29.07.2010

Sept farces pour écoliers – Pierre Gripari

Ce n'est pas toujours évident, de trouver des pièces de théâtre adaptées auxgripari.jpg enfants. Des dialogues pas trop longs, adaptés à l'âge des petits comédiens, des saynètes courtes, certes, mais il faut aussi, si possible, du texte qui ait du sens, qui soit drôle et, cerise sur le gâteau, si elles sont bien écrites, si derrière l'humour ou la tendresse se cachent d'autres choses que le simple exercice de style, et bien c'est gagné, réussi et il y a fort à parier que les jeunes soient comblés.

Ici, ce sont sept farces drôles, qui font tour à tour parler un patron et sa secrétaire (La fausse gourde, excellente, que je verrais même jouée en saynète par des adultes d'atelier), un chien et un bébé (Chien et bébé, tordante, bien trouvée), un dialogue de sourds au téléphone (Deux téléphones, digne de Devos, par certain cotés).

Et puis le diable est là aussi, il a besoin de l'âme d'un pêcheur mais l'Ange jouera un bien mauvais tour, une télé parle aux enfants, on assiste à la Belle au Bois Dormant coté cuisines (sacrés cuistots !), et pour finir, un marchand de fessées cherche à vendre...des fessées...(peut-être celle que j'ai le moins aimé, d'ailleurs).

Faciles à jouer, drôles, simples sans être niaises, bref des petites saynètes bien sympathiques, qui se jouent autant qu'elles se lisent (ma fille les a lues avec grand plaisir). L'auteur des Contes de la rue Broca ou des Contes de la folie Méricourt réussit aussi le théâtre enfant.

 

 

Sept farces pour écoliers – Pierre Gripari

Grasset Jeunesse, mai 2009, 166 pages

 

Et hop, ça rentre dans le challenge de Leiloona, Tous au Théâtre !... Parce que le théâtre, oui, il faut AUSSI le lire.

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14.07.2010

Les 39 marches – Eric Métayer

39marches.jpgLes 39 marches, vous connaissez ? Alfred Hitchcock a réalisé ce film en 1935 en adaptant le roman de John Buchan.

 

Mais point besoin d’avoir lu le roman ou vu le film pour apprécier la brillantissime adaptation mise en scène par Eric Métayer au Théâtre de la Bruyère.

 

L’histoire, elle, reste peu ou prou la même : Richard Annay, un dandy célibataire rencontre au théâtre une mystérieuse jeune femme qui sera assassinée le lendemain dans l’appartement de Annay. Peu avant, la belle Annabella Smith lui aura confié qu’une organisation secrète appelée Les 39 marches, complote secrètement contre l’armée aérienne du Royaume Uni. Suspecté de meurtre, notre dandy prend la fuite vers l’Ecosse pour déjouer le complot et par la même occasion sauver sa peau….

 

Quand Hitchcock le démoniaque manipulait le spectateur à grand renfort de suggestions, d’angoisse et de suspens diabolique (tout en sachant être d’une drôlerie moqueuse et parfaitement assumée), Eric Métayer propose ici une mise en scène incroyablement farfelue et totalement réussie.39M 1.jpg 

 

Les quatre comédiens qui incarnent à eux seuls tous les personnages de l’intrigue (au total près de 150) sont étourdissants : changements rapides de costumes et de voix, leur interprétation est une véritable tour de force réalisé avec un plaisir totalement évident (et ça se voit !).

 

La mise en scène, ingénieuse et burlesque, rend hommage aux codes du cinéma (que ce soir celui de Hitchcock (on verra même sa silhouette apparaître) ou ceux d’autres classiques (musiques d’autres blockbusters comme Les dents de la mer, allusions à James Bond avec irruption de Blofeld et son chat blanc (excellent moment !)..).

 

Quatre comédiens, donc, et peu de moyens ou plutôt des moyens du bord dans une mise en abyme du théâtre irrésistiblement assumée : les décors y sont apportés en real-live, un cadre illustrera la fenêtre par laquelle Annay s’enfuit, un drap illustrera la mer, Eric Métayer incarne tout à tour un marécage, Blofeld, son chat, un buisson d’aubépines… Des ombres chinoises (où apparaîtra le célèbre monstre du Loch Ness, hilarant et féminin à souhait), des projections videos, des marionnettes…. viennent parfaire un tableau à la fois magistral et burlesque.

