03.04.2008
PERETTE ET LE PARIS-PEKIN
Perette se faisait une joie d’aller voir Délirium, le dernier spectacle du Cirque du Soleil. Le spectacle avait lieu au Palais Omnisport de Paris Bercy.
Perette habite à l’Ouest de Paris. Elle se dit qu’elle partirait tôt afin de profiter des premiers rayons de printemps pour se balader dans Paris avant de rejoindre son cheretendre.
Il faut savoir qu’à Paris, les heures de pointe sont à éviter. Traverser Paris entre 18h30 et 20h relève du défi si l’on est pressé.
Elle quitta donc son village largement à l’avance, le cœur léger à l’idée de cette promenade printanière et de la magnifique représentation qui l’attendaient.
Perette conduisait donc sa petite voiture le moral en beau fixe, l’œil guilleret et l’esprit ailleurs.
Les premiers kilomètres furent tout à fait idylliques. Perette franchit les 35 km qui la séparent de Lutèce en 20 mn. Perette franchit les Champs Elysées sans embûche, si ce n’est qu’elle faillit écraser un Japonais Nikonisé qui tentait de photographier l’Arc de Triomphe planté au beau milieu de l’avenue.
Perette rêvassa devant le Grand Palais et le Louvre chatouillés par un soleil encore timide, s'imagina flânant nonchalamment sur le Pont des Arts, admira les fières tours de Notre Dame. Elle rit de constater à quel point les animaleries du Quai de la Mégisserie attirent du monde. Quelques ralentissements la contrarièrent, mais la circulation était néanmoins très fluide pour cette fin d’après-midi.
Il faut savoir que Perette connaît très bien la capitale où elle a longtemps vécu. Surtout les quartiers Ouest. Du Pont Neuf au Bois de Boulogne, Perette n’hésitera jamais sur la route à suivre. Elle avait vérifié l’itinéraire qui semblait simple : toujours tout droit en prenant les quais.
Perette venait de franchir la limite de ses connaissances et repères. Elle fit donc particulièrement attention à ne pas rater le panneau indiquant Paris Bercy. Elle repéra bientôt le fameux panneau et s’engagea consciencieusement sur la voie indiquée.
Perette poursuivit sereinement son chemin. Au bout d’un moment cependant elle s’interrogea. N’avait-elle pas dépassé Bercy depuis plusieurs minutes ?
Elle remarqua alors ce panneau :

Il faut croire que Perette avait soit a) raté la sortie, soit b) été télétransportée en direction de Troyes, Nancy ou plus simplement Marne la Vallée par des extraterrestres particulièrement vicieux, le tout bien évidemment à l’insu de son plein gré. Perette était sur l'autoroute de l'Est.
Perette garda son sang froid et surveilla les panneaux de sortie. Au bout d’un moment qui lui sembla aussi long qu’un Paris-Pekin, elle prit la première issue et arriva là :

Elle pensa qu’en prenant à gauche, elle retournerait en sens inverse. En toute logique. Or, Paris était indiqué à droite. Obéissante, elle prit à droite. Se retrouva à Saint Maurice.
Fit demi-tour. Retrouva l’autoroute au bout de quelque errance pour le moins inquiète.
Éminemment soulagée d’être enfin sur la bonne voie, elle se dit que sa promenade parisienne serait courte, mais qu’elle avait encore pas mal de temps devant elle. Perette était décidée, elle passerait une bonne soirée, quoi qu'il advienne.
Elle sortit en direction de la porte de Bercy.
Suivit scrupuleusement les indications.
Se retrouva dans le 13èmearrondissement (Bercy est dans le 12ème).
Regarda son plan.
N’y comprit rien.
Fit demi-tour.
Vérifia qu’elle était bien dans le 12ème arrondissement sur une plaque de rue.
Laquelle plaque lui apprit qu’elle était là :

Là, Perette se gara et envisagea de continuer à pieds ou en métro. La honteuse perspective de dire à son mari, après le spectacle, que la voiture n’était pas dans le parking du POPB (en outre réservé AVEC le spectacle) la fit renoncer.
Elle consacra quelques minutes à retrouver son calme, son optimisme, et sa résolution de passer une bonne soirée.
Elle repartit.
Retrouva enfin le boulevard tant recherché.
Décida que le coupable de tant de désagréments serait la Marie de Paris et les travaux qu’elle entreprend pour le futur tramway, fermant les voies, brouillant les pistes et grugeant délibérément les innocentes et fragiles jeunes femmes.
Perette arriva enfin devant le Palais Omnisports de Bercy. Elle chercha le parking qu’elle devait utiliser (Perette avait réservé son parking avec son billet. Elle devait donc se rendre au Parking n°38.
Elle s’engagea vers les parkings. Se retrouva devant le parc n°2. Expliqua au charmant monsieur qu’elle était perdue, ne savait pas trouver la bonne entrée, en avait marre, voulait mourir, qu’elle l’aimerait toujours s’il lui permettait d’entrer et de LAISSER sa voiture. Le charmant monsieur lui expliqua que les billets prépayés devaient se garer dans le parking n°38 et qu'il ne sert à rien de préréserver si on change d'avis. Il finit cependant par prendre Perette en pitié et lui indiqua comment s’y rendre en l’autorisant à traverser son parc, en sortant puis tournant immédiatement à droite.
Ce que fit Perette.
Qui se retrouva devant le parc n°5.
Perette était, là, au bord de la crise de nerfs. Son pied gauche fatigué la démangeait, elle regrettait amèrement d’avoir bu un grand verre de coca light avant de partir.
Elle alla voir le gardien et le supplia de la laisser se garer. Préréservé, pas réservé, on était à Bercy et c’était là l’essentiel. Perette avait l’œil et la voix tremblants. Le Monsieur lui expliqua que, sans problème, elle pouvait laisser sa voiture et que son billet la ferait sortir sans payer. Perette lui déclara sa flamme.
Perette était donc enfin arrivée à destination.
Elle n’avait plus le temps de se promener aussi s’installa-t-elle dans un café, commanda un verre de vin blanc et attendit son mari.
