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06.08.2009
TANT QU'IL Y AURA PERETTE
Perette nageait sereinement dans l’océan à peine tourmenté par quelques vigoureux rouleaux matinaux, brisant l’eau fraîche d’une brasse déterminée. Au bout de quelques minutes et alors qu’elle prenait pied sur un banc de sable émergeant (la marée était basse et cette halte inopinée s’offrait fort à propos à Perette qui est un peu courageuse et surtout pas téméraire, faut-il avouer à mots couverts (me rappeler que je dois supprimer ce passage avant publication)), Perette eu la surprise de voir surgir à ses cotés, tel Poséidon rasé de près et beaucoup plus jeune, un superbe représentant de la race hominiene masculine.
L’homme lui dit bonjour.
Perette regarda à gauche, à droite, et dû reconnaître que l’Apollon s’adressait à elle et personne d’autre. Manquant de défaillir, elle riva son regard dans une paire d’yeux bleus comme l’océan le soir au soleil couchant lorsque la brise crépusculaire effleure délicatement votre peau offerte aux embruns et que vous savourez la magie de ce spectacle, attendant fébrilement que l’astre du jour pénètre lentement dans les eaux impatientes, abandonnées avec langueur à la chaleur incandescente d’un dernier…
Bref.
Perette répondit bonjour, en se félicitant pour son choix de maillot le matin même. (Noir, une pièce, un peu décolleté mais pas trop, Deborah Kerr aurait approuvé.)
L’homme avait un sourire blanc comme l’émail diamant de l’homme de la pub d’il y a quelques années. Les yeux de Perette glissèrent malgré eux vers le torse puissant, et ne purent en croire eux-mêmes : Hugh Jackman avec quinze ans de moins et de face. Il était beau à se damner un sein. Voire les deux.
Perette regarda à nouveau autour d’elle, et aussi vers la plage pour vérifier que son cher et tendre ne regardait pas dans sa direction. Se félicita encore aussi de son choix de vernis à ongles, même s’il ne se voyait pas tellement avec les vagues, mais bon. Regretta aussi les cannelés façon profiteroles goulûment engloutis la veille au soir, mais c’est une autre histoire.
Mais en fait de plage, elle ne voyait qu’un horizon beaucoup plus lointain qu’escompté, tacheté ici et là par quelques silhouettes lilliputiennes.
Perette et Adonis, seuls au monde. Ou plutôt seuls en mer. IL l’avait rejointe.
Elle.
Lui.
Eux.
Eux et les eaux bleues de l’océan…
Dans l’esprit embrumé de Perette surgit le souvenir d'une scène mythique :

C’est alors que l’Adonis lui dit qu’il faisait partie de l’équipe de sauveteurs affectés ce matin là sur la plage, qu’elle s’était trop éloignée, que le drapeau était jaune, la baignade devenant interdite au large de cette portion de plage et qu’elle s’approchait d’une zone de courants qui risquaient de l’emporter tour droit vers le large et aussi vers l’au-delà si elle ne revenait pas vers des eaux moins dangereuses. Le baromètre romantique de Perette baissa soudainement de plusieurs crans.
Perette songeât un instant à soupirer, gémir, simuler la noyade afin de se précipiter, éperdue d’angoisse et les lèvres tremblantes, au creux des bras et du torse convoités, se demandant quel degré d’évanouissement elle devait feindre afin de bénéficier d’un bouche à bouche, une fois revenus sur la plage abandonnée.
Malheureusement, un sifflet retentit de la plage et le jeune homme lui conseilla en souriant poliment de rejoindre la terre ferme, la gratifiant d’un flatteur « vous êtes bonne nageuse » et s’en alla d’un crawl puissant vers une autre jeune femme, qui semblait, elle, plus en difficulté, plus au large, ou plus séduisante, va savoir. (Perette est en fait quasi sûre que cette suédoise siliconée a fait exprès).
Perette haït immédiatement cette simulatrice de pacotille et se hâta de retourner sur la terre ferme et sablonneuse, l’orgueil en berne et l’imagination pas encore refroidie.
Revenue sur terre (c’est le cas de le dire) Perette raconta cette rencontre extraordinaire à son mari, lui vantant les charmes du jeune homme et riant de concert de sa propre méprise. Le mari de Perette lui fit seulement remarquer que les sauveteurs, étant équipés de palmes puissantes, n’ont aucun mérite à nager aussi bien. Et la fille de Perette lui notifia, qu’elle, elle trouvait son papa beaucoup plus beau que le sauveteur.
Moralité : être bonne nageuse ou séduire un MNS, il faut choisir. Les maris sont parfois d’une jalousie mesquine, et les fifilles de 9 ans n’ont pas encore réglé leur complexe d’Œdipe.