 

 

Bref, ce spectacle, moliérisé deux fois en 2010 (meilleur spectacle comique et meilleure adaptation), manie avec dextérité intelligence et drôlerie, loufoquerie, humour tonitruant et décalé, inventivité, tout en rendant hommage aux codes du genre. Truffé de références hilarantes et parfois ahurissantes qui provoquent des éclats de rires difficilement réprimables, il est certainement le meilleur spectacle comique que j’ai vu depuis longtemps.

 

Les comédiens sont tous époustouflants et dans leur comique et dans leur maîtrise parfaite de l’interprétation tandis que la mise en abyme du théâtre insérée sans aucune vergogne mais avec un plaisir totalement assumé m’a tout simplement laissée béate d’admiration.

 

Et essoufflée d’avoir autant ri, tout autant que Delphine, Erzie, Fashion, Isil et Stéphanie.

 

A ne pas rater, vraiment !!

 

 

Les 39 marches, Mise en scène Eric Métayer

Avec Eric Métayer, Andréa Bescond, Christophe Laubion, Jean-Philippe Bêche

 

Au théâtre de la Bruyère, Paris 9, jusqu’au 24 juillet...

et, bonne nouvelle,  reprise à partir de septembre puis tournée (notamment Versailles, théâtre Montansier (30 avril 2011))

 

13.07.2010

De la lecture... Festival de Correspondance de Grignan

Grignan affiche.jpgIl y a le théâtre, ses pièces, ses mises en scènes ; magiques, drôles, émouvantes ou passionnées.

 

Il y a les lectures, ces pièces ou textes dits, simplement, avec le seul support de la voix, des mots qui s'envolent vers le spectateur et viennent susurrer à son oreille.

 

Il y a la correspondance, ces lettres où l’on se confie, où l’on aime, où l’on espère.... ces lettres parfois relues et conservées...

 

 

 

 

Le Festival de Correspondance de Grignan a été créé en 1996, à l'occasion du tricentenaire de la mort dejaune 023.jpg Madame de Sévigné. A quelques encablures d'Avignon, il accueille chaque année des artistes qui viennent ici célébrer l'art épistolaire et faire (re)découvrir les correspondances aussi variées que celles Madame de Sévigné, Paul Eluard, Rodin et Claudel, Virginia Woolf, Helen Hanff, Tchekov, Francis Scott et Zelda FItzgerald, Heloïse et Abelard, Proust, en passant par Rosselini, Truffaut, Jean Renoir, Frederico Fellini... et bien d'autres.

 

 

Direction Grignan, donc, un samedi ensoleillé, avec quelques autres bloggueurs pour découvrir le Festival, dédié cette année à la Correspondance Théâtrale... L'occasion pour moi de faire de bien belles rencontres...

 

Pour commencer, une rencontre avec Jacques Weber auteur. Jacques Weber qui vient de publier son premier récit « Des petits coins de Paradis ». Jacques Weber lit quelques extraits, parle de ce livre écrit peu après le décès d’un proche. Accompagner les derniers pas de cet ami l’a ramené à ses propres premiers pas au théâtre… les souvenirs sont remontés et les mots se sont écoulés.

 

Elégance du verbe et du personnage qui marie truculence et séduction, charisme et finesse des propos, tantôt oeil de velours ou oeil de canaille, Jacques Weber est un orateur et comédien à part, un monstre qui ne se veut surtout pas sacré, un monstre pudique qui parle du théâtre avec passion et enthousiasme,  fier d'être resté un amateur dans le sens premier du terme, c'est à dire un homme qui aime, avant tout, jouer, et partager.

Comme il le dit avec justesse, le comédien ne peut jouer que dans la joie et le plaisir d'être sur scène. Sans joie, le comédien fait son travail... et ne joue plus. Propos que je partage entièrement, bien sûr.....

