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20.06.2008
CONVERSATION AVEC IN COLD BLOG
En février dernier je me disais que In Cold Blog devait faire partie de mes prochains invités pour ma rubrique "Conversation avec un(e) bloggueur(se)". Puis ICB a fermé son blog. Dommage, me suis-je dit, et tant pis, j'attendrais qu'il revienne. Les semaines passant et ICB toujours absent (ou passant en coup de vent ici ou là), je me suis que flûte, blog ouvert, blog fermé, peu importe, nous avons toujours plein de choses à nous dire (et la preuve en est avec cette conversation plutôt... longue !)
A : Bonjour In Cold Blog, tu as ouvert ton blog en août 2006 avec ces mots là : « Bienvenue… au fil de mes pérégrinations littéraires : coups de cœur, déceptions, découvertes; auteurs confirmés ou non, tirages confidentiels ou best sellers… Toujours sans a priori, complaisance ou snobisme. Simplement pour le plaisir de partager... » . Pourquoi un blog ?
ICB : Pourquoi un blog ?... Pour tromper l’ennui au boulot, m’occuper l’esprit avec quelque chose de nouveau. Je m’ennuyais ferme à longueur de journée et puisque aucun projet motivant ne se manifestait à l’horizon, j’ai arrêté d’attendre et décidé de m’en créer un tout seul, comme un grand. Mais pourquoi un blog et pas un autre projet me direz-vous ? L’idée du blog m’est venue en réaction contre une de mes collègues de l’époque (oui, je sais, c’est pas reluisant) qui croyait détenir le secret du feu sous prétexte qu’elle venait d’ouvrir un blog et qui me bassinait toute la sainte journée à coup de « post », « buzz », « influenceurs » et autre produit mode « hypeeeeeer coooooooool » qu’elle venait de tester « en avant-premièèèèèèèèèère ». Présomptueusement, je me suis dit que je pouvais bien essayer de faire au moins autant… et sans fautes d’orthographe ! Et je me suis lancé… Comme je n’avais aucune envie de faire savoir au monde entier combien ma vie était d’une platitude incommensurable, je m’en suis tenu à ce qui depuis toujours occupe la plupart de mon temps libre, la lecture et les livres… Soit dit en passant, cette fameuse ex-collègue tient toujours son blog, elle. Comme quoi…
A : Le 29 août 2006, tu as mis en ligne des paroles d’Alexandre Jardin. Il expliquait pourquoi il avait brûlé son dernier livre, avant qu’il ne paraisse. Que penses-tu de ça ? Un écrivain, connu et plus ou moins vendeur de surcroît, doit-il absolument publier, quel que soit l’avis qu’il ait de son livre ? Qui plus est, ICB, nous avons fait connaissance, toi et moi, justement lors du petit-déjeuner avec AJ lors de la sortie de son dernier livre « Chaque femme est un roman ». Donc : que penses-tu de ces événements organisés par les éditeurs avec les blogueurs, as-tu lu ce livre, qu’en as-tu pensé ?ICB : en fait, le texte d’Alexandre Jardin a été publié le 07/01/2008. Pour ma rubrique Qui dit mieux ?, je voulais reproduire l’intégralité de ce texte paru dans la rubrique Livres de Madame Figaro la semaine précédente. Pour éviter tout problème juridique, j’ai fait une demande auprès du service concerné au Figaro. J’ai reçu sans tarder un email qui me demandait le trafic de mon blog de façon à ce que le tarif pour insertion soit adapté en fonction. Ils ont semblé bien embêtés : apparemment, leur barème ne prend pas en compte les blogs affichant un nombre de visiteurs aussi ridicule que le mien. Ils m’ont dit alors qu’ils allaient demander l’autorisation de publication à l’auteur. Autorisation que j’attends toujours, bien entendu. Mais comme je tenais à ce billet, j’ai décidé de contourner le problème en ne reproduisant pas le texte directement dans le billet Qui dit mieux ? mais en insérant un lien conduisant vers l’intégralité du texte de Jardin que j’ai antidaté au 29/08/2006 pour qu’il se retrouve hors chronologie (puisque ce texte n’est pas de moi). Voilà pour la petite histoire de la date de publication fallacieuse de ce billet.
Pour ce qui est du geste proprement dit d’Alexandre Jardin, que je n’avais jamais lu jusqu’alors, je l’ai trouvé courageux. En lisant son texte, immédiatement je me suis demandé si j’aurais été capable d’en faire autant. C’est tellement facile de se laisser aller à la facilité, surtout quand on a acquis une notoriété telle que la sienne. Et puis, il y a les impôts à payer. Combien de comédiens par exemple ont accepté de jouer dans des nanars pour des raisons purement alimentaires ou pour payer le fisc ? J’ai trouvé que le geste, hautement symbolique, avait un certain panache.
Le hasard a voulu que par l’entremise de Lily je sois convié quelques mois plus tard au petit-déjeuner/rencontre lors duquel Jardin présentait « Chaque femme est un roman », écrit juste après cet autodafé. J’ai sauté sur l’occasion pour diverses raisons : tout d’abord, même si je n’avais pas été invité « d’office », ça me plaisait bien d’aller entendre un écrivain parler de son dernier bébé. Ensuite, c’était l’occasion pour moi de lire Alexandre Jardin que je ne connaissais qu’à travers certaines interviews. Bien entendu, il ne faut pas être dupe de ce genre d’opération, ça reste avant tout du marketing. D’ailleurs, ça n’en a été que plus évident quand en l’espace de quelques jours ont fleuri sur les blogs de lecture une multitude de billets sur ce même roman. Honnêtement, je pense que cette avalanche de billets, qui n’a pu que paraître « suspecte » aux visiteurs de ces blogs (il n’y a qu’à lire les commentaires), a créé l’effet inverse de celui recherché par le service de presse. Bien sûr, il leur faut une « rentabilité » immédiate pour booster le lancement du bouquin, mais ils négligent trop souvent à mon goût le moyen/long terme qui leur serait plus profitable. Ce qui ne m’a pas empêché de bien faire mon boulot et de lire le roman avant d’aller me prendre un café aux Deux Magots en compagnie de Jardin et des autres blogueuses invitées. Mes a priori ont été mis à mal car j’ai trouvé ça plutôt bien écrit, en tout cas bien mieux que ce que j’avais préjugé. Ensuite, sur le contenu lui-même, si certains passages m’ont emporté, j’ai trouvé l’accumulation des portraits un peu lassante mais surtout j’ai trouvé dérangeant, voire pathologique, ce besoin de fuir la réalité à tout prix. Je n’ai pas eu l’occasion de dire ce que j’en avais pensé car j’ai mis mon blog en pause avant d’avoir écrit un seul mot à ce sujet (d’ailleurs, cette invitation restera probablement la seule et l’unique du genre car je dois être définitivement rayé des listings des attachées de presse !)
