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26.08.2008
LA FAUSSE VEUVE – FLORENCE BEN SADOUN
Le silence d’un amant. Les mots qui s’effacent et laissent place aux larmes, au vide, au rien, au néant rempli seulement de solitude et de douleur.
La narratrice s’adresse à son homme, son amant. Il est enfermé dans son propre corps, emmuré, séquestré en lui-même.
Locked in syndrome.
Elle parle, alterne le Tu et le Vous, comme lui naviguait entre ces deux pronoms : le tu, celui de l’intimité, et le vous, celui des conversations publiques. Ne pas révéler la liaison, l’adultère, la tromperie, l’amour caché et tu comme une maladie honteuse.
Etre veuve en privé, être veuve secrètement, au fond de soi sans pouvoir hurler sa brûlure ni vomir son désespoir à la face du monde. Même si l’homme avait finalement quitté sa femme, même le regard des autres est rempli de compréhension, le regard de ceux qui savaient, la narratrice éprouve encore le poids liquéfiant du secret, le poids de l’autre femme, celle qu’elle restera : la maîtresse, la coupable, celle par qui le mal est arrivé.
Etre seule pour affronter la peur, le silence et le deuil. Florence Ben Sadoun, dans ce premier roman, raconte avec simplicité et sensibilité la souffrance et la peine.
Comme un film rembobiné, du statut de maîtresse à celui d’enfant, avec des extraits de famille et d’amour fou, ce récit est très joliment écrit ; avec pudeur et sans aucun pathos.
On devinera la part d'auto-fiction dans ce récit. On devinera le nom de l'amant jamais prononcé. Certains y ont vu un déballage, un vomi, du voyeurisme. Pour ma part, je ne garde que le souvenir des mots et l'imtemporalité de ce qu'ils incantent : la volonté d’une femme de se libérer du fardeau d'un amour trop longtemps conservé à l'intérieur, de faire son deuil afin de se sentir à nouveau libre d’aimer.
Une lecture apréciée, donc.
La fausse veuve, Florence Ben Sadoun - Editions Denoël, 107 pages
Les avis de Lisa, Lily, Aelys, Praline, Valdebaz, Lo, Cathulu, Amy, Frisette, Shopgirl, Hélène, Julie, Cécile.
11:17 Publié dans Litterature Française, Rentrée Littéraire automne 2008 | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
Commentaires
Partout sur le net, plus bien sûr un article dans "Elle", plus? Comme Karine, je crains que ce ne soit trop, non ?
Ecrit par : cathulu | 26.08.2008
Répondre à ce commentaireça sent la passion triste et douloureuse susceptible de me plaire...
Ecrit par : Ys | 26.08.2008
Répondre à ce commentaireMon avis rejoint le tien, j'ai ressenti la même chose face à ce texte.
Ecrit par : julie | 26.08.2008
Répondre à ce commentaireJ'aime beaucoup ce tu as écris sur ce roman. J'ai participé aussi à l'opération et il me reste vraiment le témoignage d'une femme, au délà de ce qui a être écrit sur le net ou ailleurs.
Il y a vraiment beaucoup de pudeur dans ses mots et si j'ai pu me sentir un peu "voyeuse", je crois que c'est parce que l'on touche vraiment à quelque chose d'intime dans ce livre.
Ecrit par : Shopgirl | 26.08.2008
Répondre à ce commentaireHum, j'ai posté mon billet aujourd'hui. Pas vraiment emballée, ni par ce qui est exprimé, ni par la forme.
Ecrit par : maijo | 26.08.2008
Répondre à ce commentairePremier avis positif que je lis. Je l'ai reçu aussi ce livre mais il ne me tente plus vraiment... D'autant que l'auteur n'a pas vraiment besoin du buzz sur la blogosphère sachant qu'elle a de nombreux soutiens dans les médias...
Ecrit par : Anne-Sophie | 27.08.2008
Répondre à ce commentaireOUIIIIIIII ! C'est super gentil, merci merci merci !
