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05.06.2008

CONVERSATION AVEC CHIFFONNETTE

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Chiffonnette a accepté de répondre à mes questions ! 

A : Bonjour Chiffonnette ! Tu as ouvert ton blog en février 2007 par un billet très succinct. Pourquoi avoir ouvert un blog ?

C : Ah ! Ah !! Tu as été eue Amanda ! En fait ce n’est pas mon premier billet ! A l’époque où je ne maîtrisais guère les subtilités overblogiennes (je ne les maîtrise certes guère plus aujourd’hui), Sybilline de Lecture Ecriture m’avait suggéré d’ouvrir un espace dédié aux conversations qui n’avaient rien à voir avec les articles publiés ! Ce que j’ai fait sans grand succès puisque j’ai effacé le lien qui y menait… Je ne me souviens plus pourquoi d’ailleurs ! Une erreur de manipulation sans doute et la flemme derrière !

Mon premier billet porte en fait sur Eloge de la lecture de Michèle Petit . Ceci étant, je ne réponds pas à la question ! Pourquoi avoir ouvert un blog… Il se trouve que j’étais, cette année là en formation professionnelle, et que je m’ennuyais ferme. Mais alors vraiment ferme ! Tellement ferme qu’il est étonnant que mes condisciples et moi n’ayons pas fait écrouler les locaux sous le poids de nos soupirs ! Heureusement pour nous (de l’inconscience pure de la part des formateurs on le notera au passage), nous étions dans une salle informatique ! Je ne sais plus comment j’avais entendu parler des blogs consacrés aux livres et à la lecture, mais j’étais intriguée et comme je n’avais rien de plus important à faire, j’ai commencé à cliquer sur des liens ! C’est comme ça que je suis tombée chez Cunéipage, Florinette, Flo, Allie, etc. A force de me balader, et comme je m’ennuyais toujours autant, j’ai cliqué sur « créez votre blog ». Le virus a été foudroyant, presque un an et demi plus tard j’y suis encore !

 


 

A : Ton deuxième billet ébauchait une réflexion fort intéressante sur l’enseignement et l’incitation à la lecture auprès des jeunes. Tu disais « Et si l'injonction de lire n'agissait pas comme un repoussoir pour une partie des jeunes générations ». Crois tu que l’incitation à la lecture doive se faire en douceur, en laissant le plaisir de distiller lentement dans l’esprit du jeune lecteur, ou plutôt qu’il faille le faire lire, lire, jusqu’à ce qu’un jour, il y découvre du plaisir ?

C : Le premier article donc ! Je reste persuadée qu’on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre si tu vois ce que je veux dire!

Il y a bien des manières d’attraper le virus de la lecture : un entourage familial favorable, une rencontre avec un livre, roman ou documentaire, avec un auteur, avec une bibliothèque, avec une librairie… Mais j’ai du mal à imaginer que faire lire, lire et lire un jeune lecteur jusqu’à ce que le masochisme devienne le plus fort soit la meilleure manière de procéder ! Surtout en l’obligeant à lire au détriment d’autres activités qui auraient sa préférence !

J’ai l’impression d’avoir toujours aimé lire. Je me trompe peut-être, il faudrait que je demande confirmation à Maman Chiffon ! Mais il y a une chose que je sais, c’est que j’ai rarement aimé un livre que l’on m’avait contrainte de lire, notamment en milieu scolaire ! Aujourd’hui encore je suis totalement réfractaire à toute contrainte en la matière.

Ce n’est pas le tout de dire aux enfants et aux adolescents qu’il y a du plaisir à la lecture, mais quand ce qu’on leur propose n’est pas alléchant, quand la prescription ne tient pas vraiment compte de leurs goûts, quand les prescripteurs eux-mêmes ne sont pas convaincus que lire est un plaisir, il n’y a aucune chance que les premiers concernés soient convertis ! Je sais que je caricature, que les classiques et les programmes scolaires sont importants, mais je me place dans une démarche qui consiste plutôt à trouver la clé qui ouvre la porte du plaisir de lire ! Laquelle peut passer par les classiques d’ailleurs ! Déformation professionnelle sans doute ! Et absolue conviction que M. Pennac a raison dans son Comme un roman !

Oups ! Je vais peut-être passer à la question suivante parce que je pourrais en tartiner encore des kilomètres sur la question !

