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14.04.2010
Rendez-vous chez Tiffany - James Patterson
A huit ans, Jane, comme beaucoup d’enfants, a un ami imaginaire. Il est grand comme un grand frère qu'on aimerait très fort, s’appelle Mickaël et l’accompagne partout. Avec
Mickaël, Jane peut parler, discuter, échanger, se sentir exister alors que sa mère, Viviane Margaux, productrice réputée de Broadway, se préoccupe davantage de collectionner les maris, conserver sa taille de guêpe, éradiquer le moindre embryon de ride et surtout, surtout, se passionne pour les diamants (Viviane et Jane vont d’ailleurs tous les dimanches chez le célèbre bijoutier de la 5th avenue). Mais tout a une fin et la règle est stricte pour les amis imaginaires : le jour du neuvième anniversaire de l’enfant, ils doivent lui avouer la vérité et disparaître de leur vie. L’enfant ne se rappellera pas d’eux. C’est ainsi. Les amis imaginaires sont alors appelés vers une autre mission, auprès d’un autre enfant. Mickaël se glisse hors de la vie de Jane. Vingt-trois ans plus tard, alors que Jane est devenue auteur de théâtre, elle aperçoit Mickaël dans la rue. Mickaël qu’elle n’a jamais oublié…
C’est beau, non ?
Ça ne vous arrache pas une petite larmichette ?
Franchement, vous exagérez ! Allez, une toute petite !
Non ?
Bon.
De toute façon moi non plus.
Je n’aime pas les grosses ficelles et j’en ai eu pour mon compte avec Rendez-vous chez Tiffany (même le titre en est une…).
Tout y est : pour commencer, l’enfant est timide et complexée (elle est rondouillette, sa mère ultra-mince), elles sont riches, vivent dans l’Upper East Side, sont amenées à côtoyer des acteurs étincelants et creux comme un diamant de 10 carats. Mais alors que Viviane adooore et entretient jalousement ce statut social, Jane, elle, se moque éperdument de l’argent, et continue à cacher, devenue adulte, des oreos au fond de son placard pour les jours de tristesse (ça commence à m’agacer, d’ailleurs, cette façon qu’ont certains auteurs de caser des clones de Bridget Jones partout, pensant sans doute que les lectrices s’identifieront et fondront pour le personnage). Jane en grandissant est devenue jolie certes, mais toujours rondelette, elle subit les réflexions de sa mère, cumule les historiettes d’amour sans succès, et ne rencontre que des spécimens très beaux mais uniquement intéressés par son argent…
Mickaël, de son coté, est donc un ami imaginaire. Mais comme c’est un job difficile (imaginez vous en train de devoir supporter les geignardises d’un gamin toute la journée, et ce pendant neuf ans… et vous verrez…moi à leur place, je les balancerai dans l’Hudson dès qu’ils savent parler et j’irai au ciné) il a droit à des vacances entre deux missions (ce ne sont pas des congés payés car les amis imaginaires n’ont qu’à claquer des doigts pour faire apparaître des liasses de billets (tout compte fait, je veux bien devenir amie imaginaire, tiens. J’adore écouter les enfants. Et il n'y a pas de sot métier et je pourrais même leur apprendre à nager pour le même prix)) (L'autre avantage en nature de la profession, c'est que l'on ne vieillit pas, donc le Mickaël que Jane connaissait à 8 ans est toujours le même trentenaire, c'est bath). Et c’est pendant ses vacances qu’il va retrouver Jane par hasard. Jane qui se souvient de lui alors qu’elle ne devrait pas…
Du sirupeux bien dégoulinant de bons sentiments, du glamour (5th avenue, Broadway, Jane se paiera même, un jour de cafard, une bague Tiffany à treize mille dollars sur un coup de tête (qui grève à peine son budget, hein) du quotidien (Jane lutte contre son embonpoint quand sa mère lutte contre les rides), une palanquée de situations les plus attendues les unes que les autres (qui sont appelées, dans la quatrième de couverture « rebondissements et sentiments »…), et le tout servi avec un style que je vous laisse apprécier :
« Mon cerveau me hurlait de ne pas le croire, alors même que mon cœur notait l’incroyable sincérité de ses mots »
« La bague était de toute beauté. D’une splendeur à me faire mal aux yeux. Au cœur aussi. »
« A la première cuillérée de ce délice, tous les vieux souvenirs se bousculèrent dans ma tête. Une expérience très proustienne, du genre A la recherche des plaisirs inavouables perdus. »
« Ce qu’il vit ensuite lui coupa le souffle. Sa main se plaqua sur sa bouche mais il ne put retenir une inspiration haletante. »
Le suspens, lui, ne coupe pas le souffle : il réside uniquement sur la conventionnelle question « Pourquoi Jane reconnaît-elle Mickaël ? Est-ce une autre mission imprévue ? Oh… nooonn… il va devoir l’accompagner jusqu’à sa mort prématurée ? (oh… zut… j’ai spoilé… sorry).
Oups, rassurez vous, tout est bien qui finit bien (oups, j'ai encore spoilé...). Bref, une énième sucrette à la sauce Musso tout à fait inutile.