Perette croit que son mari a pensé un instant à divorcer : son regard consterné quand elle lui raconta sa mésaventure fut éloquent.
Au retour, il conduisit, et ils furent rentrés dans leur paisible village en moins de 35 minutes.
Moralité : il ne faut pas croire en sa bonne étoile, et 1) utiliser un GPS, 2) ne jamais confier à Perette le rôle de copilote.
06:19 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
19.03.2008
PERETTE ET LES FILLES DANS LE VENT
Perette s’en alla lundi dernier, légère et court vêtue, à la capitale.
Elle avait rendez-vous avec deux amies pour travailler sur certaines énigmes d’un certain jeu d’un certain événement organisé par une certaine blogosphère littéraire.
Perette prit sa petite voiture et – ô miracle – ne la raya pas, ne brûla pas de feu rouge, ni de stop, n’écrasa personne et arriva indemne à la capitale, au grand soulagement de sa voiture.
Perette retrouva d’abord Celle-qui-avait-des-idées-plein-la-tête dans un café branché du ventre de Paris. Elles furent bientôt rejointes par Modasse Girl, comme il se doit pendue au téléphone. Au passage, Perette lance un avis interblogosphérique : que le méchant capilliculteur qui a dérobé la somptueuse crinière de Modasse Girl se dénonce. Ladite crinière appartient à la blogosphère qui compte bien en faire une écharpe et donc un lot pour ledit événement du 5 juillet.
Pendant toute une après midi, Modasse Girl, Celle-qui-avait-des-idées-plein-la-tête et Perette travaillèrent d’arrache pied sur ces énigmes. Retorses, perverses, malicieuses, démoniaques, les trois bloggueuses s’amusèrent comme des folles à imaginer des énigmes aussi tordues qu’hilarantes, aussi littéraires que « gossipiennes ». Elles s’en fichent, elles n’auront pas à les déchiffrer, ni à se plier aux exigences des épreuves imposées qu’elles comptent infliger aux participants. En revanche elles en rient d’avance.
De temps en temps, Perette et ses amies faisaient une pause (nicotine et goudron pour Perette, visite des WC des hommes pour Modasse Girl. Seule Celle-qui-avait-des-idées-plein-la-tête était sage comme une image et les rappelait à l’ordre quand ses camarades déviaient dangereusement du but de l’après midi).
Après quelques heures d’intense réflexion, de torturage neuronesque, les trois comparses filèrent dans une librairie, errèrent en papotant parmi les ouvrages d’art et les cahiers rigolos qu’elles achetèrent.
Leur conversation tourna bien sûr encore et toujours autour de la littérature et du théâtre, aussi évoquèrent-elles très sérieusement les mérites comparés de Jean-Paul Sartre et de Pierre Arditi.
Toutes trois rejoignirent enfin d’autres comparses. Secret Girl les accueillit dans son nouveau boudoir, où les attendaient Saphirette, Celle-qui-avait-mangé-trop-de-choucroute et Celle-qui-avait-un-décolleté-plongeant.
Bientôt arriva l’Homme de la soirée, j’ai nommé Zigoto. Zigoto que Perette ne connaissait pas et qui la fit tomber à la renverse quand il arriva, tel Zorro sur son cheval blanc renversant Joséphine Ange Gardien.
Les joyeux lurons passèrent une bonne soirée, voire une très bonne soirée, au cours de laquelle les filles offrirent un ouvrage d’art amoureusement dédicacé par l’auteur à Zigoto qui mit plusieurs minutes à s’en remettre, offrirent à Secret Girl quelques menues bricoles dont un cahier de secrets et un talisman secret-sacré à glisser dans son portefeuille…
Ils surveillèrent leur ligne, furent très raisonnables, ne se jetèrent pas sur le chocolat et n’abusèrent pas du Montbazillac.
Enfin, après moult éclats de rire ils se séparèrent. Tandis que Secret Girl rangeait son boudoir devenu foutoir, Modasse Girl, Celle-qui-avait-mangé-trop-de-choucroute, Celle-qui-avait-un-décolleté-plongeant et Celle-qui-avait-des-idées-plein-la-tête prirent le risque inouï, osé, courageux, d’emprunter le train de banlieue qui les ramènerait à la capitale, sous la protection de Zigoto prêt à dégainer son taille-crayon au moindre incident.
Saphirette et Perette s’en allèrent reprendre la voiture. Elles finirent par trouver le parking souterrain, et là faillirent bien ne pas trouver la sortie dudit parking. Au bout de quelques contresens, de quelques cercles et circonvolutions erratiques, elles finirent par en sortir, au grand soulagement de Saphirette qui menaçait de s’étouffer et risquait l’apoplexie en s’imaginant tournant et tournant sans fin dans ce labyrinthe tout droit sorti de l’imagination tordue d’un architecte alcoolique.
Perette ne brûla pas de feu rouge mais s’arrêta consciencieusement aux feux verts, raccompagna Saphirette et pris enfin l’autoroute pour s’en retourner dans sa campagne, après néanmoins avoir failli prendre les quais à contresens.
Au final, Perette imagine déjà les éclats de rire qui rempliront la journée du 5 juillet, attend impatiemment les prochaines séances de préparation, et vous recommande chaudement (et perversement) de venir rejoindre les filles dans le vent le 5 juillet prochain.
D’ici là, un concours de marque-pages est brillamment lancé par Celle-qui-avait-des-idées-plein-la-tête, Perette vous incite donc vivement à saisir plumes, pinceaux, crayons et feutres pour imaginer le plus tendance, le plus drôle, le plus élégant, le plus raffiné des marque-pages.
08:07 Publié dans Books & the city, Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
08.02.2008
Amanda Meyre n’est pas insignifiante…
Amanda Meyre n’est pas insignifiante. Qu’on se le dise. Alors qu’elle ouvrait son ordinateur ce matin, pour la dixième fois nous le verrons plus tard… que disait-elle… Oui, alors qu’Amanda ouvrait donc son ordinateur pour la dixième fois, elle constata qu’une certaine Fashion Victim (pfff 50 paires de chaussures ? Amanda Meyre en a bien plus !) l’avait taguée en la sommant de révéler 6 choses insignifiantes sur sa personne.