 

 

Première partie de soirée, une lecture mise en espace de la pièce de Denise Chalem « Paris septième, mes plus belles vacances» (Prix Durance – Beaumarchais SACD du Festival 2009), en plein air dans la Collégiale de Grignan. Beau spectacle et belle pièce, une patiente et son infirmier y nouent une relation initialement tendue qui deviendra tendre et amicale avec le temps. Les mots font mouche, tantôt drôles, tantôt émouvants ou mélancoliques. On se parle, on s'y écrit, on s'y engueule, on s'y confie... une très jolie pièce dont le texte nous a été offert… théâtreux théâtreuses, je peux le faire voyager (à condition qu’il revienne, hein !) (@ Leiloona ça te dit ?)…

 

 

Deuxième partie de soirée et excellent moment, une lecture réalisée à partir d’extraits de la correspondance de Ionesco et de sa conférence sur le théâtre (catalogue de la BNF), librement adaptés par Gérald Stehr et Didier Goupil. Les deux lecteurs, Dominique Pinon et Jean-Paul Bordes (Bordes est tout bonnement excellent, sa prestation m’a bluffée) nous ont offert là un moment parfait, toujours en plein air, avec chants des cigales et petites lucioles en prime :) Un pur moment de bonheur, qui nous a étonnement séduits.

 

 

Un Festival de grande qualité, donc, où les mots et l'écrit ont la part belle... Partout, dans le village, des animations ponctuent l’événement : marché du livre qui fait honneur aux ouvrages anciens (et pas qu'aux Correspondances),  calligraphes, artisans créateurs de carnets, stylos et plumes, exposition sur la magie des costumes, et surtout, des chambres d'écritures disséminées un peu partout dans le village : une table, une plume, des enveloppes.... chacun peut s'asseoir, penser à un être cher (ou pas !) et lui écrire. On laisse l'enveloppe dans un panier, elle sera postée ensuite par l'organisation du Festival. L'idée est excellente et beaucoup s'asseyent pour prendre la plume à leur tour, ... A l'heure des mails, textos, twitters et autres réseaux sociaux, c'est le plaisir d’une correspondance « à l'ancienne » que l’on retrouve un court instant (dit celle qui a écrit trois lettres et s'est empressée de le raconter sur FB)… Très belle initiative qui rencontre un franc succès ;)

 

 

Festival animé essentiellement par des bénévoles passionnés, festival à taille humaine où l'on croise dans les rues du village les artistes que l'on a écoutés peu auparavant, que l'on retrouve assis juste à coté de vous au spectacle suivant (damned, j’ai cru défaillir en retrouvant Weber juste devant moi… et évidemment l’homme est abordable, discute bien volontiers, toujours aussi simple et sympathique)... ce Festival de Grignan possède une âme et une atmosphère qui lui sont vraiment propres.

 

Toute l’activité de Grignan est concentrée  autour de l’événement et tous se jaune 092.jpgmettent au diapason de l’écrit : le restaurant « le Clair de la Plume », par exemple, aux portes du village, propose ses cartes... insérées au milieu de livres anciens. C'est tout bête quand on y pense, mais cela ajoute un charme surprenant à ce délicieux restaurant  où nous sommes régalés.

 

L'hôtel Le Moulin de Valaurie, aux portes de Grignan, est un petit havre de tranquillité, idyllique à souhait (le bonheur d'aller faire quelques brasses à 6 heures, le matin, seule alors que le soleil ne brûle pas encore....)....

 

 

 

Bref, ce fut une week end plein de charme et de sourires. Ceux qui me connaissent savent mon amour du théâtre et des lectures à Haute Voix que je pratique régulièrement... Un week end plein de charme, donc, à refaire sans aucun doute ;)

 

Je remercie par ailleurs la marque Durance, partenaire très actif et très impliqué du Festival grâce à son dirigeant passionné de lettres et de théâtre, qui nous a invités pour ce week end réussi de bout en bout (j’ai découvert la bougie senteur Cuir & Iris qui exhale un exquis parfum de bibliothèque...:).

 

Merci également à l'association Pierres et Roses  Anciennes de Grignan, et notamment Jean Luchet et sa femme Geneviève qui nous ont fait visiter Grignan en partageant leur passion pour sa sauvegarde et la protection des multiples rosiers qui le fleurissent. Ces deux passionnés marient histoire et botanique pour offrir une visite chaleureuse et instructive à leurs hôtes. 