Rendez-vous chez Tiffany, James Patterson
L’Archipel, avril 2010, 276 pages
06:00 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
| Tags : tiffany, new york, guillaume musso us, guimauve et surnaturel |
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Commentaires
Et comment ce livre a-t-il atterri dans tes petites mimines, une envie de sucre ? :)))
Écrit par : cathulu | 14.04.2010
Répondre à ce commentaireMême question que Cathulu : tu avais envie d'écrire un billet un peu méchant pour t'attirer les foudres de lecteurs ou d'un éditeur ?!?
Écrit par : Yohan | 14.04.2010
Répondre à ce commentaireQuelle déception ! J'ai été une lectrice admirative de James Patterson pour ses polars avec l'inspecteur Alex Cross, donc, là, je pleure !
Écrit par : emmyne | 14.04.2010
Répondre à ce commentaireL'avantage de ce genre de livres, c'est que tu en fais toujours d'excellents billets très drôles !!!
Écrit par : Caro[line] | 14.04.2010
Répondre à ce commentaireAprès quelques essaies de cet auteur en dehors de sa série avec Alex Cross (excellente d'ailleurs !), j'ai arrêté car c'est devenu vraiment trop commercial et sans aucun caractère ! Vu ton billet, ce n'est pas ce titre qui va me faire changer d'avis ;)
Écrit par : Joelle | 14.04.2010
Répondre à ce commentaireha ben c'est malin d'avoir spoiler la fin! Je voulais le lire!! heureusement Musso vient de sortir un nouveau roman, je vais donc avoir ma dose de guimauve :)
Écrit par : Aguri | 14.04.2010
Répondre à ce commentaire"Sa main se plaqua sur sa bouche mais il ne put retenir une inspiration haletante", ah j'adore ce genre de phrase! Bah quoi??
Écrit par : Isabelle | 14.04.2010
Répondre à ce commentaireMon dieu, je suis à deux doigts de faire une crise d'hyperglycémie (à cause de la guimauve, hein, pas de mon déjeuner).Etrange de la part d'un auteur de polars de faire quelque chose de si... euh... dégoulinant!
Écrit par : zarline | 14.04.2010
Répondre à ce commentaireOutch ! Dommage je trouvais la couverture très jolie ;)
Écrit par : Stephie | 14.04.2010
Répondre à ce commentaireJ'adooore ce genre de billet ;-) Mais en plus, je pourrai ajouter que Patterson a là plagié un film qui a bercé mon enfance (et dont je ne connais pas le titre français parce que mon enfance a été bercé par des films en vo non sous-titré : drop dead fred) et dans ce film, une petite fille a un ami imaginaire (Fred donc), qu'elle revoit à l'âge adulte... Alors plagiat ou pas plagiat ? ;-)
Écrit par : Emeraude | 15.04.2010
Répondre à ce commentairele titre m'aurait aussi fait de l'oeil, mais avec ton billet au moins j'ai passé un bon moment, je ne suis pas frustrée et mon porte monnaie te remercie, donc jackpot!!
Écrit par : faelys | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireMince, je pense que j'ai un titre de cet auteur dans ma PAL.
Écrit par : Manu | 17.04.2010
Répondre à ce commentaireLe problème avec le sirupeux c'est que ça peut devenir très vite écoeurant !
Écrit par : L'or des chambres | 17.04.2010
Répondre à ce commentaireOh my god, je suis morte de rire... et le pire, c'Est que j'ai presque le goût de le lire tellement c'est fou!!!
Écrit par : Karine:) | 21.04.2010
Répondre à ce commentaireJ'ai eu ma dose d'anges gardiens, donc je te laisse les amis imaginaires!! Malgré les bagues en diamant!! :-)
Écrit par : chiffonnette | 23.04.2010
Répondre à ce commentaireJamais lu cet auteur et pas vraiment envie après ton article.
Écrit par : Valérie | 25.04.2010
Répondre à ce commentaireTa critique m'a drolement plu, c'est pour cela que je vais lire ce bouquin, car j'aime aussi me faire mon propre avis. Ce sera peut etre du temps perdu mais mais comme on dit qui ne risque rien...
Verdicte d'ici 3 jours.
Écrit par : new | 13.07.2010
Répondre à ce commentaireBen au final ce livre n'a pas ét a la hauteur de mes espérances. L'histoire reste tout de meme sympatique, mais tombe trop vite dans le cliché et le deja vue.
Certaines partie traine en longueur surtout dans le chapitre2.
En résumé, bof, mais bon il faut lire quelque "navets" avant de trouver la perle rare.
Écrit par : new | 14.07.2010
Répondre à ce commentaireCe livre est juste destiné au personne qui aime être emporté dans des romans sentimentaux.C'est effectivement une histoire qui est plutot à l'eau de rose. J'ai été plongé dans le livre de la premiere phrase à la derniere. Je l'ai dévorée. Donc je le conseille à toutes les personnes qui aime Musso, Sophie Kinsella et surtout les belles histoires d'amour! Donc non je ne dirais pas que c'est un Navet, ou encore que c'est un livre Inutile parce que pour ma part, il m'a permis de m'évadée!!
Écrit par : Virginia | 22.05.2011
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Écrit par : Cuné | 14.04.2010
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