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27.01.2011
Trois hommes, deux chiens et une langouste – Iain Levison
« Tout en n'étant jamais beau, Walston pouvait au moins être photogénique après une chute de neige. »
Si vous vous demandez ce qu'une langouste peut bien fabriquer dans le titre d'un roman dont l'histoire se passer à Pittsburgh, Pennsylvanie, ne cherchez pas d'explication logique ni cohérente, vous n'en trouverez pas immédiatement. D'ailleurs, la langouste ici n'est qu'une chimère dans la tête de Doug, l'un des protagonistes du dernier roman de Iain Levison.
Doug et ses potes Mitch et Kevin s'ennuient entre chômage, crise conjugale, manque d'argent, galères et petits boulots. Mitch se fait virer du supermarché où il fait semblant de travailler, Mitch promène des chiens, Doug est cuisinier. Des joints et des copains, des discussions, des galères, des coups de main, nos trois compères commencent à imaginer comment s'en sortir. On vole un télé, on la revend, non sans avoir regardé un bon match avant en sirotant des bières. Et si la télé se transformait en Ferrari ? Pourquoi pas ? Ca pourrait rapporter beaucoup plus, finalement ? Qui vole un oeuf vole un boeuf ? Bah oui, mais en ces temps de crise, il faut bien gagner sa vie, et tant mieux si ça débouche sur du plus gros encore.
Comme dans Un petit boulot, Iain Levison plonge dans une farce loufoque sur fond de crise sociale. Ses personnages sont englués dans la mouise, ne sont pas de mauvais bougres dans le fond, et tentent de survivre à qui mieux mieux. La morale n'a pas sa place et de toute façon elle semble elle aussi louvoyer sans regrets quand les patrons licencient. Du coup, les laissés pour compte tentent par tous les moyens de s'en sortir, et tant pis si pour ça il faut voler. Mais Iain Levison s'amuse en imaginant des personnages sympathiques et nunuches, des pieds nickelés pas très doués qui rendent leurs ratages encore plus pathétiquement drôles ou drôlement pathétiques, au choix.
On dirait du Westlake, lit on sur la quatrième de couverture (commentaire de Livre Hebdo en référence). Oui, du Westlake, car ces trois potes font évidemment penser à Dortmunter et ses aventures complètement barrées et d'ailleurs Iain Levison s'amuse à donner à une rue de Pittsburgh le nom de l'écrivain récemment décédé. Néanmoins, les romans de Levison sont davantage une peinture sociale où la crise et le chômage sont abordés avec un humour féroce et leurs victimes décrits avec, au final, beaucoup de tendresse sous leurs aspects farfelus.
Les avis de Joelle, Armande, Laurent.
Trois hommes, deux chiens et une langouste, Iain Levison
Liana Levi, Piccolo, janvier 2011, 267 pages
« En farfouillant les offres d'emploi, Doug fut attiré par une annonce qui promettait une fortune en écrivant des livres pour enfants. A l'en croire, le marché était pratiquement sans limites et aucune compétence réelle n'était requise. Il s'accorda un instant de rêverie pour se voir en auteur adulé de enfants et s'aperçut qu'il avait déjà imaginé ça. Deux ans auparavant, au restaurant où il travaillait, Doug avait contemplé les langoustes dans l'aquarium et avait imaginé l'histoire d'une d'elle qui s'échappait. Il voulait que 'histoire soit gaie et que la langouste réussisse à rentrer chez elle dans le Maine pour retrouver sa famille. Debout devant le grill brûlant, la sueur lui dégoulinant dans les yeux, il avait été soudain tout excité à l'idée d'écrire des livres pour enfants, et le lendemain il s'y était mis. Au début tout allait bien. Le décor était planté, la langouste s'échappait et partait gaiement pour le Maine. Annalisa avait dit qu'elle adorait l'histoire et attendait la suite avec impatience. Mais au fur et à mesure que l'histoire avançait, la langouste s'était transformée notablement, la joyeuse évadée en route pour le soleil du Maine était devenue une vagabonde sombre et violente. Au mieux, elle errait sans but, et au pire elle était obsédée par sa vengeance, et malgré les exhortations d'Annalisa pour que l'histoire reste légère, Doug mettait constamment la langouste dans le pétrin. Lorsque celle-ci avait été arrêtée pour avoir vendu du gaz hilarant dans un concert de Phish et avait poignardé un lézard dans un relai routier à la suite d'une dispute pour les restes d'un repas, Annalisa l'avait finalement persuadé d'abandonner définitivement. »
06:05 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne*, Rentrée littéraire Janvier 2011 | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise sociale, chômage, braquage, farce loufoque |
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Commentaires
Oh je voulais le lire celui-ci et je l'ai manqué à "dialogues croisés " parce que j'ai fait ma demande à une mauvaise adresse mail... GGGGGRRRRRR
Écrit par : Hélène | 27.01.2011
Répondre à ce commentaireMalgré le bien que tu en dis, je ne suis quand même pas certaine que ce soit pour moi... du moins, pas en ce moment.
Écrit par : Karine:) | 28.01.2011
Répondre à ce commentaireRien à voir avec le sujet du jour, mais c'est grâce à ton billet sur le Déclin de l'empire Whiting de Russo que j'ai découvert cet écrivain et j'ai adoré le Déclin de l'empire Whiting et en ce moment je lis Un homme presque parfait. Merci et bravo pour ton blog!
Écrit par : Pripri | 28.01.2011
Répondre à ce commentaireCa me plaît l'aspect peinture sociale déjantée. Noté.
Écrit par : freude | 30.01.2011
Répondre à ce commentaireJe ne me rappelle même plus cette histoire de langouste mais je me rappelle bien des trois personnages qui ne font que s'enliser ;) J'avais préféré Un petit boulot mais cela avait quand même été un bon moment de lecture !
Écrit par : Joelle | 31.01.2011
Répondre à ce commentaire"Tribulations d'un précaire" et "Un petit boulot" me restent en mémoire comme de bons livres, humour noir sur fond de peinture sociale... celui-ci est prévu aussi !
Écrit par : kathel | 31.01.2011
Répondre à ce commentaireUn auteur qu'il me faut encore découvrir !
Écrit par : Theoma | 01.02.2011
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Écrit par : cathulu | 27.01.2011
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