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24.06.2008

A TABLE – TIFFANY TAVERNIER

atable.gifMarie aime Eli. Elle l’a rencontré, est devenue sa maîtresse, et ne vit plus que pour Eli et leurs rendez-vous. Leurs rendez-vous, leurs ébats, les quelques heures qu’ils passent ensemble avant qu’il ne reparte chez sa femme. Marie s’englue dans la dépendance, elle disparaît totalement de sa propre vie. Plus rien n'existe en dehors d'Eli : Marie est une chose fébrile, impatiente, avide, uniquement quand Eli est là. Et, quand elle découvre qu’Eli la trompe aussi, elle décide de le tuer, de le séduire par des repas somptueux, éblouissants, rutilants. Empoisonnés.

Voici un roman qui me laisse assez perplexe. Il y a d’un coté l’effacement progressif puis total de la raison d’une femme, qui s’enfonce volontairement dans une relation de dépendance et de soumission. Mordue, elle l’est, au point de devenir un fantôme, une ombre, une poupée dans les bras de son amant. Marie n’est plus une femme, Marie est la maîtresse, l’amante d’un homme qu’elle attend, qu’elle espère le jour, la nuit. 

De ce coté là, j’ai apprécié le roman et ce récit de l'asservissement d'une femme qui s'annihile volontairement, s'oublie, s'efface. Impressionnant. Choquant, peut-être, mais impressionnant, oui. Mais, et contrairement à Cuné, j’ai vraiment été dérangée par le coté trash des scènes de sexe. Dans l’absolu, je ne vois pas ce que ça apporte, d’insister autant sur des rapports qui m’ont semblé malsains, obscènes.

Tiffany Tavernier maîtrise indéniablement sa plume, les mots sont crus, puissants, incisifs. Les descriptions des agapes que prépare Marie, sa minutie à distiller lentement des saveurs qui seront assassines, meurtrières, et le revirement progressif d’Eli, subjugué, envoûté par cette femme qui n’était pour lui qu’un jouet et devient à son tour une obsession, un Besoin, une Nécessité, compensent la brutalité des scènes de sexes.

Mais tout ça est resté trop trash pour moi. Trop malsain. Jamais vulgaire, certes, mais brr... oui, ça m'a dérangée.

 

Lu dans le cadre de l'opération Babelio.

Commentaires

J'avais lu un autre roman d'elle, l'écriture très sensuelle ne m'avait pour autant pas convaincue.

Ecrit par : cathulu | 24.06.2008

je passe.. j'espère que ma lecture babelio sera plus fun :)

Ecrit par : Stéphanie | 24.06.2008

Pas pour moi .. je passe.

Ecrit par : Françoise | 24.06.2008

Je comprends ce que tu as ressenti. Dans l'absolu, j'ai considéré que ce trash servait à démontrer la spirale de "folie" dans laquelle elle s'enfonce. Pour moi, c'est indéniablement dérangeant, mais compensé.

Ecrit par : Cuné | 24.06.2008

Je passe aussi !

Ecrit par : Brize | 24.06.2008

De l'érotisme oui, mais du "trash"non. Pas d'hésitation, je passe!

Ecrit par : Anne | 24.06.2008

Brrr !! Je passe aussi. Je me sens mal avec les gens qui se font du mal.

Ecrit par : virginie | 24.06.2008

Je n'ai pas envie de dérangant en ce moment...

Ecrit par : goelen | 24.06.2008

Ooop's, les avis exclusivement féminins défavorables s'accumulent... Alors qu'en tant que mec, j'vois dans ce livre une descente en enfer qui attise ma curiosité. Décidemment, pour faire dans le lieu commun, les hommes et les femmes ne sont vraiment (vraiment) pas pareils...

Ecrit par : LVE | 24.06.2008

@cathulu : ici ce n'est pas sensuel à mon avis
@ stéphanie : j'espère aussi !
@françoise, brize, anne virginie, goelen : ok !
@ cuné : je suis d'accord sur la spirale de la folie, mais brr, jusque là... a m'a gênée
@ LVE : tu l'as lu ?

Ecrit par : amanda | 24.06.2008

< Amanda : non, c'est pour ça que je dis que ton post attise ma curiosité.

Ecrit par : LVE | 24.06.2008

@ je comprends. Mais tu vois, dans le Marcus Malte (tu l'as lu au fait ?) la scène du début est particulièrement "hard", mais je l'ai trouvé excellente, brillante. Rien à voir avec ce que TTavernier a fait.

Ecrit par : amanda | 24.06.2008

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