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27.05.2008
La vie ordinaire d’une mère meurtrière – Sophie Marinopoulos
Eva est une mère ordinaire. Bonne mère, bonne épouse, bonne voisine. Un caractère égal, une vie banale de mère au foyer. Trois enfants, trois grossesses découvertes ou annoncées tardivement, elle vit sa condition de mère comme elle vit sa condition d’épouse : consciencieusement, avec application et sens du devoir. Sans empathie ni passion ni colère. Jusqu’au jour où elle sent des douleurs abdominales. Son corps éjecte un petit être. Une chose dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Alors elle serre les dents sur la douleur et serre les mains sur le cou fragile…
Sophie Marinopoulos, psychiatre, spécialiste des questions de maternité, propose ici un essai sur une mère infanticide.
De l’enfance de cette femme élevée dans le silence, le silence des mots autant que le silence de l’amour, qui ont fait d’elle un être presque asexué, un être presque robotisé, inerte, passif, qui a oublié d’exister pour lui-même, puisqu’il n’a jamais existé pour les autres, de son mariage où là encore les silences et les habitudes ont supplanté la communication, le partage, les échanges, c’est un portrait émouvant ou plutôt douloureux.
Cet essai est une proposition. Une proposition d’explication, ou d’analyse des faits qui mènent cette femme à commettre l’irréparable, le monstrueux, l’inconcevable.
J’ai aimé ce récit. Évidemment, il est difficile de ressentir la moindre sympathie pour cette femme, mais l’analyse est fort intéressante. Une femme, un mari aveugle, des enfants qu’elle aime sans le savoir. Et l’enfouissement d’une personnalité, d’une femme enterrée vivante dans sa propre vie, fait que ce récit se lit avec beaucoup d’ intérêt.
Je ne dirais pas que cela peut arriver à tout le monde, non, mais que parfois, on ne regarde les gens que trop superficiellement, sans chercher à les connaître, à ouvrir les yeux sur leurs fissures, c’est tellement plus facile.
Sophie Marinopoulos a rencontré des femmes en prison, des femmes qui ont dénié leurs grossesses, abandonné leurs enfants. Ces femmes, ainsi que les affaires de bébés congelés récemment découvertes, se retrouvent dans le personnage d’Eva, que l’on finit par aimer. Ou comprendre.
06:53 Publié dans *Essais, documents*, *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
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Commentaires
le sujet est dure mais interressant; je n'ai pas aimé "le cimetière des poupées" qui traite bien mal de ce sujet, je note celui-çi.
Écrit par : pom' | 27.05.2008
Répondre à ce commentaireJ'ai plutôt envie de lectures plus "légères" actuellement mais j'ai déjà lu de très bons avis sur ce livre donc je le (re)note. Pour plus tard !
Écrit par : Flo | 27.05.2008
Répondre à ce commentaireJe crois que ce sujet est trop "hard" pour moi, du moins pour le moment. Je suis plus "lecture-distraction" ces temps-ci.
Écrit par : Karine | 28.05.2008
Répondre à ce commentairecomme Karine, c'est trop dur pour moi en ce moment
Écrit par : Stéphanie | 28.05.2008
Répondre à ce commentaireMerci pour ce billet, Amanda ! Il se trouve que je arrivais plus à retrouver le nom de cette psychologue (que j'avais vu intervenir de manière intelligent à la télé) alors que je voulais justement savoir si elle avait publié une étude sur ce sujet. Tu viens de répondre à mes 2 questions ! Allez, je pars en chasse !
Écrit par : Turquoise | 28.05.2008
Répondre à ce commentaireCa me fait un peu peur comme lecture surtout après l'actualité qu'il y a eu à ce sujet... Je crois que ce qui me fait peur, c'est d'arriver à comprendre la "mère meurtrière".
Écrit par : Cécile | 31.05.2008
Répondre à ce commentairejuste pour rectifier je ne pense pas me tromper en disant que Sophie Marinopoulos n'est pas psychiatre ! elle est psychologue clinicienne ! c'est un détail mais un détail important !
merci !
Écrit par : lilou | 21.09.2008
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Écrit par : Françoise | 27.05.2008
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