses-tu de l’éclosion des blogs littéraires ? Tu dis lire pour des raisons aussi bien personnelles que professionnelles ? Quel est ton métier ?
ICB : A l’heure où une des dernières émissions littéraire du PAF, « Le Bateau Livre » de Frédéric Ferney pour ne pas la nommer, vient d’être rayée des grilles de programmes, je ne peux que me réjouir de la multiplication sur le net de lieux dédiés aux livres et à la lecture. Evidemment, je ne compare pas cette émission aux blogs. Je dis simplement que tandis qu’on chasse les livres (et la culture en général) de la boîte à crétins, je trouve encourageant et salutaire qu’ils puissent trouver refuge sous des cieux plus cléments. Tous les acteurs de blogs de lecture, chacun à sa manière et à son niveau, contribuent à raviver la flamme. Toute initiative en faveur de la lecture est salutaire. Cela dit, dans le même temps, je ne me fais pas d’illusions sur l’impact réel de nos blogs à la fréquentation généralement plutôt modeste (comparés à des blogs aux thématiques plus « vendeuses »), d’autant que l’on prêche à des convertis, nos visiteurs étant déjà majoritairement des lecteurs aguerris, la plupart ayant même leur propre blog.
Pour répondre à la deuxième partie de ta question, à l’époque où j’ai rédigé ce billet, j’avais un ami libraire pour qui j’avais créé une newsletter mensuelle. Je devais donc lire les ouvrages des auteurs invités en dédicace et ceux que l’on avait décidé de mettre en avant, parler des nouveautés, etc. C’est aussi par ce biais-là que j’ai initié mes interviews avec les auteurs. J’étais aux anges ! Dommage que ce projet n’ait pas été pérennisé...
A : En décembre 2006, tu expliquais lire très peu de BD. Est-ce toujours le cas ? Les divers billets de la blogosphère littéraire t’ont-ils fait changer d’avis ??
ICB : Malheureusement, j’ai bien peur que ce qui était vrai en décembre 2006 soit toujours d’actualité. Je n’ai aucune culture BD et n’ai donc développé aucune curiosité en ce domaine. Généralement, une fois la BD lue, il ne m’en reste pas grand-chose. C’est un plaisir immédiat, une bulle de champagne qui s’évapore très vite. Bien sûr, j’ai quelques références personnelles comme Marcel Gotlib, Franquin, Bilal et Ralf König, mais ça ne va pas plus loin. Certains billets de blogueurs plus versés que moi en la matière m’ont effectivement tenté : ainsi, par exemple, grâce à Ménéar, j’ai découvert « Là où vont nos pères », le petit bijou de Shaun Tan, qui est cependant un ouvrage à part dans l’univers de la BD. Lo m’a définitivement convaincu de lire « Fun Home » d’Alison Bechdel. A choisir, ma préférence irait d’ailleurs plutôt aux romans graphiques qu’à la BD pure et dure.
A : Dans un billet de janvier 2007, tu nous avouais avoir la manie de ranger les livres dans les rayons des librairies. Deux questions : chez toi, les livres sont-ils tous parfaitement alignés ? Le fais-tu aussi chez les autres (amis, famille…) ??
ICB : Ah, cette manie de ranger les livres… J’espère au moins que les libraires ne s’en plaignent pas !!! Il faut quand même que j’explique comment est né ce TOC. Comme tout un chacun, il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas trouver un livre en rayon simplement parce qu’un autre livre avait été malencontreusement placé au sommet de la mauvaise pile. Désormais, dès que je me trouve devant des piles de livres, je traque la moindre couverture redondante afin de savoir si, par hasard, l’une d’elles ne cacherait LE livre, celui «après lequel je ne serai plus tout-à-fait l(e) même, celui qui laisse des traces, qui déborde sur la vie réelle...» comme le décrit Bladelor. C’est aussi une façon de « laisser sa chance » au livre qui était caché aux yeux du badaud. Et plutôt que de reposer l’intrus à sa (mauvaise) place, je le replace sur la pile qu’il n’aurait jamais dû quitter. Voilà, tu connais maintenant le fin mot de l’histoire. Après, que la pile soit de guingois ou pas, peu me chaut, je ne suis pas toqué à ce point !!!!!
Chez moi, pour le moment, mes livres sont toujours dans les cartons du déménagement puisque la nouvelle bibliothèque n’est toujours pas installée. Et encore heureux que je ne me froisse pas en découvrant que tu me penses malotru au point de me permettre de ranger les bibliothèques de mes amis ou de ma famille ! Chacun est maître en sa demeure, c’est quand même la moindre des choses. En revanche, dès que j’entre dans une pièce où il y se trouve des livres, je m’arrange immanquablement pour tâcher d’en déchiffrer les titres, plus ou moins discrètement selon les relations que j’entretiens avec mes hôtes.
A : En janvier 2007, toujours, tu as mis en ligne une énigme « Consigne littéraire ». J’aime beaucoup cette idée. Comment t’est-elle venue ? Tu donnais la réponse le lendemain. J’adore, tout simplement. Tu en as mis d’autres (j’en ai trouvé un autre, ici, et un autre ici !)
ICB : Comme à mon habitude, j’étais à court de billets (voilà ce qui ne cesse d’arriver quand on se borne à écrire ses billets en flux tendu, au fur et à mesure de ses lectures, sans jamais s’assurer un petit stock de réserve). Il m’a donc fallu piocher dans des lectures plus anciennes. Tant qu’à faire, autant choisir un de mes écrivains fétiches. Edward Morgan Forster s’est imposé de lui-même, mais comme je n’ai pas réussi à choisir un roman en particulier, j’ai décidé d’évoquer rapidement plusieurs de mes préférés. Pour faire « monter la sauce » (et par là même gagner du temps pour rédiger mon billet !), j’ai eu l’idée de ce petit jeu bâti à partir de quatre éléments symboliques de chacun des romans que je voulais évoquer. J’ai ensuite renouvelé l’expérience sous des formes différentes, à partir d’œuvres de peintres, d’anagrammes… mais sans plus rédiger ensuite de billet sur l’auteur en question.
Je n’aurais pas crû que l’exercice fût si difficile. Forcément, à moi, la solution paraissait évidente puisque je savais dès le départ de qui il s’agissait, mais comment trouver le juste équilibre entre trop facile/évident et trop difficile/abscons pour que les visiteurs se piquent au jeu avec plaisir ? Je ne suis d’ailleurs pas certain d’y être parvenu, ce qui fait que je n’ai pas renouvelé l’expérience trop souvent.
A : En février 2007, tu as écris un billet où tu expliquais quels livres Charles Simonyi, touriste de l’espace, allait emporter avec lui. Imaginons que tu es ce touriste de l’espace et que tu as les mêmes contraintes de poids… Quel ou quels livres emporterais-tu avec toi ?
ICB : Je n’ai pas de livres de chevet à proprement parler, de ces livres que l’on lit et relit avec un plaisir renouvelé tout au long de sa vie… pour la simple et bonne raison que je ne relis jamais un livre, par peur d’être déçu à la seconde lecture, mais aussi et surtout parce que je manque déjà cruellement de temps pour lire tous les livres qui me font envie…
En revanche, comme Caro[line], j’ai des auteurs « chouchous » (copyright), alors lequel privilégier ? Je te ferai donc la même réponse que celle que j’ai faite à l’occasion du tag dont tu parles un peu après : je privilégierais des livres universels qui contiennent en eux-mêmes tous les autres livres du monde et à partir desquels je pourrais créer une infinité d’histoires : dictionnaire, bible… S’il ne fallait en choisir qu’un, le dictionnaire aurait ma préférence. J’adore piocher des définitions au hasard, un mot en appelant toujours un autre, c’est sans fin. Un dictionnaire qui laisse une belle place à l’étymologie des mots serait un must.
Cela dit, en toute honnêteté, je n’ai jamais tenté l’expérience de ne prendre qu’un dico en tout et pour tout pour la durée des vacances, par exemple. Le « jeu » du dictionnaire serait-il réellement tenable sur le long terme ?
A : Je retombe à nouveau sur une interview d’auteur en février 2007, celle de Tom Spanbauer. Combien de bouteilles à la mer as-tu envoyées ? Comment les rédiges-tu ? As-tu du mal à trouver des questions, as-tu lu toutes les œuvres de l’auteur, comment te présentes-tu … ? (je vois que Philippe Besson a fait partie de tes invités aussi, mazette, et Jean-Philippe Blondel !)
ICB : Je n’ai pas compté les bouteilles à la mer que j’ai lancées. Mais elles ne doivent pas être si nombreuses que ça au final. Moins d’une dizaine peut-être…
J’ai un principe auquel je me tiens : contrairement à Larousse, je ne sème pas à tout vent. Je n’envoie mes demandes qu’à des auteurs que j’estime tout particulièrement, pour en savoir plus sur la genèse de leurs romans, sur leur façon d’écrire, leurs sources d’inspirations… C’est le travail de l’auteur qui m’intéresse, pas sa notoriété. Je ne vois pas l’intérêt d’interviewer un écrivain pour le seul (pseudo)prestige que son nom pourrait assurer à mon blog. Alors jusqu’à présent, il s’avère que j’avais lu tous les livres des auteurs que j’ai interviewés.
Les questions me viennent naturellement au cours de mes lectures. Je les note sur une feuille et je laisse reposer. Pendant tout ce temps, plus ou moins long, mon esprit travaille dans son coin et d’autres questions peuvent jaillir à tout moment de la journée (et de la nuit !). Je les note aussi au fur et à mesure sur la feuille. Quand le flot de questions s’est tari, je fais le tri, je classe, je regroupe, j’élimine pour rédiger le questionnaire final que je vais utiliser. Ensuite l’entretien se fait en fonction des disponibilités de l’auteur. Avec les anglo-saxons, pour des raisons évidentes de faisabilité, les interviews se sont faites par échanges d’emails. Mais quand j’ai interviewé Abdellah Taïa, par exemple, nous avons passé près de deux heures d’affilée au téléphone jusqu’à ce que les amis chez qui il était allé dîner commencent à s’impatienter ! Prévoyant, Philippe Besson, qui était chez lui en Vendée, s’était confortablement installé à la terrasse d’un café face à la mer pour répondre à mes questions. Avec Jean-Philippe Blondel, l’échange était beaucoup plus décontracté parce qu’on s’était rencontrés avant au Salon du livre…
De toutes mes bouteilles jetées à la mer restées sans réponse, seule celle envoyée à Michel Tremblay me chagrine réellement. J’ai regretté avoir « raté » Joëlle Tiano (mais Stéphanie et Bladelor se sont mieux débrouillées que moi !). Je regrette également de ne plus pouvoir tenter ma chance auprès de certains de mes auteurs fétiches disparus.
A : Ahh, sourire ému et attendri…. J’étais moi aussi un fan de « Fleurs captives » ! Tu me donnes presque envie de le relire ou de le racheter, juste pour avoir un souvenir de ma jeunesse ! Avec le recul et la maturité, que penses-tu de ce genre de littérature « facile d’accès » ?
ICB : voire littérature « de gare » même, n’ayons pas peur des mots ! Je dois avouer que je n’en lis plus. Pas par snobisme. Je n’ai pas honte de dire que ce genre de littérature a fait partie de mon parcours de lecteur ; j’en ai lu pas mal à une certaine époque (la collection J’ai Lu était une vraie mine dans le genre !). Mais tout simplement parce que je n’y trouve plus mon compte. Ainsi que me l’avait dit Brice Depasse , « La littérature, c’est comme le cinéma : il y a les films d’auteurs et les films de pur divertissement. Et il n’y a pas de honte ni d’incompatibilité à aimer les uns et les autres ».Personnellement, j’ai un problème avec le pur divertissement. Mais si cette littérature peut créer un réflexe, une envie de lecture chez des personnes pour qui lire n’est pas chose naturelle, alors oui, pourquoi pas. Et si elle les amène ensuite à des lectures plus « complexes », tant mieux.
A : Je viens de tomber sur ce billet là. Bon, je ne poserai pas ici la question que je réserve pour la fin, mais, bon, le cœur y est…. Je me reprends. Premièrement, j’aime beaucoup la façon dont tu as répondu à ce tag. Tu dis (ou plutôt tu montres) que tu emporterais sur une île déserte notamment la Bible et le Coran. Et la Torah ?
ICB : J’ai ajouté le Coran à ma liste parce que je me frotte un peu à la culture et à la langue arabes et que je m’intéresse aussi à l’islam pour essayer de mieux comprendre ce qui agite le monde d’aujourd’hui... J’ai la chance d’avoir un très bon ami musulman avec qui je peux parler librement et sans tabou de sa religion. Cet ami aurait été juif, sans doute aurais-je ajouté la Torah à la liste de mes choix.
A : Il me semble que tu lis pas mal de littérature espagnole, ou sud-américaine, non ?
ICB : Tu crois ? Je ne pense pas, non. Je ne sais pas ce qui te fait penser cela. J’ai plutôt l’impression de lire presque essentiellement de la littérature anglo-saxonne et française. Cela dit, j’ai beaucoup aimé mes (trop) rares incursions dans la littérature latino américaine. J’y ai goûté à chaque fois un mélange bien spécifique d’onirisme baroque et de revendication politique. Mais, grâce à vos blogs, j’ai élargi mon spectre de lecture. Ainsi, en matière de littérature latino-américaine, m’attend notamment dans ma PAL « L’autobus » d’Eugenia Almeida et figure sur ma LAL « Les oreilles du loup » d’Antonio Ungar, dont j’ai entendu dire le plus grand bien. J’accuse également de très grosses lacunes en littérature asiatique.
A : Y a-t-il un auteur que tu as découvert récemment et qui te plaise particulièrement, qui t’ait donné envie de découvrir tous ses livres ?
