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03.02.2010
Perette fille perdue
Perrette accompagnait quelques troubadours pour une représentation en province, loin de leur port d'attache habituel.
Ce genre de voyage, il faut le dire, comporte son lot de contraintes et de plaisirs, de kilomètres parcourus, de sandwiches avalés, de nuits écourtées et de fou-rires partagés.
Perette, qui avait prévenu à l’avance qu’elle serait un mauvais pilote, se vit donc confier le rôle de copilote et monta donc dans la voiture d'un adorable régisseur (qui, au passage, est également MNS dans la vraie vie et se demande encore si Perette s'est inspirée de lui dans son récit de cet été) (ceci dit il est charmant aussi, hein, mais bon, revenons à nos moutons).
Perette donc, outre sa capacité à faire des digressions inutiles, se retrouva affectée au copilotage, au guidage, au conseil et à la perspicacité. Autant dire que l'erreur était grave, et l'heure encore plus.
Après une route un chouya longue, Perette et ses amis arrivèrent à proximité de la ville où ils devaient se produire. Mais nos valeureux voyageurs se fourvoyèrent et, au sortir de l’autoroute, durent se rendre à l’évidence : ils étaient perdus.
Un demi-tour, un tour complet d'un quartier et un détour plus tard, Perette réalisa enfin (ou subitement, ou « il était temps ! ») que son nouveau téléphone ultra moderne pouvait, outre lui donner en temps réel la météo (utile pour le brushing, vous confiera Perette dans le plus grand secret), les cours de la bourse (que consulte Perette six fois par jours, vous n'en douterez pas un seul instant) ou lui permettre d'enregistrer une conversation (pour l'écoute, Perette n'a pas encore compris comment faire, mais c'est une autre histoire), son nouveau téléphone, donc, lui donnait également accès à Internet et donc à un site d'itinéraire en ligne (jusqu’à ce jour, Perette se contentait de consulter ses mails et de jouer au scrabble, ce qui est fort distrayant dans la queue au supermarché, sachez le). Mais, encore une fois, revenons à nos brebis égarées.
Le pilote s'arrêta sur un parking. Perette chargea le site qui leur permettrait de rejoindre le reste de la troupe et entra toutes les coordonnées utiles dans la machine. Qui calcula immédiatement l'itinéraire (quelle magie quand même, Perette n'en revient toujours pas). Le pilote démarra et suivit les indications de Perette.
Le pauvre.
Car Perette s'aperçut immédiatement que quelque chose n'allait pas. Que le chemin indiqué semblait, comment dire.... bizarre : aucun nom de rue affiché par la machine ne correspondait à ceux environnants.
Bizarre, se dit Perette. Très très bizarre. Elle vérifia donc les coordonnées qu’elle avait entrées. Redoutant de s’être trompée de ville ou de pays, va savoir avec elle. Autant s’attendre au pire.
En bonne illuminée, c'est assez normal, me direz vous, Perette eut subitement une illumination et compris, au bout de 5 bonnes minutes tout de même, ce qui est assez raisonnable vu ses capacités quotidiennes, qu'elle avait commis une regrettable erreur.
Perette avait confondu.
Ou inversé.
Adresse de départ et adresse d'arrivée.
Inversé ou confondu, ce qui revient au même et avait pour effet de les faire tourner en rond, ou en bourriques, mais certainement pas de les remettre dans le droit chemin.
Elle demanda donc à son pilote préféré de s'arrêter, le temps pour le téléphone de se reconfigurer normalement et d'arrêter de la faire passer pour une idiote, vu que c'était de sa faute à lui et à lui seul si l'écran était trop petit pour sa vue défaillante et qu'elle n'y était évidemment pour rien s'il faisait n'importe quoi ce téléphone débile. En plus le clavier est tout petit et les doigts de Perette trop gros. Voilà. C'est sa faute, pas la sienne. (mais si c'est clair).
