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14.09.2010
Plan social - François Marchand
La petite entreprise d’Emile Delcourt va mal : deux années de résultat négatif et aucun moyen pour
mettre en place un plan social. Emile Delcourt a pourtant très envie de sauver sa petite entreprise et continuer à fabriquer des ancres marines françaises faites en France avec des salariés français et des matériaux français dans le beau département du Nord. 396 salariés, il faudrait en liquider un quart pour éviter la liquidation du tout. La solution lui apparaît bientôt, aussi limpide qu’une climatisation infestée de légionellose. Emile Delcourt s’assure de la complicité de Brunier, le délégué syndical CGT de la société, lequel comprend vite qu’il vaut mieux sauver les trois quarts des emplois. Tous deux vont mettre en place ce nouveau plan de sauvegarde de l’emploi, pour que la petite entreprise de Delcourt se refasse une santé sans passer par la case Santé.
Voilà un tout petit roman qui fleure bon l’impolitiquement correct et vitriole avec humour tout sur son passage.
Le consultant, cadre parisien parachuté par Ernst & Laverdure, à moins que ce ne soit Cap Horn (!) qui ânonne ses discours à coup de teambuilding mâtiné de MPP (Management of Process & Performances), en prend son grade sous l’humour féroce de François Marchand (« Il faut dire qu’il était furax de s’être fait refiler une mission aussi pourrie dans un coin tout aussi pourri pour une boîte dont personne n’entendrait jamais parler. « janvier-juillet 20.. : expertise pour la société Delcourt ». Grotesque. Impossible à caser dans son CV. »).
Les banques (Crotale & Chacal) y passent aussi, tout comme les grands patrons parisiens du Cac 40, payés à ne rien faire si ce n’est regarder le bateau couler en attendant leurs stock options ou parachutes dorés (tiens, il faut que je réécoute la chanson de Souchon, by the way) ; sans oublier les leaders syndicaux vendus au syndicalisme corrompu et vérolé par le salariat. Y passeront aussi la réaction des pouvoirs locaux, puis nationaux, quand cette épidémie donnera le jour à une campagne de vaccination d’ampleur nationale qui aura le mérite d’alimenter les conversations dans les dîners, de meubler les titres des journaux et, par la même occasion, d’enrichir considérablement une société pharmaceutique.
C’est savoureux, pimenté, délicieusement caustique : une farce piquante dans laquelle François Marchand croque tour à tour les patrons des petites entreprises et leurs difficultés face à un Etat perché dans sa tour d’ivoire, les idéaux balayés de quelques syndicats par opportunisme électoral, les consultants et leurs salaires proportionnellement inverses à leurs compétences, les pouvoirs publics…
Une caricature parfois acide à lire au second degré et glousser à chaque page, qui me rappelle, dans d’autres styles et thèmes tout aussi délicieux Emmanuel Pons et « Je viens de tuer ma femme » ou « Un petit boulot », de Iain Levinson.
Miam.
Plan social – François Marchand
Cherche Midi, 2010, 120 pages
06:00 Publié dans *Litterature Française*, Rentrée littéraire 2010 | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
| Tags : rentrée littéraire 2010, humour, syndicats, nord, farce, comment faire un plan social, sans payer d'indemnités, consultants, patrons, etc |
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Plan social
"Il faut jouer le jeu."Lorsque cette phrase est prononcée, la meilleure attitude c'est de s'enfuir en courant."
Ironiquement, Swift proposait comme solution radicale pour éradiquer la famine que les pauvres mangent leurs enfants. Ici, un bon patron à ...
Trackback par : cathulu | 28.09.2010
Commentaires
C'est court mais personnellement j'en aurais bien redemandé un peu.
Merci pour le billet.
Écrit par : Solène | 14.09.2010
Répondre à ce commentaireJe parle du roman bien sûr, pas de la chronique...
Écrit par : Solène | 14.09.2010
Répondre à ce commentaireOui, mais... c'est déjà vu, non? On sait tout ça, on bout, on enrage mais on n'a pas de solutions! GRRR
Écrit par : La Nymphette | 14.09.2010
Répondre à ce commentaireJe ne suis pas sûre d'être attirée par le thème. Plus tard peut-être
Écrit par : zorane | 15.09.2010
Répondre à ce commentaireRencontré François Marchand lors des soirées littéraires de Méria pour son précédent livre... ce qui est frustrant, c'est qu'il dénonce mais qu'on arrive pas à trouver la solution pour sortir de ce marasme ! c'est ce qui est ressorti de nos échanges ce jour là ! ;-) http://lepotinoirdedoriane.blogspot.com/2010/05/limposteur.html
Écrit par : doriane | 15.09.2010
Répondre à ce commentaireJamais entendu parle mais comme tu dis, il a l'air tres 'miam' !
Écrit par : L'Ogresse | 18.09.2010
Répondre à ce commentairePlusieurs fois que je croise ce titre, il va vraiment falloir que je me fasse une idée.Un peu comme "le bureau vide" ?
Écrit par : le Merydien | 20.09.2010
Répondre à ce commentaireJ'ai également passé un excellent moment avec ce petit roman!
Écrit par : DF | 29.09.2010
Répondre à ce commentaireFinalement c'est beaucoup plus jouissif que le "bureau vide".Tres tres drôle ce coté grinçant et cynique, Sans compter la reconnaissance de la lutte des classes dans ces stéréotype les plus tranchés. Lecture courte mais bonne.
Écrit par : le Merydien | 30.09.2010
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Écrit par : cathulu | 14.09.2010
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