ICB : Grâce à Cuné, j’ai découvert Pascal Garnier. Cet auteur mériterait vraiment d’être plus largement (re)connu. Mais, plusieurs billets écrits récemment sur « La théorie du panda » me font dire que la révolution est en marche ! En ce qui me concerne, je suis devenu accro à son univers noir un peu désespéré, mais jamais glauque grâce à des personnages profondément humains et à un humour toujours présent. En outre, son style est impeccable. J’ai commencé mon ascension de la montagne Garnier, mais je ne suis pas prêt d’atteindre le sommet de sitôt : l’auteur est bigrement prolifique et sévit même en littérature jeunesse !
A : Quand lis-tu ? A quel rythme ? Où ?
ICB : Il se passe rarement une journée sans que je lise. J’ai toujours au moins un livre avec moi. Je lis dès que je le peux, en attendant le métro, dans le métro, à la salle de sport quand tel un cochon d’Inde je pédale sans fin ou grimpe d’interminables flopées de marches, à la maison le soir avant de m’endormir, le week-end sur le canapé, dans le jardin, en vacances, dans les salles d’attente… Bref, comme tout le monde, quoi. Peu m’importe ce qui se passe autour de moi, je peux facilement faire abstraction de ce qui m’entoure, ce qui agace souvent mes proches. En revanche, je suis incapable de lire deux romans en même temps. Un roman et une BD, ou une biographie ou un « beau » livre, OK pas de problème. Deux romans, impossible. C’est toujours aux dépends de l’un des deux, voire des deux.
A : Pourrais-tu partir en vacances sans un livre ? (imagine que tu les aies oubliés au moment de partir, il n’y a pas de librairie dans ton coin du bout du monde…)
ICB : J’ai vraiment beaucoup de difficulté à imaginer un tel cataclysme, tout bonnement parce que je ne prépare jamais une valise sans y glisser une réserve de livres adaptée au programme de mon voyage. C’est un réflexe quasi pavlovien : valise=bouquins. Les vacances sont souvent l’occasion pour moi de rattraper certains « retards » dans mes lectures et/ou de lire certains livres que je me suis réservé au cours de l’année rien que pour cette période, comme par exemple « Un plaisir trop bref » de Capote que je trouvais parfait pour mon dernier voyage en Sicile (et qui a fait les frais des équipes de manutention de l’aéroport de Palerme !. Il m’est déjà arrivé de prévoir « trop court » lors de vacances au fin fond de l’Espagne et comme je n’entends point l’espagnol, pas question d’aller me dépanner à la librairie du coin. Heureusement, il y avait en ville une petite boutique de livres anglais d’occasion qui a fait mon bonheur. Non, franchement, je ne sais pas ce que je ferais sans livre en vacances…
A : Tu as mis en ligne un outil (ou un moyen) qui permettait aux internautes de lire tes billets en anglais, allemand, russe (?) espagnol, italien, une langue a priori nordique que je n’ai pas su identifier (!) et portugais (??). Bon. Tu expliquais que c’était une expérience. Qu’a-t-elle donné ? Des lecteurs multilingues sont-ils venus chez toi ?
ICB : J’ai souvent été frustré, lors de requêtes Google, de tomber sur des sites/blogs qui traitaient d’un sujet qui m’intéressait mais dont je ne pouvais profiter par méconnaissance de la langue. Je me suis dit que sûrement d’autres internautes éprouvaient parfois la même frustration. J’ai donc installé un outil de traduction automatique afin de permettre à certains visiteurs ne parlant pas français d’avoir accès à mes billets. Résultat des courses : pas génial. La traduction était si merdique que le texte traduit dans la langue choisie était tout aussi incompréhensible que si elle était restée en version originale. Les quelques curieux que cela a attiré n’ont pas été fidélisés. Comme je n’avais pas mis ce système en place pour « faire du chiffre », ça ne présentait donc aucun intérêt et j’ai laissé tomber au bout d’un moment.
A : En septembre dernier, tu parlais d’une sorte de brocante de livres organisée rue Davy, à Paris 17 (j’ai habité juste, tout juste à côté il y a fort longtemps et cette brocante n’existait pas !). Tu aimes ce genre de ballade au cœur des vieux livres ? Tu les fréquentes régulièrement ??
ICB : Ce que j’ai aimé dans le vide-grenier littéraire de la rue Davy, où j’allais pour la première fois, c’est que justement il n’est pas spécialisé dans les vieux livres. Comme son nom l’indique c’est un vide-grenier, donc ce sont les habitants du quartier qui profitent de l’occasion pour se débarrasser des livres dont ils ne veulent plus. On y trouve vraiment de tout, de vieux bouquins des années 70/80 aux pages moisies d’avoir attendu leur jour trop longtemps au fond d’une cave, des livres jeunesse (beaucoup) qui portent les cicatrices des nombreuses manipulations peu orthodoxes que leur ont infligé leurs jeunes lecteurs, des L.C.A. qui font du vide dans leurs étagères… C’est auprès de ceux-là que j’ai fait mes emplettes.
C’est parce que mon cher et tendre travaille dans le coin que je suis allé y faire un tour, sinon je ne suis généralement pas spécialiste du genre. Car contrairement à beaucoup, je n’aime pas les livres qui ont vécu, aux couvertures branlantes, aux pages jaunies, écornées... En ce qui me concerne, « l’objet livre » participe tout autant que le texte lui-même à mon plaisir de lecture. Ce qui ne m’empêche pas d’acheter la quasi-totalité de mes livres en occasion, mais de l’occasion « quasi neuf ».
A : Cette rubrique “Qui dit mieux”, qu’est ce qui t’a donné envie de la créer ? Comme Eric Cantona, tu relis les livres que tu ne te souviens pas avoir lus ?!!
ICB : Eh bien, c’est justement The King himself ! J’ai trouvé si savoureuse cette citation de Canto que je venais de lire dans le gratuit « A nous Paris II » que j’ai eu envie de la publier. Et contrairement à ce qu’à pu penser Anne, ce n’était pas du tout dans le but de dénigrer Cantona qui est un personnage qui m’est très sympathique.
A la suite des commentaires reçus, je me suis dit pourquoi ne pas en faire une rubrique récurrente où seraient compilées les « perles » de people sur les livres, la lecture, l’écriture, etc. Comme je suis un grand dévoreur de magazines papier et on-line, j’avais de la matière. C’est ainsi qu’à Canto se sont joints Raphaël Sorin, Doris Lessing, Alexandre Jardin et Gérard Collard.
Quant à relire les livres que je ne me souviens plus avoir lus, non, ça ne m’est pas encore arrivé. En revanche, dans un registre d’idée similaire, j’ai déjà racheté un livre que je ne me souvenais plus avoir déjà acheté.
A : Dans ton billet sur “L’élégance du hérisson” et surtout dans les commentaires, tu expliquais tu avais hésité à publier ton avis, négatif sur le roman en pleine “hérisson-mania”. Pourquoi ? Tu as le droit de ne pas aimer, c’est clair (hum, moi, j’ai aimé… beaucoup !)
ICB : Le dilemme qui m’a agité lors de la publication de mon billet sur « L’élégance du hérisson » n’avait rien à voir avec le fait de donner un avis négatif sur un livre, même s’il avait été encensé par l’ensemble, ou presque, de tous les blogueurs(euses). Je n’ai pas de complexe à ne pas partager l’avis du plus grand nombre et à affirmer mon point de vue.
Généralement, j’accuse un retard certain concernant les dernières nouveautés littéraires, il m’arrive souvent de lire un roman des mois après tout le monde… et de poster mon billet encore plus tard ! « Le hérisson » n’a pas échappé à la règle. A l’époque ce sont les billets de Florinette et de Cuné qui m’avaient interpelé. Après avoir attendu un bon moment avant de le trouver en occas’ pas trop cher, de lire d’autres romans qui me faisaient plus envie, je me suis retrouvé à publier mon billet en pleine « hérisson-mania ». Si j’ai hésité à le publier au milieu du concert général de louanges, c’est parce que je ne voulais pas que certains esprits chagrins doutent de la sincérité des mes réserves et s’imaginent qu’il ne s’agissait là que d’une pose, un snobisme selon lequel il est bon de descendre ce que la majorité adore. Ce dilemme, certains diront paranoïa, n’aurait pas existé si mon billet était paru dans les premières semaines de la sortie du roman ou si le roman n’avait pas bénéficié d’un tel engouement.
A : Tu fais partie du jury du Prix du Livre de Poche 2008. Nous sommes en juin, quelques mois plus tard… alors, comment ça s’est passé ? As-tu reçu des livres qui t’ont particulièrement touché, ému, révolté ? Quel est ton pronostic ? (rassure-moi, le prix n’a pas encore été décerné !) Que retires-tu de cette expérience ? Que penses-tu des prix des lecteurs et des prix professionnels ?
ICB : Ah, le Prix des Lecteurs du Livre de Poche, parlons-en ! La sélection finale est toujours en cours. Il me reste encore à recevoir la sélection de juillet pour pouvoir désigner le lauréat parmi les six finalistes retenus chaque mois depuis février. Pour être franc, c’est une vraie déception pour moi que ce Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Je ne sais pas qui est chargé de la sélection des ouvrages ni sur quels critères ceux-ci sont retenus, mais la qualité littéraire de la plupart des livres retenus me laisse perplexe. On parlait justement tout à l’heure de « lectures faciles ». Pour le coup, j’ai été servi ! Finalement, ce n’est peut-être pas un hasard si je ne suis pas un fidèle du Livre de Poche… et ce n’est certainement pas cette expérience qui va inverser la tendance. Je n’ai pas fait les jolies découvertes que j’avais espérées, exception faite d’« Une promesse » de Sorj Chalandon (j’avais déjà lu le Tardieu et connaissais déjà le style Capote). J’ai juste réussi à battre un triste record, celui des abandons, dont je ne suis pourtant pas un habitué. Malgré toute ma bonne volonté et mon engagement à lire tous les livres qui m’étaient soumis, je ne suis pas arrivé à bout de « Jonathan Strange & Mr Norrell », ni de « Qui a tué Glenn ? » Résultat, jusqu’à maintenant, à de rares exceptions près, mon vote mensuel a été un vote par défaut et je crains qu’il en soit également ainsi pour le vote final. Donc, je serais bien en mal de faire un pronostic pour le finaliste et, pour tout dire (même si cela peu paraître peu respectueux et politiquement incorrect), vu la sélection, je m’en fous un peu.
Cela dit, je trouve plutôt bien que les lecteurs aient droit au chapitre et puissent décerner eux aussi des prix littéraires qui sont peut-être plus « affectifs » que ceux décernés par les professionnels. Il n’empêche que les uns ou les autres n’ont jamais été pour moi un critère d’achat.
A : En février dernier, tu nous parlais des livres adaptés à l’écran. Je sais que tu n’apprécies pas en général ces adaptations, où que tu t’en méfies… mais 1) iras-tu voir Cate Blanchett interpréter Hannah Musgrave, et si tu devais adapter toi-même un livre qui ne l’a pas encore été, lequel choisirais-tu et pourquoi ? (mets-toi dans la peau de… Malkovitch ou Coppola pour répondre !)
ICB : Je ne suis pas cinéphage. Là où j’habitais auparavant, je me rendais parfois dans la petite salle municipale dont la programmation alternait intelligemment blockbusters et films art et essai, à des tarifs avantageux. Depuis que j’ai déménagé, je n’ai pas mis les pieds dans une salle obscure. Et ça ne me manque pas, pour tout avouer. Je comble bien certains manques à coup de DVD, mais pas tant que ça finalement. Il y a donc peu de chances que je voie Cate Blanchett incarner Hannah Musgrave, à moins que je craque un jour pour le DVD ou que je l’emprunte.
Quant à adapter un livre pour le grand écran… C’est un projet que je considère voué à l’échec ! Ils sont si rares les exemples d’adaptation réussie. Si je devais m’y coller, je choisirais forcément un livre qui ne m’a pas entièrement satisfait, avec lequel je pourrais m’autoriser des libertés, changer des passages entiers, des points de vue qui ne m’ont pas plu, voire ne garder que l’idée de départ pour réaliser à l’écran le roman que j’aurais voulu lire… et qui ferait hurler à la trahison ceux qui l’auraient lu et aimé !
A : Et voilà. Je viens de terminer ma lecture de ton blog. Je retombe donc sur ce billet là. Je ne vais pas te demander pourquoi, nous le savons et tu l’as expliqué. Mais alors… parle-nous de ta nouvelle vie !!! Est-ce que ça te manque ? Lis- tu toujours les blogs littéraires (je sais que oui, un peu !), as-tu gardé le « réflexe » d’écrire un billet sur tes lectures, te sens-tu plus libéré ? Es tu devenu un addict des blogs de… sport ? Travaux d’appartement ? Anagrammes ?!!! Tu comptes revenir ???
ICB : Est-ce que bloguer me manque ? Honnêtement, si ces derniers temps un manque s’est fait sentir de temps à autre, je ne suis toujours pas en mesure d’identifier exactement la nature de ce manque : écrire ? Tenter de transmettre un coup de cœur ? Echanger avec d'autres passionnés ?... Au moins, pour ce dernier point, j'arrive à compenser en commentant plus qu'à mon habitude sur les blogs que je visite chaque jour puisque bien entendu, je continue à lire les blogs de lecture (et certains autres). Pas question de ne plus profiter des conseils avisés des un(e)s et des autres ! Parce que si l’envie de bloguer s’est tarie, l'envie de lire, elle, ne m'a heureusement jamais quitté. Si je continue à barder mes livres de post-it, je n’ai pas écrit une seule ligne depuis mon dernier billet. Alors, revenir ? Il y a quelques mois encore je t’aurais répondu catégoriquement non. Aujourd’hui, je sais simplement que si jamais cela se fait un jour, ce n’est de toute évidence pas pour tout de suite. Beaucoup de choses restent encore à régler. Mais je ne m'interdis rien, je laisse venir…
A : Pour finir, ICB, je crois que je ne peux qu’évoquer ce billet-là, que tu as écrit quand une certaine blogueuse que nous apprécions tous les deux, et te dire que je pourrais, nous pourrions, aujourd’hui écrire le même à ton propos…
ICB : C’est très gentil à toi. Mais dans ce cas, puisque je ne suis pas une fille et que je n’habite pas au bord de la mer, il te faudra penser à changer la chanson tribute !!
