« LES LIEUX SOMBRES – GILLIAN FLYNN | Page d'accueil | LA DIAGONALE DU TRAITRE – HERVE HAMON »
10.02.2010
LES TEMPS DIFFICILES - EDOUARD BOURDET
La famille Antonin-Faure est issue de la grande bourgeoisie de province, à la tête d’une entreprise familiale florissante qui assure
le train de vie (très confortable) de la famille depuis des générations. Mais après la crise de 1929, la situation devient périlleuse et les banques et associés commencent à donner des signes de désengagement. Pour éviter la ruine et ne pas perdre le contrôle de l’entreprise, Jérôme Antonin-Faure, à la tête de l’établissement familial, reprend contact avec son frère Marcel à qui il offre de revenir au sein du Conseil d’Administration. Marcel, qui a quitté sa famille des années auparavant pour épouser une comédienne et vivre plus modestement à Bois-Colombes, a besoin d’argent : poussé par sa femme, il va donc s’installer chez Madame Antonin-Faure avec sa femme et ses enfants. Mais la crise perdure et la faillite devient inévitable.
Parc chance, Bob Laroche, fils de Mélanie et voisin des Antonin-Faure, tombe amoureux de la jeune Anne-Marie, fille de Marcel. La famille Laroche est extrêmement riche, une alliance Antonin-Faure / Laroche redonnera confiance aux banquiers et sauvera la famille de la ruine. Anne-Marie, fascinée par l’argent des Laroche, accepte l’arrangement et épouse Bob, malgré sa déficience mentale due aux nombreux mariages consanguins de sa famille.
L’argent arrivera-t-il à sauver la famille de la ruine ? Ces grands bourgeois veulent à tout prix maintenir leur train de vie, sauver les apparences, quel qu’en soit le prix à payer.
Une tragi-comédie cynique et sarcastique qui fustige la grande bourgeoisie farouchement agrippée à ses avantages et fermement décidée à ne pas sombrer dans la ruine. Certains sont aveugles et ne peuvent imaginer que l’argent cesse subitement "d'être là, comme il l'a toujours été", s’imaginant au dessus de route contingence matérielle et naturellement protégés, d’autres complotent avec calcul et vanité.
Hypocrisie, lâchetés, veuleries ne sont jamais loin des sourires et des convenances soigneusement affichées. Jusqu’à la sœur Lucy, fille handicapée de Madame Antonin-Faure, que l’on cache soigneusement dans un coin de la maison familiale. L’argent fait-il le bonheur ? Quand tout s’écroule et que la ruine devient inévitable, seuls certains sauront tomber avec panache et dignité, d’autres choisiront un autre miroir aux alouettes (le cinéma) allant de perdre dans d’autres mirages.
Une belle pièce, à lire autant qu’à voir, écrite par l’auteur de Fric Frac, qui fut administrateur de la Comédie Française entre 1936 et 1940.
Les temps difficiles, Edouard Bourdet
L’avant scène théâtre, 220 pages, octobre 2004
06:08 Publié dans *Au théâtre ce soir* | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
| Tags : vive le theatre !!!!, bourgeoisie, comédie française, edouard bourdet, maryvonne you're the one (private message) |
|
Facebook
Tweet
Commentaires
Voilà une oeuvre dont je n'avais jamais entendu parler. Je dois me rendre à la bibliothèque de l'université cette semaine. Je crois bien que je vais en profiter pour y emprunter un titre de Bourdet. Merci pour cette découverte.
Écrit par : Louis | 10.02.2010
Répondre à ce commentaireEn lisant ton billet au fur et à mesure, je me disais que je connaissais cette histoire ... Il me semble l'avoir vu au théâtre, il y a longtemps. Et l'auteur ne m'était inconnu ! Une pièce dont je note le titre, car elle me paraît convenir à mes envies de ricaner un peu sur les déconvenues de certains personnages ;-D
Écrit par : Nanne | 08.03.2010
Répondre à ce commentaireBonjour Amanda, j'ai vu la pièce jouée au Vieux Colombier par les acteurs du Français, voir mon billet du 04/06/07. J'avais passé un excellent moment. Cette pièce de théâtre de Bourdet me fait penser à deux autres grands auteurs français: Henri Becque (Les corbeaux) et Octave Mirbeau (Les affaires sont les affaires). Bonne après-midi.
Écrit par : dasola | 02.11.2010
Répondre à ce commentaire



Écrit par : freude | 10.02.2010
Répondre à ce commentaire