A : Tu avouais ta passion pour les mangas en février 2007. Un peu plus d’un an après, cette passion est toujours aussi vive ? Qu’as-tu découvert en un an ?

C : Je ne suis pas ressortie de la marmite ! J’ai un peu réduit le rythme de lecture, mais je persiste ! Ce que j’ai découvert en un an est un univers d’une incroyable diversité. Attention, je ne dénigre pas la bande dessinée « classique » bien au contraire ! Et je ne vais pas faire un cours sur les mangas ! D’ailleurs, si tu trouves que je m’étends trop, crie ! En général, ça me stoppe ! Diversité donc : des mangas sur la cuisine, sur le sport, sur le handisport, sur le langage des signes, sur l’homosexualité, sur les sommeliers, sur les boulangers, j’en passe et des meilleurs ! Il y a de tout ! Le pire et le meilleur bien entendu, comme partout !

Parmi mes coups de cœur, Taniguchi (classique donc), Nananan, les séries de Ai Yazawa, Twentieth century boys, Hisae Iwaoka, Lone wolf and cub … Il y en a bien trop pour que je les cite tous !

 

A : Tu mets également quelques billets en ligne dans lesquels tu parles de ton quotidien (une chaudière décidément bavarde, une piscine extensible…) : ce blog est également une sorte de petit journal ?

C : J’avais presque oublié cette histoire de chaudière !! D’ailleurs, elle est retombée en panne peu de temps après… Je ne considère pas ce blog comme un petit journal ! J’avais essayé à un moment ce type de blog, mais je ne suis définitivement pas douée pour raconter ma vie de manière intéressante et sur le long terme ! Quand j’écris sur des choses qui m’arrivent, c’est qu’elles m’ont particulièrement marquées, ou que je leur trouve un certain potentiel burlesque à tort ou à raison !

 

A : Tu lis beaucoup de littérature japonaise, non ?

C : pas autant que de littérature française si je regarde le nombre d’article publié par catégories, mais c’est une littérature que j’apprécie beaucoup. IL y a un « style » japonais je trouve : une manière décrire très fine, très sensible qui peut osciller entre la plus grande douceur et la plus grande cruauté. Entre un réalisme cru, une poésie étonnante et l’étrangeté.

Quelque part, c’est la culture japonaise qui me fascine. Rien de très original d’ailleurs, je suis loin d’être la seule à être atteinte !

 

 

A : Les premiers mois, tu as beaucoup parlé de littérature jeunesse. Un genre que tu apprécies particulièrement ?

C : au départ, j’ai porté à la littérature jeunesse un intérêt professionnel. Je la connaissais finalement assez peu, et il m’était difficile de rester dans l’ignorance la plus totale de ce qu’il se passait de ce côté. Et puis, de perles en merveilles, j’ai fini par apprécier effectivement beaucoup ce genre ! Aussi bien les romans que les albums d’ailleurs. Seul problème : il est difficile de s’identifier à des héros entre 5 et 18 ans !!

 

 

A : En mars 2007, tu as fait un billet sur ton métier(que tu apprenais) de bibliothécaire. Dis nous en un peu plus. Une vocation, donc… Là, il s’agit de nous dérouler ton CV, tes études, le pourquoi du comment de cette vocation et comment tu as vécu ton cursus, comment s’est passé ton concours. Ce que tu penses maintenant que tu exerces réellement ce métier. (25 lignes maxi, ramassage de la copie dans 15 mn, top chrono !) :

 

 

C : Je ne sais pas si je peux  vraiment parler de vocation ! Le cheminement a été long ! Après tout, à 12 ans je voulais devenir pilote de chasse ! Puis j’ai voulu sauver le monde avec Médecins sans frontières. Ensuite j’ai voulu éditer les livres ! C’est dire ! Et puis après quelques stages, je me suis rendue compte que je n’aimais pas vraiment « fabriquer » les livres ! Bizarrement, je n’ai jamais envisagé de devenir libraire. Va comprendre !

Quand à mes études… Je n’ai pas fait de cursus spécialisé en métiers du livre, sauf si on considère la formation post-concours. Sciences politiques, histoire, un peu de lettres, beaucoup de culture générale ! En tout cas une diversité qui me sert encore beaucoup aujourd’hui et qui m’a aidé à réussir ce concours ! Pourtant je n’y croyais guère : j’avais statistiquement 0,55% de chance de réussite ! Je ne comprends toujours pas comment j’y suis arrivée !