La règle du jeu était simple. Il suffisait de :
- Ecrire le lien de la personne qui nous a tagué
- Préciser le règlement sur son blog
- Mentionner six choses sans importance sur soi
- Taguer six autres personnes en mettant leur lien
- Prévenir ces personnes sur leur blog respectif.
Insignifiante ? Amanda Meyre ? Impossible songea aussitôt l’Alaindelonette de la blogosphère. Insignifiante n’est pas Amanda. Elle fourgua aussitôt le bébé à Perette qui elle, de chargera de révéler au monde entier ces 6 détails aussi insignifiants qu’inutiles, aussi futiles que négligeables, sur sa petite personne.
1) Perette chante faux. Terriblement faux. Tellement faux, qu’alors qu’elle organisait un séminaire hautement crucial voire stratégique pour sa société, elle fit venir un animateur de karaoké pour terminer en beauté cet événement de la plus haute importance. A la fin de la soirée, Perette, en bonne organisatrice et participante modèle, se mit au micro et chanta Froufrou (souvenez vous, le générique d’une émission très… froufroutante). Sitôt sa prestation achevée, le DRH de la société prit le micro et s’engagea à consacrer une partie du budget formation à des cours de chants pour Perette, un orage s’étant subitement abattu sur Istambul… ville qui avait été choisie pour le séminaire en raison de son climat…
2) Perette est incapable de faire cuire des pâtes correctement. Alors qu’elle se distingue en proposant une cuisine raffinée et recherchée, elle n’est pas fichue de cuire des pâtes sans les transformer en magma collant et gluant. Il faut dire que Perette ne supporte pas de rester bêtement devant une casserole en remuant. Perette verse les pâtes dans une casserole et s’en va vaquer à ses occupations. Perette a autre chose à faire que de surveiller ces stupides féculents en tournant une cuiller…
3) Perette ne s’intéresse pas du tout aux voitures. Pour Perette, voiture = guidon, pédales, levier de vitesses. Point. Le tout doit rouler, avancer, c’est là le seul intérêt de la chose. Perette se fiche donc éperdument des rayures, trous, bosses que peut avoir sa voiture. Elle ne fait pas réparer la carrosserie. De toute façon, quand sa voiture sera trop vieille, elle en changera. Et son mari a depuis longtemps abandonné toute velléité de garder une voiture intacte.
4) Perette s’efforce de parler poliment quelques soient les circonstances. Sauf quand Perette est au volant de la susdite voiture. Là, Perette oublie toute retenue et peut devenir d’une féroce vulgarité. La fille de Perette lui a un jour demandé pourquoi elle traitait le monsieur devant de Canard…
5) Perette n’a aucune patience. Surtout vis-à-vis de son fournisseur d’accès ADSL. Dès que ce dernier met plus de 10 secondes à charger un de ses sites préférés, Perette clique, reclique, surclique, déclique, rereclique sur le bouton de sa souris ou sur toutes les croix qu’elle peut trouver en espérant faire accélérer la manœuvre. L’ordinateur se bloque, chauffe, émet des ronflements tantôt inquiétants tantôt suppliants. Rien à faire, Perette s’acharne sur le malheureux jusqu’à ce que le supplicié succombe. Perette doit alors redémarrer le tout et recommencer. Jusqu’à la prochaine fois. Et cela plusieurs fois par jour.
6) Perette a un faible pour Dominic Purcell. La seule série qu’elle regarde pour la belle gueule de son héros est Prison Break. Son coté Bad Boy la fait craquer. Certes, George restera George, mais Dominic est tout de même beaucoup plus attirant. Plus que Wentmorth. Dans la série Bad Boys, Perette craque aussi sur Sean Penn, Nicolas Cage… Perette a horreur du lisse…sauf quand il s'agit de George...
Ces forts insignifiants détails étant divulgués, Perette se doit de transmettre le flambeau à 6 autres personnes. Personne n’est insignifiant dans l’entourage de Perette, aussi Amanda se charge-t-elle de demander à LVE (et voilà pour la nouvelle venue, Toc !) Anne, Tamara, Clarabel et In cold Blog et enfin, puisque sa chère compagne m'a taguée, Lyle, (qui j'espère, dénoncera quelques insignifiants détails de sa vie conjugale)qui, loin d'être des personnes insignifiantes, se devront de révéler 6 détails insignifiants pour eux-mêmes mais qui, sans aucun doute, seront pour nous d’une importance certaine…
14:15 Publié dans Brune dehors blonde dedans, Tic TAG Boum | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
30.11.2007
Mini-Perette sur le divan….
Je ne sais pas vous, mais Perette n’est pas grande. Je dirais même que Perette est petite. Toute petite diraient certains, naine pour les mauvaises langues. Ca n’a pas toujours été le cas. Perette a grandi normalement, jusqu’à ses 12 ans. Ensuite, plus rien. Juste quelques centimètres glanés durant son adolescence, puis stop. Plus rien. Niente.
Pour sûr, Perette en a entendu des belles paroles : « tout ce qui est petit est mignon », « une petite femme c’est craquant et rassurant pour les hommes » « tu fais femme-enfant, c’est adorable ! »…
Ouais. Sauf que, être petite, c’est pas toujours marrant.
D’abord c’est pas pratique :
- Pour s’habiller. Quand Perette essaye un pantalon, elle doit retrousser le bas d’au moins 15 cm pour imaginer l’effet final. Pareil pour les manches des vestes. Et pour toutes les longueurs en général… Au final, Perette double le prix du vêtement en retouches (alors que franchement, elle préfèrerait mettre de l’argent dans l’élaboration d’un PAL encore plus haute qu’elle !)
