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31.01.2011

Jack Rosenblum rêve en anglais – Natasha Solomons

 

solomons.jpgJack, c'est un petit bonhomme qui arrive en Angleterre peu avant la seconde guerre mondiale pour fuir son Allemagne et les persécutions antisémites. Jack arrive donc en Angleterre, avec Sadie sa femme et une vraie volonté de s'intégrer, de se fondre dans ce nouveau pays, de mériter cette hospitalité et surtout, surtout, ne pas décevoir. Etre à la hauteur de sa nouvelle patrie. Ne pas déroger, ne pas choquer, ne pas décevoir. Pour ce faire, il suit même à la ligne les préceptes du fascicule qu'on lui a remis à son arrivée « Informations utiles et conseils amicaux pour tous les réfugiés » où des règles sont données, dont la première « Consacrez dès à présent tout votre temps à l'apprentissage de la langue anglaise ».

 

C'est l'histoire d'un petit bonhomme, donc, qui va s'échiner à correspondre aux critères, se fondre dans la masse, devenir plus anglais que les anglais. Jack crée son entreprise de fabrique de tapis, gagne sa vie, et rêve d'intégrer un club de golf. Mais il y a une différence entre habiter parmi les anglais et être admis au sein d'un club anglais. Une grosse différence que Jack va refuser d'admettre, allant jusqu'à, devant les refus multipliés de tous les clubs anglais, décider de construire son propre golf, même s'il doit y laisser sa santé et son argent.

 

Un roman touchant, qui fleure bon la naïveté de son héros, Jack, et la cruauté des anglais pure souche qui cachent leur antisémitisme derrière une hypocrisie de bon ton. Sur un mode tendresse, Natasha Solomons raconte la difficulté à s'intégrer, la douleur de l'exil, la sècheresse des anglais de la bonne société qui cachent pour des sourires polis un antisémitisme profond qui se nourrit parfois en effet boule de neige, les moqueries des uns nourrissant la méchanceté des autres. Pourtant, certains anglais du Dorset aimeront les Rosenblum et les accueilleront avec simplicité. Mais ces anglais là ne sont ni ducs ni lords et leur gentillesse n'a d'égal que les sordides hypocrisies de leurs voisins anoblis.

 

On sourit souvent devant la naïveté de Jack, son entêtement à bâtir SON golf, sa crédulité qui frise l'ingénuité. On sourit devant l'agacement de Sadie qui supporte les lubies de son mari en taisant sa souffrance et sa douleur de se sentir exilée. On sourit un peu devant le snobisme british avant d'en être au final agacé, voire révolté. On sourit devant la sincérité des paysans du Dorset qui se fiche, eux, que leur nouveau voisin soit juif ou pas, pourvu qu'il aime siroter le cidre spécial de l'ami Curtis, et plutôt trop que pas assez, d'ailleurs, tout comme eux. C'est bourré d'humour et de tendresse, la cruauté et la bêtise humaine sont compensées par la simplicité et la candeur de Jack et Sadie, bref, un roman tout doux qui met du baume au coeur et remplit très largement son office de roman détente à lire au coin du feu.

 

Jack Rosenblum rêve en anglais, Natasha Solomons

Calmann-Levy, 355 pages, janvier 2011

 

« Un roman douillet », dit Cuné. Je suis entièrement d'accord (et merci :)

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Commentaires

Il a été forcément noté lors de mon passage chez Cuné :) Je ne pouvais pas passer à côté !

Écrit par : Joelle | 31.01.2011

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Dans la même veine : '' Une enfance africaine'' de Stéfanie Zweig
Cette famille juive fuit l'Allemagne mais vers le Kenya alors dominion dirigé par les anglais.
Je note le tien pour voir la différence

Le Papou

Écrit par : Le Papou | 31.01.2011

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Je l'avais déjà vu dans une librairie et il me faisait envie. Ton avis vient me confirmer que ce livre est également fait pour moi.
P.S. Si tu continues dans cette voie, attends toi à te retrouver dans mes envies du dimanche chaque semaine.

Écrit par : Will | 31.01.2011

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Woûh, v'la un livre qui a l'air aussi triste qu'une averse londonienne... J'vais mettre une capuche, tiens...

Écrit par : LVE | 31.01.2011

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@ joelle : enjoy !
@ le papou : bienvenue ! (je vais aller me renseigner sur cette stéfanie zweig)
@ will : oups :)
@ LVE : ah bah non, il est attendrissant, touchant, mais pas triste dans le sens premier du terme, tu peux ranger ta capuche:)

Écrit par : amanda | 01.02.2011

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Devenir plus british que les british... juste pour cette drôle d'idée, je suis curieuse de rencontrer ce drôle de petit bonhomme...

Écrit par : Karine:) | 01.02.2011

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Dans un genre différent apparemment mais sur un thème similaire (l'envie de s'intégrer à tout prix dans un pays où le personnage est en exil), cette histoire me rappelle le roman de Jonas Khemiri, "Montecore, un tigre unique". Rien que pour comparer les deux approches (et puisque tu en dis du bien ;o) ) j'essaierais bien celui-ci.

Écrit par : In Cold Blog | 01.02.2011

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Encore un ajout à ma LAL grâce/à cause de toi aujourd'hui ;-( J'avais jusqu'ici loupé les billets sur ce livre mais je suis très très tentée. Je n'ai pas encore eu le temps de regarder la rentrée janvier 2011 en détail, mais il semble y a voir de belles perles...

Écrit par : zarline | 02.02.2011

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@ karine : il est très touchant ce petit bonhomme :)
@ ICB : ce titre me dit quelque chose, mais je ne l'ai pas lu
@ zarline : il y a de bons romans ds cette rentrée, mais aussi des mauvais (enfin à mon sens), j'en ai lâché largement plus d'un, en fait:)

Écrit par : amanda | 03.02.2011

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Voilà qui est très intéressant et très tentant pour le challenge "God save the LIVRE".

Écrit par : La Plume et la Page | 03.02.2011

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@ la plume et la page : du coup je suis allée voir en quoi consiste ce challenge et oui, il correspond en effet :)

Écrit par : amanda | 06.02.2011

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