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05.06.2008
CONVERSATION AVEC CHIFFONNETTE
Chiffonnette a accepté de répondre à mes questions !
A : Bonjour Chiffonnette ! Tu as ouvert ton blog en février 2007 par un billet très succinct. Pourquoi avoir ouvert un blog ?
C : Ah ! Ah !! Tu as été eue Amanda ! En fait ce n’est pas mon premier billet ! A l’époque où je ne maîtrisais guère les subtilités overblogiennes (je ne les maîtrise certes guère plus aujourd’hui), Sybilline de Lecture Ecriture m’avait suggéré d’ouvrir un espace dédié aux conversations qui n’avaient rien à voir avec les articles publiés ! Ce que j’ai fait sans grand succès puisque j’ai effacé le lien qui y menait… Je ne me souviens plus pourquoi d’ailleurs ! Une erreur de manipulation sans doute et la flemme derrière !
Mon premier billet porte en fait sur Eloge de la lecture de Michèle Petit . Ceci étant, je ne réponds pas à la question ! Pourquoi avoir ouvert un blog… Il se trouve que j’étais, cette année là en formation professionnelle, et que je m’ennuyais ferme. Mais alors vraiment ferme ! Tellement ferme qu’il est étonnant que mes condisciples et moi n’ayons pas fait écrouler les locaux sous le poids de nos soupirs ! Heureusement pour nous (de l’inconscience pure de la part des formateurs on le notera au passage), nous étions dans une salle informatique ! Je ne sais plus comment j’avais entendu parler des blogs consacrés aux livres et à la lecture, mais j’étais intriguée et comme je n’avais rien de plus important à faire, j’ai commencé à cliquer sur des liens ! C’est comme ça que je suis tombée chez Cunéipage, Florinette, Flo, Allie, etc. A force de me balader, et comme je m’ennuyais toujours autant, j’ai cliqué sur « créez votre blog ». Le virus a été foudroyant, presque un an et demi plus tard j’y suis encore !
A : Ton deuxième billet ébauchait une réflexion fort intéressante sur l’enseignement et l’incitation à la lecture auprès des jeunes. Tu disais « Et si l'injonction de lire n'agissait pas comme un repoussoir pour une partie des jeunes générations ». Crois tu que l’incitation à la lecture doive se faire en douceur, en laissant le plaisir de distiller lentement dans l’esprit du jeune lecteur, ou plutôt qu’il faille le faire lire, lire, jusqu’à ce qu’un jour, il y découvre du plaisir ?
C : Le premier article donc ! Je reste persuadée qu’on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre si tu vois ce que je veux dire!
Il y a bien des manières d’attraper le virus de la lecture : un entourage familial favorable, une rencontre avec un livre, roman ou documentaire, avec un auteur, avec une bibliothèque, avec une librairie… Mais j’ai du mal à imaginer que faire lire, lire et lire un jeune lecteur jusqu’à ce que le masochisme devienne le plus fort soit la meilleure manière de procéder ! Surtout en l’obligeant à lire au détriment d’autres activités qui auraient sa préférence !
J’ai l’impression d’avoir toujours aimé lire. Je me trompe peut-être, il faudrait que je demande confirmation à Maman Chiffon ! Mais il y a une chose que je sais, c’est que j’ai rarement aimé un livre que l’on m’avait contrainte de lire, notamment en milieu scolaire ! Aujourd’hui encore je suis totalement réfractaire à toute contrainte en la matière.
Ce n’est pas le tout de dire aux enfants et aux adolescents qu’il y a du plaisir à la lecture, mais quand ce qu’on leur propose n’est pas alléchant, quand la prescription ne tient pas vraiment compte de leurs goûts, quand les prescripteurs eux-mêmes ne sont pas convaincus que lire est un plaisir, il n’y a aucune chance que les premiers concernés soient convertis ! Je sais que je caricature, que les classiques et les programmes scolaires sont importants, mais je me place dans une démarche qui consiste plutôt à trouver la clé qui ouvre la porte du plaisir de lire ! Laquelle peut passer par les classiques d’ailleurs ! Déformation professionnelle sans doute ! Et absolue conviction que M. Pennac a raison dans son Comme un roman !
Oups ! Je vais peut-être passer à la question suivante parce que je pourrais en tartiner encore des kilomètres sur la question !
A : Tu avouais ta passion pour les mangas en février 2007. Un peu plus d’un an après, cette passion est toujours aussi vive ? Qu’as-tu découvert en un an ?
C : Je ne suis pas ressortie de la marmite ! J’ai un peu réduit le rythme de lecture, mais je persiste ! Ce que j’ai découvert en un an est un univers d’une incroyable diversité. Attention, je ne dénigre pas la bande dessinée « classique » bien au contraire ! Et je ne vais pas faire un cours sur les mangas ! D’ailleurs, si tu trouves que je m’étends trop, crie ! En général, ça me stoppe ! Diversité donc : des mangas sur la cuisine, sur le sport, sur le handisport, sur le langage des signes, sur l’homosexualité, sur les sommeliers, sur les boulangers, j’en passe et des meilleurs ! Il y a de tout ! Le pire et le meilleur bien entendu, comme partout !
Parmi mes coups de cœur, Taniguchi (classique donc), Nananan, les séries de Ai Yazawa, Twentieth century boys, Hisae Iwaoka, Lone wolf and cub … Il y en a bien trop pour que je les cite tous !
A : Tu mets également quelques billets en ligne dans lesquels tu parles de ton quotidien (une chaudière décidément bavarde, une piscine extensible…) : ce blog est également une sorte de petit journal ?
C : J’avais presque oublié cette histoire de chaudière !! D’ailleurs, elle est retombée en panne peu de temps après… Je ne considère pas ce blog comme un petit journal ! J’avais essayé à un moment ce type de blog, mais je ne suis définitivement pas douée pour raconter ma vie de manière intéressante et sur le long terme ! Quand j’écris sur des choses qui m’arrivent, c’est qu’elles m’ont particulièrement marquées, ou que je leur trouve un certain potentiel burlesque à tort ou à raison !
A : Tu lis beaucoup de littérature japonaise, non ?
C : pas autant que de littérature française si je regarde le nombre d’article publié par catégories, mais c’est une littérature que j’apprécie beaucoup. IL y a un « style » japonais je trouve : une manière décrire très fine, très sensible qui peut osciller entre la plus grande douceur et la plus grande cruauté. Entre un réalisme cru, une poésie étonnante et l’étrangeté.
Quelque part, c’est la culture japonaise qui me fascine. Rien de très original d’ailleurs, je suis loin d’être la seule à être atteinte !
A : Les premiers mois, tu as beaucoup parlé de littérature jeunesse. Un genre que tu apprécies particulièrement ?
C : au départ, j’ai porté à la littérature jeunesse un intérêt professionnel. Je la connaissais finalement assez peu, et il m’était difficile de rester dans l’ignorance la plus totale de ce qu’il se passait de ce côté. Et puis, de perles en merveilles, j’ai fini par apprécier effectivement beaucoup ce genre ! Aussi bien les romans que les albums d’ailleurs. Seul problème : il est difficile de s’identifier à des héros entre 5 et 18 ans !!
A : En mars 2007, tu as fait un billet sur ton métier(que tu apprenais) de bibliothécaire. Dis nous en un peu plus. Une vocation, donc… Là, il s’agit de nous dérouler ton CV, tes études, le pourquoi du comment de cette vocation et comment tu as vécu ton cursus, comment s’est passé ton concours. Ce que tu penses maintenant que tu exerces réellement ce métier. (25 lignes maxi, ramassage de la copie dans 15 mn, top chrono !) :
C : Je ne sais pas si je peux vraiment parler de vocation ! Le cheminement a été long ! Après tout, à 12 ans je voulais devenir pilote de chasse ! Puis j’ai voulu sauver le monde avec Médecins sans frontières. Ensuite j’ai voulu éditer les livres ! C’est dire ! Et puis après quelques stages, je me suis rendue compte que je n’aimais pas vraiment « fabriquer » les livres ! Bizarrement, je n’ai jamais envisagé de devenir libraire. Va comprendre !
Quand à mes études… Je n’ai pas fait de cursus spécialisé en métiers du livre, sauf si on considère la formation post-concours. Sciences politiques, histoire, un peu de lettres, beaucoup de culture générale ! En tout cas une diversité qui me sert encore beaucoup aujourd’hui et qui m’a aidé à réussir ce concours ! Pourtant je n’y croyais guère : j’avais statistiquement 0,55% de chance de réussite ! Je ne comprends toujours pas comment j’y suis arrivée !
Le métier aujourd’hui ? Et bien je ne renie rien de ce que j’ai pu écrire dans cet article ! Il faut des nerfs d’acier, un bon métabolisme, une sacré dose de sens diplomatique et du sens pratique ! C’est un métier extrêmement polyvalent : on passe de tâches administratives à la gestion d’un conflit avec un usager ou d’une panne électrique, on colle des étiquettes comme on rédige des notes de lecture et on rencontre des auteurs, on discute, on conseille... Ce n’est pas facile tous les jours, mais il y a des moments et des rencontres extraordinaires avec des professionnels ou des usagers de la bibliothèque.
A : « Tel est pris qui croyait prendre »… Figure toi que, en voyant que tu t’étais lancée dans Guerre et Paix, en mars 2007, je me suis fait un malin plaisir de noter l’info et m’apprêtais à te railler gentiment parce que tu ne l’aurais « chroniqué » que des mois plus tard, voire jamais. Au temps pour moi, tu en parlais juste quelques semaines après ! Mais, outre le fait que le roman a perdu 100 pages dans l’intervalle (!!), dis nous en un peu plus. Est-ce que cette lecture t’a rappelé tes années lycées, lis tu (ou re-lis tu) souvent des « pavés classiques » ?
C : Effectivement ! En fait, il y a entre 1600 et 1700 pages et je devais avoir la flemme de rouvrir le bouquin pour vérifier le nombre exact !
Je ne peux pas dire que cette lecture m’a rappelé mes années lycées ! Je n’ai jamais eu de pavés à lire à cette époque : en filière scientifique, ils étaient déjà heureux que les élèves lisent les commentaires d’œuvre ! Autant dire que je passais pour une drôle de bestiole !
En fait, je reviens petit à petit aux classiques et j’y prends un plaisir que je n’aurais pas soupçonné moi qui m’y croyais allergique à quelques exceptions près! Guerre et Paix a été une étape importante pour moi, une sorte de défi ! C’est Pennac qui m’a donné envie de le lire ! J’avais été intriguée par le résumé qu’il en donnait : « une fille qui tombe amoureuse d’un type et qui en épouse un troisième », ou quelque chose comme ça ! Je n’ai pas été déçue du voyage ! J’aime bien qu’on me conseille des classiques, parce que finalement, je ne m’y connais pas tant que ça, et partir à la découverte au hasard continue à me faire un peu peur .Après ce pavé en tout cas, il n’y a plus grand-chose pour me faire peur et j’ai bien l’intention de dépoussiérer les classiques qui dorment sur mes étagères !
(petit aparté : la question suivante n’a rien à voir avec la littérature. Passez directement à la question d’après si le sujet ne vous intéresse pas)
A : Ahhhhhh. Râle de consternation. Je viens de lire un billet qui, si je ne te portais pas l’amitié que je te porte, fait que je supprimerais aussitôt ton blog de ma liste, Chiffonnette ! Comment oses tu dire que la Tapenade vient de Lyon ?!! (Lyon c’est le nord, presque les chtis, quand on est de Marseille, je te signale !!) ET surtout, surtout, on ne met pas de moutarde dans la tapenade (la vraie, hein !), j’hallucine grave, quelle hérésie ! On met des olives, des câpres, des anchois si on veut, de l’huile d’olive, et de l’AIL !!! De la moutarde !!! Bonne mère ! Elle est fada !! (et je te signale qu’on boit du rosé, bien frais, et pas de rouge !!)
C : Nannnnnnnn ! Ne me fais pas dire ce que je ne disais pas dans cet article ! J’expliquais dans ma longue introduction que je faisais un report affectif sur l’huile d’olive ! Et sur la tapenade qui me rappelait le beau temps ! Et je suis d’accord, au-dessus de la barre de péage d’Orange, on trouve facilement des rennes et du lichen, et les gens parlent bizarre !
En tout cas laisse ma moutarde où elle est ! Au début je doutais de la recette, et puis… J’ai essayé ! Et adopté ! Sinon, si j’ai de bonnes olives et une bonne huile d’olive, je ne rajoute rien hormis les câpres ! Et je persiste avec le rouge ! Je le préfère au rosé qui me donne mal à la tête ! Ceci dit, c’est encore meilleur avec un pastis !
A : Je vois que toi aussi tu aimes Jane Austen ? Quand et comment l’as-tu découverte ? Qu’aimes tu chez elle ? Quel est ton roman préféré et pourquoi ?
C : J’ai lu Northanger Abbey vers l’âge de 17 ans je crois ! J’avais aimé sans saisir toutes les subtilités de ce roman et j’étais passée à autre chose. J’ai redécouvert Jane Austen il y a quelques années avec Raison et Sentiment et depuis, je déguste son œuvre !
