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22.08.2010
Mon âme au diable – Jean-Pierre Gattégno
En gros, si vous êtes né pauvre, c'est con pour vous. Si, en plus, vous êtes né dans une famille défavorisée et peu instruite, c'est encore pire.
Et je ne vous dis pas à quel point vous êtes mal barré si, en plus, vous n'avez pas la bonne couleur de peau.
Déjà, tout gamin, vous serez envoyé dans un établissement scolaire où vous aurez tout autant de chance d'être initié à la littérature, aux mathématiques, aux langues vivantes que moi de gagner au loto auquel de toute façon de je joue pas.
C'est pas moi qui le dit, hein !
Et bien les élèves que rencontre Simonsky, jeune professeur de littérature vacataire, eux, ils ne jouent pas au loto. Pas plus qu'ils n'ont envie d'apprendre quoi que ce soit d'ailleurs. Il faudrait, en plus, qu'ils assistent au cours, ou, quand ils y assistent, qu'ils prennent la peine d'écouter et même de faire semblant.
Simonsky, après quelques mois de galère, est convoqué par une huile du Ministère de l'Education Nationale. Le contrat est simple : Simonsky accepte un remplacement de quelques mois dans un collège pourri du XIXeme arrondissement (classé Ambition et Reussite) où il enseignera l'anglais et l'espagnol.
(- « Anglais et espagnol ! Il doit y avoir erreur, j'enseigne le français. Je ne connais pas ces langues. - Aucune importance.
-
Comment ça aucune importance ?
-
La méthode Assimil fera très bien l'affaire ».)
Autre clause : Simonsky doit assassiner la principale du collège. S'il accepte, il sera affecté, pour la rentrée suivante, dans un « bon » collège, plutôt rive gauche...
Est ce une satyre du professorat ? De l'enseignement ? Des élèves ? De l'Education Nationale ?
Tout y passe et les clichés les plus dégradants s'y succèdent dans une escalade qui devient au fil des pages de plus en plus poussive et de moins en moins crédible.
Elèves rebelles (qui organisent trafic de drogue, tournantes, rackets...) professeurs dégoutés et démissionnaires, « jenfoutistes », ministère incompétent et non concerné si ce n'est pas le trucage des résultats scolaires pour les statistiques de fin d'année. Sans compter un discours des plus consternants sur l'échelle sociale, les « bonnes » et les « mauvaises » classes dans lesquelles les élèves évoluent (cf mon introduction).
Le tout forme une caricature grossie pour laquelle Jean-Pierre Gattégno semble avoir puisé dans les faits divers les plus sordides (français et américains), dans le cinéma également, avec force références, de quoi alimenter un tableau pour le moins apocalyptique de l'enseignement à la française.
Aucun humour ne vient sauver le tout qui forme une sorte de thriller (et encore...) lourd et fastidieux, bourré de clichés (j'ai oublié : les « surpoids », ie les élèves obèses qui passent leur temps à bafrer au fond du cours et qui ne passent jamais au détecteur de métal depuis que l'un d'eux est resté coincé et qu'il a fallu le déloger de force...).
Quel est le but ? Quel est l'intérêt ?
Pour moi : strictement aucun.
Mon âme au diable, Jean-Pierre Gattégno
Calmann-lévy, août 2010, 225 pages
L'avis de Stéphie : « Le style est sans relief, les personnages insipides... Un livre vite lu et que j'espère oublier vite car je ne peux en dire aucun bien, malheureusement. »
06:03 Publié dans *Litterature Française*, Rentrée littéraire 2010 | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
| Tags : rentrée littéraire 2010 |
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Commentaires
Deuxième avis complètement négatif, on a compris, on oublie vite :-)
Écrit par : Manu | 22.08.2010
Répondre à ce commentaireAïe ! Après le billet de Stéphie, rideau!
Pourtant l'auteur a écrit un "Longtemps je me suis couché de bonne heure" (un titre pareil, je fonce dessus!) qui n'était pas mal!
Écrit par : keisha | 22.08.2010
Répondre à ce commentaireTon avis me rassure un peu car parfois on a peur d'avoir été injuste avec un roman. Mais je vois que les mêmes choses nous ont dérangées ;-) Au suivant !
Écrit par : Stephie | 22.08.2010
Répondre à ce commentairerien que le quatrième de couverture ne me plaisait pas, mais là! :)
Écrit par : Stéphanie | 22.08.2010
Répondre à ce commentaireBon et bien, ça c'est fait ! En voilà un qui ne passera pas par moi.
Écrit par : Restling | 22.08.2010
Répondre à ce commentaireJe vous plains, Stéphie et toi, de l'avoir lu jusqu'au bout... Et dire qu'il y en a qui aimeront, voire même qui prendront ce genre de livre pour argent comptant !
Écrit par : kathel | 22.08.2010
Répondre à ce commentaireIl ne me tentait pas déjà au départ, bon ben voilà hein ! ;o)
Écrit par : antigone | 22.08.2010
Répondre à ce commentaireIl ne me tentait déjà pas au départ, bon ben voilà, n'est-ce pas ?
Écrit par : antigone | 22.08.2010
Répondre à ce commentaireEt ben nous voilà prévenu, je ne l'avais jamais lu et ...je ne le lirai pas !
Écrit par : Dominique | 23.08.2010
Répondre à ce commentaireDe toute façon, je ne comptais pas le lire. ;-)
Écrit par : Caro[line] | 23.08.2010
Répondre à ce commentaireAh oui, ça a le mérite d'être clair... je n'étais déjà pas du tout tentée chez Stephie alors non, j'oublie ça!