- Au cinéma, au théâtre ou au cirque, si Perette est derrière un plus grand, elle ne voit rien. Sauf à prendre un réhausseur enfant, mais ça, sa fierté le lui interdit. Du coup Perette se contorsionne jusqu’à ce qu’elle arrive péniblement à distinguer, en penchant la tête sur le coté telle le Cerveau, un petit morceau d’écran ou de scène. Au final, elle a généralement entendu le son mais quasiment rien vu. Au moins elle développe son imaginaire. Et son anglais puisqu’elle va souvent voir les films en VO, et n’arrive pas à lire les sous titrages. Quand elle craque elle se met dans les trois premiers rangs histoire d’avoir la paix.
- Dans la queue à la boulangerie : près de son ancien bureau, Perette et ses collèges pouvaient acheter de délicieux sandwiches qui attiraient toute la clientèle des nombreux bureaux alentours. Cette boulangerie préparait des dizaines d’en-cas qui s’empilaient tout le long du comptoir. Perette ne compte plus le nombre de fois où les vendeuses ne la voyaient pas et demandaient au client derrière elle ce qu’il désirait. Il fallait que Perette se mette sur la pointe des pieds et lève le bras pour qu’elles la repèrent… Où alors les vendeuses entendaient une voix crier « un poulet-curry » sans savoir d’où ça venait, et devaient pencher la tête par-dessus la pile d’en-cas pour apercevoir une cliente énervée jusque là ignorée, juchée sur la pointe des pieds et l’air hagard à force de hisser la tête.
- Dans le métro : Perette serait incapable de sentir une eau de toilette ou un parfum. En revanche, elle peut vous garantir qu’en fin de journée, en général, la plupart des déodorants ne sont plus efficaces. Parfois, en cas d’affluence, elle se retrouve coincée derrière un géant (un type normal) qui ne l’a pas vue et qui recule contre les portes. Perette crie presque « eh, je suis là !!! », et le géant de se retourner, de regarder autour de lui puis de se pencher pour s’excuser en souriant « oh je ne vous avais pas vue ». Pff. Dans ces moments là Perette se sent l’âme d’un pitbull.
Il y a quelque mois, Perette raccompagnait la fille d’une amie chez elle.
- Tu as eu une maladie quand t’étais enfant ? lui demande la petite (7 ans)
- Non, pourquoi ? répond Perette abasourdie par la question
- Parce que tu as arrêté de grandir !
Un jour, au bureau, Perette étudiait en réunion des vêtements qui étaient proposés par des licenciés japonais. Perette passe une veste pour voir l’effet. La Directrice de la Communication s’exclame « Mais c’est pour les naines ! Personne en France n’achètera ça » Elle lui allait pourtant super bien, cette veste, à Perette ! La Directrice de la Comm lui dit en s’esclaffant « c’est vrai que tu es vraiment petite, Perette !! » Perette rétorqua que, au moins, la valeur de son QI était supérieure à la valeur de sa taille et que visiblement ce n’était pas le cas de cette femme là. Perette et elle ne sont plus copines.
Pour les souliers, Perette chausse du 35 fillette. Inutile de dire que Perette n’attend pas les soldes quand elle trouve chaussure à sa taille. Perette achète. Ca coûte cher, surtout quand on est dingue de chaussures comme Perette. C’est le seul point commun qu’elle a avec Céline Dion.
Perette a porté très souvent des talons (on triche comme on peut). Elle est même la reine de l’escarpin. Porter 9 cm de talons ne lui fait pas peur. Sauf qu’elle s’est abîmé la colonne vertébrale et la plante des pieds, à force. Et qu’elle a souvent eu l’air endimanchée le soir, à la sortie de l’école, quand toutes les autres mamans étaient en Converse ou en mocassins. Mais au moins elle n’avait pas l’air de chercher sa maman au milieu des écoliers.
N’allez pas croire que Perette n’assume pas. Elle a eu le temps de s’habituer, mais parfois les réflexions l’agacent. Du coup, Perette ment toujours sur sa taille, se rajoutant quelques centimètres, parce que personne ne va vérifier. Même sur ses papiers d’identité. Son passeport indique généreusement 5 cm de plus. Sa carte d’identité aussi. C’est stupide mais Perette n’a pas pu s’empêcher de mentir à l’officier d’état civil…
Un jour, Perette et ses amies parlaient de ça lors d’un dîner. Une amie de Perette, lectrice de voici et autres magazines publics hautement culturels, lui dit que plein de stars sont petites. Et de lui citer illico Britney Spears, les sœurs Olsen, Mimi Mathy ( ah ah !!), Geri Halliwel, Tom Cruise.
Mouais. Perette préfèrerait d’autres comparaisons. Norah Jones, Lucy Liu, Edith Piaf par exemple (non ! pas Eva Longoria ! Rappelez vous, Perette ne veut pas être Gabrielle !)
C’est son seul “complexe” (le mot est fort, mais vous remarquerez que Perette n’a pas indiqué sa taille réelle, est-ce significatif, Monsieur le psy ??), pour le reste, elle se trouve à peu près normale. Et vous, quels sont vos complexes ? Si vous en avez, bien sûr !
Nb : ce billet figurait dans feu mon ancien blog. C’est à la demande de mon ami Spencer que je le ressors ici, réécrit à la sauce Perette !
09:45 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
25.11.2007
Perette et la midinettude….
Au fil de des ballades bloguesques, Perette s’aperçut un beau jour que quelques créatures fourbes et félonnes se prétendaient Midinettes. L’une aspirait au titre de muse d’un chanteur à cheveux longs mais aux idées peu courtes, l’autre se vantait haut et fort de posséder le numéro de portable d’un écrivain connu et ne se gênait pas pour extorquer à tous les auteurs qu’elle croisait leur adresse mail sous prétexte d’un questionnaire culturel à leur soumettre, la troisième inventait avoir eu une aventure avec le mec d’un actrice blonde et cameronesque.
Quant à la quatrième, elle s’imagine que George est à elle. La dernière, enfin, prétendait avoir dansé avec Patrick Swayse.
Foutaises. Poudre aux yeux. Bluff. Et Perette va vous le prouver.
En effet, si l’on doit considérer l’étymologie du mot « midinette » il faut en déduire que midinette veut dire « qui vient du midi ». CQFD.