 

Merci  à Alexandra, La fille qui fait des bulles ( Alexandra, des petites bulles de joie et d'humanité éclatent dans ton sillage, grâce à tes attentions, ta gentillesse, ta disponibilité, ton obsession de nous protéger des insolations, les bouteilles d'eau que tu nous forçais à boire, bref, je suis heureuse de t'avoir rencontrée :) merci à Nicolas pour son sourire et sa bonne humeur contagieuse, à Charles qui m'a supporté et accompagné à toutes les lectures, même les plus caniculaires,  ainsi qu'à Plastie, Frieda l'Ecuyère, Viinz et Guillaume, les autre bloggueurs invités que j'ai découverts à cette occasion, pour leur accueil et leur gentillesse.

 

 

Et pour parfaire ma réputation de quiche en matière de photos, voici un aperçu, en vrac, de ce que nous avons vécu (il n'y a pas de photo des lectures car je me suis contentée d'écouter et de me laisser aller aux plaisirs des mots)......

 

(cliquer sur la photo)

18.05.2010

La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute. Desproges

_Spectacle_Desproges_s.jpgPoint de doute, ceci dit, Desproges était et restera un auteur talentueux, qui épinglait avec sa verve cynique et caustique les méchants, les radins, les cons, les esprits petits et les ceux qui se croyaient grands. Des textes qui révélaient aussi une grande sensibilité, parfois cachée mais vraiment présente, une poésie à la fois évidente et maquillée derrière le sarcasme, l’ironie, la dérision.

 

Entendre ses textes à la Comédie Française, dits par Christian Gonon, est un vrai plaisir.

 

Plaisir des mots, dits évidemment avec l’efficacité et la précision d’un comédien qui épouse les nuances avec élégance, manie les silences judicieusement et restitue ces textes ciselés à la perfection.

 

Plaisir du texte, plaisir d’une mise en scène dépouillée (trois chaises, quelques accessoires dont un verre de Saint Emilion, une ampoule, une paire de souliers mis ou enlevés sur scène, une lumière distillée avec parcimonie et toujours très justement) qui n’existent que pour souligner le texte ; des intertextes (« Etonnant, non ? » mélopée presque monacale chantée par des voix off entre les textes) qui rappellent la Minute de Monsieur Cyclopède.

 

Peut-être un léger manque d’aspérité, une interprétation un poil trop lisse dans les premiers textes, une absence de mordant, essentiellement au début. Mais, en dehors de ce détail, le moment fut excellent, réentendre Desproges est, de toute façon, toujours un vrai bonheur.

 

Du bel hommage, donc.

 

 

 

La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute. Pierre Desproges.

Textes interprétés par Christian Gonon, Sociétaire de la Comédie Française.

Théâtre du Vieux Colombier, Paris 6

Jusqu’au 19 mai.

 

 

 

« J’en vois d’ici qui sourient. C’est qu’ils ne savent pas reconnaître l’authentique désespérance qui se cache sous les pirouettes le-doute-mhabite.jpgverbales. Vous connaissez de vraies bonnes raisons de rire, vous ? Vous ne voyez donc pas ce qui se passe autour de vous ? Si encore la plus petite lueur d’espoir nous était offerte ! ».

 

« Peut-on rire de tout ? Peut-on rire avec tout le monde ? S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’i est vrai que ce rire là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère, de la mort. Au reste, est ce qu’elle se gêne, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ?... Alors : quelle autre échappatoire que le rire, sinon le suicide, poil aux rides ? ».

 

02.05.2010

Entre ciel et chair, Christine Singer, Christelle Willemez, Clara Ballatore

Je vais vous parler d’un spectacle qui a été créé au Festival d’Avignon en 2004 d’après le texte « Une passion » de Christiane affiche entre ciel et chair.jpgSinger et qui se joue actuellement à Paris.

 

Une passion, c’est l’histoire d’Héloïse et Abelard. Héloïse est âgée, à la fin de sa vie elle revient sur la passion qui a régit sa vie, celle qui a bouleversé son destin et a fait d’elle une moniale respectée. L’histoire d’Héloïse et Abelard, nous la connaissons tous, ces deux amants unis par une force incroyable, soudés dans la douleur, la souffrance et l’impossibilité de vivre leur amour. Abelard fut châtré, Héloïse se fit moniale pour vivre à ses cotés.