J’apprécie particulièrement chez elle l’art avec lequel elle parvient à transcender les choses les plus banales. Avec elle, un thé, un pique-nique, une promenade en forêt prennent presque des accents épiques ! Ses histoires de filles à marier et de bonne société recèlent des trésors ! Et puis il y a cet humour, cette ironie dont elle fait preuve, la satire sociale qui pointe le bout de sonnez parfois. Il y a toujours dans ses romans des moments extrêmement drôles qui tempèrent ce que la réalité qu’elle décrit peut avoir de désespérant. Je suis toujours touchée par ces fins heureuses, ces mariages impossibles qui se réalisent entre des héros qui s’aiment mais sans qu’elle s’aveugle sur les réalités de la vie de couple. Quelque chose qu’elle-même n’a pu avoir.
J’ai du mal à classer ses romans par ordre de préférence ! Il y a bien sûr Orgueil et Préjugé. J’y aime particulièrement le personnage d’Elisabeth Bennett et cette tension qui monte au fil des pages entre les personnages. Les parents Bennett sont aussi un régal. J’apprécie aussi beaucoup Raison et Sentiment, toujours pour les personnages. Et Persuasion, à mon avis le plus abouti et le plus fin.
A : Tu parles du livre d’Hubert Nyssen « Lira bien qui lira le dernier ». Tu l’as encore ? tu me le prêterais ? Il a l’air excellent. Tu connais cet éditeur, les parutions d’Acte Sud ? Qu’en penses tu ? (de même que pour le livre de Annie François, » Bouquiner », tu me le prêterais ?)
C : le drame avec les bibliothécaires, c’est qu’ils empruntent beaucoup de livres ! Et justement, ces deux là, je les ai empruntés !
J’aime beaucoup les éditions Actes Sud ! Le rythme de parution est assez élevé donc difficile à suivre à mon goût, mais le travail des éditeurs est phénoménal. Ils explorent les littératures du monde entier avec un enthousiasme et une passion contagieux. J’adore l’esthétique de leurs ouvrages, en grand format comme en Babel
Et puis j’ai découvert au Salon du livre des collections que je ne connaissais pas sur les plantes, la cuisine par exemple qui sont de très beaux objets.
A : Tu apprécies le cinéma des années 50, j’ai l’impression ? Et particulièrement Audrey Hepburn ?
C : mes parents m’ont passé le virus !! Ma mère regardait beaucoup de comédies musicales pour en passer des extraits à ses élèves, et j’ai vu des westerns, des comédies romantiques, des films policiers avec eux. Ensuite, j’ai suivi une option audiovisuelle par laquelle j’ai continué à découvrir le cinéma des années 50 et ce qui le suit !
Audrey Hepburn est une de mes actrices préférées. Elle dégage une énergie phénoménale, elle est élégante, sensuelle, bref, je la trouve parfaite !
A : Que recherches-tu dans la lecture ? Un dépaysement, un voyage intérieur, la connaissance d’autres cultures, une ouverture sur le monde ?
C : un peu tout cela à la fois ! Le lecture est surtout pour moi un moyen de quitter un moment le quotidien, de créer une bulle ! C’est précieux dans les transports en commun !
J’ai du mal à envisager mon quotidien sans quelques pages de lecture, quitte à relire des passages de romans que j’aime particulièrement : c’est comme un moyen de gagner un second souffle !
Et puis il y a ce qu’on apprend sur le monde et sur soi. Les rencontres avec des styles, des histoires. Tant de richesse dans un petit rectangle, ça me sidère toujours !
A : Es tu plus sensible au style, à l’intrigue ?
C : je suis assez bon public. Du coup, une bonne histoire peut me faire oublier un style maladroit. A l’inverse, un style déplorable me rend littéralement dingue ! Quand à l’intrigue, je sais que je vais me faire huer, mais je ne supporte pas le suspense ! Je suis le genre de lectrice qui va aller lire la dernière ligne ou le dernier paragraphe, voire la dernière page d’un roman policier !
Je dois pouvoir dire que je suis plus sensible au style : j’apprécie ces auteurs dont la plume a la capacité de te faire basculer en quelques mots dans un autre univers. Cette immersion totale dans une œuvre, quand les mots coulent, je l’ai trouvée dans certains des romans de Léa Silhol par exemple, chez Colette,… J’aime cette magie qui te fait sentir les odeurs, le soleil sur la peau, les couleurs, les textures.
A : Ahhh, autre râle, de plaisir cette fois (pareil que tout à l’heure, passez à la suivante si vous voulez !!). Je viens de tomber sur ce billet là. Sais tu que tu as une famille idéale ?? Vous êtes tous des grands lecteurs ? J’en suppose que tu t’es donc tout naturellement tournée vers la lecture très tôt ? Crois tu que tes parents m’adopteraient ?!
C : C’est qu’il faut avoir les nerfs solides !! Mais je vais leur proposer de t’adopter !! J’ai effectivement la chance d’avoir une famille où les livres et la lecture occupent une grande place, et surtout, où la lecture est vécue comme un plaisir. Il y a des bibliothèques dans toutes les pièces ou presque ! Ma sœur cadette n’aime guère lire, mais elle n’échappe pas à l’espèce de malédiction qui rode autour de la maison familiale puisqu’elle en vient aussi à acheter des livres de temps à autre ! Quand à la plus jeune, elle a réussit à se faire interdire de bibliothèque par sa mère parce qu’elle lit trop ! Je vous rassure tout de suite, la punition a tenu environ une journée ! Quand elle commence à parler de ses lectures, elle est intarissable !
C’est quelque chose de précieux de pouvoir partager ses lectures et ses coups de cœur avec elle et avec mes parents, de chiner en librairie, de ramasser un roman qui leur plairait et de leur offrir !
A : Parles nous un peu de fanfiction, que tu as découverte et dont tu parlais en avril 2007. As-tu jamais pensé à en écrire ?
C : j’en lis beaucoup moins aujourd’hui, mais j’aime beaucoup l’idée que des gens qui aiment particulièrement une œuvre puissent s’emparer de l’intrigue et des personnages pour imaginer ce qui leur arrive.
J’ai pensé un moment en écrire sur l’univers de Harry Potter, mais je ne suis guère douée pour inventer ! J’ai toujours l’impression de plagier !
A : Tu ne lis pas de poésie ?? Ca a toujours été le cas ? Si je te dis Baudelaire, Verlaine, Apollinaire, Aragon, tu ne craques pas ??
C : Je n’ai effectivement jamais lu beaucoup de poésie. Ça ne m’empêche pas d’apprécier Baudelaire, Verlaine, Apollinaire, Char, Ronsard, Louise Labé, Jaccottet, les haïkus, … J’aime la musique, et quand on aime la musique, il est difficile d’être totalement insensible à la musique des mots !
Si je me dis incapable de lire de la poésie, c’est que j’ai eu de mauvaises expériences, par exemple avec Lamartine, qui m’ont durablement éloignée des recueils de poésie.
Mais comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je me soigne !! J’emprunte des recueils à la bibliothèque et je picore à l’occasion. Ça me permet de jolies découvertes.
A : Tu as une rubrique intitulée « Echec et mat » dans laquelle tu listes les livres qui te sont tombés des mains. 18 mois de blog et seulement deux livres ?
Il y en a d’autres ! J’ai une liste de titres Mais il faut vraiment que je sois très déçue ou très en colère pour qu’un livre entre dans cette rubrique ! Quand il s’agir d’un roman « bof », je ne m’y arrête pas : trop de livres à lire, trop d’articles en retard et… trop de flemme !
A : En septembre 2007, tu a créé le « club des LCA parisiennes » qui est devenu, je crois, le « Club des Théières ». J’en ai déjà interrogées plusieurs, mais, voilà, ça tombe sur toi ! Dis nous en un peu plus sur le fonctionnement de ce club, ses membres, pourquoi tu as eu envie de le créer et comment il évolue.
C : après le pique-nique parisien qui avait eu lieu en août 2007, j’ai eu envie de prolonger le plaisir de se retrouver pour discuter de lecture et choses et d’autres. Un club de lecture m’a paru être une bonne manière de le faire.
Un de mes défauts est d’être un peu brouillonne et assez peu douée en organisation, sans compter le fait que j’ai une mémoire de poisson rouge et que mon étourderie fait des retours parfois fulgurants ! Du coup, je n’ai pas voulu d’un cadre trop contraignant. Nous nous rencontrons environ une fois par mois, sans obligation de présence. Plusieurs thèmes sont proposés à la fin de la séance et soumis au vote. Après, chacun interprète à sa manière le thème ! Les membres sont assez nombreux, mais nous nous retrouvons en général à une douzaine. Une sorte de noyau dur.
Le club des théières, c’est un moment de rencontre autour de bonnes choses à manger et à boire, de retrouvailles entre copains, amis ou simples connaissances et c’est très bien comme ça ! Évidemment le cercle est ouvert !
A : Où en es tu de ton challenge ABC 2008 ?!!
C : et bien après un bon départ, je me suis ensablée ! J’ai du mal à tenir la contrainte et encore plus de difficulté à résister à la tentation ! Mais je ne désespère par de lire au moins la moitié des titres que contient ma liste !
A : Est-ce que Daniel Pennac a répondu à la lettre que tu lui as écrite en décembre 2007 ?! Avais tu lu tous ses autres romans ? Et, plus largement, que ressens tu quand tu n’aimes pas un roman d’un auteur que d’habitude tu lis avec plaisir, tu te promets de ne jamais le relire, tu lui donnes une seconde chance ??
C : Non, Daniel Pennac n’a pas répondu à cette lettre, et je n’attendais pas de réponse ! Un tout petit article perdu dans l’océan de net !
C’est un auteur que j’aime beaucoup ! J’ai lu tous ses romans sauf les deux derniers ! Ça viendra ! Il faut parfois se tourner vers d’autres horizons pour revenir à ses premiers amours !
La réponse à la dernière question : deuxième chance ! Je ne suis pas rancunière !
A : Dans ton article sur « Alabama Song » de Gilles Leroy, tu disais qu’il « est rare que je lise les Goncourt. Tout simplement parce que j’ai rarement été convaincue… Et que le battage médiatique autour de ce prix littéraire mythique a le don de m’agacer ». Justement, parlons en, des prix littéraires. Qu’en penses tu ?
C : ils me laissent perplexes sous leur forme actuelle ! Le battage médiatique, les soupçons récurrents de copinage me lassent, les bavardages sans fin autour de ces événements me fatiguent. J’ai l’impression que le plaisir de lire se perd dans les tractations et les enjeux intellectuels et financiers. Et j’ai parfois du mal à comprendre les raisons qui ont présidées à l’élection de telle ou telle œuvre. Pour moi un prix littéraire c’est un peu comme une palme d’or : un gage intellectuel (dans le meilleur des cas), une caution qui va faire vendre, mais en ce qui me concerne rarement un gage de plaisir. Et puis il y a tellement de prix maintenant !! Entre ça et les sorties littéraires qui atteignent des sommets toujours plus hallucinants, septembre et octobre ne sont pas des mois que j’apprécie littérairement parlant ! J’ai l’impression de me noyer !
J’observe pour l’instant la floraison des prix de lecteur. Je n’ai pas trop d’avis sur la question, si ce n’est qu’ils me paraissent nécessaires face aux « institutions » que sont les Goncourt et autres. C’est aussi une manière de rappeler que les livres ne vivent pas seulement par les éditeurs et les auteurs, mais aussi par les lecteurs.
A : Si je te propose de choisir entre ces livres : « L’interprétation des rêves » de Jed Rubenfeld, « Wisconsin » de Mary Relindes Ellis ou «Les chutes » de Joyce Carol Oates, que choisis tu et pourquoi ??
C : Apparemment c’est L’interprétation des meurtres ! Je ne suis pas franchement polar, mais les personnages et le fait que la psychanalyse soit au centre me paraît intéressant ! C’est un roman qui a l’air d’être érudit sans être ennuyeux.
Wisconsin m’attire beaucoup : j’en ai lu beaucoup de bien et j’aime ces histoires de famille tragiques qui s’accordent à l’histoire d’un pays.
Joyce Carol Oates est un auteur que j’ai envie de lire depuis un petit moment, et l’histoire a l’air fascinante.
C’est dur !!!! Je départage au titre ! Wisconsin fleure bon le nord américain, les grands lacs, Les chutes a l’avantage du mystère du nom commun… Je choisis Wisconsin !! Et je lirai Les chutes après !
A : Quel est l’auteur dont tu liras systématiquement les romans, dès qu’ils sortent, sans même attendre les critiques ?
C : Jane Austen n’étant plus en course, je dirais… Léa Silhol, Jasper Fforde, Desplechin en jeunesse,… Il y en a d’autres, mais leurs noms ne me reviennent pas forcément ! Je suis plutôt du genre à faire un tour dans une librairie et à me jeter sur le dernier roman de truc ou de muche auquel je ne pensais plus forcément et qui me fait de l’œil sans crier gare!
A : Tu as deux blogs en fait. « Le terrier de Chiffonnette » et les « Recettes de terrier », dans lequel tu nous parles de cuisines, de recettes, de mets, d’épices et de douceurs. Comment t’est venu cet amour pour la cuisine ? Pourquoi un blog cuisine ? Lis tu d’autres blogs dédiés ?
C : l’amour de la cuisine est de famille ! Pour en parler, il faut que je parle de ma grand-mère maternelle. Une mamy toute ronde qui a cuisiné pour ses sept petits-enfants qui allaient à l’école en face de chez elle ! Pour tout dire, elle nous faisait coucou du balcon à la récréation ! Je me souviens des frites maison, des purées, des clafoutis, des cakes, des petits biscuits, de la confiture d’orange, des couscous, des paellas, les petits pâtés à la soubressade, à la patate douce ! Et elle continue à cuisiner ! Je garde précieusement dans un joli carnet les recettes qu’elle m’a données.