A : En septembre 2006, tu as rencontré Stephen McCauley, auteur de « Sexe et dépendances », sur le plateau d’un film de Jaoui-Bacri (« La vérité ou presque ») adapté de l’un de ses romans. Tu m’impressionnes dès le début de cet interview, ICB !! Bon, dis-nous tout. Que faisais-tu sur ce plateau ?! Savais- tu qu’il venait, comment l’as-tu abordé, comment s’est déroulé cet interview ??
ICB : Alors là, je suis confus… et, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je vais chuter du piédestal sur lequel j’ai pu être indûment juché. Alors, non, non et non, je n’étais pas sur le plateau de tournage de « La vérité ou presque ». Pire, je n’ai même jamais rencontré Stephen McCauley. Et là, j’en entends déjà qui s’offusquent, qui s’indignent et crient à la mascarade, à la mythomanie, même. Pourtant, cet entretien a bien eu lieu, les réponses de McCauley sont bien les siennes et non pas pure invention de ma part. Passée la surprise de ta question, je me suis hâté d’aller relire l’introduction que j’avais écrite pour ce billet. Et à la lumière de ton interprétation, je n’ai pu que constater qu’elle pouvait effectivement prêter à confusion. Voilà comment cet entretien s’est réellement déroulé : j’ai profité de la venue de McCauley à Paris, qui venait passer deux-trois jours sur le plateau du tournage du film de Sam Karman, pour le joindre et lui transmettre mes questions, auxquelles il a répondu sans attendre. Pas de quoi être impressionnée, donc.
A : Ta « Boite à Madeleine », ICB, m’a beaucoup émue. Je crois que nous avons quelques madeleines en commun. Je me souviens même de notre premier numéro de téléphone (à 6 chiffres !). (Mmm, que les plus jeunes ne se moquent pas). Te souviens-tu du premier livre que tu aies offert ?
ICB : Si nous avons des madeleines en commun, c’est que nous sommes donc à peu de chose près de la même génération, car elles nous parlent d’un temps, que les moins de vingt ans…. Et qui même pour les « un-peu-plus-de-vingt-ans » ne signifie absolument rien. Je constate douloureusement un peu plus chaque jour en discutant avec mes (très) jeunes collègues comme le temps file rapidement. C’est d’ailleurs pour croquer à nouveau dans ces madeleines que j’ai hâte de lire « Les Années » d’Annie Ernaux.
Pour répondre à ta question, j’ai beau fouiller dans mes souvenirs, je n’ai aucune idée du premier livre que j’ai offert. Je me souviens de certaines occasions plus ou moins marquantes, mais du premier premier, point, que d’chi, nada, wallou. Il faut dire que je me souviens déjà difficilement du dernier livre que j’ai offert, alors... Cela dit, même si c’est naturellement la première idée cadeau qui me vient à l’esprit, j’hésite toujours avant d’offrir un livre. Je me suis trop souvent aperçu que je prenais plus plaisir à l’offrir que la personne à le recevoir. Le livre passe souvent pour une idée cadeau facile et passe-partout, une sorte de panacée pour les personnes en mal d’idées cadeaux originales et heureuses de se débarrasser de la corvée à peu de frais. A tort selon moi, si on a mûrement réfléchi son choix et qu’on ne se contente pas de taper à l’aveuglette dans les têtes de gondole ou les listes de meilleures ventes.
A : Tu parlais, toujours en septembre 2006, de deux pièces de théâtre que tu as ratées, et dont tu as acheté le texte pour « compenser ». Tu as donc fait un billet sur ces deux pièces. Aimes- tu le théâtre ? Lis-tu des pièces ? Y vas-tu souvent ? Quel genre préfères-tu ?
ICB : Ca m’ennuie de te dire ça à toi, mais je ne suis pas fana de théâtre. J’y vais très très rarement, au grand désespoir du meilleur ami comédien de mon cher et tendre qui s’évertue autant qu’il peut à me donner envie d’assister à l’une de ses représentations. J’ai beaucoup de mal avec toutes les contingences propres au théâtre qui lui donnent ce côté « factice », « anti-naturel » qui me dérange. Je suis très mauvais public. Je reste définitivement imperméable aux classiques et suis peu sensible aux comédies contemporaines, par exemple. Il n’empêche que je garde des souvenirs très forts de certaines pièces comme « Angels in America » de Tony Kushner, « Le pays lointain » de Jean-Luc Lagarce ou « Shopping and fucking » de Mark Ravenhill. J’avais aussi adoré la représentation des « Anciennes odeurs » de Michel Tremblay à laquelle j’ai assisté dans une toute petite salle peu de temps après être arrivé à Paris. A propos de Tremblay, j’ai assisté dernièrement grâce à Malice et Lou à une représentation de « Gloria, la si peu glorieuse », l’adaptation théâtrale d’un extrait du « Trou dans le mur ». Geneviève Boivin, la comédienne qui porte le texte seule sur scène pendant près d’une heure, y est formidable. A y regarder de plus près, on voit que toutes ces pièces ont en commun qu’elles parlent de l’intime. Finalement, j’ai tendance à aimer au théâtre ce que j’aime en littérature, pas très aventurier le gars… Mais au mois, tu vois, mon cas n’est peut-être pas si désespéré, même si j’ai plus tendance à lire le théâtre qu’à y assister. C’est assez étrange d’ailleurs, car j’ai de « Vincent River », une des pièces dont il est question dans le billet auquel tu fais référence, un souvenir si fort, si visuel, que je pourrais facilement me persuader d’y avoir physiquement assisté.