 

Dans le spectacle « Entre ciel et chair », le texte de Christiane Singer est dit par la comédienne Christelle Willemez, accompagnée par Michel Thousseau à la contrebasse ou Birgit Yew au violoncelle, en alternance. Avec une voix basse, rauque, la comédienne incarne Héloïse. Elle raconte son amour naissant, la passion jeune et insouciante entre les deux amants, la peur, la peine, la douleur, la violence des sentiments et leur inéluctabilité. Christelle Willemez est tour à tour passionnée, languide, épuisée, les émotions transpirent et viennent envahir le spectateur. Son jeu est à la fois sobre et fort, Héloïse imprègne chacun de ses mots, c’est une vie de passion, de souffrance, d’attente qui vient s’échouer aux pieds du spectateur. Les intervalles de la contrebasse viennent tempérer, adoucir ou mettre en exergue les sentiments, apaiser la douleur.

 

Entre ciel et chair propose un texte parfaitement écrit soutenu et mis en clarté par une comédienne des plus talentueuses. Christine Willemez illumine son personnage, elle le transcende et réussit à devenir Héloïse sans aucune surcharge, dans un équilibre fragile que jamais elle ne met en péril. Son interprétation est d’une grâce incroyable, chaque mot nous fait frémir alors qu’elle ne bouge pas ou à peine. On frémit, on retient son souffle, c’est juste un magnifique moment de théâtre comme je les aime.

 

A Paris, à l’Aire Flaguière dans le 15ème arrondissement, Christine Willemez dit le texte en limitant ses mouvements à l’extrême. Elle propose également des lectures privées (à partir de 20 personnes), où elle lit le texte, toujours accompagnée d’un musicien (c’est d’ailleurs ainsi que j’ai eu la chance de la voir).

 

 

 

Entre ciel et chair, texte de Christine Singer, Mise en scène Clara Ballatore, avec Christelle Willemez.

REPRISE au Théâtre de L'Aire FAlguière Paris 15° du 29 AVRIL au 13 JUIN : JEUDI à 20h45 et DIMANCHE à 17H30. Durée 1h05.

Réservations au 01 56 58 02 32

15.04.2010

Mais en dehors du théâtre, est-il une vie ? Gaston Baty

Le théâtre est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin… Le théâtre est donc, au premier chef, un service public. Tout comme le gaz, l’eau, l’électricité.

Jean Villar

 

Le théâtre, c’est la vie. Ses moments d’ennui en moins.

Alfred Hitchkock

 

Le théâtre, c’est la générosité, le cinéma, c’est l’avarice. La caméra vient nous chercher, il faut tout garder. Le théâtre est le véritable espace d’expression du comédien.

George Cukor

 

Le théâtre, ça m’éclate.

Amanda Meyre

 

Pass theatre.jpgPff, encore du théâtre…

 

Je relaie une info en passant… Au cas où ou vous auriez envie d’aller au théâtre… Parce que y’a que ça de vrai les amis…

 

Telerama lance le Pass Telerama Théâtre du 3 au 9 mai prochains…

 

Comme pour le Festival Cinéma ou le Week end Musées, le système est le même : les amateurs pourront découper dans le numéro des 21 et 28 avril prochains le Pass valable pour deux personnes et payer 10 euros la place (quand on voit le prix de certaines places…).

 

Une centaine de théâtre participent à l’opération à Paris comme en Province :

 

Comédie Française, Théâtre du Rond Point, Montfort Théâtre, Manufacture des Abbesses, la Colline… Théâtre de Sartrouville, Théâtre de l’Ouest Parisien, Théâtre Michel Galabru,… La commune,  Théâtre National de Strasbourg, et d’autres en Aquitaine, Bourgogne, Bretagne, Midi Pyrénées, Haute Normandie…

 

Tout le programme et les informations seront en ligne sur le site de Telerama à partir du 20 avril (www.telerama.fr/theatre). (et, au vu du programme, sachez que certaines pièces sont alléchantes au possible (même que, pour l’une d’elles, je regrette (un peu) d’avoir déjà réservé, payé et reçu mes places au prix fort.. mais c’est la vie …)

 

Pour vous donner une idée : L’illusion comique de Corneille (Comédie Française), La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute, Desproges (Comédie française), Les 39 marches (Théâtre La Bruyère), Songe d’une nuit d’été (Paris 13) Dieu (Woody Allen, Paris 18) , La dame de chez Maxim (Feydeau, Boulogne Billancourt) , Les nuits polaires (Jørn Riel, Basse Normandie) Festival International du nouveau Cirque (Alsace), Premier amour (Beckett, Marseille)… Des auteurs et des styles très variés, tous les amateurs de théâtre y trouveront sans doute leur compte, et les autres aussi… Ainsi que les enfants car plusieurs spectacles jeune public sont programmés…