Le métier aujourd’hui ? Et bien je ne renie rien de ce que j’ai pu écrire dans cet article ! Il faut des nerfs d’acier, un bon métabolisme, une sacré dose de sens diplomatique et du sens pratique ! C’est un métier extrêmement polyvalent : on passe de tâches administratives à la gestion d’un conflit avec un usager ou d’une panne électrique, on colle des étiquettes comme on rédige des notes de lecture et on rencontre des auteurs, on discute, on conseille... Ce n’est pas facile tous les jours, mais il y a des moments et des rencontres extraordinaires avec des professionnels ou des usagers de la bibliothèque.

 

 

A : « Tel est pris qui croyait prendre »… Figure toi que, en voyant que tu t’étais lancée dans Guerre et Paix, en mars 2007, je me suis fait un malin plaisir de noter l’info et m’apprêtais à te railler gentiment parce que tu ne l’aurais « chroniqué » que des mois plus tard, voire jamais. Au temps pour moi, tu en parlais juste quelques semaines après ! Mais, outre le fait que le roman a perdu 100 pages dans l’intervalle (!!), dis nous en un peu plus. Est-ce que cette lecture t’a rappelé tes années lycées, lis tu (ou re-lis tu) souvent des « pavés classiques » ?

C : Effectivement ! En fait, il y a entre 1600 et 1700 pages et je devais avoir la flemme de rouvrir le bouquin pour vérifier le nombre exact !

Je ne peux pas dire que cette lecture m’a rappelé mes années lycées ! Je n’ai jamais eu de pavés à lire à cette époque : en filière scientifique, ils étaient déjà heureux que les élèves lisent les commentaires d’œuvre ! Autant dire que je passais pour une drôle de bestiole !

En fait, je reviens petit à petit aux classiques et j’y prends un plaisir que je n’aurais pas soupçonné moi qui m’y croyais allergique à quelques exceptions près! Guerre et Paix a été une étape importante pour moi, une sorte de défi ! C’est Pennac qui m’a donné envie de le lire ! J’avais été intriguée par le résumé qu’il en donnait : « une fille qui tombe amoureuse d’un type et qui en épouse un troisième », ou quelque chose comme ça ! Je n’ai pas été déçue du voyage ! J’aime bien qu’on me conseille des classiques, parce que finalement, je ne m’y connais pas tant que ça, et partir à la découverte au hasard continue à me faire un peu peur .Après ce pavé en tout cas, il n’y a plus grand-chose pour me faire peur et j’ai bien l’intention de dépoussiérer les classiques qui dorment sur mes étagères !

 

(petit aparté : la question suivante n’a rien à voir avec la littérature. Passez directement à la question d’après si le sujet ne vous intéresse pas)

A : Ahhhhhh. Râle de consternation. Je viens de lire un billet qui, si je ne te portais pas l’amitié que je te porte, fait que je supprimerais aussitôt ton blog de ma liste, Chiffonnette ! Comment oses tu dire que la Tapenade vient de Lyon ?!! (Lyon c’est le nord, presque les chtis, quand on est de Marseille, je te signale !!) ET surtout, surtout, on ne met pas de moutarde dans la tapenade (la vraie, hein !), j’hallucine grave, quelle hérésie ! On met des olives, des câpres, des anchois si on veut, de l’huile d’olive, et de l’AIL !!! De la moutarde !!! Bonne mère ! Elle est fada !! (et je te signale qu’on boit du rosé, bien frais, et pas de rouge !!)

C : Nannnnnnnn ! Ne me fais pas dire ce que je ne disais pas dans cet article ! J’expliquais dans ma longue introduction que je faisais un report affectif sur l’huile d’olive ! Et sur la tapenade qui me rappelait le beau temps ! Et je suis d’accord, au-dessus de la barre de péage d’Orange, on trouve facilement des rennes et du lichen, et les gens parlent bizarre !

En tout cas laisse ma moutarde où elle est ! Au début je doutais de la recette, et puis… J’ai essayé ! Et adopté ! Sinon, si j’ai de bonnes olives et une bonne huile d’olive, je ne rajoute rien hormis les câpres ! Et je persiste avec le rouge ! Je le préfère au rosé qui me donne mal à la tête ! Ceci dit, c’est encore meilleur avec un pastis !