A : Je viens de lire ton bel article « Je blogue, tu blogues… ». Deux ans après, que penses-tu de l’éclosion des blogs littéraires ? Tu dis lire pour des raisons aussi bien personnelles que professionnelles ? Quel est ton métier ?
ICB : A l’heure où une des dernières émissions littéraire du PAF, « Le Bateau Livre » de Frédéric Ferney pour ne pas la nommer, vient d’être rayée des grilles de programmes, je ne peux que me réjouir de la multiplication sur le net de lieux dédiés aux livres et à la lecture. Evidemment, je ne compare pas cette émission aux blogs. Je dis simplement que tandis qu’on chasse les livres (et la culture en général) de la boîte à crétins, je trouve encourageant et salutaire qu’ils puissent trouver refuge sous des cieux plus cléments. Tous les acteurs de blogs de lecture, chacun à sa manière et à son niveau, contribuent à raviver la flamme. Toute initiative en faveur de la lecture est salutaire. Cela dit, dans le même temps, je ne me fais pas d’illusions sur l’impact réel de nos blogs à la fréquentation généralement plutôt modeste (comparés à des blogs aux thématiques plus « vendeuses »), d’autant que l’on prêche à des convertis, nos visiteurs étant déjà majoritairement des lecteurs aguerris, la plupart ayant même leur propre blog.
Pour répondre à la deuxième partie de ta question, à l’époque où j’ai rédigé ce billet, j’avais un ami libraire pour qui j’avais créé une newsletter mensuelle. Je devais donc lire les ouvrages des auteurs invités en dédicace et ceux que l’on avait décidé de mettre en avant, parler des nouveautés, etc. C’est aussi par ce biais-là que j’ai initié mes interviews avec les auteurs. J’étais aux anges ! Dommage que ce projet n’ait pas été pérennisé...
A : En décembre 2006, tu expliquais lire très peu de BD. Est-ce toujours le cas ? Les divers billets de la blogosphère littéraire t’ont-ils fait changer d’avis ??
ICB : Malheureusement, j’ai bien peur que ce qui était vrai en décembre 2006 soit toujours d’actualité. Je n’ai aucune culture BD et n’ai donc développé aucune curiosité en ce domaine. Généralement, une fois la BD lue, il ne m’en reste pas grand-chose. C’est un plaisir immédiat, une bulle de champagne qui s’évapore très vite. Bien sûr, j’ai quelques références personnelles comme Marcel Gotlib, Franquin, Bilal et Ralf König, mais ça ne va pas plus loin. Certains billets de blogueurs plus versés que moi en la matière m’ont effectivement tenté : ainsi, par exemple, grâce à Ménéar, j’ai découvert « Là où vont nos pères », le petit bijou de Shaun Tan, qui est cependant un ouvrage à part dans l’univers de la BD. Lo m’a définitivement convaincu de lire « Fun Home » d’Alison Bechdel. A choisir, ma préférence irait d’ailleurs plutôt aux romans graphiques qu’à la BD pure et dure.
A : Dans un billet de janvier 2007, tu nous avouais avoir la manie de ranger les livres dans les rayons des librairies. Deux questions : chez toi, les livres sont-ils tous parfaitement alignés ? Le fais-tu aussi chez les autres (amis, famille…) ??
ICB : Ah, cette manie de ranger les livres… J’espère au moins que les libraires ne s’en plaignent pas !!! Il faut quand même que j’explique comment est né ce TOC. Comme tout un chacun, il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas trouver un livre en rayon simplement parce qu’un autre livre avait été malencontreusement placé au sommet de la mauvaise pile. Désormais, dès que je me trouve devant des piles de livres, je traque la moindre couverture redondante afin de savoir si, par hasard, l’une d’elles ne cacherait LE livre, celui «après lequel je ne serai plus tout-à-fait l(e) même, celui qui laisse des traces, qui déborde sur la vie réelle...» comme le décrit Bladelor. C’est aussi une façon de « laisser sa chance » au livre qui était caché aux yeux du badaud. Et plutôt que de reposer l’intrus à sa (mauvaise) place, je le replace sur la pile qu’il n’aurait jamais dû quitter. Voilà, tu connais maintenant le fin mot de l’histoire. Après, que la pile soit de guingois ou pas, peu me chaut, je ne suis pas toqué à ce point !!!!!
Chez moi, pour le moment, mes livres sont toujours dans les cartons du déménagement puisque la nouvelle bibliothèque n’est toujours pas installée. Et encore heureux que je ne me froisse pas en découvrant que tu me penses malotru au point de me permettre de ranger les bibliothèques de mes amis ou de ma famille ! Chacun est maître en sa demeure, c’est quand même la moindre des choses. En revanche, dès que j’entre dans une pièce où il y se trouve des livres, je m’arrange immanquablement pour tâcher d’en déchiffrer les titres, plus ou moins discrètement selon les relations que j’entretiens avec mes hôtes.
A : En janvier 2007, toujours, tu as mis en ligne une énigme « Consigne littéraire ». J’aime beaucoup cette idée. Comment t’est-elle venue ? Tu donnais la réponse le lendemain. J’adore, tout simplement. Tu en as mis d’autres (j’en ai trouvé un autre, ici, et un autre ici !)