 

 

Sur ce, bon spectacle ;)

01.03.2010

LE PAQUET – PHILIPE CLAUDEL

C’est un homme seul qui entre en scène. Il traîne derrière lui paquet. Qu’il y a-t-il dans ce paquet ? On n’en sait rien quand l’homme surgit. Un corps peut-être, comme sa forme le porte à croire ? L’homme entame alors un long monologue, mélopée de paquet stock.jpgsouvenirs, de déclarations contradictoires, de réflexions sur son passé. Etait-il un homme d’affaires affairé ? Un garagiste qui a épousé la plus belle femme du quartier ? Un autodidacte qui a réussi comme employé de banque ? On ne sait pas trop. Les souvenirs s’égrènent, « Je ne suis pas seul. Ne croyez pas ça. Non, non, j’ai beaucoup d’amis ». L’homme raconte : sa popularité, son aura qui attirent l’amitié et les honneurs, les privilèges, les protections, dans la vie comme à l’armée. On ne sait si l’homme ment ou s’il a perdu tout ce qu’il possédait et se souvient seulement du temps béni de sa popularité, du temps béni où il avait des amis, un entourage, des proches.

 

Au fil de ce long monologue, le ton change, l’homme évoque sa femme : « Elle s’est approchée de moi. J’ai senti son parfum, musc et citron, légère fragrance boisée, notes de chèvrefeuille, sa chevelure m’a frôlé le visage et elle m’a dit : Milles excuses je voudrais valider. Ce furent ses premiers mots. ». L’ ‘homme change de ton, de sujet, d’humeur. Il triture sans cesse son paquet, le tient, le serre, l’ignore. Tourne autour.

 

On ne sait pas ce qu’il contient, on se contente d’imaginer, de supposer, en se laissant bercer par le récit décousu de cet homme étrange.

 

Etrange, oui.

 

C’est bien le mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette pièce. La plume de Philippe Claudel oscille entre poésie et sombre réalisme. D’un coté certains passages sont très justes et vont montrer du doigt la futilité de la société, nous plonger dans un réalisme triste et mélancolique (« Ma femme aimait beaucoup les supermarchés. Nous y allions environ tous les samedis. Je pense que c’est l’ambiance qui lui plaisait, les lumières, les belles musiques diffusées dans les haut-parleurs d’une remarquable qualité stéréophonique, les sourires des hôtesses de caisse, la prestance des vigiles, souvent de superbes Africains à la peau d’ébène et aux dents d’ivoire, sanglés dans d’élégants costumes croisés en viscose, et qui portaient , par nostalgie sans doute, des cravates ornées de palmiers et de régimes de bananes »), d’une autre coté, d’autres réflexions de l’homme m’ont semblé faciles, attendues, regroupant de grandes généralités sans originalité (« Nous mourrons de trop posséder. Nous possédons trop. Trop d’argent. Trop de choses ». « Nous sommes vraiment un très petit pays dirigé par un tout petit homme. Nous méritons d’être devenus ce que nous sommes devenus. C'est-à-dire rien. Rien du tout. Un peuple fatigué et arrogant. Oublieux. Sans reconnaissance. »).

 

En fait, je crois qu’il manque à cette pièce l’étincelle qui accrochera le lecteur, un scintillement discret mais bien présent, caché sous le monologue de cet homme, que j’ai attendu en vain tout au long de ma lecture. Le discours de l’homme est volontairement incohérent, décousu, mais il s’arrête sans avoir donné beaucoup de réponses ni terminé par un coup de théâtre une révélation ou une réflexion quelconque chez moi.

