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28.11.2008
RESERVATION ROAD – JOHN BURNHAM SCHWARTZ
Une soirée comme une autre au sein d’une famille comme une autre. Un concert en plein air, une soirée passée ensemble, un moment de partage. Sur la route du retour, le père Ethan s’arrête dans une station service.
La famille comme une autre ne sera plus jamais la même : le fils Josh sort de la voiture, fait quelques pas pendant que ses parents sont dans la station.
L’accident. Cruel. Stupide. Atroce. Une voiture arrive, trop vite, et, dans le virage, fauche Josh qui meurt sur le coup.

Culpabilité, deuil, néant, John Burnham Swhartz aborde l’immensité du vide créée par la mort d’un enfant. Le couple idéal se décompose lentement dans cette souffrance impossible à partager, matinée de culpabilité, de regrets et de doutes. On ne communique plus, on se laisse ensevelir sous la douleur, seul, parce que cette douleur là ne peut se partager. Ne peut que se vivre seul, ne se réconforte pas, ne se dissout pas.
Le chauffard, Dwight, de son coté, écartelé entre la culpabilité et la nécessité d’avancer, de vivre pour son propre fils, ne peut se résoudre à avouer. Mais le souvenir du petit garçon le hante.
Le récit alterne les points de vue de chacun des acteurs de ce drame : Ethan le père, Dwight le chauffeur et Grace, la mère. La plume est descriptive, factuelle. Les protagonistes continuent de vivre tant bien que mal. Le tout manque néanmoins de relief, tout est cliniquement décrit, tellement froidement que l’émotion manque. On apprendra que ces familles sont liées, on devinera qu’elles seront amenées à se découvrir, à se déchirer, que la vérité éclatera. Alors on s’accroche. La tension monte à la fin du livre quand le puzzle se met en place. Quand Ethan ouvre les yeux et découvre qui a tué son fils.
Le deuil et ses abîmes racontés d’une façon distante, factuelle. La culpabilité et la lâcheté abordées avec une économie d’effets et de circonvolutions.
Efficace, certes. Peut-être un peu trop sobre pour moi.
L’avis de Cuné que je remercie pour le prêt.
Reservation road, John Burnham Schwartz, Ed. Albin Michel, 393 pages
07:03 Publié dans Litterature Anglo-saxonne, Pas mal, ouais !, Polars, thrillers... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
La couverture me plaît beaucoup (ça, c'est une remarque constructive !), mais tu n'es guère plus convaincue que Cuné... et comme le thème est bien tristounet, mon intérêt pour ce livre s'arrêtera là.
Ecrit par : Brize | 28.11.2008
Je passe mon tour aussi, besoin de lectures plus joyeuses en ce moment...
Ecrit par : Céline C. | 28.11.2008
Je l'avais vu en librairie mais comme tu dis, peut-être un peu trop sobre. En tout cas la couv' est très chouette.
Ecrit par : Laetitia la liseuse | 28.11.2008
Je croirais lire le résumé du roman De Beaux lendemains de Russel Banks. Il suffirait de changer quelques noms...
Je suis bien content de voir que je ne suis pas le seul à avoir droit à des romans décevants ces temps-ci. :)
Ecrit par : Louis | 28.11.2008
Le sujet me tentait bien mais je crois que j'ai besoin de quelque chose de plus léger ces temps-ci...
Ecrit par : Karine :) | 29.11.2008
@ brize : c'est surtout le manque d'émotion qui m'a gênée. J'aime bien ressentir quelque chose à la lecture d'un livre. Ici, j'avais l'impression de lire une histoire sans me sentir concernée en quoi que ce soit
@ céline c : parfois, une histoire triste et glauque me ravit, si je me fonds ds l'histoire...
@ laetitia : belle couverture, oui
@ louis : ah mais "de beaux lendemains" m'avait énormément plu (et c'est surtout tout un village qui parle ds le roman de RB) tu avais aimé ?
@ karine : un ranger et morelli ?!
Ecrit par : amanda | 29.11.2008
Eh bien, malgré les avis un peu tièdes, je suis quand même tentée ! Mais bon, étrangement, ma médiathèque n'a que le film qui en a été tiré ... et pas le livre :( Snif !
Ecrit par : Joelle | 03.12.2008


