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03.02.2009
Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada
Découvrir la plume de Philippe Jaenada sur une plage italienne cernée d’un coté par des flammes menaçantes, de l’autre coté par une mer écrasée sous une chape de fumée toxique, avec pour compagnon un touriste nommé Voltaire qui, entre deux quintes
de toux, et devant quelques mollusques agrippés à leur rochers se souvient des larmes de sa femme devant un plateau de fruits de mer et de la discussion qui en a suivi, n’est pas une mince affaire.
Disons le tout de suite, pendant les 50 premières pages, je me suis demandée si j’irais au bout de ce roman. Et puis, lentement, insidieusement, presque à l’insu de mon plein grè, je me suis laissée happée par cette plume finalement beaucoup plus fine qu’il ne m’y paraissait au début.
L’histoire, donc, se déroule sur une journée. Voltaire, écrivain et scribouillard dans un journal de fillettes, passe ses vacances en Italie, avec sa femme Oum et son fils Geo. Un incendie vient bouleverser la journée qui s’annonçait paresseuse. Cernés par les flammes, menacés d’asphyxie par la fumée, Voltaire et sa famille fuient, accompagnés d’une galerie de touristes et de locaux. Où qu’ils aillent, le feu semble les rejoindre et les narguer (hé hé, je vous aurai, de toute façon, inutile de courir, il faut rôtir à point)… Et c’est fou tout ce qui peut vous passer par la tête quand vous êtes poursuivis par la Faucheuse…
C’est un récit mitonné avec plaisir, farci de parenthèses (il semble que les parenthèses soient une marque de reconnaissance du style « jaenadien ») et de digressions savoureuses que nous offre Philippe Jaenada. A travers les péripéties de cette petite famille qui essaie d’échapper à une mort certaine, nous suivons une troupe de personnages picaresques et, finalement, banalement humains. Point de héros ni de veules imbéciles, seulement quelques touristes face au danger ; le narrateur, Voltaire, observe leur comportement, ne peut s’empêcher de penser à sa vie, de se remémorer une quantité d’anecdotes et de réflexions sur sa vie et sa famille.
Le style est à la fois simple, haletant (même si nous savons dès le départ que la fin sera heureuse (pour certains en tous cas)), et bourré de petites phrases qui font mouche (bon, avec une zeste d’honnêteté je dirais qu’au départ j’y suis restée insensible avant de m’abandonner au plaisir). Et puis, sous le récit, les anecdotes, les digressions, sous la simplicité de la structure du roman (on commence le matin, on passe la journée à fuir le feu, le soir on fera la synthèse de cette journée), se cachent quelques réflexions bien plus profondes qu’elles en ont l’air sur les comportements humains face à la mort, sur notre rapport au danger, nos petits courages et nos grandes lâchetés.
Du coup, je reprendrais bien un deuxième Jaenada, moi.
Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada, Grasset
07:04 Publié dans Litterature Française, Rentrée Littéraire Janvier 2009 | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : philippe jaenada, voltaire, incendie, sauver sa peau, sur la plage abandonnée
Commentaires
La couverture est en tout cas fascinante ! :)
Ecrit par : Laurence | 03.02.2009
Répondre à ce commentaireIl n'y a pas très longtemps, on m'a recommandé un roman de cet auteur "Le chameau sauvage", mais je vais également prendre note de celui-là, en plus je trouve la couverture très originale ! :-)
Ecrit par : Florinette | 03.02.2009
Répondre à ce commentaireAinsi, tu as rejoint la secte des "Jaeneda addicts" fondée par Cécile Qd9 qui ne jure que par Le chameau sauvage ? ;)
En tout cas, tu as sur rendre cette Plage de Manaccora très tentante. Je garde cette référence-là sous le coude.
Ecrit par : In Cold Blog | 03.02.2009
Répondre à ce commentaireHan, j'ai lu ce matin dans Elle un avi ssur ce livre, qui avait éveillé ma gourmandise, là, je crois que tu viens d'emporter le morceau (J'aime les parenthèses, en plus) (Et les noms bizarres)
Ecrit par : Anne la provinciale | 03.02.2009
Répondre à ce commentaireJ'ai "Un Chameau sauvage" dans ma PAL. Je commencerai d'abord par celui-ci.