 

 

A : Je vois que toi aussi tu aimes Jane Austen ? Quand et comment l’as-tu découverte ? Qu’aimes tu chez elle ? Quel est ton roman préféré et pourquoi ?

C : J’ai lu Northanger Abbey vers l’âge de 17 ans je crois ! J’avais aimé sans saisir toutes les subtilités de ce roman et j’étais passée à autre chose. J’ai redécouvert Jane Austen il y a quelques années avec Raison et Sentiment et depuis, je déguste son œuvre !

J’apprécie particulièrement chez elle l’art avec lequel elle parvient à transcender les choses les plus banales. Avec elle, un thé, un pique-nique, une promenade en forêt prennent presque des accents épiques ! Ses histoires de filles à marier et de bonne société recèlent des trésors ! Et puis il y a cet humour, cette ironie dont elle fait preuve, la satire sociale qui pointe le bout de sonnez parfois. Il y a toujours dans ses romans des moments extrêmement drôles qui tempèrent ce que la réalité qu’elle décrit peut avoir de désespérant. Je suis toujours touchée par ces fins heureuses, ces mariages impossibles qui se réalisent entre des héros qui s’aiment mais sans qu’elle s’aveugle sur les réalités de la vie de couple. Quelque chose qu’elle-même n’a pu avoir.

J’ai du mal à classer ses romans par ordre de préférence ! Il y a bien sûr Orgueil et Préjugé. J’y aime particulièrement le personnage d’Elisabeth Bennett et cette tension qui monte au fil des pages entre les personnages. Les parents Bennett sont aussi un régal. J’apprécie aussi beaucoup Raison et Sentiment, toujours pour les personnages. Et Persuasion, à mon avis le plus abouti et le plus fin.

 

 

A : Tu parles du livre d’Hubert Nyssen « Lira bien qui lira le dernier ». Tu l’as encore ? tu me le prêterais ? Il a l’air excellent. Tu connais cet éditeur, les parutions d’Acte Sud ? Qu’en penses tu ? (de même que pour le livre de Annie François, » Bouquiner », tu me le prêterais ?)

 C : le drame avec les bibliothécaires, c’est qu’ils empruntent beaucoup de livres ! Et justement, ces deux là, je les ai empruntés !

J’aime beaucoup les éditions Actes Sud ! Le rythme de parution est assez élevé donc difficile à suivre à mon goût, mais le travail des éditeurs est phénoménal. Ils explorent les littératures du monde entier avec un enthousiasme et une passion contagieux. J’adore l’esthétique de leurs ouvrages, en grand format comme en Babel

Et puis j’ai découvert au Salon du livre des collections que je ne connaissais pas sur les plantes, la cuisine par exemple qui sont de très beaux objets.

 

A : Tu apprécies le cinéma des années 50, j’ai l’impression ? Et particulièrement Audrey Hepburn ?

C : mes parents m’ont passé le virus !! Ma mère regardait beaucoup de comédies musicales pour en passer des extraits à ses élèves, et j’ai vu des westerns, des comédies romantiques, des films policiers avec eux. Ensuite, j’ai suivi une option audiovisuelle par laquelle j’ai continué à découvrir le cinéma des années 50 et ce qui le suit !

Audrey Hepburn est une de mes actrices préférées. Elle dégage une énergie phénoménale, elle est élégante, sensuelle, bref, je la trouve parfaite !

 

 

A : Que recherches-tu dans la lecture ? Un dépaysement, un voyage intérieur, la connaissance d’autres cultures, une ouverture sur le monde ?

C : un peu tout cela à la fois ! Le lecture est surtout pour moi un moyen de quitter un moment le quotidien, de créer une bulle ! C’est précieux dans les transports en commun !

J’ai du mal à envisager mon quotidien sans quelques pages de lecture, quitte à relire des passages de romans que j’aime particulièrement : c’est comme un moyen de gagner un second souffle !

Et puis il y a ce qu’on apprend sur le monde et sur soi. Les rencontres avec des styles, des histoires. Tant de richesse dans un petit rectangle, ça me sidère toujours !

 

 

A : Es tu plus sensible au style, à l’intrigue ?