11:16 Publié dans Brune dehors blonde dedans | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : deborah kerr, burt lancaster, océan, mns, j'ai assisté ensuite à un vrai sauvetage, c'est impressionant
Commentaires
Evidemment que je te chroniquerai!!!! Tu es mûre pour le concours que Chif et moi préparons pour clore les Harlequinades! :)))
Écrit par : fashion | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireMoi aussi j'adore :)
(A défaut qu'une telle péripétie m'arrive (je ne m'éloigne jamais plus que là où j'ai pied ;o)) (et si je pouvais je me baignerais en col roulé 3XL descendant jusqu'aux pieds), j'ai peut-être engendré un futur MNS, fiston ayant réussi l'an dernier les tests pour entrer dans l'association Surf Rescue. Qu'il ne veuille finalement pas en faire partie n'est que partie remise. Mère d'un Adonis, le seul rôle éventuel possible pour moi... ^^)
Écrit par : Cuné | 06.08.2009
Répondre à ce commentairePamela peut se rhabiller de son maillot rouge! Perette est là!
Écrit par : Ori | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireDès les premières lignes je me suis dit que tu avais dû abuser d'Harlequins pendant tes vacances !!! j'adore !
Écrit par : Doriane | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireM'est avis que l'Harlequin est beaucoup moins drôle mais je ne sais pas, je n'ai jamais eu l'occasion d'en lire un! ;-)
Je vais aller fureter du côté de Paris-Plage voir s'ils ont embauché cette année de beaux animateurs en guise de MNS. Ton billet me donne des idées...
Merci pour cette tranche de vie qui m'a bien faite sourire et bonnes vacances à toi !
Écrit par : Renée | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireI love it! Sacrée Perrette!! Je pensais que tu t'étais transformée en auteure de Harlequin pendant tes vacances!!! Non mais quel style! Tu as des prédispositions, je trouve.. Et ta conclusion m'a fait mourir de rire!!!
Écrit par : Karine :) | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireLes auteurs d'Harlequin n'ont qu'à bien se tenir !!!:)))
Écrit par : cathulu | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireOhh ! j'ai cru que tu nous mettais le début du dernier harlequin lu !!!
Tu as pu prendre une photo du bel Adonis ? (tant qu'à faire:p)
En tout cas, belle prose !
Écrit par : Roudoudou/Anne | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireJ'adore aussi ! :D
Et oui, le début pourrait être celui d'un Harlequin ! Mais puis paf, la fin sonne le glas. :/
Écrit par : Leiloona | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireHmm, ça fait rêver !!! :-)
(ça existe, les MNS de montagne, l'été ?!)
Écrit par : Tamara | 06.08.2009
Répondre à ce commentairePerette (casaque noire) 1 - Pamela (casaque rouge) 0 :)
Écrit par : In Cold Blog | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireMerci pour ce bon fou-rire. La pauvre Perrette a-t-elle mangé des sucreries à son retour pour se venger d'une fin si injuste ?
Écrit par : Stephie | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireeuuuh oui certainement...
Merci pour l'éclaircissement, j'comprends vite mais faut prendre le temps de m'expliquer ;-)
Écrit par : kali | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireLu une fois en me marrant toute seule, relu tout haut dans la foulée pour en faire profiter ma fille (et le savourer à nouveau !)!
Écrit par : Bzeri | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireAu lieu de Bzeri... lire Brize (voilà ce que c'est d'utiliser un ordinateur qui ne vous connaît pas et où il faut saisir à nouveau toutes ses coordonnées !) !
Écrit par : Brize | 06.08.2009
Répondre à ce commentaireAhhh, ça fait du bien d'être de retour. Les aventures de Perette m'ont beauuucoup manqué!
Écrit par : maijo | 07.08.2009
Répondre à ce commentaireJ'ai réellement cru que c'était le début d'une carrière de romancière digne des meilleurs harlequins, Amanda ! Tu as un vrai talent de conteuse d'histoires d'amour qui finissent en plouf et font rire la blogosphère ... Ah ! Tant qu'il y aura des hommes !!
Écrit par : Nanne | 08.08.2009
Répondre à ce commentaireralalalalala trop glamour!!!!! moi qui allais ecrire le meme genre de scene(quoique finalement moins glamour car au supermarche rayon lait et le MNS n'etant autre qu'une de nos connaissance commune ^^ n'aurait sans doutes pas fait phantasmer les autres blogueuses ne le connaissant pas!!! ) :o))))
Écrit par : lamousme | 13.08.2009
Répondre à ce commentaireCe pauvre MNS ne sait pas ce qu'il a perdu en déviant la conversation sur un sujet aussi trivial que la baignade quasi-interdite. Par contre, tes lecteurs y ont gagné un billet délicieux, vive Perette !!!
Écrit par : erzébeth | 17.08.2009
Répondre à ce commentaireje découvre votre blog, tombe sur ce billet, et manque de me faire attraper par mon patron, à glousser devant mon écran!!!!!
merci pour ce bon moment
Écrit par : Laly | 06.11.2009
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Écrit par : fashion | 06.08.2009
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