Mon père aussi aime cuisiner des petits plats ! Ma mère nettement moins, mais elle a quelques spécialités que j’adore ! Et ma sœur cadette, si elle n’aime pas plus lire que ça, aime la cuisine ! Une sorte d’affaire de famille donc !
A croire que c’est contagieux (aimer cuisiner, pas être doué !): j’aime couper, émincer, touiller, et voir sortir de la casserole ou du four une douceur à partager, sentir de bonnes odeurs dans l’appartement, essayer des ingrédients bizarres. C’est quelque chose d’apaisant ! J’avais envie de partager aussi ce plaisir, et comme il m’arrivait de publier des recettes sur le Terrier, j’ai fini par me dire qu’il valait mieux leur donner un espace à elles ! D’autant que de blogs culinaires en blogs culinaires, la liste de mes tests et de mes envies s’allonge !! Je fréquente beaucoup ces antres de perdition que sont les blogs d’Eryn, de Diane, De Sandra, D’Aurélie de Chocolat etc. !!
(note d'A : des pâtés à la soubressade ! toute mon enfance !!)
A : Ce sera la note finale, une note culinaire, donc ! Merci encore, Chiffonnette, d’avoir accepté de me répondre (et je te pardonne pour la Tapenade !!)
C : Mais de rien Amanda, c’était un réel plaisir !! J’espère que je n’ai pas été trop bavarde, que je n’ai pas poussé trop de cris écrits et que j’ai réussi à être claire !!
05:04 Publié dans Conversation avec un(e) bloggueur(se) | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
28.05.2008
CONVERSATION AVEC FLORINETTE
Il m'en aura fallu, du temps, pour mettre en ligne une nouvelle conversation avec une bloggueuse ! Aujourd'hui, c'est Florinette qui a accepté de répondre à mes questions !
A : Bonjour Florinette. Tu as ouvert ton blog le 30 août 2006 en insérant d’un coup 175 notes : biographies d’auteur et présentations de maisons d’édition. Pourquoi as-tu ouvert un blog, d’une part, et surtout pourquoi toutes ces notes d’un coup ? Tu les avais en stock ?
F : Bonjour Amanda. Pour répondre à ta première question, j’ai ouvert ce blog pour renouer le dialogue avec la vie, car après le décès consécutif de mon frère et ma mère, il m’a fallu beaucoup de temps pour me reconstruire. Pendant plus d’une année, je suis restée enfermée afin d’exprimer par écrit tout ce que j’avais traversé, mais, après cet exutoire, je me suis sentie si vidée que c’est ma tante, lectrice compulsive, qui m’a fait découvrir l’univers des blogs. Petit à petit, à force de les côtoyer, j’ai eu envie de me lancer dans cette aventure, sachant très bien qu’au début ça n’allait pas être facile…Mais aujourd’hui, je peux dire que mon blog, grâce aux attentions de chaque visiteur, a été une très bonne thérapie !! :-D
Pour être plus précise, ce blog a été créé le 26 août 2006 et je n’ai pas inséré d’un coup 175 notes. Ne sachant pas comment procéder, j’écrivais mes articles et antidatais ceux des écrivains et des maisons d’édition en ajoutant juste le lien sur le billet du livre. Et puis, il n’y a pas très longtemps, j’ai changé d’avis en me rendant compte que personne ne les voyait alors faire toutes ces recherches pour rien, c’était bien dommage.
A : Bon. Puisque nous y sommes, parlons de ces biographies. Tu fais toujours un billet sur un auteur sur une note à part. Pourquoi ?
F : Parce que je trouve que la biographie est très complémentaire surtout quand l’auteur raconte son parcours en expliquant pourquoi et comment il est venu à écrire.
A : Tu présentes également les maisons d’éditions. Où trouves-tu ces informations, pourquoi le fais-tu, et as-tu eu des retours / remerciements de certaines maisons ?
F : Ces informations, je les pioche un peu partout sur le net quand la maison d’édition ne possède pas de site, sinon je fais un copié/collé de leur propre historique. Je le fais tout simplement parce que je trouve cela courageux (là je pense particulièrement aux petits éditeurs) de se lancer dans ce milieu permettant à certains auteurs méconnus de sortir la tête hors de l’eau et bien souvent ce sont de belles découvertes qui nous présentent. À ce jour, ce sont plus des sollicitations pour paraître sur mon blog que des remerciements ! ;-)
A : Parle nous un peu de la lectrice que tu es. Tu as toujours été lectrice ? Comment c’est venu ? Allonges toi et confie toi ;-)
F : Et dire que j’ai toujours refusé d’aller voir un psy !!! ;-o) Mais venant de toi, j’accepte avec joie !! Je vais essayer de faire court, car dès que je replonge dans le passé on ne peut plus m’arrêter !! ;-)
Au fond de moi, j’ai toujours aimé lire, je me souviens encore très bien des livres de la bibliothèque rose et verte que j’avais dans ma chambre. J’adorais accompagner ma mère à la bibliothèque municipale, elle lisait beaucoup et quand nous habitions dans la région parisienne, tous les ans vers la fin des années 70, nous nous rendions au château de Monté Cristo, situé à Port Marly, pour y rencontrer des écrivains et, grâce à elle, j’en ai vu beaucoup, j’ai encore ses livres dédicacés par Françoise Dorin, Philippe Bouvard, Alain Decaux…
A : A quel moment de la journée lis tu ? Dans quelle pièce ?!
F : Cela dépend…le plupart du temps en fin d’après midi ou sinon le matin quand je suis en vacances. Pour l’instant dans ma chambre où est installé mon « Love seat British » un gros fauteuil de lecture sur lequel j’ai craqué au premier regard !! ;-) Sinon, quand il fait beau, je privilégie le transat du jardin !
A : Est-ce que tu achètes les livres, les empruntes tu ?
F : question de budget, j’en emprunte plus que j’en achète, hélas…
A : Combien de livres lis tu par mois ?
F : Pfffff à vu de nez, en prenant en considération le nombre de pages, je dirais 6 à 8 livres…
A : Je viens de lire ton billet du 29 octobre 2006 sur le roman de Katherine Pancol « Un homme à distance ». J’aurais pu y laisser un commentaire, mais deux ans après, ça fait réchauffé. Dis moi : d’après ton résumé, je pense immédiatement à « plaggiat ». Certes tu dis que KP a écrit ce roman après avoir lu « 84 charring cross road ». Mais le fait de prendre exactement les mêmes situations (échange épistolaire entre deux amoureux des libres anciens, lien amicaux-amoureux…). Tu ne crois pas que c’est un peu facile ? On peut écrire un livre sur les livres de sa vie en ayant une idée originale non ? (je précise que je n’ai pas lu le livre de KP, c’est seulement la réaction d’une lectrice de ton billet, et en aucun cas une accusation, que tous les fans de KP ne me fustigent pas !)
F : Facile je ne crois pas... J’ai du mal à parler de « plagiat », ces deux livres (« 84 charring cross road » & « Un homme à distance ») je les ai perçus autrement même si effectivement il y a beaucoup de similitudes entre eux, mais, émotionnellement parlant, ils sont différents. De toute façon, Kathrine Pancol ne s’en est jamais caché puisqu’elle va jusqu’à remercier, à la fin de l’ouvrage, Hélène Hanff. Et puis je ne sais pas pourquoi ce livre a soulevé tant de polémique, c’est comme pour celui de Marie Darrieussecq « Tom est mort » des histoires comme celle-ci il y en a eu, et il y en aura encore, aux lecteurs de faire le tri si ça les embête de replonger dans ce même genre d’histoire !!
A : Tu aimes Yasmina Khadra, non ? Tu as lu tous ses romans ? Connais tu ses policiers ?
F : Je ne connais pas ses policiers, ni tous ses romans, mais cela viendra, car j’aime beaucoup l’engagement de cet auteur qui derrière ce pseudonyme féminin (en hommage aux femmes musulmanes) se cache un ancien officier qui a préféré prendre le stylo pour parler de son pays. Avec son roman « L’attentat », qui à ce jour m’a le plus marquée, il s’est emparé des faits d’actualité en y apportant plus de détails et de réponses que tout ce que l’on a pu lire dans la presse nous permettant ainsi de mieux comprendre ce qui se passe réellement !
A : Quel est ton auteur préféré ? Pourquoi ? bon après lecture de la totalité de tes articles, je pense pouvoir répondre que c’est un certain PA ?! Mais je te laisse en parler….
F : Hé Hé, bien vu, c’est effectivement PA !! ;-)) pourtant, je n’ai pas encore tout lu de lui. Comment dire…Dans ses livres se dégagent une telle virtuosité, une telle puissance romanesque qui, à chaque fois, arrivent à me toucher jusqu’au tréfonds de l’âme…Ses mots me parlent, me correspondent…C’est tout ce que je peux dire !
A : Donc, tu apprécies Paul Auster. Je ne l’ai jamais lu. Par quel roman me conseilles tu de commencer ?
F : Sans hésiter par « Le livre des illusions » qui fut mon premier également. Ce roman aborde les thèmes favoris de l’auteur : le hasard, les coïncidences…toutes ces choses qui le troublent, lui échappent…
A : Tu mets parfois des poèmes en ligne, ou des paroles de chansons. Aimes tu la poésie ?
F : Oh que oui !!! adolescente, j’écrivais et lisais beaucoup de poèmes. C’est pareil pour la chanson, j’attache une importance particulière aux paroles quand elles veulent dire quelques choses, là je pense particulière aux chansons de Francis Cabrel ! ;-))
A : Tu mets également des extraits de livre. Comment les choisis tu ?
F : Dès qu’un passage me stoppe dans ma lecture, me poussant à le lire plusieurs fois pour bien m’en imprégner, car les mots m’ont touchée, interpellée…ou tout simplement parce qu’il s’avère pertinent, étonnamment juste qu’il me pousse à m’interroger…Alors, je note le numéro de page sur un petit carnet pour recopier le passage sur un cahier qui renferme depuis toujours tous ces extraits de livre.
A : Tu mets souvent une citation à la fin de tes billets, et pas forcément extraite du livre dont tu parlais. Pourquoi ? Où les trouves tu ?
F : Pour celles non extraites du livre, je le faisais au début, mais par manque de temps j’ai arrêté. J’aime beaucoup les citations qui expriment en peu de mots tellement de choses. Je les choisissais dans mon dico des citations Larousse.
A : Comment choisis tu tes lectures ? As-tu une prédilection pour un certain genre de littérature ? Contemporaine, classique, française, étrangère… ?
F : Chez mon libraire, mais le plus souvent suite aux conseils de blogueurs et blogueuses. Non, je n’ai pas de prédilection, j’aime tous les genres sauf peut-être la SF , mais là encore j’ai bien envie de m’y lancer !
A : Tu as fait un récapitulatif de tes lectures 2006 et 2007, où tu as classé tes coups de cœur, les livres que tu as « beaucoup aimé » et c eux que tu as « bien aimé ». Je ne vois pas de catégorie « ceux que je n’ai pas aimé ». Tu aimes tout ce que tu lis où tu préfères ne pas parler des livres non appréciés ?
F : Je préfère ne pas les afficher dans le récapitulatif, puisque ne pas aimer ne veut pas dire systématiquement que le livre soit mauvais, je ne veux pas qu’on l’interprète ainsi. Ces billets existent déjà, cela suffit.
A : Je vois que tu as le béguin pour Dany Boon. As-tu vu son film ? Qu’en as-tu pensé ? (ou, si tu ne l’as pas vu, que penses tu de son succès ?)
F : Heiiin ? Cela devrait répondre à ta question !! ;-o) Dany Boon me fait beaucoup rire, j’aime sa simplicité, sa générosité et son humanité. J’ai adoré la chaleur humaine, la solidarité que l’on ressent dans son film qui reflète très bien ce que j’ai toujours perçu chez lui. Je suis ravie du succès que ce tchio gars du ch’Nord remporte avec ce film !! :-D
A : Tu lis également beaucoup de recueils de nouvelles, non ?
F : Oui, j’aime bien ces courtes histoires qui ont parfois la puissance d’un pavé.
A : Tu as lu « La véritable histoire de mon père » lors de l’opération marketing de Nicolas Cauchy. Que penses tu de ce genre d’opération ?
F : J’ai trouvé cette opération amusante et originale. Pour l’auteur cette expérience a dû être intéressante, de mon côté j’ai aimé ce partage (comme avec les livres voyageurs), ce petit mot que l’on pouvait déposé sur le livre, mon unique dédicace à un auteur !! ;-)
A : Quel est le dernier roman que tu n’as pas du tout, mais alors pas du tout, aimé ?
F : « Déjeuner de famille » de John Cheever, je n’ai même pas pu le finir ce qui est extrêmement rare !
A : Tu as mis quelques extraits en ligne des films de Jacques Demy. Tu aimes ce réalisateur ?
F : Oh oui beaucoup !! Je ne me lasse pas de regarder ses films que je garde bien précieusement dans ma vidéothèque !!
A : Tu lis beaucoup de littérature jeunesse. Un style que tu apprécies ?
F : Avant je ne m’y intéressais pas pensant que c’était trop « gamin » et à force de lire des articles élogieux sur ce genre, j’ai voulu en savoir plus me guidant des conseils de Clarabel et je peux dire que j’ai été stupéfaite par l’étendu des thèmes qui sont abordés avec beaucoup de lucidité et de perspicacité !
A : Je vois que tu participes aux challenges « Le nom de la rose » et au « Fashion Klassik list ». Pas de challenge ABC ? Tu trouves le temps de t’y consacrer ?
F : Euuuuuh…je ne sais pas si tu as vu, mais comment veux tu que j’entame un challenge ABC alors que je ne trouve même pas le temps pour les autres qui sont toujours au point mort ??!! Mais bon je ne désespère pas… ;-)
A : Petit jeu, maintenant, et réponds moi sans vérifier ! Quelle maison d’édition « a encore l’audace de respecter ses auteurs » ?