ICB : Comme à mon habitude, j’étais à court de billets (voilà ce qui ne cesse d’arriver quand on se borne à écrire ses billets en flux tendu, au fur et à mesure de ses lectures, sans jamais s’assurer un petit stock de réserve). Il m’a donc fallu piocher dans des lectures plus anciennes. Tant qu’à faire, autant choisir un de mes écrivains fétiches. Edward Morgan Forster s’est imposé de lui-même, mais comme je n’ai pas réussi à choisir un roman en particulier, j’ai décidé d’évoquer rapidement plusieurs de mes préférés. Pour faire « monter la sauce » (et par là même gagner du temps pour rédiger mon billet !), j’ai eu l’idée de ce petit jeu bâti à partir de quatre éléments symboliques de chacun des romans que je voulais évoquer. J’ai ensuite renouvelé l’expérience sous des formes différentes, à partir d’œuvres de peintres, d’anagrammes… mais sans plus rédiger ensuite de billet sur l’auteur en question.
Je n’aurais pas crû que l’exercice fût si difficile. Forcément, à moi, la solution paraissait évidente puisque je savais dès le départ de qui il s’agissait, mais comment trouver le juste équilibre entre trop facile/évident et trop difficile/abscons pour que les visiteurs se piquent au jeu avec plaisir ? Je ne suis d’ailleurs pas certain d’y être parvenu, ce qui fait que je n’ai pas renouvelé l’expérience trop souvent.
A : En février 2007, tu as écris un billet où tu expliquais quels livres Charles Simonyi, touriste de l’espace, allait emporter avec lui. Imaginons que tu es ce touriste de l’espace et que tu as les mêmes contraintes de poids… Quel ou quels livres emporterais-tu avec toi ?
ICB : Je n’ai pas de livres de chevet à proprement parler, de ces livres que l’on lit et relit avec un plaisir renouvelé tout au long de sa vie… pour la simple et bonne raison que je ne relis jamais un livre, par peur d’être déçu à la seconde lecture, mais aussi et surtout parce que je manque déjà cruellement de temps pour lire tous les livres qui me font envie…
En revanche, comme Caro[line], j’ai des auteurs « chouchous » (copyright), alors lequel privilégier ? Je te ferai donc la même réponse que celle que j’ai faite à l’occasion du tag dont tu parles un peu après : je privilégierais des livres universels qui contiennent en eux-mêmes tous les autres livres du monde et à partir desquels je pourrais créer une infinité d’histoires : dictionnaire, bible… S’il ne fallait en choisir qu’un, le dictionnaire aurait ma préférence. J’adore piocher des définitions au hasard, un mot en appelant toujours un autre, c’est sans fin. Un dictionnaire qui laisse une belle place à l’étymologie des mots serait un must.
Cela dit, en toute honnêteté, je n’ai jamais tenté l’expérience de ne prendre qu’un dico en tout et pour tout pour la durée des vacances, par exemple. Le « jeu » du dictionnaire serait-il réellement tenable sur le long terme ?
A : Je retombe à nouveau sur une interview d’auteur en février 2007, celle de Tom Spanbauer. Combien de bouteilles à la mer as-tu envoyées ? Comment les rédiges-tu ? As-tu du mal à trouver des questions, as-tu lu toutes les œuvres de l’auteur, comment te présentes-tu … ? (je vois que Philippe Besson a fait partie de tes invités aussi, mazette, et Jean-Philippe Blondel !)
ICB : Je n’ai pas compté les bouteilles à la mer que j’ai lancées. Mais elles ne doivent pas être si nombreuses que ça au final. Moins d’une dizaine peut-être…
J’ai un principe auquel je me tiens : contrairement à Larousse, je ne sème pas à tout vent. Je n’envoie mes demandes qu’à des auteurs que j’estime tout particulièrement, pour en savoir plus sur la genèse de leurs romans, sur leur façon d’écrire, leurs sources d’inspirations… C’est le travail de l’auteur qui m’intéresse, pas sa notoriété. Je ne vois pas l’intérêt d’interviewer un écrivain pour le seul (pseudo)prestige que son nom pourrait assurer à mon blog. Alors jusqu’à présent, il s’avère que j’avais lu tous les livres des auteurs que j’ai interviewés.
Les questions me viennent naturellement au cours de mes lectures. Je les note sur une feuille et je laisse reposer. Pendant tout ce temps, plus ou moins long, mon esprit travaille dans son coin et d’autres questions peuvent jaillir à tout moment de la journée (et de la nuit !). Je les note aussi au fur et à mesure sur la feuille. Quand le flot de questions s’est tari, je fais le tri, je classe, je regroupe, j’élimine pour rédiger le questionnaire final que je vais utiliser. Ensuite l’entretien se fait en fonction des disponibilités de l’auteur. Avec les anglo-saxons, pour des raisons évidentes de faisabilité, les interviews se sont faites par échanges d’emails. Mais quand j’ai interviewé Abdellah Taïa, par exemple, nous avons passé près de deux heures d’affilée au téléphone jusqu’à ce que les amis chez qui il était allé dîner commencent à s’impatienter ! Prévoyant, Philippe Besson, qui était chez lui en Vendée, s’était confortablement installé à la terrasse d’un café face à la mer pour répondre à mes questions. Avec Jean-Philippe Blondel, l’échange était beaucoup plus décontracté parce qu’on s’était rencontrés avant au Salon du livre…
De toutes mes bouteilles jetées à la mer restées sans réponse, seule celle envoyée à Michel Tremblay me chagrine réellement. J’ai regretté avoir « raté » Joëlle Tiano (mais Stéphanie et Bladelor se sont mieux débrouillées que moi !). Je regrette également de ne plus pouvoir tenter ma chance auprès de certains de mes auteurs fétiches disparus.
A : Ahh, sourire ému et attendri…. J’étais moi aussi un fan de « Fleurs captives » ! Tu me donnes presque envie de le relire ou de le racheter, juste pour avoir un souvenir de ma jeunesse ! Avec le recul et la maturité, que penses-tu de ce genre de littérature « facile d’accès » ?
