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17.10.2008
LE VILLAGE DE L’ALLEMAND – BOUALEM SANSAL
Rachel et Malrich sont frères algero-allemands, émigrés en France à quelques années d’intervalle. Leurs parents (mère algérienne, père allemand) sont restés à Aïn Deb, en Algérie.
Les deux frères ne se parlent pas, ne se comprennent pas tellement. Trop différents, trop occupés, trop occupés à leurs propres vies. Quand ils apprennent que le GIA a décimé Aïn Deb, que leurs parents ont été égorgés, comme tous les autres habitants du village, Rachel décide de se rendre sur place. Il trouve une valise, ayant appartenu à son père. Et il découvre que celui-ci était un ancien nazi. Un SS qui a échappé à la traque anti-nazi en s’engageant dans les moujahid et en se réfugiant en Algérie…
Les deux journaux, celui de Malrich le gosse de la cité et celui de Rachel le modèle d’intégration, se répondent, se racontent.
Rachel, lui, s’enfonce dans la colère, la honte, s’enlise de plus en plus. Il se glisse dans les pas de son père et voyage. Pologne, Allemagne. Camps. Stalags. Il doit revivre, voir, entendre, ressentir la barbarie. Les mots sont acres, douloureux, le voyage de Rachel vous empoigne, vous broie. Voyage au pays de l’horreur, descente aux enfers dont la seule échappatoire est la mort. Rachel se suicide. Il veut payer pour l’horreur impunie commise par son père.
Malrich quant à lui se révolte et répond par la colère. Malrich, avec son inculture, ses emportements de jeune homme, s’emporte. Contre le nazisme, la terreur, la soumission. Contre l’islamisme et le fanatisme. Contre l'extrémisme. Malrich assimile nazisme et islamisme. Sa révolte est plus naïve, plus partiale.

Que faire quand on découvre que son père était un assassin, un criminel, un bourreau, un nazi ? Comment porter ce poids et vivre avec la culpabilité, la honte, la haine, la colère ? Est-on responsable des crimes de ses parents ? Boualem Sansal nous offre un roman d’une force et d’une ampleur bouleversantes. Le dialogue entre les deux frères s’instaure enfin : un dialogue posthume, un dialogue d’amour et de haine, qui restera sans réponse. Mais quelle réponse apporter face à l’horreur ? L’un choisira la mort, l’expiation, l’autre la révolte, le dialogue, la vérité.
Le roman de Boualem Sansal vous bouleverse, vous émeut. Shoah, horreur, terreur, bien sûr, mais aussi les cités, les gosses qui errent, abandonnés par l’Etat, récupérés par des imans voraces et dangereux, et Algérie, GIA, extermination. Le roman est un choc. Violent, effroyable. Le récit est maîtrisé, puissant. Il vous emporte comme une vague énorme, puissante.
Ecoeurant, hypnotisant, indispensable.
Le village de l’Allemand, Boualem Sansal – Gallimard 272 pages
Lu dans le cadre du Prix des Lectrices ELLE 2009
Les avis d’Antigone et Anna Blume
06:31 Publié dans *Litterature Française*, Prix des lectrices ELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
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Commentaires
Les livres de Boualem Sansal sont indispensables ! ( avis très perso )Ce n'est pas pour rien qu'on dit de lui qu'il est le meilleur ennemi de son pays. J'espère bien que les autres jury seront aussi bouleversés que toi. Si tu n'as pas lu Harraga, précipite-toi chez ton libraire préféré.
Écrit par : Emmyne | 17.10.2008
Répondre à ce commentaireUne surprise t'attend sur mon blog : http://deslivresettout.blogspot.com/
A bientôt
Anna
Écrit par : Anna Blume | 17.10.2008
Répondre à ce commentaireCe livre figure déjà dans ma LAL, je l'ai noté suite à mon coup de coeur pour "Harraga" que je te conseille en passant ! ;-)
Écrit par : Florinette | 17.10.2008
Répondre à ce commentaireCa semble dur mais vraiment bien comme livre. C'est une question qui doit en effet torturer l'esprit quand ça arrive. Bref, je veux le lire!
Écrit par : Karine :) | 18.10.2008
Répondre à ce commentaireoula, effectivement il m'a tout l'air bouleversant !
Je le note pour un tout peu plus tard.
Bravo pour la nouvelle présentation de ton blog, il est magnifique !!
Écrit par : lily | 18.10.2008
Répondre à ce commentaireJe ne suis pas aussi enthousiaste sur ce titre, gênée par quelques parallèles...
Écrit par : antigone | 18.10.2008
Répondre à ce commentaireJe ne suis pas tentée par ce roman, trop dur pour mon humeur du moment...
Écrit par : kathel | 18.10.2008
Répondre à ce commentaireJ'hésite beaucoup devant la dureté du sujet.
Écrit par : Aifelle | 18.10.2008
Répondre à ce commentaireJe n'étais pas tentée à la sortie du roman, mais tu me le remets en tête et me donnes envie...on verra!
Écrit par : Mo | 19.10.2008
Répondre à ce commentaireIl est très bien fait ce livre. J'ai aussi beaucoup aimé
Écrit par : Gambadou | 19.10.2008
Répondre à ce commentairenoté, renoté, surligné, mais toujours dans ma lal. Pas encore dans la pal celui là...
Écrit par : sylvie | 21.10.2008
Répondre à ce commentaireVoilà un livre surement indispensable mais que je n'ai pas envie de lire en ce moment ! Peut-être plus tard ? On verra !
Écrit par : Caro[line] | 21.10.2008
Répondre à ce commentaireMerci ! Je te ferai signe quand je serai disposée à le lire. ;-)
Écrit par : Caro[line] | 21.10.2008
Répondre à ce commentaireJe viens de le lire dans le cadre des coups de coeur de la blogosphère... J'ai moins aimé que son précédent, Poste restante, Alger, mais sans doute à cause d'échos personnels...
Écrit par : Véronique D | 22.01.2010
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Écrit par : maijo | 17.10.2008
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