C : je suis assez bon public. Du coup, une bonne histoire peut me faire oublier un style maladroit. A l’inverse, un style déplorable me rend littéralement dingue ! Quand à l’intrigue, je sais que je vais me faire huer, mais je ne supporte pas le suspense ! Je suis le genre de lectrice qui va aller lire la dernière ligne ou le dernier paragraphe, voire la dernière page d’un roman policier !

Je dois pouvoir dire que je suis plus sensible au style : j’apprécie ces auteurs dont la plume a la capacité de te faire basculer en quelques mots dans un autre univers. Cette immersion totale dans une œuvre, quand les mots coulent, je l’ai trouvée dans certains des romans de Léa Silhol par exemple, chez Colette,… J’aime cette magie qui te fait sentir les odeurs, le soleil sur la peau, les couleurs, les textures.

 

 

A : Ahhh, autre râle, de plaisir cette fois (pareil que tout à l’heure, passez à la suivante si vous voulez !!). Je viens de tomber sur ce billet . Sais tu que tu as une famille idéale ?? Vous êtes tous des grands lecteurs ? J’en suppose que tu t’es donc tout naturellement tournée vers la lecture très tôt ? Crois tu que tes parents m’adopteraient ?!

C : C’est qu’il faut avoir les nerfs solides !! Mais je vais leur proposer de t’adopter !! J’ai effectivement la chance d’avoir une famille où les livres et la lecture occupent une grande place, et surtout, où la lecture est vécue comme un plaisir. Il y a des bibliothèques dans toutes les pièces ou presque ! Ma sœur cadette n’aime guère lire, mais elle n’échappe pas à l’espèce de malédiction qui rode autour de la maison familiale puisqu’elle en vient aussi à acheter des livres de temps à autre ! Quand à la plus jeune, elle a réussit à se faire interdire de bibliothèque par sa mère parce qu’elle lit trop ! Je vous rassure tout de suite, la punition a tenu environ une journée ! Quand elle commence à parler de ses lectures, elle est intarissable !

C’est quelque chose de précieux de pouvoir partager ses lectures et ses coups de cœur avec elle et avec mes parents, de chiner en librairie, de ramasser un roman qui leur plairait et de leur offrir !

 

 

A : Parles nous un peu de fanfiction, que tu as découverte et dont tu parlais en avril 2007. As-tu jamais pensé à en écrire ?

C : j’en lis beaucoup moins aujourd’hui, mais j’aime beaucoup l’idée que des gens qui aiment particulièrement une œuvre puissent s’emparer de l’intrigue et des personnages pour imaginer ce qui leur arrive.

J’ai pensé un moment en écrire sur l’univers de Harry Potter, mais je ne suis guère douée pour inventer ! J’ai toujours l’impression de plagier !

 

 

A : Tu ne lis pas de poésie ?? Ca a toujours été le cas ? Si je te dis Baudelaire, Verlaine, Apollinaire, Aragon, tu ne craques pas ??

C : Je n’ai effectivement jamais lu beaucoup de poésie. Ça ne m’empêche pas d’apprécier Baudelaire, Verlaine, Apollinaire, Char, Ronsard, Louise Labé, Jaccottet, les haïkus, … J’aime la musique, et quand on aime la musique, il est difficile d’être totalement insensible à la musique des mots !

Si je me dis incapable de lire de la poésie, c’est que j’ai eu de mauvaises expériences, par exemple avec Lamartine, qui m’ont durablement éloignée des recueils de poésie.

Mais comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je me soigne !! J’emprunte des recueils à la bibliothèque et je picore à l’occasion. Ça me permet de jolies découvertes.

 

 

 

A : Tu as une rubrique intitulée « Echec et mat » dans laquelle tu listes les livres qui te sont tombés des mains. 18 mois de blog et seulement deux livres ?

 

Il y en a d’autres ! J’ai une liste de titres Mais il faut vraiment que je sois très déçue ou très en colère pour qu’un livre entre dans cette rubrique ! Quand il s’agir d’un roman « bof », je ne m’y arrête pas : trop de livres à lire, trop d’articles en retard et… trop de flemme !

 

 

A : En septembre 2007, tu a créé le « club des LCA parisiennes » qui est devenu, je crois, le « Club des Théières ». J’en ai déjà interrogées plusieurs, mais, voilà, ça tombe sur toi ! Dis nous en un peu plus sur le fonctionnement de ce club, ses membres, pourquoi tu as eu envie de le créer et comment il évolue.