Ecrit par : Leiloona | 03.02.2009
Répondre à ce commentaireAyant abandonné "le chameau sauvage", ennuyée au-delà du possible par ce roman qui suscite quand même un émoi certain chez tout le monde, je ne suis pas sûre de tenter un autre bouquin de lui. On verra quand la PAL aura diminué. :)))
Ecrit par : fashion | 03.02.2009
Répondre à ce commentaireMoi je n'ai pas trop aimé le Chameau Sauvage mais celui là me tente beaucoup. Si vous voulez en savoir plus sur l'auteur venez découvrir sa plylist (de livres)
http://www.cafebook.fr/index.php/2009/01/playlist-2-philippe-jaenada/
Ecrit par : Emma | 03.02.2009
Répondre à ce commentaireSes premiers romans m'ont fait rire mais là bizarrement, j'hésite car le dernier en date était trop sombre...
Ecrit par : cathulu | 03.02.2009
Répondre à ce commentaireJe n'ai jamais lu Jaenada mais il me tente, juste pour les parenthèses... j'aime les parenthèses!!!
Ecrit par : Karine :) | 04.02.2009
Répondre à ce commentaireJ'avais beacoup aimé "Le chameau sauvage", très belle histoire d'amour sous fond de documentaire animalier, et ta note me donne envie de découvrir celui-ci ! De plus, ce long hiver à Bruxelles me donne des envies d"e plages italiennes !
Ecrit par : céline | 04.02.2009
Répondre à ce commentaireUn autre titre est intéressant: "Vie et mort de la jeune fille blonde". J'en ai parlé il y a quelque temps:
http://fattorius.over-blog.com/article-20599199.html
Et là, merci pour ce billet - le premier que je lis sur cet ouvrage. Je me souviens que l'auteur avait lancé un appel à titres sur le blog de Wrath (http://wrath.typepad.com), ce qui a donné lieu à pas mal d'envois et d'échanges animés, voire rigolos. Mais finalement, ce titre est bien de Ph. Jaenada.
Ecrit par : Daniel Fattore | 05.02.2009
Répondre à ce commentaireLes trois romans de Jaenada que j'ai lus m'ont tous plu, j'en redemande !
Ecrit par : Tamara | 05.02.2009
Répondre à ce commentaireTerrible de voir dans les commentaires tous ces blogs dont j'aime les lectures et qui, ici...
Mais heureux que cette "première" ait été ici un succès ! ;-)
Ecrit par : secondflore | 05.02.2009
Répondre à ce commentaireSi tu le souhaites, j'ai quelques Jaenada à la maison ! ;-)
Ecrit par : Caro[line] | 06.02.2009
Répondre à ce commentaireIl ne faut pas commencer par le chameau c'est son moins bien, mon préféré c'est "le cosmonaute", la plupart des lecteurs préfèrent "nefertiti dans un champs de canne à sucre", et quelques fous rires garantis avec "vie et mort d'une jeune fille blonde", sinon "heureux les simples d'esprit" c'est bien aussi mais c'est de cara zina
Ecrit par : cara zina | 06.02.2009
Répondre à ce commentaireUn autre Jaenada ? Allez, "Le Cosmonaute" :
http://legolb.over-blog.com/article-13212510.html
(c'est marrant... pendant longtemps j'ai été un peu à clamer que Philou était Grand... et à ce train je vais être le dernier à lire son nouveau livre, vu que je ne le trouve nulle part dans ma cambrousse :-(
Ecrit par : Thom | 09.02.2009
Répondre à ce commentaireC'est super gentil... mais je vais décliner, parce que quand il s'agit d'un de mes auteurs favoris, il me les faut toooooous :-)
Bises !
Ecrit par : Thom | 09.02.2009
Répondre à ce commentaireComme dit Miste ICB je suis assez accro à cet auteur au point que c'est à cause de lui que j'ai décidé de mettre systématiquement des parenthèses dans les titres de mes messages bloggesques. Mais je ne suis pas la seule, la preuve par (Quoi de) 9 ici :
http://ceciledequoide9.blogspot.com/2008/08/la-preuve-par-quoide9-la-chameau.html
Ecrit par : Cécile de Quoide9 | 08.03.2009
Répondre à ce commentairema critique du livre en ligne depuis cette nuit avec un lien vers la tienne
Ecrit par : Cécile de Quoide9 | 26.03.2009
Répondre à ce commentaireBon, évidemment, quand on tape son propre nom sur Google, on a toujours un peu honte, on le fait en rentrant la tête dans les épaules, avec un air coupable. Mais si c'est pour tomber sur des pages dans ce genre, ça vaut le coup, quand même. (Merci.)
Ecrit par : Ph.J. | 28.03.2009
Répondre à ce commentaireJe suis "entré" dedans tout de suite et les parenthèses, tirets et autres digressions, au contraire de certains m'ont enchanté. Un vrai bonheur de lecture. Vive la littérature qui fait rire !
Ecrit par : Yv | 20.09.2009
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Ecrit par : Cuné | 03.02.2009
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