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14.01.2011
Le pays de l'absence – Christine Orban
« Je te cherche depuis que je suis toute petite ».
C'est l'histoire d'une petite fille qui est devenue grande, écrivain, mère à ton tour, et qui redevient maman. Maman de sa maman. Sa maman qui oublie, qui se perd dans les méandres de son passé, de sa mémoire, de sa vie. Sa maman qui oublie de grandes choses et retient des toutes petites, ou l'inverse, en fonction des jours.
Face à cette maladie qui débute, puis enfle, enraye le quotidien et balafre l'avenir, Christine Orban écrit un roman tout en sensibilité et pudeur. Un séjour à Paris pour Noël, sa maman qui arrive de Casablanca. Une organisation maîtrisée qui va faillir au fil des fissures et de l'effritement de la mémoire, un emploi du temps qui doit s'adapter, des conversations qui vont s'effilocher au fil des jours, la maladie ressuscite les souvenirs et réveille les vieilles névroses qu'on croyait surmontées et vaincues. Christine Orban se souvient : les relations tendues, les affrontements, les incompréhensions, les dissensions, les rancoeurs, les chamailleries, ces petites choses qui distancient les relations malgré l'amour... cette distance entre une mère et une fille qu'il faut à nouveau surmonter, vaincre pour pouvoir en retour, redonner tout l'amour qui a parfois si mal été donné.
Joliment dit et avec beaucoup de justesse.
Le pays de l'absence, Christine Orban
Albin Michel, 160 pages janvier 2011
Merci à Cuné pour le prêt ! Son avis ici.
Celui de Stef.
« Au téléphone, tu a été une mère parfois. Sauf quand tu m'appelais pour me dire que tu étais seule et que je m'interdisais d'être heureuse par solidarité. Tu le savais. Parfois je te suppliais d'arrêter juste un soir de me le répéter, juste un soir, pour que je ne m'endorme pas avec une boule brûlante dans la poitrine qui m'empêchait de respirer. Mais, comme les enfants, tu ne sais pas garder pour toi, tu parles même si cela blesse, tu te débarrasses des mots mauvais, tu les déverses si cela te chante ou te soulage et tu m'oublies. Tu m'as empêchée d'être insouciante à moins que je ne me le sois pas autorisée ? Il ne te reste que moi. »
06:10 Publié dans *Litterature Française*, Rentrée littéraire Janvier 2011 | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
L'extrait que tu as choisi me touche plus qu'il ne le devrait...
Écrit par : Nymphette | 15.01.2011
Répondre à ce commentairecomme nymphette cet extrait me touche, moi c'est mon père qui n'a plus que moi...
Écrit par : lucie | 17.01.2011
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Écrit par : Karine:) | 15.01.2011
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