Ecrit par : Ys | 27.08.2008
Répondre à ce commentaireMon avis sur ce livre est radicalement opposé à celui-ci. En tout cas j'ajoute un lien vers ce message à la suite de ma critique du 13-08-08.
@ Amanda : je ne suis pas trop d'accord avec toi sur l'erreur de ciblage. En effet, je crois que ce phénomène de saturation ne touche que les bloggers/seuses actifs/ves (notamment celles et ceux ayant reçu le livre - enfin, si des mecs ont reçu le livre...), pas les lecteurs/trices de blogs (et pas seulement les blogs littéraires) qui sont les vraies personnes visées par l'opération.
Quant à dire que l'opération est inutile par F.B.S. a des soutiens dans la presse c'est oublié que de nombreuses personnes (dont moi comme je l'ai expliqué dans un message du 11-08-08) ne lisent jamais les critiques culturelles officielles mais préfèrent se fier au bouche à oreille (virtuel ou non)
Ecrit par : Cécile de Quoide9 | 28.08.2008
Répondre à ce commentaireJe suis d'accord avec toi sur le fait qu'un auteur peut (doit ?, devrait ?) écrire avec ses tripes (en plus d'un ordinateur ou d'un stylo sur du papier) mais là où nous divergeons, c'est que je n'ai pas ressenti ça chez FBS : elle est sans aucun doute vraiment en colère et tout et tout mais son texte est fabriqué (dans une critique j'ai lu "sur écrit" et c'est vrai), son style pue le truc et l'artifice à (Qd-) 9 mètres...
Mon blog est lu par des gens divers et variés, pas majoritairement bloggers et je suis convaincue que ce sont les "non bloggers" et les "non accro" à la littérature que visaient "chez les filles" en se tournant vers des blogs qui n'étaient pas spécifiquement littéraires.
J'ai trouvé ça malin... mais à mon avis ç'aurait été encore mieux de sortir encore plus du cadre et de viser des blogs moins "culturels"... et puis surtout, il aurait fallu faire ça avec un bon livre. ;o) ;o) ;o)
Bref, tout ça pour dire que les goûts, les couleurs, etc.
Tiens, je vois Greggio et Foenkinos écrit à ma droite, je vais jeter un oeil.
Ecrit par : Cécile de Quoide9 | 28.08.2008
Répondre à ce commentaireJ'arrive ici via le blog d'Anne-Sophie (La lettrine) et ton commentaire sur la Fausse veuve. Ton billet, comme le sien justement, me donne envie de le lire.
J'ai l'impression qu'il ya eu beaucoup d'avis négatifs sur le livre de Saddoun dans la blogosphère, et je suis d'accord avec toi quand tu dis qu'il y a eu une erreur de ciblage de la part de chezlesfilles. Trop de pub (bonne ou mauvaise) tue la pub...
Ecrit par : Emma | 30.08.2008
Répondre à ce commentaireIl me semble avoir lu des critiques plus négatives mais j'avoue être tentée par ce texte que j'ai en attente, pour l'avoir feuilleté à plusieurs reprises (oui je sais ça ne se fait pas ;))
Ecrit par : Lou | 03.09.2008
Répondre à ce commentairelu aussi, pas encore commenté.
J'ai bien aimé aussi.
Je trouve ça aussi assez courageux.
J'ai lu aussi à la suite le scaphandre et le papillon, que je n'avais pas lu. Ces deux textes se parlent, dix ans après mla mort d'un des deux auteurs.
Ecrit par : sylvie | 05.09.2008
Répondre à ce commentairej'ai enfin rédigé mon billet, et ça n'a pas été chose facile, parce que comme je te le disais, j'ai été touchée par l'écriture, que je trouve courageuse, sans faux semblant, traduisant l'ambivalence des émotions ...
Mais malgré tout, ma lecture a été traversée de questionnements et avec le recul, je reste un peu gênée par la position paradoxale de l'auteur qui publie ce cheminement intime, alors qu'elle a déjà souffert et qu'elle semble s'insurger sur la médiatisation de ce drame...
Ecrit par : sylvie | 22.09.2008
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Ecrit par : Karine | 26.08.2008
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