Perette est née dans une chaleureuse commune du Languedoc Roussillon. Ses parents à l’époque vivaient dans un château. Certes ce château avait été vendu à la commune et divisé en appartements, mais il n’en reste pas moins que Perette est née et a vécu dans un château languedocien.
Ensuite Perette a vécu non loin de Marseille, puis, après l’obtention de son baccalauréat, est partie étudier à Nice où elle a passé plus de temps sur les bancs de la Promenade des Anglais que sur les bancs de la fac, à peaufiner son bronzage plutôt que ses partiels. Attitude typiquement midinesque.
Perette pourrait arrêter ici sa démonstration, ses origines mêmes lui attribuant le qualificatif de Midinette en chef sans contestation possible.
Mais Perette souhaite ajouter à ceci quelques arguments supplémentaires :
D’une part et avant toute chose, Perette ne laissera personne lui piquer George Clooney. Tout simplement parce qu’elle a payé pour l’avoir et qu’elle le garde. Oui. Perette a appelé sa machine à café George. Parce qu’elle prend son café tous les matins avec lui. CQFD.
Ensuite, Perette a lu probablement tous les Harlequins parus entre ses 15 et ses 17 ans. Elle rêvait d’un homme riche, beau et tendre qui l’enlèverait pour l’épouser. Elle a également lu tous les Angélique en rêvant à Geoffrey de Peyrac.
Ensuite Perette a vu Bonnie & Clyde et a imaginé qu’elle serait enlevée par une sorte de Robin des Bois, qu’ils vivraient de menus larcins tout en narguant les forces de l’ordre. D’ici vient son goût pour les bérets (Perette en possède 6 de couleurs différentes).
Alors qu’elle étudiait à la fac, elle fondit en larmes et s’effondra après un résultat de contrôle de connaissances tout à fait lamentable. Non pas parce que sa note était absolument effroyable, mais parce que son professeur de grammaire allemande y avait ajouté un commentaire incendiaire. Perette était secrètement amoureuse de ce professeur, elle y vit là la fin d’une histoire d’amour qui périssait avant même d’avoir vu le jour. Et se dit qu’il valait mieux qu’elle écoute son professeur plutôt que de s’imaginer dans ses bras le soir sur la plage.
Finalement Perette a épousé un homme qui peut-être un jour deviendra riche s’il joue au loto. Malgré la symbolique virginale de la couleur, Perette s’est mariée en blanc. Pas ivoire, pas beige, pas blanc cassé : blanc de blanc. Parce qu’après tout, une Midinette se marie en blanc, foi de Midinette…
Perette pleure devant Love actually, surtout quand Colin va à Marseille chercher la femme qu’il aime et qui travaille dans un restaurant. Perette a été quelque temps serveuse dans un restaurant. Son petit ami venait souvent la chercher, mais ne l’a jamais demandée en mariage en portugais, mais quand même…
Quant Pearce Brosnan a joué pour la première fois James Bond, le bureau de Perette fut assailli de visites et d’appels téléphoniques. Parce que Perette a été pendant longtemps son assistante personnelle.
Quant elle travaillait dans le Prêt-à-porter, elle attendait toujours impatiemment les débuts de saison où elle se voyait attribuer une prime de représentation qu’elle devait dépenser en une fois dans la boutique en bas du siège social. Ces jours là, une horde de jeunes filles caquetantes se précipitaient dans les rayonnages et dévalisaient robes jupes et pantalons qu’elles ne payaient pas. C’est exactement la scène de Pretty Woman où Julia Roberts et Richard Gere dévalisent les boutiques de Los Angeles.
Enfin, et par-dessus tout, Perette est une Midinette parce qu’elle ne prévoyait pas de rédiger ce billet. Mais ses copines midinettes, au cours d’un dimanche endiablé de course aux autographes auprès d’écrivains tous aussi passionnants les uns que les autres, lui ont dit qu’elles l’avaient fait, elles.
Et, foi de Midinette, si avouer en choeur sa midinettude n’est pas le comble de la midinettude, alors Perette ne serait pas une midinette si elle ne le faisait pas !
Edit du lundi matin : le club des midinettes s'agrandit d'heure en heure : Praline, Karine, Charlie Bobine et Chiffonette ont pris leur carte...
17:55 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
21.11.2007
Perette et la pantoufle de vair
Parfois, au détour d’une conversation que l’on croyait anodine, au cours d’une ballade tout à fait ordinaire, il nous arrive de faire une gaffe monumentale, ou de trébucher lamentablement dans la rue, et de nous retrouver soit les quatre fers en l’air, jupe retroussée pile poil sous le nez d’ouvriers de chantier éberlués mais totalement hilares, soit cramoisie de honte et de remords après avoir proféré l’Enormité du siècle, celle que l’on aimerait pouvoir ravaler immédiatement et qui nous donne envie de disparaître, là, tout de suite, maintenant, six pieds sous terre et ceci pour l'éternité. On appelle ça la Honte-de -notre-vie. Celle que l’on n’oubliera jamais et que l’on ressortira, bien, bien plus tard, en riant (jaune) à nos amis, histoire de se désacraliser encore un peu plus, ou à nos petits enfants pliés de rire « Nâan, mamie, t’a pas fait/dit ça ? hahaha ! maman, tu savais que mamie etc… !!! ».
Perette se souvient de la sienne comme si c’était hier.
Perette venait d’intégrer une société de prêt-à-porter branchée et dynamique, où tous les employés semblaient sortir directement d’un magazine de mode, magazine qui bien évidemment arrivait toutes les semaines sur les bureaux et que Perette devait consciencieusement décortiquer. Vous conviendrez que Perette, à ce stade, avait dégoté là le job le plus abominablement stressant de sa carrière.
Pendant la pause déjeuner, Perette rejoignait ses collègues pour avaler une soupe de légumes, éventuellement accompagnée, en cas de grande faim, d'un morceau de pain. Voire d'un fromage blanc à 0% en cas de famine extrême, ou de marge bénéficiaire calculée le matin même dans l'IMC du jour.
