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10.11.2008
SEUL LE SILENCE – R.J. ELLORY
Joseph grandit doucement dans sa Georgie natale. La deuxième guerre mondiale n’est encore qu’un écho lointain dont les prémices effleurent à peine les habitants paisibles d’Augusta Falls. Le père de Joseph meurt. La vie continue, un peu bancale, un peu douloureuse, un peu abîmée, mais les blessures sont adoucies par l'enfance qui continue, l'innocence qui illumine encore la vie de Joseph...
… Mais un jour, une petite fille est sauvagement assassinée et les jours heureux se déchirent. Une autre enfant, puis encore un autre… sauvagement arrachées à la vie. Plus leurs vies sont déchiquetées, plus l’innocence de Joseph s’évapore. Joseph vit malgrè lui avec les fantômes des petites filles, lui qui aurait tant aimé pouvoir les protéger, leur épargner cette fin brutale, sauvage, violente, absurde. Joseph s'accroche à la vie comme on s'accroche à une branche pour ne pas couler. Joseph grandit, Jospeh aime, mais la vie a semble-t-il décidé de lui enlever ceux qu'il aime. Encore, toujours.
Des années plus tard, Jospeh devenu écrivain à New York va croiser à nouveau la route de l’assassin. Cet assassin qui semble le hanter autant que les âmes des petites filles qu’il n’a pas su protéger….
Comme le dit Cuné, en fait, l’histoire n’a pas d’importance. Elle est là, oui, elle est prenante, elle nous absorbe, elle nous enserre dans notre lecture. Mais au-delà de l’histoire donc, ou plutôt au-delà du thriller annoncé, il y a surtout cette qualité d’écriture qui fait que vous plongez corps et âme dans la vie d’Augusta Falls, que vous vous abandonnez à accompagner Joseph, que vous vous transformez en ombre silencieuse dans son sillage, vous récoltez chaque souffle, vous humez chaque effluve de ce petit coin d’Amérique. Vous êtes là, avec Joseph et ses copains, vous voulez aussi devenir un Ange Gardien et essayer de protéger les petites filles du comté. Vous êtes avec Joseph quand vous comprenez que le village aura tôt fait de désigner l’étranger comme coupable, coupable justement d’être étranger, différent. Donc coupable. Vous êtes à ses cotés quand il s’exile, quand il essaye de fuir ces fantômes qui le hantent.
C’est un roman qui vous fait vivre aux cotés de Joseph, vivre avec lui, cheminer avec lui. Hanté par la mort et le souvenir des petites filles, habité par leur mémoire, incapable de survivre, Joseph écrit pour se libérer, écrit pour cracher sa douleur et éloigner le mal qui le ronge. Rien n’y fait, le mal rode et Joseph doit l’affronter. Et vous êtes là, toujours, opprimé, suffocant parfois, vous êtes là parce que vous ne pouvez qu’être là. Avalé par le livre et la plume de l’auteur.
C’est un roman dont l’ambiance et l’atmosphère vous étouffent parce que vous êtes en totale empathie avec l’histoire, le personnage. C’est un roman dont le pessimisme est d'une grâce inouie.
Un roman à lire, donc, à caresser ensuite et à garder précieusement dans sa mémoire.
Brillant. Vraiment.
Merci encore à Cuné pour la découverte et le prêt.
Seul le silence, R.J. Ellory, Ed. Sonatine, 2008, 498 p.
06:25 Publié dans Litterature Anglo-saxonne, Romans Noirs, Polars, thrillers... | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
Commentaires
Malgré vos talents réunis, les filles, pour l'instant , je résiste vaillamment. :)
Ecrit par : cathulu | 10.11.2008
Répondre à ce commentairele billet de Cuné m'avait vraiment fait envie !!! mais je crois que je vais attendre un peu...
Ecrit par : Emeraude | 10.11.2008
Répondre à ce commentaireOn ne peut résister à un tel billet ! Je note !
Ecrit par : Manu | 10.11.2008
Répondre à ce commentaireJ'espère que ma biblio va l'acheter ! Sinon, peut-être en tant que cadeau de Noël ...
Ecrit par : Joelle | 10.11.2008
Répondre à ce commentaireJ'avais déjà noté chez Cuné alors là, je triple surligne !!!
Ecrit par : In Cold Blog | 10.11.2008
Répondre à ce commentairehmmm. C'est peu dire que je n'ai pas le temps en ce moment, mais comment résister à deux billets évocateurs d'une lecture passionnante!?
Ecrit par : Choupynette | 10.11.2008
Répondre à ce commentaire(J'ai fait le "test" que l'instit lui fait au début du roman à Tom. Quels mots tu emploierais pour dire "couleur" sans le dire ? réponse : Ben... Chais pas, moi !
Raté ;o))
Ecrit par : Cuné | 10.11.2008
Répondre à ce commentairePour ma part, je capitule totalement, Je suis totalement sous le charme de ton billet...
Vais-je pouvoir attendre Noël (pour me l'offrir ???) :)
Ecrit par : lily | 10.11.2008
Répondre à ce commentaireMerci pour cette belle découverte.
Ecrit par : Alex, Couassous | 11.11.2008
Répondre à ce commentaireEuh... il est sur ma liste d'emprunt, si c'est toujours ok ?! ;-)
Ecrit par : Tamara | 11.11.2008
Répondre à ce commentaireDis donc, tu vas arrêter de parler de livres qu'il faut absolument lire ?!? Déjà que j'ai noté "Wisconsin", il y a même pas 5 minutes, maintenant je dois noter celui-ci... ça ne va pas du tout !!! ;-)
Ecrit par : Caro[line] | 11.11.2008
Répondre à ce commentairePffff si toi aussi tu t'y mets, ça va être difficile de résister !! ;-))
Ecrit par : Florinette | 11.11.2008
Répondre à ce commentaireévidemment ça fait envie pourtant le thème me ferait plutôt peur mais comment résister ?
Ecrit par : yueyin | 12.11.2008
Répondre à ce commentaireje n'avais déjà noté chez Cuné, tu en parles bien...
toi aussi ...
Ecrit par : Odilette | 16.11.2008
Répondre à ce commentaireTrès beau livre, en effet, moins intéressant pour l'intrigue ou le suspense (on ne cherche pas vraiment le coupable, et il y a quelques longueurs), mais comme tu le dis, l'écriture est très belle, précise et soignée. Magnifique roman.
Ecrit par : Nicolas | 23.06.2009
Répondre à ce commentaireJ'ai lu ce roman d'une traite, en apnée ! Quel magnifique polar ! Original de surcroît car la recherche de l'identité du tueur, rapidement évidente, n'est pas primordiale. Tout est dans le récit, le suivi des personnages, la psychologie des individus et du groupe également...
Ecrit par : Marie | 19.11.2009
Répondre à ce commentaireJ'ai lu ce roman d'une traite, en apnée ! Quel magnifique polar ! Original de surcroît car la recherche de l'identité du tueur, rapidement évidente, n'est pas primordiale. Tout est dans le récit, le suivi des personnages, la psychologie des individus et du groupe également...
Ecrit par : Marie | 19.11.2009
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"C’est un roman dont le pessimisme est d'une grâce inouie."
Oui !!
Très heureuse que tu aies plongé dans ce roman qui est aussi pour moi un grand coup de coeur.
Me souviens presque au mot près de la scène dans la cuisine ou ça commence avec son ancienne instit... Une vraie grâce, oui.
Ecrit par : Cuné | 10.11.2008
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