ICB : voire littérature « de gare » même, n’ayons pas peur des mots ! Je dois avouer que je n’en lis plus. Pas par snobisme. Je n’ai pas honte de dire que ce genre de littérature a fait partie de mon parcours de lecteur ; j’en ai lu pas mal à une certaine époque (la collection J’ai Lu était une vraie mine dans le genre !). Mais tout simplement parce que je n’y trouve plus mon compte. Ainsi que me l’avait dit Brice Depasse , « La littérature, c’est comme le cinéma : il y a les films d’auteurs et les films de pur divertissement. Et il n’y a pas de honte ni d’incompatibilité à aimer les uns et les autres ».Personnellement, j’ai un problème avec le pur divertissement. Mais si cette littérature peut créer un réflexe, une envie de lecture chez des personnes pour qui lire n’est pas chose naturelle, alors oui, pourquoi pas. Et si elle les amène ensuite à des lectures plus « complexes », tant mieux.
A : Je viens de tomber sur ce billet là. Bon, je ne poserai pas ici la question que je réserve pour la fin, mais, bon, le cœur y est…. Je me reprends. Premièrement, j’aime beaucoup la façon dont tu as répondu à ce tag. Tu dis (ou plutôt tu montres) que tu emporterais sur une île déserte notamment la Bible et le Coran. Et la Torah ?
ICB : J’ai ajouté le Coran à ma liste parce que je me frotte un peu à la culture et à la langue arabes et que je m’intéresse aussi à l’islam pour essayer de mieux comprendre ce qui agite le monde d’aujourd’hui... J’ai la chance d’avoir un très bon ami musulman avec qui je peux parler librement et sans tabou de sa religion. Cet ami aurait été juif, sans doute aurais-je ajouté la Torah à la liste de mes choix.
A : Il me semble que tu lis pas mal de littérature espagnole, ou sud-américaine, non ?
ICB : Tu crois ? Je ne pense pas, non. Je ne sais pas ce qui te fait penser cela. J’ai plutôt l’impression de lire presque essentiellement de la littérature anglo-saxonne et française. Cela dit, j’ai beaucoup aimé mes (trop) rares incursions dans la littérature latino américaine. J’y ai goûté à chaque fois un mélange bien spécifique d’onirisme baroque et de revendication politique. Mais, grâce à vos blogs, j’ai élargi mon spectre de lecture. Ainsi, en matière de littérature latino-américaine, m’attend notamment dans ma PAL « L’autobus » d’Eugenia Almeida et figure sur ma LAL « Les oreilles du loup » d’Antonio Ungar, dont j’ai entendu dire le plus grand bien. J’accuse également de très grosses lacunes en littérature asiatique.
A : Y a-t-il un auteur que tu as découvert récemment et qui te plaise particulièrement, qui t’ait donné envie de découvrir tous ses livres ?
ICB : Grâce à Cuné, j’ai découvert Pascal Garnier. Cet auteur mériterait vraiment d’être plus largement (re)connu. Mais, plusieurs billets écrits récemment sur « La théorie du panda » me font dire que la révolution est en marche ! En ce qui me concerne, je suis devenu accro à son univers noir un peu désespéré, mais jamais glauque grâce à des personnages profondément humains et à un humour toujours présent. En outre, son style est impeccable. J’ai commencé mon ascension de la montagne Garnier, mais je ne suis pas prêt d’atteindre le sommet de sitôt : l’auteur est bigrement prolifique et sévit même en littérature jeunesse !
A : Quand lis-tu ? A quel rythme ? Où ?
ICB : Il se passe rarement une journée sans que je lise. J’ai toujours au moins un livre avec moi. Je lis dès que je le peux, en attendant le métro, dans le métro, à la salle de sport quand tel un cochon d’Inde je pédale sans fin ou grimpe d’interminables flopées de marches, à la maison le soir avant de m’endormir, le week-end sur le canapé, dans le jardin, en vacances, dans les salles d’attente… Bref, comme tout le monde, quoi. Peu m’importe ce qui se passe autour de moi, je peux facilement faire abstraction de ce qui m’entoure, ce qui agace souvent mes proches. En revanche, je suis incapable de lire deux romans en même temps. Un roman et une BD, ou une biographie ou un « beau » livre, OK pas de problème. Deux romans, impossible. C’est toujours aux dépends de l’un des deux, voire des deux.
A : Pourrais-tu partir en vacances sans un livre ? (imagine que tu les aies oubliés au moment de partir, il n’y a pas de librairie dans ton coin du bout du monde…)
ICB : J’ai vraiment beaucoup de difficulté à imaginer un tel cataclysme, tout bonnement parce que je ne prépare jamais une valise sans y glisser une réserve de livres adaptée au programme de mon voyage. C’est un réflexe quasi pavlovien : valise=bouquins. Les vacances sont souvent l’occasion pour moi de rattraper certains « retards » dans mes lectures et/ou de lire certains livres que je me suis réservé au cours de l’année rien que pour cette période, comme par exemple « Un plaisir trop bref » de Capote que je trouvais parfait pour mon dernier voyage en Sicile (et qui a fait les frais des équipes de manutention de l’aéroport de Palerme !. Il m’est déjà arrivé de prévoir « trop court » lors de vacances au fin fond de l’Espagne et comme je n’entends point l’espagnol, pas question d’aller me dépanner à la librairie du coin. Heureusement, il y avait en ville une petite boutique de livres anglais d’occasion qui a fait mon bonheur. Non, franchement, je ne sais pas ce que je ferais sans livre en vacances…
A : Tu as mis en ligne un outil (ou un moyen) qui permettait aux internautes de lire tes billets en anglais, allemand, russe (?) espagnol, italien, une langue a priori nordique que je n’ai pas su identifier (!) et portugais (??). Bon. Tu expliquais que c’était une expérience. Qu’a-t-elle donné ? Des lecteurs multilingues sont-ils venus chez toi ?