F : Chouette, j’aime bien les jeux !! J
Gloups, ça commence mal…là tu me poses une colle, vu que je fais généralement du copié/collé pour le descriptif des maisons d’édition, je n’en sais fichtrement rien, désolée :-S
A : Encore un autre petit jeu. Sans vérifier, hein ? A propos de quel livre as-tu dit : « Je n’ai pu m’empêcher de dévorer ce livre avec une grande avidité tellement son histoire ne manque ni de souffle, de truculence, de lucidité, d'émotion. C’est un véritable concentré d’humour et d'émotivité sur fond de nostalgie qui rend les personnages si attachants que j’aurais voulu continuer de faire un bout de chemin avec eux » ?
F : Bon, là, c’est plus simple, je pense de suite à « Orfenor », « La saga des émigrants » ou « Le livre de Joe », c’est exactement ce que j’ai ressenti pour ces trois livres. J’opterais plus pour le denier, car j’en ai parlé il n’y a pas très longtemps et il me semble avoir relu ces mots….
A : Une dernière question Florinette : imagine que tu as gagné un concours. Le premier prix, c’est : Soit une journée avec Paul Auster, soit une journée avec Cabrel. Qui choisis tu ?!
F : Pfffff t’en as d’ces questions, comment veux-tu que je réponde à celle-ci ??!! ;-o)) Bon, réfléchissons, réfléchissons…Mmmm voyons…(2 mn après) comme j’ai déjà eu l’énorme chance de passer plus d’une heure en quasi tête-à-tête avec Cabrel, je choisirais Paul Auster à condition que ça se passe à New York, quand je vois avec quelle passion il parle de cette ville, je rêverais de l’avoir pour guide !!
A : Merci Florinette d’avoir pris le temps de répondre à mes questions ! Ce fut un plaisir que de re-découvrir ton blog (et chapeau parce que je le trouve vraiment très bien !).
Et, pour répondre à mes deux questions pièges, tu as une bonne réponse sur 2 ! La maison d’édition qui « a encore l’audace de respecter ses auteurs » est ELAN SUD. Quant au roman « qui rend les personnages si attachants que j’aurais voulu continuer de faire un bout de chemin avec eux », il s‘agit bien du « Livre de Joe » de Jonathan Tropper ! Bien joué Florinette !
F : Merci beaucoup Amanda, j’ai été ravie de papoter avec toi !! :-D
06:06 Publié dans Conversation avec un(e) bloggueur(se) | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note
14.04.2008
CONVERSATION AVEC CELINE ET MILOU
J’ai découvert par hasard le blog de Céline et Milou, "Enlivrez-vous". Céline et Milou sont sœurs et ont créé leur blog de lecture. Deux sœurs, un blog. Il ne m’en fallait pas moins pour avoir immédiatement envie de les inviter à une petite conversation.
A : Bonjour Céline et Milou, Vous avez ouvert votre blog le 24 septembre 2006. Pourquoi ouvrir un blog ? Etiez vous des habituées de la blogosphère ?
CM : Nous avons toujours partagé la passion de la lecture, et nous discutions constamment de nos découvertes littéraires. Puis Céline est partie vivre à Bruxelles, et notre éloignement géographique a étiolé nos débats. Il nous fallait donc remédier à ce manque ! Il se trouve qu’à l’époque Milou travaillait sur le web. L’outil blog nous a paru idéal.
A : Pourquoi un blog à deux ? Pourquoi pas chacune le votre ?
CM : Notre passion est commune, donc nous avions envie de faire ce projet entre sœurs. Nos lectures sont dans l’ensemble complémentaires et nous adorons découvrir les coups de coeur de l’autre.
A : Pourquoi ce titre « Enlivrez vous » ? Qui l’a trouvé ?
CM : Le titre du blog a fait l’objet d’un brainstorming familial, au cours duquel Milou a trouvé ce jeu de mots magnifique ;-) Pour nous, il évoque plein de choses : la convivialité d’un café littéraire, l’ivresse que nous procure la lecture, et une invitation au partage de cette passion.
PS : Celine se morfond encore que la signature « les croques-mots » n’ait pas fait l’unanimité.
A : Je vois que certains co-signent vos billets (Sam, Adrien, Feryal, Mikolka). Qui sont ils et pourquoi ces billets co-écrits avec d’autres que vous deux ?
CM : Toujours dans l’idée de partage, nos amis et nos proches en général sont invités à publier leurs critiques sur le blog.
Pour les présenter rapidement : Adrien est notre petit frère, Sam le copain de jeux de Céline, Feryal et Mikolka des amis.
A : J’ai l’impression que Céline est une fan de Tonino Benacquista. Et MIilou apprécie particulièrement Eric Emmanuel Schmitt. Je me trompe ?
CM : Il est vrai que Céline apprécie beaucoup Tonino Benacquista et son univers sombre et humain, mais ses préférences vont aux auteurs américains comme Paul Auster.
Concernant Eric Emmanuel Schmitt, Milou a lu quelques titres, mais nous sommes toutes deux déçues par ses derniers romans, franchement bâclés. Heureusement pour notre estime de lui, il a écrit « La part de l’autre » !
A : Comment vous répartissez vous les « tâches » ? Vous décidez entre vous des livres que vous allez lire et commenter ?
CM : Pas du tout : aucune répartition nette des tâches. C’est tout simple : chacune publie ses critiques au rythme de ses lectures et de ses envies.
A : Faites vous « valider » vos billets l’une par l’autre avant de les publier ?
CM : Non plus. Il est plus intéressant de ne pas interférer dans la critique de l’autre, mais d’interagir ensuite directement sur le blog. Nous sommes d’accord sur le ton général: rester simple, avec des notes courtes qui ne sont pas des critiques très poussées mais qui donnent notre sentiment général sur un livre.
A : Vous arrive-t-il d’avoir un avis divergent sur les livres que vous lisez ?
CM : Bien entendu ! Et nous adorons en débattre ;-)
A : Quel est votre auteur commun : celui que vous aimez toutes les deux, l’autre, celui que l’une et l’autre vous n’appréciez pas ?
CM : John Irving est notre dieu commun. Découvert très tôt par Milou, il a ensuite séduit Céline avec son dernier roman semi autobiographique « Until I find you », bouleversant !
C’est pour nous un vrai génie du roman : la densité des personnages, les émotions, l’humour, et l’originalité des histoires… Il fait partie des rares auteurs qui « savent raconter ».
A : Vous êtes donc sœurs. D’où vous vient ce goût partagé pour la lecture ? Vos parents lisent beaucoup ? Ce sont eux qui vous ont transmis l’amour des livres (et à votre frère aussi) ?
CM : Notre père est un lecteur passionné. Tout enfant, il nous prenait sur ses genoux pour nous raconter les histoires et légendes de Tolkien.
C’est lui qui nous a transmis la force du récit et de l’imaginaire. Nous avons grandi dans l’idée que les romans étaient aussi réels, que la « vraie » vie.
Aujourd’hui nous sommes de vraies accros : il nous est impossible de ne pas avoir de livre en cours, c’est une question d’équilibre, presque de survie !
A : Est-ce que l’une de vous est plus sensible à un certain genre ? Par exemple : Milou préfèrerait les policiers, Céline la littérature contemporaine ?
CM : C’est vrai que Céline est plus en contact avec l’actualité littéraire : elle travaille en librairie et se passionne pour les auteurs contemporains, célèbres ou non. Milou est ravie d’en profiter !
Nous partageons un goût pour le roman en général, et sommes toutes deux fans de polars.
Par contre, Milou est la seule des 2 à rentrer dans l’univers de la SF et de la Fantaisie , alors que Céline lui préfère la poésie.
A : Vous avez mis en ligne un petit album photo sur lequel vous êtes prises en photo, dans plusieurs circonstances, toujours un livre à la main. C’est juste pour la photo ou bien vous lisez vraiment dans chacun de ses cas là ? (Si c’est la cas vous êtes des dangers publics en voiture, et je plains vos amoureux !!!)
CM : Dans l’ensemble, nous sommes capables de lire dans des situations assez improbables : en marchant dans la rue, dans un wagon de train remplis d’une colonie de vacances, et même en faisant certaines tâches ménagères. Ensuite notre imagination a un peu dépassé la réalité J
A : Et pour les « effets secondaires indésirés » ? Pareil ? Mise en scène ?
CM : C’est parti d’un petit carnaval dans la rue avec Adrien. Délire, tout simplement ! Par contre, nous sommes convaincues que certaines lectures nous transforment profondément.
A : Question double à présent. Céline : que penses tu de Milou ?
C : Je ne pense pas ma soeurette, je la vis !
Par rapport au blog, c’est une vrai lectrice compulsive, et sa vision du roman m’apporte beaucoup !
A : Milou que penses tu de Céline ?
M : C’est ma soeurette, impossible de résumer ce que j’en pense en quelques lignes ! En tous cas je suis admirative du niveau littéraire de ses critiques. Elle a beaucoup plus de recul sur ses lectures que moi !
A : Autre questionnaire. Le questionnaire de Proust mais l’une répond pour l’autre.
A : Milou : Si Céline était un livre ?M : Amour, Prozac et autres curiosités, de Lucia Extebarria m’a vraiment fait pensé à Céline et à combien j’aimais notre relation de soeurettes.
A : Céline : Si Milou était un livre ?
C : E=mc2 mon amour , de Patrick Cauvin car quand j’étais petite je croyais que ma sœur était un génie !
A : Milou : Si Céline était un animal ?
M : Le diable de Tasmanie ça marche ? Pour son énergie et son coté imprévisible, hein, par parce qu’elle postillonne en parlant !
A : Céline : Si Milou était un animal ?
C : Je dirai une girafe, elle avance majestueusement, a toujours les pieds sur terres mais la tête dans les airs (enfin, dans les bouquins quoi !)
A : Milou : Si Céline était un poème ?
M : Je connais peu de poèmes… une chanson plutôt : « Tu es une porcelaine dans un magasin d’éléphants » de Bénabar… Parce qu’elle fait partie des rares personnes ayant vraiment un cœur d’artichaut !!!
A : Céline : Si Milou était un poème ?
C : « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier » De Stig Dagerman. Milou lit peu de poésie, mais la lecture qu’en a faite Christian Olivier (le chanteur des Têtes Raides) lors d’un concert l’a énormément touchée. J’étais heureuse de l’avoir entraînée dans un univers qui me passionne.
A : Milou : Si Céline était un défaut ?
M : La passion !
A : Céline : Si Milou était un défaut ?
C : Son caractère directif : ce n’est pas toujours facile d’imposer ses idées à une jeune femme qui gère des équipes en entreprise, surtout quand on est la petite sœur !
A : Milou : Si Céline était une qualité?
M : La passion toujours !
A : Céline : Si Milou était une qualité?
C : Sa générosité : Milou est toujours accueillante, et donne sans compter.
Cette générosité se ressent dans son amour de la lecture, son désir de se tourner vers les autres.
A : Une dernière question. Si l’une de vous deux décidait d’arrêter le blog, l’autre continuerait ?
Milou : oui ! J’y prendrai certainement moins de plaisir, mais je trouve que c’est un moyen génial de garder un trace des livres que j’ai lus, moi qui n’ai pas la place d’avoir une vraie bibliothèque !
Céline : je pense que je continuerai car j’adore cette activité, mais se serait beaucoup moins de plaisir sans ma soeurette, et je suis sûre que la qualité du blog en pâtirait !
A : Merci infiniment, Céline et Milou, d’avoir accepté de répondre à mon questionnaire. Je suis vraiment ravie d’avoir découvert votre blog !
CM : Merci à toi, Amanda ! Tes questions sont vraiment pertinentes et difficiles, et nous avons pris beaucoup de plaisir à y répondre. Merci pour ton blog et le dynamisme que tu apportes à la blogosphère !!! (a : dynamisme ? si vous saviez à quel point je suis fainéante !...)
06:41 Publié dans Conversation avec un(e) bloggueur(se) | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
07.04.2008
CONVERSATION AVEC TAMARA
Oui, je suis un peu lente en ce moment, pour ces conversations... je prends mon temps... mais celà me permet de ne pas perdre "l'inspiration". Aujourd'hui, j'ai choisi d'interroger la grande et mince Tamara, qui sait disparaître derrière une pile de près de 80 livres...
A : Bonjour Tamara ! Tu as ouvert ton blog le 5 mars 2006. Raconte nous tout. Comment, pourquoi ?
T :Bonjour Amanda !
Tout d'abord, je dois te prévenir : je suis très bavarde à l'écrit, donc n'hésite pas à faire des coupes dans mes réponses !!! (ah, et second avertissement : j'adore les points de suspension et d'exclamation, tu as le droit d'en supprimer 10 au total) ;-)
Pour commencer, la date d'ouverture officielle de mon blog doit être postérieure d'une quinzaine de jours à celle que tu mentionnes : j'avais commencé par un blog sur overblog avant de migrer vers mon site actuel, et lors du transfert j'ai reprogrammé les billets à des dates un peu aléatoires, pour éviter qu'il y en ait cinq le même jour… Bon, là normalement tu as déjà perdu la moitié de tes lecteurs sur ce billet, tu m'en vois navrée !
J'ai commencé ce blog parce que j'ai une mémoire de poisson rouge. Il m'arrivait de choisir des livres à la médiathèque et de me rendre compte, une fois chez moi et après plusieurs pages, que je les avais déjà lus… Ce blog était donc au départ une mémoire virtuelle annexe à la mienne ! D'ailleurs, j'ai mis 4 ou 5 mois avant de découvrir d'autres blogs littéraires et de m'y rendre quotidiennement !