 

Je reste sur ma faim, et j’espère que la pièce, qui est jouée à Paris en ce moment avec Gérard Jugnot, donnera aux spectateurs qui la verront plus de plaisir ou d’émotions. C’est un bon rôle pour un comédien, comme peuvent l’être les monologues, et Gérard Jugnot y est employé... non pas en contre-emploi, comme je l’ai lu ici et là. Jouer un personnage triste quand on est habitué des rôles comiques est souvent attendu et quelque part un virage logique. Le clown se transforme en clown triste et le tour est joué, les spectateurs ébahis. Beaucoup de comédiens l’ont fait, de Coluche à Jacques Villeret, ils étaient certes très bons, mais le truc est connu maintenant et devient une facilité pour les comédiens dits comiques voulant acquérir une crédibilité plus "sérieuse". Jugnot joue certainement très bien, mais, à mon humble (et très humble) avis, il pourrait jouer un personnage méchant, cynique, épouvantablement détestable : là, ce serait vraiment du contre-emploi et une vraie performance. Ceci dit, je n'ai pas vu la pièce, il y est peut-être (et probablement, du moins d'après certaines critiques lues) très bon. Ce ne sont ici que des réflexions que je me fais.

 

Pour ma part, je n’irai pas voir cette pièce là. J’attendrais un autre rôle et une autre pièce. Dans l’intervalle, je relirais avec plaisir « Le rapport de Brodeck » ou reverrais avec joie « Il y a longtemps que je t’aime », de Philippe Claudel, que je préfère pour l'instant en tant qu'auteur ou réalisateur.

 

 

 

 

Le paquet, Philippe Claudel

Théâtre Stock, janvier 2010, 87 pages

 

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Le Paquet », mise en scène Philippe Claudel, avec Gérard Jugnot, Petit Théâtre de Paris ,mar-sam 21h, dim 15h, 15 Rue Blanche, Paris 9e, m° Trinité, 30 euros.

10.02.2010

LES TEMPS DIFFICILES - EDOUARD BOURDET

La famille Antonin-Faure est issue de la grande bourgeoisie de province, à la tête d’une entreprise familiale florissante qui assure bourdet.jpgle train de vie (très confortable) de la famille depuis des générations. Mais après la crise de 1929, la situation devient périlleuse et les banques et associés commencent à donner des signes de désengagement. Pour éviter la ruine et ne pas perdre le contrôle de l’entreprise, Jérôme Antonin-Faure, à la tête de l’établissement familial, reprend contact avec son frère Marcel à qui il offre de revenir au sein du Conseil d’Administration. Marcel, qui a quitté sa famille des années auparavant pour épouser une comédienne et vivre plus modestement à Bois-Colombes, a besoin d’argent : poussé par sa femme, il va donc s’installer chez Madame Antonin-Faure avec sa femme et ses enfants. Mais la crise perdure et la faillite devient inévitable.

 

Parc chance, Bob Laroche, fils de Mélanie et voisin des Antonin-Faure, tombe amoureux de la jeune Anne-Marie, fille de Marcel. La famille Laroche est extrêmement riche, une alliance Antonin-Faure / Laroche redonnera confiance aux banquiers et sauvera la famille de la ruine. Anne-Marie, fascinée par l’argent des Laroche, accepte l’arrangement et épouse Bob, malgré sa déficience mentale due aux nombreux mariages consanguins de sa famille.

 

L’argent arrivera-t-il à sauver la famille de la ruine ? Ces grands bourgeois veulent à tout prix maintenir leur train de vie, sauver les apparences, quel qu’en soit le prix à payer.

 

Une tragi-comédie cynique et sarcastique qui fustige la grande bourgeoisie farouchement agrippée à ses avantages et fermement décidée à ne pas sombrer dans la ruine. Certains sont aveugles et ne peuvent imaginer que l’argent cesse subitement "d'être là, comme il l'a toujours été", s’imaginant au dessus de route contingence matérielle et naturellement protégés, d’autres complotent avec calcul et vanité. 

 

Hypocrisie, lâchetés, veuleries ne sont jamais loin des sourires et des convenances soigneusement affichées. Jusqu’à la sœur Lucy, fille handicapée de Madame Antonin-Faure, que l’on cache soigneusement dans un coin de la maison familiale. L’argent fait-il le bonheur ? Quand tout s’écroule et que la ruine devient inévitable, seuls certains sauront tomber avec panache et dignité, d’autres choisiront un autre miroir aux alouettes (le cinéma) allant de perdre dans d’autres mirages.

 

Une belle pièce, à lire autant qu’à voir, écrite par l’auteur de Fric Frac, qui fut administrateur de la Comédie Française entre 1936 et 1940.