Le pilote et les autres passagers ne dirent rien, ce dont Perette leur est encore reconnaissante et firent mine de lui pardonner ce moment d'égarement dû à l'égarement.
Perette, réfléchissant péniblement aux fonctions de son nouveau super téléphone, entra donc les bonnes coordonnées au bon endroit, cocha les bonnes cases et décida d’essayer la fonction Itinéraire en temps réel de son téléphone.
On redémarra, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et Perette suivait précautionneusement les petits points lumineux censés indiquer leur véhicule, le point de départ et le point d'arrivée.
Le pilote demanda à Perette si cette fois ci tout était correctement renseigné. Perette, décidée à faire oublier son étourderie précédente, lui dit OK, continue. Perette fixait attentivement le petit point vert qui représentait leur voiture blanche.
Le petit point vert ne bougeait pas très vite.
Un autre petit point bleu, lui, clignotait doucement. Il représentait le point d'arrivée à atteindre.
Alors que plus haut, un autre petit point rouge, lui, semblait s'éloigner du point vert et poursuivre son propre chemin vers des lieux inconnus. Vers des lieux inconnus situés à l’opposé du point d’arrivée. Comme s’il fuyait Perette, en quelque sorte. Pas fou, le petit point rouge.
Perette se demandait pourquoi ce point rouge bougeait et ce qu'il représentait.
Le petit point vert, lui, tremblait doucement. Perette le considérait en se demandant pourquoi, puisqu'il représentait leur véhicule, il restait à l'emplacement du départ alors que le point rouge s'en éloignait.
Perette fixa le point vert.
Puis elle regarda le point bleu.
Puis elle suivit des yeux le point rouge en comparant son itinéraire avec les noms des rues qu'ils franchissaient.
Elle regarda à nouveau le point vert en espérant qu'il bouge.
Que nenni. Il était là, solidement arrimé au même endroit, comme s’il était en grève.
Ou exigeait un changement de copilote.
Et c'est seulement là que Perette comprit.
Ce que vous avez sans doute compris depuis longtemps, vous.
Perette cria.
STOOOOPPPPPPP !!
DEMI TOUR !!!
Perette s'embourba, rougit, et avoua enfin qu'elle s'était trompée de petit point....
Le vert représentait le point de départ, le rouge leur véhicule. Et pas le contraire.
Le pilote fit demi-tour et se débrouilla seul pour le restant du chemin.
Les autres passagers ne dirent rien. Par discrétion, sans doute. Par amitié, peut-être.
Deux jours plus tard, sur le chemin du retour vers la capitale, personne ne demanda à Perette de jouer les copilotes. On lui suggéra même de lire un livre sans s'occuper du reste.
Finalement, Perette et le pilote firent une partie de scrabble tout au long du trajet, au grand dam de la passagère arrière qui se demande encore avec quels fous elle est partie.
06:04 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
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Commentaires
Le retour de Perrette :)) ( D'accord, il est trop facile celui-ci :)
Écrit par : emmyne | 03.02.2010
Répondre à ce commentaireJe n'aurais pas fait mieux (ni pire ;)!) !
(de toute façon, comme tu l'as si bien dit, c'est écrit TROP PETIT !)
Écrit par : Brize | 03.02.2010
Répondre à ce commentaireMDR ! Peut-être que le mieux pour Perette serait de carrément téléphoner à un(e) ami(e) pour que cette personne la guide à distance ... un peu comme une hot line ;)
Écrit par : Joelle | 03.02.2010
Répondre à ce commentaireHa ! Ha ! Vive les progrès technologiques, moi je dis, rien ne vaut une bonne vieille carte routière !! ;-)
Écrit par : bladelor | 03.02.2010
Répondre à ce commentaireQuand je pars loin pour la formation, j'empreinte le GPS de ma bénévole et il m'amène pile devant la porte...c'est quand même bien pratique !