Et puis, bien sûr, l'idée de partager mes goûts culturels avec d'autres m'a séduite, même si je n'imaginais pas réellement avoir un jour des lecteurs réguliers et des commentaires à mes billets !
A : La première semaine, tu n’as parlé que d’albums musicaux. Est-ce que tu voulais au début consacrer ton blog à la musique ? Puis tu as enchaîné sur tes lectures. Changement de cap ?
T : J'avoue qu'au début, j'avais de grandes ambitions : parler de mes lectures mais aussi de CD, concerts, séries ou films, théâtre... Bref, de culture (d'où le nom de mon site). Mais je me suis rapidement aperçue que cela prenait un temps fou !
Je me suis donc restreinte à ma passion : la lecture. Et de temps à autre, je ne m'interdis pas de faire un billet sur un film qui m'a particulièrement plu (comme Il y a longtemps que je t'aime de Philippe Claudel), ou un chanteur-coup de cœur (dernièrement : Renan Luce).
Après tout, un blog est un espace personnel de liberté, pourquoi se fixer des règles strictes ?!
A : Tu parlais aussi au début beaucoup de BD, de séries Télé…. Tu es culturovore, j’ai l’impression ?
T : Ah ça, oui ! Je suis curieuse donc je m'intéresse à beaucoup de choses. Il faut dire qu'étant enfant et adolescente, je ne pouvais pas avoir d'autres loisirs que la lecture, donc j'essaie de "rattraper mon retard" tant bien que mal ! Les gens de mon entourage sont toujours étonnés lorsque j'avoue que n'ai jamais vu La fièvre du samedi soir, Ghostbuster ou d'autres films cultes des années 80 -90 !
A : Le 22 août 2006, tu disais découvrir le monde des blogs « littéraires » et limiter volontairement ta PAL à 5 livres….. (éclat de rire d’Amanda, pliée en 4 sur son bureau). Dis nous tout et allonge toi, Tamara. Avant que tu aies eu la chance inouïe de gagner un certain Loto l’an dernier, ta PAL était toujours limitée à 5 livres (promis j’arrête de rire… ben non, en fait, je ris encore…)
T : Ahhhh !!! Au secours, Docteur Amanda, je me suis complètement laissée débordée par tous ces bloggeurs littéraires qui me forcent à acheter des TAS de livres !! Et en plus ils m'en envoient sous prétexte que j'ai gagné à une loterie !!! Et d'autres m'en prêtent !!! Vraiment, ces bloggeurs sont complètement fous. Mais je ne peux pas me passer d'eux !
NB : ma PAL s'élève aujourd'hui à 146 livres. Ce que je trouve relativement raisonnable par rapport à d'autres, non ?! (et je ne pense pas uniquement à la Gagnante du Lotobook n°2 !)
A : Le 14 août 2006 tu répondais au questionnaire de Cathulu et affirmais n’avoir pas terminé « Belle du seigneur, d’Albert Cohen. Si aujourd’hui tu te replongeais dedans, tu le terminerais ?
T : Disons que si un jour je décide de le relire, il faudra que j'ai une plage de temps conséquente pour enfin arriver au bout. Ce livre est superbe, mais trop lourd à transporter dans un sac à main (1109 p. en broché) !
A : Est-ce que Kinsey Millhone est toujours ton héroïne préférée ?
T : Qui c'est, celle-là ?! (oups, attends, je vais consulter mon blog-mémoire…). AH ! La détective de Sue Grafton… Eh bien non : je n'ai pas lu cet auteur depuis fort longtemps. Depuis, Stéphanie Plum (héroïne des polars de Janet Evanovich) a pris le dessus ! Elle est encore meilleure !
A : Au début tu parlais souvent de séries TV. Et aujourd’hui, tu en regardes toujours ? Lesquelles ? Pourquoi ? Ta préférée ?
T : Je regarde moins de séries, mais je me limite à : 24h et Lost (pour l'adrénaline que cela me procure !) et en DVD : The Shield (j'aime bien les séries policières originales) et Queer As Folk (version USA) (série pleine de beaux garçons tous nus… euh, en fait, c'est une série politiquement incorrecte et drôle, j'aime beaucoup !).
J'ai un peu laissé en plan les Desperate Housewives au milieu de la saison 3 (faute de temps) et Prison Break au milieu de la saison 2 (les héros une fois sortie de prison, l'intrigue m'a parue moins intéressante).Ma série préférée reste NYPDB (New-York Police Department Blues), excellentissime série policière des années 90, qui a révolutionné le genre, mais hélas achevée depuis 2005).
A : Aujourd’hui, dis nous quelle est ta littérature préférée ? Ton auteur préféré et pourquoi ?
T : En voilà une question rudement embarrassante ! J'aime beaucoup de styles différents (ou comment gagner du temps sans répondre à la question posée !). Bon, je me décide pour la littérature japonaise - découverte grâce à un prof de fac - dont j'aime la poésie et la sensibilité de l'écriture, l'exotisme, la culture. J'ai commencé avec Y. Inoué, puis H. Murakami, Yôko Ogawa, Aki Shimazaki (qui écrit en français), Kazuo Ishiguro… et il y a aussi les mangas !
Cela dit, je ne pourrai pas me passer de polars ni d'autres romans. Ce que j'aime en réalité, c'est l'éclectisme !
Et mon auteur préféré de la collection 2007-2008 est : Philippe Claudel ! J Mais je me dois aussi de citer Agatha Christie (j'adoooooore Hercule Poirot qui a bercé mon adolescence), Dostoïevsky et Emile Zola (Mister T. m'a offert l'intégrale des Rougon-Macquart pour mes 30 ans, il faut que je trouve le temps de les (re)lire !).
A : Le 16 septembre 2006, tu étais invitée chez Albin Michel pour la sortie du livre de Bernard Werber. Que penses tu de ces invitations marketing à l’attention des bloggueurs ? As-tu depuis été réinvitée à ce genre d’événement ?
T : Je trouve la démarche intelligente : c'est du marketing ciblé, au moins ! Du moment que les bloggeurs invités ne sont pas contraints de publier des avis positifs sous prétexte qu'ils ont reçus gracieusement un livre, tout le monde y trouve son compte. A mon avis, même avec de nombreux bloggeurs enthousiastes sur un roman, je doute fort que l'impact sur les ventes soit conséquent !
A : Tu as lâché « Windows on the world » page 50. As tu relu Frédéric Beigbeder depuis ? (et, entre nous, tu aurais du faire comme moi : sauter systématiquement les chapitres où il parle de son merveilleux et fabuleux nombril)
T : Non, et cela ne m'a même pas effleuré l'esprit ! Je sais que tout le monde a le droit à une seconde chance, mais là, vraiment… j'ai trop de bons écrivains dans ma PAL !
A : Je repique ce que tu dis de ta « librairie idéale » : Pour moi, une librairie doit ressembler à un grenier à l’ancienne, avec des vieux trucs (pas poussiéreux, si possible) et des nouveautés, des surprises et des choses personnalisées… On doit se mouvoir à travers des piles en équilibre, des recoins cachés… mais cela doit être un bazar organisé, avec des rubriques bien classées par thème ou auteur ! Oui, voilà quelle serait ma librairie idéale (j’en connais qui s’en rapproche, par exemple dans le Marais à Paris : http://www.comme-un-roman.com/ J’aime les post it sur les livres, Karine et Xavier sont sympas, ils nous conseillent personnellement et nous disent vraiment s’ils ont aimé ou pas les livres, ou s’ils ne les ont pas lus…). Est-ce que depuis tu as découvert d’autres libraires ?
T : Oui ! Grâce à Delphine, plusieurs bloggeuses parisiennes dont je suis ont découvert I love my blender (J'aime mon mixer), librairie (située aussi dans le Marais) qui propose de la littérature anglo-saxonne et une douce odeur d'encens, des carnets, des bougies, des tisanes… et Christophe, un jeune et fort sympathique libraire plein de bons conseils.
A : Le 13 octobre 2006 tu parlais de l’e-book lancé par Sony. Sujet d’actualité. Que penses tu du livre numérique ??
T : L'objet livre en lui-même fait partie du plaisir de lire. Certains lecteurs poussent le vice jusqu'à n'acheter que des brochés, d'autres que des livres neufs, mais en tout cas, je n'ai encore rencontré aucun "grand lecteur" qui aime lire sur un écran. Beaucoup de gens surlignent des passages ou cornent des pages (je ne suis pas adepte de ces pratiques, sacrilèges à mes yeux ! ;-) ...
Pour ma part, j'aime farfouiller dans les librairies, toucher les couvertures, sentir l'odeur du papier, voir mes livres sagement alignés dans ma bibliothèque, tels des promesses d'évasion que l'on peut saisir à tout moment…
Tout cela n'est évidemment plus possible avec un e-Book. Il peut séduire un autre public (les accros des écrans justement) mais ne remplacera jamais (à mon avis) les livres papier.
A : Tu participes aux Challenges ABC ? Ou à d’autres challenges ?
T : Argghh ! Sujet tabou. J'ai lamentablement échoué l'an passé en ne lisant que 10 livres sur 26 de mon Challenge ABC 2007, alors cette année, je ne fais AUCUN challenge… mis à part celui de faire considérablement baisser ma PAL !
A : Le 10 mai 2007 tu as parlé d’un article d’Aloysus Chabossot qui traitait des blogs. Le lien n’est plus valide. Peux tu nous rappeler ce qu’il disait ?
T : Ce pseudo-bloggeur (en fait journaliste) avait écrit un billet dans lequel il donnait de précieux conseils aux bloggeurs littéraires qui se sentiraient pousser l'envie d'écrire un livre… Le tout dans un style moqueur, voire ironique et condescendant (tout dépend si l'on y décelait un second degré ou non).
A : Ton billet sur l’essai de Corinne Maier « No kid » a suscité un vrai mini-débat sur ton blog, en juin dernier. Que penses tu de ce genre de débat qui s’installe dans les commentaires ?
T : Oui, je m'en souviens bien (alors, qui on traite de poisson rouge, hmm ?) ! Un livre qui a engendré des commentaires plus d'un mois après la parution de mon billet… Je suis pour la liberté d'expression et suis ouverte à ces mini-débats sur mon blog, à condition que chacun soit respectueux d'autrui. Je ne tolère pas les insultes ni les méchancetés (j'ai d'ailleurs dû modérer un ou deux commentaires de ce genre). Mais sur un sujet sensible comme celui de No Kid (l'auteur donne 40 raisons qui incitent à ne pas avoir d'enfant), je comprends tout à fait que les avis divergent et que les lecteurs aient envie de donner leur point de vue ! Les commentaires sont faits pour cela.
A : Composes tu des Haiku ?? Si oui, peux tu m’en composer un là, maintenant ? Le thème : tes copines de blog !!
T : Je ne compose d'haïkus que sur commande ! Voilà le tien (en référence au pique-nique de la Blogosphère de l'été 2007 où j'ai rencontré plein de copines / copains de blogs) :
Livres dans l'herbe
Pseudonymes dévoilés
Eclats de rire !
A : Le 7 septembre 2007, tu as parlé d’une chaîne de magasin semblant pratiquer des erreurs de prix… ce billet n’a rien à voir avec la littérature ni la culture. Tu n’as pas eu peur de troubler l’image de ton blog en parlant de tout autre chose ??
T : Ah tiens, j'ai fait ça, moi ?! ;-) D'où la rubrique "Potins et blablas" : j'y mets tous les billets qui n'ont pas de rapport avec les livres (ainsi que les jeux, questionnaires, photos de mon chat…).
Mais je reconnais que ce billet en particulier avait été écrit "à chaud" et qu'un blog étant un moyen d'expression, j'avais évacué là ma colère (sans compter que si cela peut éviter à deux ou trois autres personnes de se faire rouler…).
A : De tous les écrivains que tu as rencontrés lors de salons ou dédicaces, lequel est ton préféré (pour son accueil, sa beauté, sa chaleur….) ?
T : Philippe CLAUDEL !!! (comment fait-on un cœur sur le i avec un ordinateur ?!!) ;-)
Il est intéressant, intelligent, charmant et … éclectique ! (désolée, je n'ai pas pu tester sa chaleur, nous étions dans une librairie avec plusieurs autres personnes).
A : Tout le monde le sait, tu as gagné le premier Lotobook. Où en es tu de ces lectures ? Qu’as-tu envoyé à Fashion, la gagnante du deuxième lotobook (j’ai la flemme d’aller chercher chez elle) et sais tu déjà ce que tu enverras au troisième vainqueur ? Est-ce que tu offres n’importe quel livre, ou un livre que tu as particulièrement aimé ? D’ailleurs est ce que tu as lu « Les chutes » ??? (le livre que je lui avais envoyé !)
T : Je crois que j'ai lu une dizaine de livres (sans compter les 5 que j'avais déjà) sur les 78 de ma PALotobook. J'essaie de piocher dedans le plus possible, mais entre les livres prêtés et les lectures à thème pour le Club des Théières, plus ma PAL d'avant… c'est pô facile ! (je sens bien que mon numéro de Caliméro ne fait de peine à personne !).
Je n'avais évidemment pas le droit (ni l'envie !) de m'inscrire au second Lotobook, mais j'ai envoyé à Fashion (pour le plaisir de voir grandir sa PAL, c'est mon côté sadique) un livre qu'elle avait dit vouloir lire : En attendant l'orage de Graham Joyce (ce qui a libéré une place dans ma bibliothèque, hé hé !).
Et non, je n'ai pas encore lu Les Chutes… Même si ce livre me fait très envie, comme tant d'autres dans ces envois Lotobook… Promis, je le lirai en 2008 !
A : Qu’est ce que tu recherches, dans un livre ? Comment choisis tu tes lectures ?