C : après le pique-nique parisien qui avait eu lieu en août 2007, j’ai eu envie de prolonger le plaisir de se retrouver pour discuter de lecture et choses et d’autres. Un club de lecture m’a paru être une bonne manière de le faire.

Un de mes défauts est d’être un peu brouillonne et assez peu douée en organisation, sans compter le fait que j’ai une mémoire de poisson rouge et que mon étourderie fait des retours parfois fulgurants ! Du coup, je n’ai pas voulu d’un cadre trop contraignant. Nous nous rencontrons environ une fois par mois, sans obligation de présence. Plusieurs thèmes sont proposés à la fin de la séance et soumis au vote. Après, chacun interprète à sa manière le thème ! Les membres sont assez nombreux, mais nous nous retrouvons en général à une douzaine. Une sorte de noyau dur.

 Le club des théières, c’est un moment de rencontre autour de bonnes choses à manger et à boire, de retrouvailles entre copains, amis ou simples connaissances et c’est très bien comme ça ! Évidemment le cercle est ouvert !

 

 

 

A : Où en es tu de ton challenge ABC 2008 ?!!

 

C : et bien après un bon départ, je me suis ensablée ! J’ai du mal à tenir la contrainte et encore plus de difficulté à résister à la tentation ! Mais je ne désespère par de lire au moins la moitié des titres que contient ma liste !

 

 

A : Est-ce que Daniel Pennac a répondu à la lettre que tu lui as écrite en décembre 2007 ?! Avais tu lu tous ses autres romans ? Et, plus largement, que ressens tu quand tu n’aimes pas un roman d’un auteur que d’habitude tu lis avec plaisir, tu te promets de ne jamais le relire, tu lui donnes une seconde chance ??

C : Non, Daniel Pennac n’a pas répondu à cette lettre, et je n’attendais pas de réponse ! Un tout petit article perdu dans l’océan de net !

C’est un auteur que j’aime beaucoup ! J’ai lu tous ses romans sauf les deux derniers ! Ça viendra ! Il faut parfois se tourner vers d’autres horizons pour revenir à ses premiers amours !

La réponse à la dernière question : deuxième chance ! Je ne suis pas rancunière !

 

 

A : Dans ton article sur « Alabama Song » de Gilles Leroy, tu disais qu’il « est rare que je lise les Goncourt. Tout simplement parce que j’ai rarement été convaincue… Et que le battage médiatique autour de ce prix littéraire mythique a le don de m’agacer ». Justement, parlons en, des prix littéraires. Qu’en penses tu ?

C : ils me laissent perplexes sous leur forme actuelle ! Le battage médiatique, les soupçons récurrents de copinage me lassent, les bavardages sans fin autour de ces événements me fatiguent. J’ai l’impression que le plaisir de lire se perd dans les tractations et les enjeux intellectuels et financiers. Et j’ai parfois du mal à comprendre les raisons qui ont présidées à l’élection de telle ou telle œuvre. Pour moi un prix littéraire c’est un peu comme une palme d’or : un gage intellectuel (dans le meilleur des cas), une caution qui va faire vendre, mais en ce qui me concerne rarement un gage de plaisir. Et puis il y a tellement de prix maintenant !! Entre ça et les sorties littéraires qui atteignent des sommets toujours plus hallucinants, septembre et octobre ne sont pas des mois que j’apprécie littérairement parlant ! J’ai l’impression de me noyer !

J’observe pour l’instant la floraison des prix de lecteur. Je n’ai pas trop d’avis sur la question, si ce n’est qu’ils me paraissent nécessaires face aux « institutions » que sont les Goncourt et autres. C’est aussi une manière de rappeler que les livres ne vivent pas seulement par les éditeurs et les auteurs, mais aussi par les lecteurs.

 

 

A : Si je te propose de choisir entre ces livres : « L’interprétation des rêves » de Jed Rubenfeld, « Wisconsin » de Mary Relindes Ellis ou «Les chutes » de Joyce Carol Oates, que choisis tu et pourquoi ??

C : Apparemment c’est L’interprétation des meurtres ! Je ne suis pas franchement polar, mais les personnages et le fait que la psychanalyse soit au centre me paraît intéressant ! C’est un roman qui a l’air d’être érudit sans être ennuyeux.

