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27.10.2008
CINQ LECONS SUR LE CRIME ET L’HYSTERIE – PATRICIA PARRY
Un congrès de psychiatrie, une foule de praticiens avides d’assister à la conférence d’un des leurs. Un psychiatre renommé, accompagné d’un acteur célèbre. L’attente. Le psychiatre et la star tardent à arriver. Leur livre est un best-seller. L’impatience monte. Que font ils ?
C'est Anne Faure, psychiatre et ex femme d'Antoine Le Tellier, qui découvre le corps d’un des deux hommes. Assassiné.
A ses cotés, un billot de bois.
Sur son visage, un voile de lin.
Sur son flanc, une plaie béante.
Quelques heures après, Anne reçoit un carnet ancien, apparemment écrit par Jacob Bloch, l’un des amis de Sigmund Freud. Carnet dont personne n’a jamais eu connaissance.

Patricia Parry revient cet automne et nous fait retrouver (enfin !) le psychiatre Antoine Le Tellier que nous avions découvert dans « Petits arrangements avec l’infâme ».
Voltaire n’est plus de la partie, c’est Freud qui entre en scène.
Tandis qu’à Toulouse Antoine Le Tellier, Anne et leur ami Sami tentent de comprendre le lien entre les événements rapportés dans les carnets et le meurtre du congrès, Patricia Parry nous fait rebondir d’une époque à l’autre et nous transporte en 1885. Nous suivons Freud et son ami Jacob Bloch, dont les carnets de mémoires surgissent des limbes et ramènent les protagonistes à la fin du 19ème siècle. Les meurtres se multiplient autour de La Salpêtrière dans une mise en scène toujours macabre. La psychanalyse balbutie à peine, la médecine est une science encore masculine. L’hystérie forcément féminine. Les femmes forcément hystériques.
Subitement les meurtres se multiplient à Toulouse, dans une troublante similitude.
J'avais au début quelques réserves quant à l'application de la même mécanique de résonnance entre passé et présent que dans "Petits arrangements avec l'infâme", je craignais de me lasser, d'y trouver un goût de "déjà lu", ces doutes ont été balayés.
Encore une fois, Patricia Parry attrape son lecteur et le ligote à son livre. Les chapitres courts et saccadés se succèdent, le rythme est trépidant et l’ambiance hystérique. Chacun des protagonistes semble ne plus supporter le poids de ses névroses. Ceux qui semblaient sains se révèlent psychopathes, les malades mentaux sont plus clairvoyants qu’il n’y parait ; ce qui semblait clair devient opaque, puis obscur. L’enquête est sinueuse, on se perd dans les conjectures, on analyse, on décortique, on suppute, tout en étant envoûté par le Paris du 19ème siècle et charmé par la capitale occitane.
Patricia Parry est toulousaine, elle aime sa ville et donne plus d’une fois l’envie de prendre le premier avion pour la ville rose.
Je dois avouer que, au bout de quelques chapitres, il m’a semblé deviner, supposer, comprendre qui était l’assassin. Déchiffrer les rouages de l’enquête et me dire que oui, je savais. C’était mon troisième Parry après tout, n’est ce pas? Je savais qui, donc, mais pas pourquoi. Ni comment. Les événements me donnaient raison, j’avais hâte de connaître le cheminement mental de mon assassin présumé.
J’ai avalé les pages avec nervosité, crispation, j’ai suivi Antoine et Anne (Anne dont le personnage m'a semblé prendre, par rapport au précédent roman de Patricia Parry, de l'ampleur, du relief, et ce peut-être aux dépends d'Antoine) le cœur battant… j’ai bifurqué avec eux, je suis revenue en arrière, repartie, toujours fière de moi, glanant ici et là indices, preuves, démonstrations… et je me suis trompée sur toute la ligne. Patricia Parry m’a tuer, là. Envolées, ma prétention, ma clairvoyance… je croyais savoir, je ne devinais rien. Patricia Parry m’a bien bel et bien enveloppée dans un écran de fumée, j’en suis sortie toute étourdie.