Écrit par : BelleSahi | 03.02.2010
Répondre à ce commentaireBen attends ils aurait pu légender les points quand même!
On a le même téléphone!
Écrit par : Ori | 03.02.2010
Répondre à ce commentaireAhhh ... Perette me manquait ! Merci Perette d'être ce que tu es : surtout, ne changes pas
Écrit par : Carine | 03.02.2010
Répondre à ce commentairePauvre Perette... Mais je m'inquiète encore pour elle, combien va lui coûter sa mésaventure. Car ces petites choses très utiles comme les téléphones qui vont sur internet, ça ne coûte pas 3 sous.
Écrit par : Solène | 03.02.2010
Répondre à ce commentairePauvre Perette... Mais je m'inquiète encore pour elle, combien va lui coûter sa mésaventure. Car ces petites choses très utiles comme les téléphones qui vont sur internet, ça ne coûte pas 3 sous.
Écrit par : Solène | 03.02.2010
Répondre à ce commentairePerette connaît-elle la chanson de Bénabar "l'itinéraire"?
:)je la lui conseille vivement :)
Écrit par : loulou | 03.02.2010
Répondre à ce commentaireJe pense qu'il y a là un bon livre à écrire pour moderniser le célèbre "Pourquoi les femmes ne savent pas lire les cartes routières"... ce serait la version GPS :-)
Écrit par : Spencer | 03.02.2010
Répondre à ce commentaireOh my gooood! Perette et les GPS - ou les trajets - vous êtes pas amis! Et bien entendu, je suis morte de rire... et totalement, totalement solidaire!!
Écrit par : Karine:) | 04.02.2010
Répondre à ce commentaireOhh lala!!! Quelles mésaventures! Je déteste les GPS! J'aime toujours mieux m'arrêter pour demander mon chemin quand je suis perdue! :o)
Écrit par : aBeiLLe | 04.02.2010
Répondre à ce commentaireMoi aussi je suis une adepte des cartes routières, même si c'est très encombrant et pas pratique du tout à manipuler. Mais je remercie vivement Perette d'avoir partagé avec nous ce grand moment de solitude dont on ne peut rire qu'a posteriori...
Écrit par : Melanie B | 04.02.2010
Répondre à ce commentaireRien de tel qu'une bonne vieille carte ! ça vous apprend à vous repérer et à ne pas être en rade en cas de panne technologique ! sinon y'a mappy... ^^
Écrit par : Choco | 04.02.2010
Répondre à ce commentaireTon article tombe à pic ! Je viens de commander un GPS !
Justement pour éviter ce genre de... comment dire... petits tracas ?
Écrit par : Bon Sens | 04.02.2010
Répondre à ce commentaireoups !! bon ok en plein dedans !!
C'est vrai que question pratique, je préfère Viamichelin :)
Écrit par : Choco | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireEt bien quelle aventure ;)
Finalement, tu as raison vaut mieux le scrabble ;)
Écrit par : anjelica | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireJ'adore!!!
Et sinon, la représentation s'est bien passée?
Écrit par : Mo | 07.02.2010
Répondre à ce commentaireQue c'est beau la technique quand on y comprend quelque chose ... Cela me rappelle le jour où, voulant partir pour Berlin, je suis arrivée à Caen ! Mais c'est une longue histoire ;-D
Écrit par : Nanne | 08.02.2010
Répondre à ce commentaireMême avec un "vrai" GPS ça arrive, nous ça nous est arrivé qu'il décide de s'éteindre comme ça, sans prévenir, alors qu'on était en pleine terre inconnue, à l'approche d'une grande ville où il ne fallait surtout pas se perdre. Et puis il s'est rallumé 2h00 après, quand on était à nouveau sur le droit chemin, après avoir perdu 30 minutes en détours rocambolesques. Merci la madame du GPS!
Écrit par : Mona | 18.02.2010
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Écrit par : cathulu | 03.02.2010
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