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08.07.2008
LA FEMME DE L’ALLEMAND – MARIE SIZUN
Une jeune femme, une enfant, un appartement. Elles vivent seules et l’amour qui les unit est fusionnel ; elles ne font qu’une. Fanny et Marion, Marion et Fanny, seules contre tous et unies. Fanny et sa petite Funny-face.
Mais Fanny est malade. Fanny, fille-mère d'après guerre. Fanny qui a fauté avec l’ennemi. Fanny qui a eu un enfant. Fanny qui restera pour tous La femme de l'Allemand. Parti. Mort en Russie. Fanny élève sa petite Marion, loin des on-dit.
Fanny qui se moque du regard des autres, Fanny qui chante, Fanny qui rit.
Fanny qui pleure aussi, parfois, qui crie, Fanny qui prend une voix bizarre, sourde. Fanny dont le regard change. Fanny dont le visage change.
Fanny qui devient une autre, Fanny qui se transforme en un masque hideux devant Marion.
On est transporté dans ce roman. On s'invite dans cette relation fusionnelle, exclusive, intense. On s’enfonce lentement dans cette spirale de folie.
La folie de Fanny, maniaco-dépressive, cette maladie qui se tait, se terre sournoisement pour surgir brutalement. Un instant, une parole, et le monstre bondit et fait surface. Fanny disparait et laisse la place à l'autre, celle dont Marion a peur.
Cet amour inaltérable, inconditionnel, de cette petite fille qui grandit, ne comprend pas, puis, petit à petit, ouvre les yeux, cet amour nous subjugue. Mais Marion se tait, parce qu’elle a honte. Puis elle a honte d’avoir honte. Brulure de la douleur, de l'angoisse. Nous sommes Marion.
C’est un roman d’amour immense, l’amour filial d’une enfant meurtrie, cassée, qui ne peut s’affranchir de cette mère anormale, qu’elle aime tant, pour son anormalité, et qu’elle déteste, pour cette anormalité aussi.
C’est un roman d’amour et de haine, le roman d’une mère et de sa fille. Liées par un lien indissoluble, indestructible, mais qu’il faudra casser, justement, pour que l’une puisse enfin vivre, elle aussi.
Un roman oppressant, suffocant, que l’on referme avec l’envie d’y retourner, parce que c’est un roman d’amour, celui d’une fille. Un cri d’amour douloureux et poignant.
La femme de l'Allemand, Marie Sizun - Arléa, 243 pages, Grand Prix des Lectrice ELLE 2008, catégorie Roman
Les avis de Marie, Laure, Solenn, Clarabel, Sylire, Joelle, Flo, Katell
09:43 Publié dans Litterature Française | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
Commentaires
Oh ! Oui ! "La femme de l'Allemand" est un roman vraiment poignant sur l'amour filial qui m'a beaucoup touché ! Depuis, je l'ai fait lire à ma maman qui l'a elle aussi adoré ! ;-)
Ecrit par : Marie | 08.07.2008
Répondre à ce commentaireOui, c'est un très beau roman, un de mes coups de coeur de l'année 2008. Il faudra aussi que tu lises "le père de la petite" mais je te conseille d'attendre un peu car les thèmes sont très proches. A la rentrée, elle sort un roman que je lirai assurément. Le thème sera cette fois tout autre.
J'ai eu la chance de la rencontrer et j'ai passé un merveilleux moment.
Ecrit par : Sylire | 08.07.2008
Répondre à ce commentaireBrrr... ton commentaire m'a donné le frisson (mais je ne suis pas sûre que le bouquin me plairait, doit falloir s'accrocher avec cette histoire d'entrée progressive dans la folie !) !
Ecrit par : Brize | 08.07.2008
Répondre à ce commentaireTu donnes vraiment envie de se jeter dessus !
Ecrit par : Tamara | 08.07.2008
Répondre à ce commentaireJ'aime les livres sur les relations entre une mère et sa fille et tu parles tellement bien de ce livre.....comment ne pas le noter?
Ecrit par : Jumy | 08.07.2008
Répondre à ce commentaireJ'aime bien votre commentaire, il semble intéressant, ce livre, ce n'est pas gai.
Ecrit par : Georges F. | 08.07.2008
Répondre à ce commentaireAvec tous ces avis poignants sur ce livre, il fait dorénavant partie de ma LAL, mais je me le garde pour plus tard ! :-)
Ecrit par : Florinette | 09.07.2008
Répondre à ce commentaireJe découvrais cette auteure avec "Le père de la petite" que j'ai acheté la semaine dernière dans ma bouquinerie.
Ecrit par : Anne | 09.07.2008
Répondre à ce commentaireCà me tente, mais pas pour en ce moment.
Ecrit par : Françoise | 09.07.2008
Répondre à ce commentaireUne de mes anciennes amies souffre de cette maladie. Il est terriblement difficile d'y résister car elle pousse le malade à détruire tout ce qui est stable autour de lui!
Ta note donne vraiment envie de se plonger dans cette lecture!
Ecrit par : la nymphette | 09.07.2008
Répondre à ce commentaireC'est un livre marquant ! Et je suis contente de voir que Marie Sizun perce de plus en plus avec les prix qu'elle a eu avec ce livre (elle a aussi eu le Prix du Télégramme 2008 avec ce titre et peut-être aura-t-elle le prix CEZAM Inter Comités d'Entreprises en octobre prochain !)
Ecrit par : Joelle | 13.07.2008
Répondre à ce commentairec'est un roman que j'ai déjà noté ... j'ai été interpellée par les billets de sylire et de joëlle. Je le lirai sans doute, mais pour l'instant, il n'est pas dans ma pal...
Ecrit par : sylvie | 15.07.2008
Répondre à ce commentaireComme j'aime ce genre de romans, je note ce titre avec beaucoup d'enthousiasme, merci... Bon dimanche ! A bientôt...
Ecrit par : Nath | 10.08.2008
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Ecrit par : Aelys | 08.07.2008
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