ICB : J’ai souvent été frustré, lors de requêtes Google, de tomber sur des sites/blogs qui traitaient d’un sujet qui m’intéressait mais dont je ne pouvais profiter par méconnaissance de la langue. Je me suis dit que sûrement d’autres internautes éprouvaient parfois la même frustration. J’ai donc installé un outil de traduction automatique afin de permettre à certains visiteurs ne parlant pas français d’avoir accès à mes billets. Résultat des courses : pas génial. La traduction était si merdique que le texte traduit dans la langue choisie était tout aussi incompréhensible que si elle était restée en version originale. Les quelques curieux que cela a attiré n’ont pas été fidélisés. Comme je n’avais pas mis ce système en place pour « faire du chiffre », ça ne présentait donc aucun intérêt et j’ai laissé tomber au bout d’un moment.
A : En septembre dernier, tu parlais d’une sorte de brocante de livres organisée rue Davy, à Paris 17 (j’ai habité juste, tout juste à côté il y a fort longtemps et cette brocante n’existait pas !). Tu aimes ce genre de ballade au cœur des vieux livres ? Tu les fréquentes régulièrement ??
ICB : Ce que j’ai aimé dans le vide-grenier littéraire de la rue Davy, où j’allais pour la première fois, c’est que justement il n’est pas spécialisé dans les vieux livres. Comme son nom l’indique c’est un vide-grenier, donc ce sont les habitants du quartier qui profitent de l’occasion pour se débarrasser des livres dont ils ne veulent plus. On y trouve vraiment de tout, de vieux bouquins des années 70/80 aux pages moisies d’avoir attendu leur jour trop longtemps au fond d’une cave, des livres jeunesse (beaucoup) qui portent les cicatrices des nombreuses manipulations peu orthodoxes que leur ont infligé leurs jeunes lecteurs, des L.C.A. qui font du vide dans leurs étagères… C’est auprès de ceux-là que j’ai fait mes emplettes.
C’est parce que mon cher et tendre travaille dans le coin que je suis allé y faire un tour, sinon je ne suis généralement pas spécialiste du genre. Car contrairement à beaucoup, je n’aime pas les livres qui ont vécu, aux couvertures branlantes, aux pages jaunies, écornées... En ce qui me concerne, « l’objet livre » participe tout autant que le texte lui-même à mon plaisir de lecture. Ce qui ne m’empêche pas d’acheter la quasi-totalité de mes livres en occasion, mais de l’occasion « quasi neuf ».
A : Cette rubrique “Qui dit mieux”, qu’est ce qui t’a donné envie de la créer ? Comme Eric Cantona, tu relis les livres que tu ne te souviens pas avoir lus ?!!
ICB : Eh bien, c’est justement The King himself ! J’ai trouvé si savoureuse cette citation de Canto que je venais de lire dans le gratuit « A nous Paris II » que j’ai eu envie de la publier. Et contrairement à ce qu’à pu penser Anne, ce n’était pas du tout dans le but de dénigrer Cantona qui est un personnage qui m’est très sympathique.
A la suite des commentaires reçus, je me suis dit pourquoi ne pas en faire une rubrique récurrente où seraient compilées les « perles » de people sur les livres, la lecture, l’écriture, etc. Comme je suis un grand dévoreur de magazines papier et on-line, j’avais de la matière. C’est ainsi qu’à Canto se sont joints Raphaël Sorin, Doris Lessing, Alexandre Jardin et Gérard Collard.
Quant à relire les livres que je ne me souviens plus avoir lus, non, ça ne m’est pas encore arrivé. En revanche, dans un registre d’idée similaire, j’ai déjà racheté un livre que je ne me souvenais plus avoir déjà acheté.
A : Dans ton billet sur “L’élégance du hérisson” et surtout dans les commentaires, tu expliquais tu avais hésité à publier ton avis, négatif sur le roman en pleine “hérisson-mania”. Pourquoi ? Tu as le droit de ne pas aimer, c’est clair (hum, moi, j’ai aimé… beaucoup !)
ICB : Le dilemme qui m’a agité lors de la publication de mon billet sur « L’élégance du hérisson » n’avait rien à voir avec le fait de donner un avis négatif sur un livre, même s’il avait été encensé par l’ensemble, ou presque, de tous les blogueurs(euses). Je n’ai pas de complexe à ne pas partager l’avis du plus grand nombre et à affirmer mon point de vue.
Généralement, j’accuse un retard certain concernant les dernières nouveautés littéraires, il m’arrive souvent de lire un roman des mois après tout le monde… et de poster mon billet encore plus tard ! « Le hérisson » n’a pas échappé à la règle. A l’époque ce sont les billets de Florinette et de Cuné qui m’avaient interpelé. Après avoir attendu un bon moment avant de le trouver en occas’ pas trop cher, de lire d’autres romans qui me faisaient plus envie, je me suis retrouvé à publier mon billet en pleine « hérisson-mania ». Si j’ai hésité à le publier au milieu du concert général de louanges, c’est parce que je ne voulais pas que certains esprits chagrins doutent de la sincérité des mes réserves et s’imaginent qu’il ne s’agissait là que d’une pose, un snobisme selon lequel il est bon de descendre ce que la majorité adore. Ce dilemme, certains diront paranoïa, n’aurait pas existé si mon billet était paru dans les premières semaines de la sortie du roman ou si le roman n’avait pas bénéficié d’un tel engouement.
A : Tu fais partie du jury du Prix du Livre de Poche 2008. Nous sommes en juin, quelques mois plus tard… alors, comment ça s’est passé ? As-tu reçu des livres qui t’ont particulièrement touché, ému, révolté ? Quel est ton pronostic ? (rassure-moi, le prix n’a pas encore été décerné !) Que retires-tu de cette expérience ? Que penses-tu des prix des lecteurs et des prix professionnels ?