 Wisconsin m’attire beaucoup : j’en ai lu beaucoup de bien et j’aime ces histoires de famille tragiques qui s’accordent à l’histoire d’un pays.

Joyce Carol Oates est un auteur que j’ai envie de lire depuis un petit moment, et l’histoire a l’air fascinante.

C’est dur !!!! Je départage au titre ! Wisconsin fleure bon le nord américain, les grands lacs, Les chutes a l’avantage du mystère du nom commun… Je choisis Wisconsin !! Et je lirai Les chutes après !

 

 

A : Quel est l’auteur dont tu liras systématiquement les romans, dès qu’ils sortent, sans même attendre les critiques ?

C : Jane Austen n’étant plus en course, je dirais… Léa Silhol, Jasper Fforde, Desplechin en jeunesse,… Il y en a d’autres, mais leurs noms ne me reviennent pas forcément ! Je suis plutôt du genre à faire un tour dans une librairie et à me jeter sur le dernier roman de truc ou de muche auquel je ne pensais plus forcément et qui me fait de l’œil sans crier gare!

A : Tu as deux blogs en fait. « Le terrier de Chiffonnette » et les « Recettes de terrier », dans lequel tu nous parles de cuisines, de recettes, de mets, d’épices et de douceurs. Comment t’est venu cet amour pour la cuisine ? Pourquoi un blog cuisine ? Lis tu d’autres blogs dédiés ?

 

C : l’amour de la cuisine est de famille ! Pour en parler, il faut que je parle de ma grand-mère maternelle. Une mamy toute ronde qui a cuisiné pour ses sept petits-enfants qui allaient à l’école en face de chez elle ! Pour tout dire, elle nous faisait coucou du balcon à la récréation ! Je me souviens des frites maison, des purées, des clafoutis, des cakes, des petits biscuits, de la confiture d’orange, des couscous, des paellas, les petits pâtés à la soubressade, à la patate douce ! Et elle continue à cuisiner ! Je garde précieusement dans un joli carnet les recettes qu’elle m’a données.

Mon père aussi aime cuisiner des petits plats ! Ma mère nettement moins, mais elle a quelques spécialités que j’adore ! Et ma sœur cadette, si elle n’aime pas plus lire que ça, aime la cuisine ! Une sorte d’affaire de famille donc !

A croire que c’est contagieux  (aimer cuisiner, pas être doué !): j’aime couper, émincer, touiller, et voir sortir de la casserole ou du four une douceur à partager, sentir de bonnes odeurs dans l’appartement, essayer des ingrédients bizarres. C’est quelque chose d’apaisant ! J’avais envie de partager aussi ce plaisir, et comme il m’arrivait de publier des recettes sur le Terrier, j’ai fini par me dire qu’il valait mieux leur donner un espace à elles ! D’autant que de blogs culinaires en blogs culinaires, la liste de mes tests et de mes envies s’allonge !! Je fréquente beaucoup ces antres de perdition que sont les blogs d’Eryn, de Diane, De Sandra, D’Aurélie de Chocolat etc. !!

 

(note d'A : des pâtés à la soubressade ! toute mon enfance !!)

 

 

A : Ce sera la note finale, une note culinaire, donc ! Merci encore, Chiffonnette, d’avoir accepté de me répondre (et je te pardonne pour la Tapenade  !!)

C : Mais de rien Amanda, c’était un réel plaisir !! J’espère que je n’ai pas été trop bavarde, que je n’ai pas poussé trop de cris écrits et que j’ai réussi à être claire !!

Commentaires

Une conversation très riche , aussi foisonnante que les blogs de Chiffonnette !

Ecrit par : cathulu | 05.06.2008

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Outch! Merci Cathulu!! Je rougis dans mon blo de café là!!
@ Amamda: merci pour ces questions! Tu prends vraiment le temps de parcourir nos petits mondes avant de les poser. C'est très agréable!

Ecrit par : chiffonnette | 05.06.2008

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Encore une très belle conversation. (Pour la tapenade, il me semble que les puristes ne mettent pas d'anchois?)

Ecrit par : Mireille | 05.06.2008

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Une conversation à l'image de Chif' : enlevée et passionnée! Bravo les filles! :)))

Ecrit par : fashion victim | 05.06.2008

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Une conversation vraiment intéressante. Merci à toutes les deux.