Après ces agapes traumatisantes, Perette et ses nouvelles copines décidaient souvent d’aller éliminer le pain, le yaourt et - ne soyons pas chiches - la soupe aussi, en faisant du lèche-vitrine.
Un beau jour, elles entrèrent chez Patrick Cox, chausseur plutôt branché de la rue Tiquetonne.
Perette avait repéré une sublime paire de sandales à brides dans la vitrine.
Elle demanda sa pointure de liliputienne, comme il se doit quand on mesure 1 mètre et quelques (vous vous imaginez que je vais donner le chiffre exact ? Vous rêvez !)
Le vendeur, beau mec en Tshirt moulant sur torse bombé et plaquettes de chocolat, déposa à ses pieds impatients l’objet du délice. Perette se jucha sans difficulté sur les talons vertigineux.
Elle marcha puis très vite déambula, gambada, sautilla, calculant en son for intérieur combien d'argent il restait sur son compte en banque (la réponse était zéro, mais tant pis, elles étaient juste trop fabuleuses) faisant virevolter sa jupe et ses jambes idéalement mises en valeur par ces merveilles.
Perette les voulait, même s’il y avait juste un petit détail qui la gènait. Le vendeur lui demanda si elle se sentait bien dedans. Et Perette de répondre :
« Je les adore, mais la bride me serre un peu la poitrine ».
Stupéfaction du beau mec, regards hébétés des collègues. Perette s'irradia immédiatement tel un piment rouge incandescent, bafouilla, murmura, bégaya « heu, je veux dire … la... pff, la cheville ».
Le vendeur réussit à rester stoïque, avec un petit sourire ironique voire condescendant, les deux collègues semblaient se demander quelle était cette détraquée qui venait tout juste d’intégrer la boite, et Perette eu juste envie de mourir, là, sur le champ.
Finalement, Perette n’acheta pas les sandales. Et n’osa jamais retourner dans la boutique.
Perette aurait dû peut-être demander à un psy la signification de ce lapsus…
Aujourd’hui, quelques années plus tard, elle regrette seulement de ne pas avoir acheté les sandales, au moins elle aurait un souvenir, une preuve, à montrer plus tard à ses petits enfants...
Nb : ce billet figurait dans feu mon ancien blog. C’est à la demande de mon ami Spencer que je le ressors ici, réécrit à la sauce Perette !
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25.10.2007
Perette, ça KARToon
Lors d’un séminaire commercial organisé haut la main par Perette, les participants se virent conviés à participer à une activité Team Building, activité consacrée à une compétition de kart. Les 50 participants étaient séparés en trois groupes de niveaux différents : les très bons, les juste en dessous et pour finir les moins habitués (bel euphémisme pour qualifier les pros, les bof et les nuls, mais, séminaire commercial incentive oblige, Perette s’était sentit obligée d’user de qualificatifs plus diplomates).
Une fois les groupes constitués, Perette s’aperçut non sans déplaisir que le groupe 3 ne regroupait que des filles, les deux autres groupes trustant la gente masculine surreprésentée dans cette société purement industrielle.
Inutile de préciser les railleries, les sarcasmes et les quolibets dont furent affligées les 15 jeunes et jolies damoiselles qui décidèrent illico de prouver à ces coqs arrogants que fille ne rime pas forcément avec bille et qu’il faut vraiment se méfier des femmes au volant.
Perette, en organisatrice modèle, se dévoua la première et chercha une combinaison à sa taille. Elle fouilla, essaya, enleva, réenfila, malheureusement aucune de ces adorables combinaisons rouge fraise ne lui allait, faute de taille enfant.
Tant pis, elle courrait comme elle était, et tant mieux si elle ne ressemblait pas à un nain déguisé en bonhomme Michelin trempé dans une marmite de grenadine. Les filles se mirent donc en ligne, attendant qu’on leur attribue un kart.
Perette discuta avec sa voisine, qui lui avoua être probablement la seule personne en France, voire dans le monde et peut-être même dans l’univers, a avoir réussi à retourner sa voiture et terminer sur le toit alors qu’elle roulait à 30 km/heure en sortant de chez elle. Et que son voisin s’en souvenait encore, surtout puisqu’elle portait une jupe ce jour là.
Perette, n’ayant jamais subi telle mésaventure et se sentit rassurée quant à ses propres facultés.
Le gentil directeur de circuit (qui par ailleurs était tout à fait charmant) étudia Perette et lui tendit un objet en polystyrène noir, de forme concave, objet que fixa Perette d’un air perplexe.
Le gentil directeur de circuit lui expliqua que l’objet en question lui serait fort utile, voire indispensable, puisqu’il s’agissait d’un réhausseur, et que sans cela elle avait peu de chances d’atteindre les pédales.
Perette prit l’objet, les joues aussi rouges que les combinaisons de ses compagnes, enfila son casque et se promit de gagner cette course, foi de petite, ou tout au moins d’y obtenir un résultat acceptable.
Une fois le signal donné, Perette se lança dans l’aventure, et accéléra gaiement dès la première ligne droite. Le premier tour se déroula sans difficulté majeure. Puis, après le deuxième virage compliqué, elle essaya de doubler une concurrente. Elle déporta son kart à gauche mais l’adversaire lutta et la serra de près. Perette appuya sur le frein.
Perette avait oublié la règle n°1 : ne jamais appuyer sur le frein sans avoir lâché l’accélérateur. Perette fit donc son premier tête à queue. Elle tourna sur elle-même, sa tête et son petit cerveau tournaient aussi d'ailleurs. Enfin elle stoppa, reprit son souffle et repartit, décidée à rattraper son retard.
Pour s’apercevoir très vite qu’elle roulait à contresens.
Elle s’arrêta (en ayant pris soin de lâcher l’autre pédale cette fois ci), fit demi tour et repartit.
Elle découvrit alors une multitude de sensations aussi fébriles que fiévreuses dans les lignes droites où elle gagnait de la vitesse, aussi tournoyantes qu’étourdissantes quand elle faisait des têtes à queue virevoltants, aussi glaçantes que pétrifiantes quand elle doublait ses comparses ou se faisait dépasser à son tour (ce qui arriva plus souvent que le contraire, en fait).