(mais je reste inflexible sur un certain meurtre, c’est pas du jeu. N’est ce pas Patricia ?!)
Cinq leçons sur le crime et l’hystérie, Patricia Parry – Seuil 380 pages
Commentaires
Je suis intriguée, depuis le temps que j'entends parler de Patricia Parry sur les blogs... Je vais voir si ma bibliothèque a son premier roman.
Ecrit par : kathel | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireMalheureusement, je ne peux pas. Rien qu'à cause de la couverture, déjà - si j'avais un tel livre chez moi, je n'en dormirai plus. Puis prendre comme cadre la ville où j'habite, et y raconter des meurtres, ça m'effraie. Peut-être que "L'ombre de Montfort" me permettrait de commencer plus en douceur...
Ecrit par : erzébeth | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireChère Amanda, rien ne me fait plus de plaisir que de rouler le lecteur dans la farine. Le libraire de Privat (Rachid) a cru, lui aussi qu'il avait compris... et a dû battre sa coulpe!
Pour ce qui est de l'utilisation du passé, je dois dire que c'est un vrai défi de garder cette "marque de fabrique" tout en surprenant le lecteur... Cela a été l'objet de nombreuses réflexions et je suis vraiment ravie si les lecteurs disent qu'ils ne se lassent pas...
Merci de ta lecture
Ecrit par : Patricia P | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireAh mais je ne connais pas cet auteur ni cet Antoine Le Tellier et j'adooore les romans policiers qui se mêlent de psychanalyse. J'ai encore "L'interprétation des rêves" qui m'attend mais je note celui-là.
Ecrit par : Ys | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireTu penses à moi, dis ? :))) (au fait, j'ai récupéré "les poubelles"...)
Ecrit par : fashion | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireIl faut déjà que je lise les premiers, mais je note, bien sûr.
Ecrit par : maijo | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireOh, mais quelques similitudes avec "L'interprétation des meurtres" de Rubenfeld, non ?
Ecrit par : LVE | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireJe suis en train de le finir et j'aime beaucoup également. Je trouve le contexte historique passionnant et l'intrigue est très habilement ficelée.
Ecrit par : Caroline | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireAmanda, tu me rassures, car moi aussi je craignais un côté répétitif dans la construction de l'intrigue. Bon, maintenant, y'a plus qu'à l'acheter... et le dévorer !!!
Ecrit par : Brize | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireFreud, liens passé-présent... très intéressant. Mais bon, faut que je commence par mettre la main sur le premier!!
Ecrit par : Karine :) | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireJe vais prendre bonne note de cette auteure que je ne connais pas encore !
Ecrit par : Florinette | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireIl faut vraiment que je lise la 1ère aventure d'Antoine Le Tellier !
Et sinon, pour le blog-it expresse : de rien. :-)
Ecrit par : Caro[line] | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireje viens de finir "cinq leçons sur le crime et l'hystérie". j'ai adoré l'ambiance, la façon de mener de front le suspense sur deux époques différentes et de mélanger des êtres réels à des personnages de fiction. Ce livre m'a également donné l'envie de lire une biographie de Charcot.
Ecrit par : liscka | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireTentant effectivement! Je me remets doucement au polar! ;-)
Ecrit par : chiffonnette | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireCelui-là je vais devoir l'acheter malgré mes bonnes résolutions... j'ai trop envie de connaitre les nouvelles aventure d'Antoine et Anne ;-)))
Ecrit par : yueyin | 29.10.2008
Répondre à ce commentaire@ LVE : non, pas vraiment de similitude avec "l'interprétation des meurtres", que j'avais au demeurant beaucoup aimé, hormis la présence du grand Sigmund (encore qu'à l'époque il n'était justement pas encore grand, ce qui a son importance, selon moi)et quelques meurtres. Sans compter que la moitié de l'intrigue se déroule de nos jours. La rencontre avec Antoine Le Tellier, Anne FAURE et Sami DAYAN mérite à elle seule l'investissement.
Ecrit par : Fantômette | 07.11.2008
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Ecrit par : Aifelle | 27.10.2008
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