Ecrit par : Bellesahi | 05.06.2008

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Une très agréable conversation, tout en verve! Je le dis à chaque fois mais j'adore cette rubrique!!! J'aime ça, me répéter, faut croire! Et... c'est quoi la tape-chose? Je suis cuuurieuse!

Ecrit par : Karine | 05.06.2008

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Et bien, quelle passionnante et intéressante interview !! Maintenant j'en sais un petit peu plus sur Chiffonnette chez qui j’aime me rendre et également, par gourmandise, dans "La cuisine du terrier" où elle offre de bons petits plats qui font saliver !! ;-))

Ecrit par : Florinette | 05.06.2008

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Super discussion, encore! Les questions d'Amanda sont vraiment pertinentes et les réponses de Chiffonnette super argumentées je trouve! C'était très plaisant à lire!

Ecrit par : Lucile | 05.06.2008

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Ahlalala, comme c'est agréable de découvrir un peu plus nos blogueurs et blogueuses préférées via cette chronique. J'ai encore bine aimé celle-ci car elle est riche en questions, en longues réponses, en découverte plus approfondie de Chifonnette et j'ai vraiment passé un bon moment à lire cette chronique... Merci les filles !

Ecrit par : Carine | 05.06.2008

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@cathulu: merci !
@ mireille : merci (et oui, je ne mets pas d'anchois !)
@ fashion, bellesahi, carine, florinette, lucile : merci aussi ! plus je lis les bogs, plus j'ai envie d'approfondir mes conversations
@karine : la tapeNADE, c'est une spécialité du Sud Est de la France, à base de purée d'olives noires, à manger sur de toats, à déguster en apéritif, avec du rosé et accompagné par le chant des cigales, voilà !
@chiffonnette : merci à toi :)

Ecrit par : amanda | 05.06.2008

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Chiiiiiiic, encore une interview ! On est gâtés, cette fois pas eu besoin d'attendre longtemps entre deux !!!

Ecrit par : bladelor | 05.06.2008

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Cette conversation est vraiment très, très agréable ! et ça colle bien avec l'image que j'avais de Chiffonnette, dont l'enthousiasme déteint sur moi dès que je la lis :-)
Et toi, Amanda, quelle lectrice attentive tu fais... c'est un régal !

Ecrit par : erzébeth | 05.06.2008

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"soupir d'aise" : Merci encore :)

Ecrit par : uncoindeblog | 05.06.2008

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@ toutes: ah bah je suis toute rouge! Merci à toutes et à Amanda!!
@ Karine: tu viens en juillet? Je t'en ferai un pot! Il n'y aura pas de cigales par contre!

Ecrit par : chiffonnette | 05.06.2008

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@ Mireille: la tapenade, c'est comme tous les plats, chacun sa version!! ;-))

Ecrit par : chiffonnette | 05.06.2008

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oh, ma pauvre Chiffonnet, aborder la poèsie par l'affreux ennuyeux Lamartine... Et que diable sont les pâtes à la soubressade??
Merci pour cette belle conversation, j'aimeque ces billets soient de plus en plus longs!

Ecrit par : Mo | 05.06.2008

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Voilà une interview très chouette ! Comme le disait Fashion, on retrouve bien l'enthousiasme de Chiffonnette. A l'image de ses billets, détaillés et passionnés lorsqu'elle a adoré un livre, plus courts lorsqu'elle les aime moins...

Ecrit par : praline | 06.06.2008

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merci tout le monde, encore !

Ecrit par : amanda | 06.06.2008

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Une nouvelle interview à lire avec grand plaisir et qui reflète effectivement l'univers de Chiffonnette, j'ai souvent souri à tes questions et ses réponses en repensant par exemple à l'interdiction de bibliothèque de sa soeurette qui m'avait énormément amusé. Bravo pour les questions très pertinentes qui montrent que tu as bien exploré son blog... j'attends donc la suite.

Ecrit par : elou | 06.06.2008

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@elou : merci !

Ecrit par : amanda | 07.06.2008

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encore une conversation bien intéressante qui m'a fait découvrir un peu plus ce terrier que je visite pourtant souvent! merci amanda:)

Ecrit par : sylvie | 08.06.2008

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