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28.10.2008
COURIR – JEAN ECHENOZ
Il y a quelque temps, si j’avais dû répondre à la question « Qui était Emile Zatopek », j’aurais sans doute répondu Coureur Cycliste ou boxeur. Voire footballeur.
...
C’est donc en découvrant le roman de Jean Echenoz que j’ai découvert la vie du coureur tchèque, l’homme aux 18 records du monde, le bien nommé la Locomotive Tchèque.
Pas de dates données, on se repère à la chronologie des événements : élève professionnel d’une usine Bata, Emile participe presque malgré lui à une course organisé par son employeur. Emile n’aime ni le sport ni la compétition. Il y va, donc, il n’a pas forcément le choix. Il gagne.
Le top départ d’une carrière hors nomes est donné. Emile pulvérisera un à un tous les records du monde, s’octroiera à la barbe et la stupéfaction de ses adversaires les médailles d’or aux JO de Helsinki. Deviendra une icône nationale, internationale, une bête de foire, tant ses capacités semblent surhumaines, tellement contrastantes avec sa personnalité, son style dépenaillé, son détachement, son apparent dilettantisme.
Jean Echenoz raconte la vie du coureur, simplement, sans fioritures, sans emphase, sans broderies inutiles autour des exploits hors normes de Zatopek.
On se prend au jeu, on ne peut s'empêcher de courir derrière Emile.
Mais Jean Echenoz ne s’attarde pas sur l’exploit en lui-même, non. Ce qu’il nous montre, c’est Emile le coureur : courir, courir pour souffrir autant que pour se dépasser, nous avons l’impression d’être derrière Emile, de nous essouffler dans son ombre, de trotter derrière ce fantôme déhanché, démantibulé, saccadé. Tout bascule et nous découvrons l’homme à travers le regard de l’auteur : plus de fatigue, plus de crampes, nous aimons Zatopek, son calme olympien, son air de ne pas y toucher, mais d’y être quand même. Sa volonté d’aller toujours plus loin, oui, de progresser pour le plaisir, avec une petite pointe d’orgueil : autant gagner une course, puisqu’on s’y engage, non ? D’ailleurs il faut attendre longtemps avant que le nom de Zatopek soit prononcé, sur les 100 premières pages, seul Emile nous absorbe. Nous suivons l’homme, pas le mythe.
Jean Echenoz dresse le portrait d’un homme touchant, forcément passionnant. Le rythme est presque hypnotique. Un bien bel exercice. Une biographie qui n'en est pas une, un roman qui m'a entrainé dans la foulée d'un coureur et ne m'a pas essoufléé. Surprenant.
Courir, Jean Echenoz – Editions de Minuit, 142 pages
06:32 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : zatopek, moi je cours surtout après le temps, echenoz, jeux olympiques, marathon, course à pied
Commentaires
A priori, l'histoire d'un coureur à pied ne me passionne pas, mais j'ai entendu la critique au masque et la plume qui m'a donné très envie de le lire et tu confirmes.
Écrit par : Aifelle | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireZatopek, un nom qui a scandé mon enfance !:)En plus mon père est un coureur émérite alors je note !
Écrit par : cathulu | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireQuand deux virtuoses (Zatopek+ Echenoz) sont aux manettes, le résultat ne peut-être qu'une victoire haut la main.
< Cathu : "scandé mon enfance" ? Que veux-tu dire ?
Écrit par : LVE | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireNos moms riment et comme il était connu à l'époque, je te laisse imaginer la suite ! :)
Écrit par : cathulu | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireJe ne connais pas Echenoz ... il faudrait que je m'y mette un jour tout de même ...
Écrit par : Leiloona | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireComme Aifelle, j'ai entendu parler de ce livre dans le Masque et la Plume et cela m'a vraiment donné envie de le lire. Tu me le prêtes à l'occase ?! D'Echenoz, j'ai dû lire "Je m'en vais" mais je ne m'en souviens pas du tout. Il faudrait que je regarde si je l'ai encore.
Écrit par : Laëtitia | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireA sa sortie j'ai lu des choses excellentes sur ce bouquin que ton billet confirme... Une future lecture donc.
Écrit par : Emma | 28.10.2008
Répondre à ce commentairePour une fois, je ne vais pas me précipiter sur le petit carnet maudit. Les histoires de course ne me tentent pas vraiment, malgré ton billet très enthousiaste! Surtout que je n'avais jamais entendu ce nom avant!
Écrit par : Karine :) | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireJ'ai découvert Jean Echenoz avec "je m'en vais" mais j'ai abandonné au bout de quelques pages. Depuis, je n'ai pas eu envie de poursuivre la découverte de cet auteur mais là, le sujet m'intéresse alors je note.
Écrit par : saxaoul | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireJe te conseille Ravel du même auteur qui raconte la fin de la vie du compositeur et qui est très bien. Je pense que je vais lire celui là aussi!
Écrit par : Mimienco | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireT'avais mis des baskets ou des talons hauts pour courir ;-D ?
Écrit par : Spencer | 28.10.2008
Répondre à ce commentaireBonjour Amanda, j'ai lu ce livre en 2h15. Je vais publier dans les prochains jours, un billet sur ce roman/récit biographique superbe, vite lu, touchant. Un vrai bonheur de lecture. A recommander, à offrir, à prêter, etc... Bonne journée.
Écrit par : dasola | 06.11.2008
Répondre à ce commentaireUn grand merci à l'auteur qui m'a fait redécouvrir mon compatriote. Dommage que le roman s'arrête dans les années 70 et que nous ne pouvons pas assister aux hommages à Zatopek après 1989.
Écrit par : blanka | 10.11.2008
Répondre à ce commentaireUn roman au rythme d'une intensité "zen" à l'image de Zatopek!
On ne voit pas le temps passer ni la piste se dérouler!
Un bel hommage.
Écrit par : katell | 11.03.2009
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Écrit par : Aifelle | 28.10.2008
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