ICB : Ah, le Prix des Lecteurs du Livre de Poche, parlons-en ! La sélection finale est toujours en cours. Il me reste encore à recevoir la sélection de juillet pour pouvoir désigner le lauréat parmi les six finalistes retenus chaque mois depuis février. Pour être franc, c’est une vraie déception pour moi que ce Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Je ne sais pas qui est chargé de la sélection des ouvrages ni sur quels critères ceux-ci sont retenus, mais la qualité littéraire de la plupart des livres retenus me laisse perplexe. On parlait justement tout à l’heure de « lectures faciles ». Pour le coup, j’ai été servi ! Finalement, ce n’est peut-être pas un hasard si je ne suis pas un fidèle du Livre de Poche… et ce n’est certainement pas cette expérience qui va inverser la tendance. Je n’ai pas fait les jolies découvertes que j’avais espérées, exception faite d’« Une promesse » de Sorj Chalandon (j’avais déjà lu le Tardieu et connaissais déjà le style Capote). J’ai juste réussi à battre un triste record, celui des abandons, dont je ne suis pourtant pas un habitué. Malgré toute ma bonne volonté et mon engagement à lire tous les livres qui m’étaient soumis, je ne suis pas arrivé à bout de « Jonathan Strange & Mr Norrell », ni de « Qui a tué Glenn ? » Résultat, jusqu’à maintenant, à de rares exceptions près, mon vote mensuel a été un vote par défaut et je crains qu’il en soit également ainsi pour le vote final. Donc, je serais bien en mal de faire un pronostic pour le finaliste et, pour tout dire (même si cela peu paraître peu respectueux et politiquement incorrect), vu la sélection, je m’en fous un peu.
Cela dit, je trouve plutôt bien que les lecteurs aient droit au chapitre et puissent décerner eux aussi des prix littéraires qui sont peut-être plus « affectifs » que ceux décernés par les professionnels. Il n’empêche que les uns ou les autres n’ont jamais été pour moi un critère d’achat.
A : En février dernier, tu nous parlais des livres adaptés à l’écran. Je sais que tu n’apprécies pas en général ces adaptations, où que tu t’en méfies… mais 1) iras-tu voir Cate Blanchett interpréter Hannah Musgrave, et si tu devais adapter toi-même un livre qui ne l’a pas encore été, lequel choisirais-tu et pourquoi ? (mets-toi dans la peau de… Malkovitch ou Coppola pour répondre !)
ICB : Je ne suis pas cinéphage. Là où j’habitais auparavant, je me rendais parfois dans la petite salle municipale dont la programmation alternait intelligemment blockbusters et films art et essai, à des tarifs avantageux. Depuis que j’ai déménagé, je n’ai pas mis les pieds dans une salle obscure. Et ça ne me manque pas, pour tout avouer. Je comble bien certains manques à coup de DVD, mais pas tant que ça finalement. Il y a donc peu de chances que je voie Cate Blanchett incarner Hannah Musgrave, à moins que je craque un jour pour le DVD ou que je l’emprunte.
Quant à adapter un livre pour le grand écran… C’est un projet que je considère voué à l’échec ! Ils sont si rares les exemples d’adaptation réussie. Si je devais m’y coller, je choisirais forcément un livre qui ne m’a pas entièrement satisfait, avec lequel je pourrais m’autoriser des libertés, changer des passages entiers, des points de vue qui ne m’ont pas plu, voire ne garder que l’idée de départ pour réaliser à l’écran le roman que j’aurais voulu lire… et qui ferait hurler à la trahison ceux qui l’auraient lu et aimé !
A : Et voilà. Je viens de terminer ma lecture de ton blog. Je retombe donc sur ce billet là. Je ne vais pas te demander pourquoi, nous le savons et tu l’as expliqué. Mais alors… parle-nous de ta nouvelle vie !!! Est-ce que ça te manque ? Lis- tu toujours les blogs littéraires (je sais que oui, un peu !), as-tu gardé le « réflexe » d’écrire un billet sur tes lectures, te sens-tu plus libéré ? Es tu devenu un addict des blogs de… sport ? Travaux d’appartement ? Anagrammes ?!!! Tu comptes revenir ???
ICB : Est-ce que bloguer me manque ? Honnêtement, si ces derniers temps un manque s’est fait sentir de temps à autre, je ne suis toujours pas en mesure d’identifier exactement la nature de ce manque : écrire ? Tenter de transmettre un coup de cœur ? Echanger avec d'autres passionnés ?... Au moins, pour ce dernier point, j'arrive à compenser en commentant plus qu'à mon habitude sur les blogs que je visite chaque jour puisque bien entendu, je continue à lire les blogs de lecture (et certains autres). Pas question de ne plus profiter des conseils avisés des un(e)s et des autres ! Parce que si l’envie de bloguer s’est tarie, l'envie de lire, elle, ne m'a heureusement jamais quitté. Si je continue à barder mes livres de post-it, je n’ai pas écrit une seule ligne depuis mon dernier billet. Alors, revenir ? Il y a quelques mois encore je t’aurais répondu catégoriquement non. Aujourd’hui, je sais simplement que si jamais cela se fait un jour, ce n’est de toute évidence pas pour tout de suite. Beaucoup de choses restent encore à régler. Mais je ne m'interdis rien, je laisse venir…
A : Pour finir, ICB, je crois que je ne peux qu’évoquer ce billet-là, que tu as écrit quand une certaine blogueuse que nous apprécions tous les deux, et te dire que je pourrais, nous pourrions, aujourd’hui écrire le même à ton propos…
ICB : C’est très gentil à toi. Mais dans ce cas, puisque je ne suis pas une fille et que je n’habite pas au bord de la mer, il te faudra penser à changer la chanson tribute !!
05:44 Publié dans Conversation avec un(e) bloggueur(se) | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note
Commentaires
A peine eu le temps de faire sa connaissance que ICB s'évaporait ...ça fait plaisir de le retrouver !:)
Ecrit par : cathulu | 20.06.2008
Ah que ça m'énerve, j'avais un truc à dire au regard d'une réponse, j'ai continué à lire le reste, ça m'est sorti de la tête ! Je relis mais ça ne revient pas. Bon, je repasserai :-D
Ecrit par : Cuné | 20.06.2008
(Bon, par exemple, il n'y a pas plus fainéant qu'un cochon d'inde, ICB ! Ce n'est pas lui que tu vas voir tourner dans une roue ou crapahuter dans sa cage, non !)