 

 

Les temps difficiles, Edouard Bourdet

L’avant scène théâtre, 220 pages, octobre 2004

08.11.2009

VIE PRIVEE (The Philadelphia story) Philipp Barry – Théâtre Antoine

A l’origine, une pièce de théâtre de Philip Barry (The Philadelphia story), qui fut adaptée à l’écran par George Cukor en 1940 vieprivee.jpg(titre français : Indiscrétions) : nous sommes à Philadelphie et Tracy Lord, jeune femme issue de la haute société va se remarier avec un jeune loup du monde des affaires. Son ex-mari, Dexter, fait irruption la veille du mariage, accompagné de deux journalistes venus chercher le scoop et les révélations sur cette famille bien en vue et ce mariage mondain. Le chassé croisé amoureux va pouvoir commencer…

 

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04.04.2008

DELIRIUM – LE CIRQUE DU SOLEIL

Le cirque du soleil a été créé à Montréal en 1984 par une jeune troupe de saltimbanques.

Depuis, plusieurs spectacles ont été créés, la renommée de la troupe est installée, reconnue dans le monde entier pour la qualité de ses spectacles, le niveau des artistes, les décors, les musiciens etc. Pour chaque spectacle, un directeur artistique, un metteur en scène, des compositeurs créent tout spécialement une atmosphère, une scénographie qui seront étonnantes. N'allez pas y chercher un spectacle de cirque traditionnel, vous ne le trouverez pas. Ici, point d'animaux, de clowns ou de Monsieur Loyal. Vous y trouverez en revanche des artistes hors pair, des chanteurs, des danseurs, des musiciens, des costumes et maquillages stupéfiants et surtout un univers totalement onirique.

Mardi, Délirium, le spectacle musical du Cirque du Soleil était à Paris.183126619.jpg

Encore une fois, ce fut un grand moment de bonheur. Près de 40 artistes sont sur scène et embarquent les spectateurs dans un délire de musique, rêve, acrobaties, images en 3 dimensions danse, chants qui sont époustouflants. Percussions, mélange d'electro-pop et de musiques tribales, le tout est très rythmé sans jamais lasser.

Un homme rêve. Il est suspendu à un ballon, tantôt debout, tantôt couché, tantôt accroché par les pieds. Parfois le ballon l’engloutit. Il vole au dessus d’une scène immense où se produisent les artistes : chanteurs, musiciens, danseurs, acrobates…1039481557.jpg

Et on part. On part dès les premières secondes dans ce délire, dans ce voyage onirique, mélange de cultures, d’éléments, de sensations.

 

1881807163.jpgDes projections géantes, des artistes qui surgissent on ne sait d’où, qui s’envolent, qui rentrent sous terre, des acrobates incroyables. Tout est réglé au millimètre, tout est parfaitement effectué. 1194682805.jpgLes projections de vagues engloutissent un chanteur qui semble être emporté, une jeune chanteuse est allongée tandis que l'ombre d'une vieille femme est projetée. Réalité ? Projection de nos esprits ? L'effet est subjuguant.

 

Allégorie du temps qui passe, du monde virtuel qui nous absorbe, on se régale, on est hypnotisé par les images, les chants, les mimes…

 

Le final est chanté sur la mélodie du spectacle Allegria, quelle beauté !

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Je suis fan. Fan absolue depuis que j’ai découvert le Cirque du Soleil. Saltimbanco m’avait transportée, Allegria remplie de joie, La Nouba enchantée, Délirium m’aura bluffée.

 Le Cirque du Soleil, c'est pour moi la quintessence des arts du spectacle.

Il faut faire un reproche ? Un seul. Le prix des places est très élevé. Il faut le reconnaître. J'estime en avoir pour mon argent, mais cela reste très onéreux. C'est la seule raison pour laquelle je ne vais pas voir deux ou trois fois le même spectacle...

Voici deux liens (qui j'espère marcheront!) vers un condensé de Délirium...
http://fr.youtube.com/watch?v=V-NMBVI15oE&feature=related

http://www.dailymotion.com/video/xka9e_promo-delirium-cir...

 Ici un extrait d'Alegria :

http://www.gdp.fr/alegria/

Et bien sûr le site du Cirque du Soleil, sur lequel vous pourrez visionner d'autres extraits...

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