A la fin de la course, Perette sortit du kart, les jambes en coton et les bras engourdis.
Elle marchait avec difficulté, ne sentant plus ses orteils. La température avoisinait les 5°, la nuit tombait, le vent soufflait, et Perette avait froid.
Le gentil directeur de circuit fit remarquer à Perette que ses ballerines ne la protégeaient en rien du froid, surtout pendant une course en extérieur.
Perette rétorqua que ses ballerines étaient des Repetto, donc des chaussures de sport puisque la danse est un sport et que d’ailleurs elles chaussaient joliment ses petits petons et c'était là l'essentiel, non ? Et que de toute façon, elle n’avait que ça ou une paire de bottes à talons hauts et qu’entre deux maux il faut choisir le moindre.
Au final, Perette termina 9ème, classement fort honorable pour une novice, vous en conviendrez.
Les commerciaux des équipes précédentes ironisaient sur les temps de leurs collègues féminines, comptant le nombre de sorties de pistes et de têtes à queue, calculant les trajectoires bizarroïdes voire totalement loufoques dont ils avaient été les témoins enjoués, bombant tous le torse et totalement hilares.
Perette demanda alors au gentil directeur de circuit, un ancien champion de course, de faire une démonstration à ces messieurs. Le très charmant jeune homme sortit son kart et s’apprêtât à démarrer quand Perette constata avec surprise qu’il avait discrètement glissé le bel objet noir et concave derrière son dos !
Lorsque Perette regagna son hôtel, pressée d’enfiler des chaussettes et de boire un bon thé chaud, elle se dit que, même petit, on peut faire des grandes choses, et rien ne sert de courir, il faut partir à point !
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12.10.2007
Perette chez le coiffeur
Perette adore aller chez le coiffeur. Rien de tel qu’un massage du cuir chevelu, un bon livre et vogue le bonheur, Perette s’abandonne aux mains expertes, se plonge dans sa lecture et repart les cheveux au vent et le sourire aux lèvres. Il y a fort longtemps, Perette, submergée par l’organisation d’un séminaire éminemment crucial pour son employeur, décida d’aller se faire papouiller la tête afin d’oublier le temps d’un déjeuner les empêcheurs de tourner en rond, les râleurs, les mesquins, les querelleurs, bref, tous ces gens qui l’empêchaient de s’effectuer sa noble tâche et de mériter haut la main son augmentation annuelle.
Fermement résolue à oublier ces importuns, Perette fila tout droit au centre commercial voisin et pénétra dans l’alcôve de béatitude et de volupté, j’ai nommé le coiffeur du coin.
Force est de constater que Perette n’était pas la seule à souffrir d’intense dépression professionnelle. Le salon bruissait du ronronnement des sèche-cheveux, du papotage des ouvriers du cuir chevelu, de la sonnerie stridente du téléphone, le tout dans une ambiance qui tenait plus du backstage d’un défilé de haute-couture chez Galliano que du havre de paix auquel Perette aspirait.
Perette expliqua à une hôtesse essoufflée qu’elle ne désirait qu’un shampoing -brushing, un moment de paix, un peu de douceur dans un monde de brutes et passa illico au shampoing.
Après moult ajustements thermiques et le shampoing réalisé, la shampouineuse abandonna Perette, tête et épaules trempées.
Perette prit livre et attendit patiemment que l’on s’occupe d’elle, s'abandonnant aux mots de l'écrivain.
Au bout de deux chapitres elle releva la tête ; point de capillicultrice à l’horizon.
Perette se sentait totalement transparente. Elle héla une jeune dame qui semblait être une salariée de l’endroit, arguant du temps qui passait et de ses cheveux qui séchaient.
Pire : qui commençaient à friser.
La jouvencelle saisit un séchoir et se mit à l’ouvrage.
Une première mèche fut raidie, puis une deuxième, quant un employé visiblement plus aguerri vint réclamer le sèche-cheveu.
La néophyte s’excusa auprès de Perette : son propre appareil avait rendu l’âme le matin même, et elle se voyait forcée d’emprunter ceux de ses alter ego : elle courut en prendre un autre, qui lui fut vertement refusé par un collègue énervé. La pauvre stagiaire profita de la pause d’un autre compagnon et s’empara sournoisement de son instrument.
Elle revint, le sourire aux lèvres et l’outil à la main.
Elle reprit son ouvrage et constata que la chevelure de Perette commençait à retrouver son état normal, c'est-à-dire une masse informe de frisottis rebelles et mousseux.
Elle suggéra à Perette de repasser au bac, l’état actuel de l’amas le rendant impropre à toute tentative de sculpture harmonieuse.
Perette, toujours décidée à passer un moment agréable, obtempéra bien que sa patience fut à bout.
Une fois la chevelure à nouveau prête à recevoir le sacrement du brushing, la jeune femme se remit à l’ouvrage.
Le sèche cheveu, probablement complice, s’alluma pour rendre aussitôt l'âme.L’ingénue courut en prendre un autre.
Qui lui fut trés vite arraché par un collègue visiblement agacé de se voir dérober son outil de travail.
La friponne se confondit en excuses inaudibles et disparut dans l’arrière-boutique. Ses larmes de désespoirs auraient pu se mêler à celles de rage de sa cliente.
Perette chercha des yeux la caméra cachée. Elle se demanda si l’émission de télévision qu’elle regardait dans son enfance était toujours diffusée et si Jacques Rouland la filmait, dissimulé derrière un rideau, voire – pire - derrière le miroir sans tain dans lequel Perette observait avec déconfiture l’aspect pitoyable de sa chevelure.
Au bout d’un moment qui lui sembla interminable, Perette se leva, exigea d'un calme olypien qu’on termine son brushing et qu’on la laisse partir, seule alternative à la crise de nerf en public qu'elle promettait de faire si on s'occupait pas d'elle sur le champ.
La responsable du salon présenta diligemment des excuses et termina le travail entamé.