(Eh oui, mes commentaires abordent l'essentiel de l'essence même de l'intéressant. C'est un don ! ;o))
Ecrit par : Cuné | 20.06.2008
conversation longue mais intéressante !! Ca fait plaisir de relire In Cold Blog par ici :-) et je me rends compte que j'ai raté plein de choses intéressantes sur son blog !
Ecrit par : Emeraude | 20.06.2008
Ah, InColdBlog ! Comme beaucoup d'autres blogueurs, tu nous as passionnés avec ton blog et puis pfffff disparu ! Mais c'est vrai que tu viens de temps en temps nous rendre visite ;-)
Je n'ai pas vraiment été surprise par cette interview car elle reflète bien ce que l'on imaginait à travers ses billets : brillant, mais modeste et plein d'humour ;-) (un peu comme Maupin tiens.... )
En tout cas merci à toi Amanda d'avoir remis InColdBlog en première page... pour quelques jours :-)
Ecrit par : cathe | 20.06.2008
Comme Cathulu, je faisais à peine la connaissance de son blog lorsqu'il a cessé d'écrire, snif !
Cette conversation m'a émue, on sent une sensibilité et une profonde franchise dans les propos de ICB, merci à lui de s'être ouvert à toi.
Ecrit par : bladelor | 20.06.2008
Encore une sympathique interview... Ah, la rue Davy ! J'y ai fait quelques achats intéressants (enfin, pas encore lus !!!).
ICB : te reste-t-il encore des cartons à déballer ?!!? ;-) Au plaisir de te relire un jour, j'espère...
Ecrit par : Tamara | 20.06.2008
@cathulu : tu as bien raison ;-)
@cuné :merci pour cet éclairage intéressant et passionant -)
@emeraude : c'est exactement ce que je me suis dis!
@ cathe : je t'en prie !
@bladelor : je vais laisser ICB te répondre !
@ tamara : cette fameuse rue Davy ! que de souvenirs pour moi (mais pas de brocante !!)
Ecrit par : amanda | 20.06.2008
Ben j'trouve qu'avec autant de trucs à dire, il devrait faire un blog autour de la littérature, le gars (quoi, j'ai dis une kouneurie ?)
Ecrit par : LVE | 20.06.2008
j'habite au bord de la mer , ici la plage est très longue , sur environ 14 kms.
il y a beaucoup d'endroit pour s'isoler du monde ,sur les dunes , sur les marches d'un châlet, , alors lire c'est plus facile , le bruit des vagues , le soleil brille , vôtre livre respire , c'est que du bonheur .Alors Amanda , est-ce que la beauté du monde qui t'entoure infuence le choix de tes livres ?
Ecrit par : KIKOOSE | 20.06.2008
Ca m'a beaucoup plu de découvrir qui discutait avec toi cette semaine... Je n'ai jamais laissé le moindre commentaire chez ICB parce que je ne voyais pas ce que je pouvais dire d'intéressant, mais j'aimais beaucoup le lire, il tenait un très bon blog (mon dieu, je parle comme s'il était décédé ! attends, j'me mouche et j'reviens ;-) ). Donc ça m'a fait très plaisir de le retrouver dans cette conversation, qui est rondement menée (comme à chaque fois, oserais-je ajouter). Très chouette, donc, merci à tous les deux !
Ecrit par : erzébeth | 20.06.2008
ICB est un blog qui me manque. Mais sa fermeture a rendu les com' de son auteur précieux. Des perles que j'ai plaisir à lire par ci par là...
Bon week-end à tous les 2;-)
Ecrit par : Anne | 20.06.2008
Encore une très belle interview ! J'aime (toujours) le blog de ICB dans lequel je me balade de temps à autre. C'est aussi un des premiers blogs littéraires que j'avais découvert et auquel je suis restée fidèle, même si je n'ai jamais laissé aucun message, n'ayant que très récemment vaincue ma timidité naturelle (eh oui, même sur le net !).
Ecrit par : virginie | 20.06.2008
merci amanda! et ICB! un vrai plaisir de le retrouver sur ce billet!
Ecrit par : sylvie | 20.06.2008
@LVE : ... mouais... elle est pas super drôle, celle là..
@kikoose : pour tout te dire : non.
@ erzebeth : c'est vrai que ça fait un peu rubrique nécrologique ! Je te rassure ICB est bien vivant, en forme, et heureux de l'être.
@anne : je pense comme toi. Bon week end aussi ;-)
@virginie : faut pas être timide (je le suis bien, moi !)
@sylvie : you're welcome!
Ecrit par : amanda | 20.06.2008
Pire que certains des commentateurs de cette interview, moi c'est après sa fermeture que j'ai découvert ICB et j'espère très sincèrement qu'il ne s'agissait pas d'un départ à la retraite, mais juste d'une petit congé pour convenance personnelle. Bien sûr depuis je le visite de temps en temps. Je me suis même abonnée à son flux inerte. Et certainement que ce soir je vais aller y refaire un tour, grâce à toi Amanda... Merci à vous deux !
Ecrit par : Levraoueg | 20.06.2008
Excellentes réponses d'In Cold Blog... moi aussi je regrette ses notes mais, comme il le dit lui-même, ce n'est pas forcément définitif :)
Ecrit par : Lou | 20.06.2008
Je me répéte et "empiète" sur les autres commentaires : Merci pour cet échange. ICB, j'espère que tu repasses bientôt nous voir lors d'un dimanche après midi ;)
Ecrit par : uncoindeblog | 21.06.2008
chouette, tu redonnes la parole à ICB. J'y retourne de temps en temps pour voir si un nouveau message apparait.Je suis patiente!
Ecrit par : goelen | 21.06.2008
Ravie d'apprendre qu'ICB pourrait revenir un de ses jours parmi nous... Comme Anne je prends plaisir à lire les quelques commentaires qu'il laisse ici ou là. Merci à toi Amanda de nous permettre de mieux le connaitre.
Ecrit par : Sylire | 21.06.2008
un mec bien, c'est ce qu'on dit non ? ICB est un mec bien - c'est finalement assez rare


