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14.06.2008
LA MAIN DE DIEU – YASMINE CHAR
Une enfance choyée dans une famille musulmane au Liban. Une enfance aisée, blottie dans les bras d’un père libanais et d’une mère française. La mère s’en ira, fuyant le pays, son mari, sa fille. Le pays se disloquera dans une guerre fratricide et l’enfance se brisera.
Le premier roman de Yasmine Char contient quelques phrases lumineuses, quelques perles d’écriture qui irradient les pages de ce roman. Les phrases glissent, ondoient, chatoient et coulent avec légèreté.
Yasmine Char décrit les affres d’une guerre civile dans un Liban écartelé où frères et sœurs de cœur se déchirent. Elle y raconte la solitude d’une enfant abandonnée par sa mère, la pression et le poids des traditions qui pèsent sur ses épaules. Il y a les premiers émois, les premiers frissons d’une adolescente tourmentée.
La jeune fille rencontrera un homme. Un homme qui se prétend correspondant de guerre et l’initiera au maniement des armes, la poussera à s’affranchir. Manipulation ? Trahison ? L’enfant s’engouffrera avec avidité dans ce miroir tronqué.
Plein de choses, donc, dans ce roman. Trop de choses, en fait, pour un roman aussi court.
Yasmine Char a surchargé, injecté trop de sujets dans ce premier opus où l’intention est bonne, très bonne même, mais en traitant à la fois la guerre, la perte de l’innocence, la lente transformation d’une jeune fille manipulée en meurtrière, le poids de la religion et des traditions, il m’a semblé que le tout est peut-être un peu trop survolé, effleuré. Le style lumineux sert et dessert à la fois le roman. Il se lit avec plaisir, se déguste parfois, mais amoindrit et dilue la force du sujet quelques pages plus tard.
J’ai pensé à L’amant, j’ai pensé aux Sirènes de Bagdad, j’ai pensé à Nikita (de Besson) : plein de belles intentions trop peu étoffées, trop brièvement servies sur un lit de mots très agréables.
J’attendrais avec impatience son prochain roman, qui devrait, logiquement, combler ces lacunes, grandir en maturité et puissance pour mettre en exergue une plume très gracieuse et agréable.
Merci à Stéphanie pour le prêt, son avis ici et l'avis de Fashion Victim, conquise.
06:47 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Commentaires
Je comprends tes réticences même si je ne les ai pas partagée à la lecture :)
Je serais curieuse de connaitre ton avis sur le théorème d'almodovar maintenant... C'est tellement bizarre, que je ne sais toujours pas si j'ai aimé ou pas!
Ecrit par : Stéphanie | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireCette sélection contient des livres bien intéressants! Malgré tes réticences c'est un livre que je lirai un jour, je crois. J'ai eu un premier contact avec le Liban en guerre avec le roman "Parfum de poussière" et je suis curieuse de lire davantage à ce sujet.
Ecrit par : Karine | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireJ'aime beaucoup ce que tu dis de l'écriture de ce roman, qui pourrait motiver ma lecture, car le thème ne m'aurait pas spontanément attirée.
Ecrit par : Brize | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireComme toi, je trouve que ce roman est plein de choses. Mais je n'ai pas trouvé que cela était traité superficiellement... Après avoir lu 3 des romans de la sélection Landerneau, à ce jour, celui-ci reste mon préféré. Mais je vais attendre de tous les avoir lus avant de me prononcer définitivement !
Ecrit par : Caro[line] | 24.06.2008
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Ecrit par : cathulu | 14.06.2008
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