Une fois le brushing enfin terminé, la direction du salon informa Perette que la piteuse prestation lui serait offerte et lui remit en dédommagement un bon cadeau pour un prochain passage.
Perette accepta la gratuité et déchira le bon cadeau, puis retourna à son labeur, le cœur en berne, le moral à zéro et les nerfs en boule.
Perette s’est longtemps demandé si tout cela était véritablement arrivé, si elle n’avait pas été filmée à l’insu de son plein gré, ou si, tout simplement, son état de fatigue ne lui avait pas joué des tours et elle n’avait pas rêvé cet épisode.
Il lui suffit de voir une photo prise le lendemain pour constater que sa coiffure, elle, s’en souvenait encore…
15:10 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
28.09.2007
Perette et le cierge pascal
Dimanche dernier, Perette, légère et court vêtue, se rendit à un baptême. Perette était heureuse d’assister au baptême de son filleul âgé de 3 ans.
Quand Perette arriva chez les parents du petit garçon, elle voulut embrasser son filleul. Le rejeton poussa un hurlement strident, parce qu’il ne voulait pas aller au baptême, ne voulait pas qu’on lui mouille les cheveux, ne voulait pas mettre sa chemise blanche beurkebeurk. Le garçonnet menaçait en criant de crier pendant toute la cérémonie, et même avant et même après et même toute la journée, na.
Perette eu, un court instant, envie de le plonger immédiatement non pas dans les fonds baptismaux mais dans la baignoire qu’elle aurait préalablement remplie d’eau glacée. Elle pensa même à la soude caustique ou l’huile bouillante mais renonça pour cause de sentiments fort peu chrétiens. Peu fière de ses pensées indignes d’une marraine aimante, elle laissa le garnement aux bons soins de sa mère médecin-prônant-la-libre-expression-des-sentiments et se rendit à l’église.
Une fois l’assemblée en place et les récipiendaires du sacrement sagement assis (Perette soupçonna la mère du petit gars d’avoir ravalé ses convictions doltonniennes et de lui avoir fait ingérer deux valiums en douce avant de partir), le prêtre commença la cérémonie, qui fut par ailleurs fort jolie.
Quand l’heure fut arrivée de procéder au sacrement, le prêtre demanda à l’un des parrains ou marraines d’allumer le cierge baptismal au flambeau pascal, flambeau d’une hauteur toute cathédralistique. L’honneur en revint à Perette qui prit le cierge et leva le bras pour atteindre le feu divin.
C’était oublier que Perette est à peine plus haute que son filleul (là, je concède une légère exagération toute marseillaise).
Perette se hissa sur la pointe des pieds.
Rien à faire.
Perette leva le bras encore plus haut, plongeant la mèche et tatonnant à l’aveugle à la recherche de la flamme qu’elle apercevait à travers le cierge translucide.
Elle avait beau remuer et tourner son cierge à la recherche de l’étincelle libératrice, rien ne vint. Pourtant, Perette avait atteint le taux d’étirement maximum qu'une marraine en escarpins, jupe et chemisier peut espérer. Elle pensa à son ostéopathe, se demandant si, finalement, il méritait l’argent qu’elle lui laissait puisque qu’elle arrivait au même résultat, sans bourse délier et bénédiction en sus.
Au bout d’un moment qui sembla à Perette aussi long que son oral de mathématiques, quand, jeune lycéenne, elle considérait les mathématiques comme une insulte personnelle, le prêtre suggéra au parrain d’aider la marraine.
Notons que parrain et marraine avaient fait connaissance le matin même, devant l’église.
Le parrain se glissa derrière Perette et lui demanda à l’oreille combien elle pesait.
Prise d’une terreur sans nom, Perette imagina immédiatement l’inconnu la soulevant telle une poupée de cire.
Elle s’imaginait happée par une force non plus divine mais animale, ses pieds joliment chaussés battant l’air et sa jupe raccourcie par une force d’attraction qui n’aurait de divin que le but ultime de la manœuvre.
Perette se demanda pourquoi, 3 ans auparavant, elle avait accepté la lourde responsabilité d’être marraine et envisagea même de renoncer publiquement à la chose, là, sur le fait.
Finalement le parrain, fier de sa plaisanterie, fut chevaleresque et lui prit gentiment le cierge des mains et l’alluma lui-même, gratifiant Perette au passage d’un clin d’œil amusé.
Au cours du repas qui suivit, Perette sympathisa avec le parrain de son filleul. Ledit filleul, en ouvrant ses cadeaux et découvrant les livres que sa marraine lui avait achetés (les parents du filleul ayant catégoriquement refusé à l’avance tout cadeau ressemblant de près ou de loin à une médaille ou une chaîne), les jeta sur le canapé en demandant à quoi ça servirait.
Perette se consola en se gavant de choux à la crème et de dragées.
Moralité : mieux vaut offrir une voiture télécommandée que courir le risque de s’empâter. Et mettre des talons hauts pour se rendre à un baptême.
07:10 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
21.09.2007
Perette jeune conductrice
Il y a une bonne dizaine d’année, Perette passait son permis de conduire. Une fois le diplôme obtenu, elle conduit avec bonheur sa petite voiture. Un samedi soir, alors que Chèrettendre est en séminaire en Californie, elle accompagne un couple d’amis au restaurant. Ils dînent à Saint Cloud, chez un gentil restaurateur où Perette est une habituée (importante précision, vous le comprendrez bientôt).
Une fois le dîner terminé, chacun repart de son coté, les amis sur Paris et Perette sur Suresnes.
Perette démarre et prend la direction du centre ville. Feu rouge. Perette s’arrête. Feu vert. Elle lâche l’embrayage et cale. Zut.
Perette redémarre, tant bien que mal et plutôt mal que bien. Elle arrive à pousser le moteur, qui sursaute plus qu’il n’avance, mais dans la confusion continue tout droit. Elle se dirige vers le Pont de Saint Cloud en se disant qu’elle n’aura qu’à prendre à gauche au carrefour.
Feu rouge (purée de bazar de cacahuète N