T : Un livre doit me faire oublier le monde réel : une évasion par le rêve, le rire, ou une intrigue policière à suspense haletant… Je choisis mes lectures en promenant mes doigts le long de ma PAL et en m'arrêtant sur le titre (ou l'épaisseur du livre) qui me fait envie sur le moment !
A : Est-ce que ton conjoint lit ? Que pense-t-il de ton blog ??
T : Mister T. lit, mais surtout des documents pour le bureau ! L Sinon, il aime les livres sur le cinéma ou le jazz, lit en VO les auteurs anglo-saxons (Paul Auster…) et me pique parfois quelques livres avant que je ne les lise (par ex. le livre Lotobook envoyé par Cuné La horde du contrevent, ou un recueil de nouvelles de Neil Gaiman), mais un bouquin lui dure plus de temps qu'à moi, c'est sûr !!! Et non, il n'a pas le temps de lire mon blog…
A : Tu as une rubrique « Tam&bagages » dans laquelle tu parles de tes voyages, avec de superbes photos. Dis nous en un peu plus…
T : Tam & Bagages est en fait un autre blog vers lequel j'ai mis un onglet pour un accès direct. J'y mets mes photos de voyages, que j'essaie d'accompagner de courts récits. Je n'ai pas pris le temps de finir l'Ethiopie, mais la Birmanie et les USA sont présentables !
A : Quelle sera votre prochaine destination ?
T : Hélas, pas de grand voyage de prévu à l'horizon cette année (pour cause d'achat d'appartement…). Mais je vais à Lille la semaine prochaine ! ;-))
Je rêve de visiter : le Japon, la Namibie, l'Equateur…
A : Pour finir, je vous invite à aller lire (ou relire) le portrait chinois qu’avait fait Tamara. Merci Tamara, j’ai trouvé l’exercice vraiment passionnant, et j’ai dû réduire mes questions !!
T : Merci à toi, Amanda ! Tu as toute mon admiration pour avoir parcouru 2 ans de billets, surtout que les premiers mois de 2006 ont été réimportés d'un autre hébergeur et qu'il y a de gros bugs de présentation (et les commentaires n'ont pas été transférés).
Ce fut un plaisir de répondre à tes questions, qui ont ravivé plein de bons souvenirs enfouis !!! Tu es la Nelson Monfort des bloggeurs, très chère, what an interviewer !
A : Grazie mille ! Dankeschön, Xie Xie, alors !! (et merci de ne pas me comparer à Philippe Candeloro !!)
06:38 Publié dans Conversation avec un(e) bloggueur(se) | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
18.03.2008
CONVERSATION AVEC CATHULU
Des sorcières, des balais, des livres et des écrits. Cathulu est mon invitée mais...
A : Avant toute chose, je voudrais dire un chose : Cathulu, je t’en prie, mets liens vers tes archives !!! Ce sera plus facile !!!
C : c’est fait !!!!
A : Donc il m’a fallu tourner les pages du blog de Cathulu, une à une. Si je m’arrêtais, il me fallait recommencer… mais l’exercice, mangeur de temps certes, fut passionnant. C’est donc avec joie que j’ai entassé tout un tas de questions à Cathulu, dans le désordre total dans lequel m’a plongé cette errance archivesque !
C : Quel courage , je t’admire sincèrement car lire trop longtemps sur écran c’est usant !
A : Bonjour Cathulu, tu as ouvert ton blog le 7 juillet 2006. Pourquoi ?
C : Je me promenais depuis juin dans la blogosphère,, principalement sur les blogs de Lustucru, Clarabel et Cuné. Ma fille ayant proposé de s’occuper de la partie technique, je me suis lancée sur une impulsion.
A : Pourquoi sous-titres tu ton blog « des bouquins, des bestioles, du bric à brac » ?? Pourquoi ces sorcières ?
C : J’ai une fâcheuse tendance au bazar, tu as pu t’en apercevoir ! J et je n’avais pas envie de me limiter aux livres, l’allitération en « b » a fait le reste… Les sorcières, ça remonte à loin. Jamais aimé les princesses figées qui attendent tranquillement le prince charmant qui daignera poser les yeux sur elle. La passivité, ce n’est pas ma tasse de thé. En plus dans les années 70, les féministes ont donné une interprétation très dynamique des sorcières : liées à la nature , à la féminité, au pouvoir des femmes …voilà une représentation à laquelle j’adhère.
A : Le 10 juillet 2006, tu nous parlais des romans de Mary Wesley que tu « relis chaque été ». Est-ce toujours le cas ? Tu les relis vraiment chaque été ? Les mêmes ?
C : L’été n’est pas une saison propice pour les livres (à part ceux destinés à empêcher les serviettes de plage de s’envoler…). Je connais donc une période de « creux » et je relis des passages de trois romans de Wesley que j’aime beaucoup et dont je ne désespère pas d’arriver à parler pour augmenter le fan club…
A : Tu fais collection des Noms de rue. Pourquoi ? Toujours ? Cites nous en quelques un, là, tout de suite, ceux qui te viennent immédiatement à l’esprit.
C : Ça ne prend pas de place et ça participe de mon amour des mots. En vrac : Rue Dolente, qui a un petit air souffreteux, rue de la branlette qui revient souvent dans les mots-clés ( !) sont ceux qui me viennent à l’esprit mais il y en a de bien plus poétiques !
A : Je ne suis pas sure de garder cette question…. Tu manges de la cervelle ????
C : On a essayé de m’en faire manger quand j’étais petite sous le prétexte que ça rend intelligent (on devient ce qu’on mange) mais franchement la cervelle à dégorger dans de l’eau vinaigrée, on se croirait dans un cabinet des horreurs !
A : Je lis donc ton blog au fur et à mesure, je remonte le temps. Quelle est ton héroine de DH préférée ??
C : Un peu de toutes, quoique Eddie, j’ai du mal quand même ! J
(A : j’ai vu la saison 3… et Eddie y est beaucoup plus humaine, attachante… on chage d'avis sur elle et le tout dernier épisode.. aie aie aie… quel renversement… !!! )
A : Je te propose une soirée foot/télé contre une soirée avec Adamsberg et son équipe. Que choisis tu ??
A : A ton avis ? !!!
A : Quand lis tu ? Il y a-t-il un moment de la journée que tu préfères pour lire ?
C : J'aimerais pouvoir affirmer que, comme Marie-Aude Murail, je lis tout le temps, du paquet de céréales, sur la table du petit -dej' ,au "Sciences et vie " du soir,ce qui ne constituerait qu'un embryon de réponse;
J'adorerais pourvoir répondre que comme Corinne Bouchard, je lis tout le temps, en prenant mes repas, en préparant le repas, voire en conduisant (!) mais je mange rarement seule et nombre de casseroles ayant débordé m'ont fermement dissuadé de conjuguer cuisine et lecture. Je rêve du moment où ma voiture conduira seule mais pour l'instant,je suis encore seule maître à bord. Les seules vastes plages de lecture dont je dispose sont mes soirées, rien d'original, donc, plus l'heure de sieste que nous nous octroyons en début d'après midi le samedi, voire le dimanche. A part ça, je grignote de-ci, de-là: quand j'attends l'Homme (chroniquement en retard, moi chroniquement en avance),je lis ; je pars plus tôt chaque fois que je vais rechercher Ferdi à l'école ou que j'ai un rendez-vous,pour lire; avant le yoga, en attendant mes copines, tranquillement installée sous un arbre,je lis; pendant les mi-temps de matchs de foot,je lis. J'ai toujours un livre dans mon sac et/ou dans ma voiture, où cas où une attente intempestive se profilerait à l'horizon.Seul conseil : éviter les titres qui peuvent prêter à confusion , ainsi "Sexe et dépendances " que j'ai dû planquer vite fait quand le père d'un copain de Ferdi m'a demandé ce que je lisais... Et puis, comme je suis une sorcière goûlue, je lis très vite...
C : Combien de livres lis tu par semaine / par mois ?
C : beaucoup trop !je ne répondrai à cette question qu’en présence de mon avocat au cas où l’Homme pointerait le bout de son (grand) nez ici !
A : Tu les achètes, tu les empruntes ?
C : Mon budget livre est classé secret-défense pour la même raison que tout à l’heure. Mais j’en emprunte aussi et comme les livres sont faits pour circuler … heureusement car récemment, j’ai constaté une flambée des prix en librairie !
A : Quels sont tes auteurs préférés ?
C : Ça évolue au fil du temps. Néanmoins les romancières anglaises restent mes chouchous.
A : J’ai l’impression que tu apprécies beaucoup les livres de Marie Desplechin ??
C : Normal, c’est une ch’ti ! trêve de plaisanterie, j’aime beaucoup ses romans destinés aux adultes car ils sont au plus près des émotions, sans affèterie ni poses.
A : Même question pour Katarina Mazetti..
C : Ses personnages féminins sont forts, ils ne se laissent pas abattre et puis ils appartiennent à des milieux modestes, pas forcément très présents dans la littérature contemporaine .
A : Tu lis un peu de tout, n’est ce pas ? Joan Didion (« l’année de la pensée magique », de la Chick lit, l’œuvre de Dave (!!). Je t’admire car je trouve qu’il faut tout découvrir. Mais où vont tes préférences ?
C : En ouvrant un livre, j’espère toujours l’enthousiasme .Je suis curieuse et je crois qu’un bon auteur doit être capable d’intéresser à tout. Mais bon les livres historiques, j’ai du mal
A : Je viens de (re)lire Un amour de Sissi 1 et 2, ainsi que le feuilleton de l’été 2007. Sais tu que tu écris bien ? Tu n’as jamais eu envie de te lancer ? Des nouvelles ? Des poèmes ? Un roman commencé inachevé traine-t-il quelque part dans ton grenier ? (ps : si Sissi est un rotweiller de 40 kg, je ne sais comment tu fais pour l’approcher. J’ai une telle peur des chiens que je mourrais sur place si l’un d’eux venaient à moins de 50 m de ma petite personne)
C : J’ai, ce qu’on appelle « un brin de plume » mais je suis lucide, je m’amuse à écrire et c’est tout. Un scoop : cet été, nous retournons en vacances près de Brutus ! la suite de nos aventures ?
A : Tu termines ton billet sur « Ronde de nuit » de Sarah Waters par « Sarah Waters est vraiment une très grande romancière.Normal ,elle est anglaise ! »… Peux tu nous expliquer ? Tu penses que la littérature anglaise est au dessus des autres ?
C : J’y trouve une sensibilité, un détachement apparent des émotions, un humour pince-sans- rire très loin de l’ironie mordante des français. Une peinture de la vie quotidienne très sensible aussi.
A : Vas-tu au cinéma voir les adaptations des livres que tu as lus ?
C : Je vais très rarement au ciné .
A : Est-ce que Antoine, Ferdinand et Noémie lisent ?
C : Le premier a beaucoup lu.La deuxième aussi, de temps en temps, elle repique au jeu et je la fournis régulièrement en « Gossip girls », ce qui n’est pas de la littérature mais bon, l’important c’est qu’elle lise et que de temps en temps elle ait de la curiosité pour un roman. Rien de tel que l’école pour vous dégoûter de la littérature…
Ferdi, pour l’instant dévore.
A : Et ton conjoint ?
C : Je l’ai choisi (pas seulement pour ça heureusement) parce qu’il ne lisait pas . Et là , d’un seul coup d’un seul, il est devenu accro aux Bd ! Un cas de divorce ? !! J
A : Si tes enfants ne lisaient pas, serais tu déçue ?
C : Comme dit Pennac, le verbe lire ne supporte pas l’impératif. L’important est qu’ils fassent ce dont ils ont envie.
A : EN mars 2007, dans un questionnaire, tu disais que tu ne (re)lirais jamais Houellebecq, Angot, Beigbeder et Djan. Pourquoi ?
C : Houllebecq, Angot, Beigbeder ont un nombril qui écrit. Djian se prend pour un américain maintenant alors qu’il a écrit ce qui est à mon avis le plus beau roman d’amour du 20ème siècle : 37°2 le matin.
A : Peut-être suis-je la seule à l’ignorer, mais qu’enseignes tu ??
C : Non pas le ch’ti mais le français. Enfin, j’essaie…
A : Je viens de tomber sur l’article 12 novembre 2006 tu répondais à un questionnaire. Bon, je rends mon tablier…. Oh et puis non. Tu répondais à la question « qu’est ce que ton blog a changé « Pour l'instant, je prends du plaisir à écrire, à partager mes lectures (au sens propre et au sens figuré),à essayer de faire sourire... ça fait fonctionner mes neurones qui étaient plutôt grippés :). ». Aujourd’hui, plus d’un an après, tu ferais la même réponse ??
C : Tant que je vous amuse et que je m’amuse, c’est bon !
A : Tu as mis en ligne une lettre à ton banquier, une lettre à ton inspecteur des impôts en novembre. C’était hilarant. Pourquoi n’a tu plus recommencé ?
C : Il faut l’inspiration, ça ne vient pas sur commande !
A : Pourquoi lis tu autant ? Je veux dire, qu’est ce que ça t’apporte ? Cela a toujours été le cas ?
C : Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne drague pas, je ne cause pas, faut bien que je fasse quelque chose !
A : Cite moi un livre, là, comme ça, que tu m’offrirais (et pourquoi) !
C : Le plus beau roman d’amour cité précédemment.
A : Et là, cite moi celui que tu me déconseillerais et pourquoi !
C : Les auteurs cités plus haut !
A : Pour finir Cathulu, imaginons que tu es PPDA. Tu prévoies la fermeture de ton blog pour 2012 ?!!
C : Trop grand effort d’imagination pour moi : je n’aime pas ce doucereux cultivateur de cheveux.
A :Merci Cathulu ! Je me souviendrais longtemps de cette conversation (et du mal aux yeux !!!!)
08:05 Publié dans Conversation avec un(e) bloggueur(se) | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note