Écrit par : Karine:) | 23.08.2010
Répondre à ce commentaireIl me tentait, mais ton avis ajouté à celui de Stéphie, je crois que je vais renoncer finalement...
Écrit par : pimprenelle | 23.08.2010
Répondre à ce commentaireEt bien, nous savons tous à quoi nous en tenir !
Écrit par : choco | 23.08.2010
Répondre à ce commentaireIl avait pourtant écrit les sympathiques "Neutralité malveillante" et "Mortel transfert"....
Écrit par : cathe | 24.08.2010
Répondre à ce commentaireOuch ! Pas mieux... En même temps, pourquoi s'infliger une telle torture après ton avis et celui de Stéphie ? A la trappe !
Écrit par : Noukette | 24.08.2010
Répondre à ce commentaireJ'ai lu le roman et je ne partage pas du tout ces avis qui relèvent du lynchage. Il est tout de même curieux que cet auteur dont on connaît les romans qui ont presque tout reçu une excellente critique et dont certains ont été adaptés au cinéma soit ainsi cloué au pilori, y compris par ceux qui ne l'ont pas lu. Quand on a lu son dernier roman, que, n'en déplaise à Amanda, je trouve très drôle et très pertinent sur l'état actuel de la société, on comprend qu'il puisse déplaire aux "bien pensants". Quand Amanda se demande quel est le but et l'intérêt de ce livre et qu'elle répond "strictement aucun", il est évident qu'elle n'y a rien compris ou plutôt qu'elle n'a rien voulu comprendre.
Écrit par : BIbirous | 15.09.2010
Répondre à ce commentaireje trouve dommage que vous n'ayez rien retenu de ce qui fait l'intérêt de ce roman : la critique de la supercherie scolaire qui consiste à faire croire aux élèves défavorisés qu'on leur fait faire des études ("Étudier plus pour savoir plus") alors qu'on se moque d'eux, de la course à l'argent qui gangrène tout y compris l'école, de la sécurité policière que l'on veut mettre en place dans les collèges, de la distinction de plus en plus importante entre établissement d'excellence et sous-établissements qui se dotent d'appellations ridicules ("Ambition et réussite"). Les professeurs ne sont pas présentés comme des gens qui "s'en foutent royalement" (la prof d'histoire est quelqu'un qui se donne à fond à son travail, même si c'est pour rien), contrairement à ce que vous dites, les obèses sont stigmatisés, je n'ai rien vu de tout cela dans ce roman, c'est faux et malhonnête d'avancer des choses pareilles. Je suis attristé de voir qu'on puisse ainsi maltraiter un livre. Ce n'est pas ce que l'on attend d'un critique digne de ce nom, même s'il n'a pas aimé un livre.
Écrit par : Bibirous | 20.09.2010
Répondre à ce commentaireMadame,
On m'a prévenu que vous et madame Stéphanie vous faisiez, l'un et l'autre, un plaisir de massacrer mon dernier roman. Vous affirmez (avec beaucoup d'arrogance et de suffisance) que vous n’aviez jamais rien lu de moi avant ce livre. Ce qui est une manière de dire que vous vous fichez pas mal de ce que j'ai pu écrire. Attitude surprenante de la part de quelqu'un qui prétend faire œuvre de critique littéraire. On peut se demander, puisque mes romans vous intéressent si peu, au point que vous vous vantiez de ne pas les avoir lus pourquoi vous avez justement lu celui-là. Je crois que vous feriez mieux de ne pas continuer à ne pas me lire (comme je l'ai également demandé à madame Stéphanie). Ce serait la meilleure idée que vous pourriez avoir.
Écrit par : Gattégno | 24.09.2010
Répondre à ce commentaireJ'ai fait une petite erreur, dans la dernière phrase, il fallait lire :
"Je crois que vous feriez mieux de continuer à ne pas me lire (comme je l'ai également demandé à madame Stéphanie)"
Si si, j'y tiens: surtout ne me lisez plus.
Écrit par : Gattégno | 24.09.2010
Répondre à ce commentaireJ'arrive sûrement après la bataille, mais en lisant le billet d'Amanda et les commentaires qui suivent, je me suis fait la réflexion suivante :
en fait, si je n'ai pas envie de lire ce roman, ce n'est pas le billet d'Amanda qui aura pesé dans la balance mais la réaction outrancière de Monsieur Gattégno.
Monsieur, quand on écrit et que l'on publie des romans, il me semble qu'il faut ensuite accepter le regard et le jugement du lecteur. Faire l'unanimité est une jolie utopie, mais l'on sait bien que ce n'est pas possible. A partir du moment où votre roman est disponible en librairie, vous ne pouvez contrôler tout ce qui s'en dit (et heureusement, puisque nous sommes en démocratie). Considérer qu'un lecteur qui n'apprécie pas votre prose, est à ranger dans la catégorie des abrutis, me paraît bien présomptueux. De même, depuis quand faut-il avoir lu toute l'œuvre d'un auteur pour émettre un avis sur un roman en particulier ?
Tout ça pour dire qu'alors que le sujet aurait pu m'intéresser puisque j'ai travaillé en lycée pro de nombreuses années, votre mépris pour les lecteurs et votre réaction disproportionnée m'ont ôté toute envie. Après tout, je ne suis pas maso et n'ai pas envie de me trouver ranger dans la catégorie des arrogants parce que j'aurais eu l'outrecuidance de ne pas apprécier votre plume.
Écrit par : Laurence | 26.09.2010
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Écrit par : Cuné | 22.08.2010
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